Palabres : Hello ! Si y'a quelqu'un qui lit cette fiction ce serait sympa de le dire parce que sinon je vois pas trop l'intérêt de poster... Bonne lecture quand même !
Partie II
— Pourquoi tu n'as rien fait pour infléchir Jim, Spock ? lui reprocha Uhura sans dissimuler sa frustration. Toi, au moins, il t'écoute... enfin plus que nous autres.
L'allocution du capitaine Kirk la semaine précédente avait jeté une nébuleuse d'obscurité sur l'équipage devenu amorphe et démotivé. L'inquiétude des gradés croissait de concert avec leur lot de stress quotidien dont le compteur explosait avec les bévues en série de leurs subordonnés.
Point du tout affecté, Spock prenait des notes sur la croissance d'une plante médicinale qu'il avait trouvée sur V-00714. Avec les conseils de Sulu, il était parvenu à en cultiver plusieurs plants et tentait de synthétiser la molécule régénératrice contenue dans la sève pour glisser, incognito, la solution dans le café de Jim afin d'améliorer sa capacité à cicatriser. Il commençait à se lasser de voir, à intervalles réguliers, gésir presque mort, son capitaine, et clairement, les pics de stress, d'angoisse et de détresse que ces épisodes suscitaient chez lui ne seyaient pas à son teint de Vulcain.
— Le capitaine n'a pas suivi strictement le code du travail, cependant il ne l'a pas enfreint non plus. La mission assignée à l'Enterprise étant sans précédent, la réglementation de Starfleet est, par conséquent, flottante à ce sujet.
La polyglotte s'appuya contre un plan de travail inoccupé et croisa les bras sur la poitrine. La lumière vive et froide du laboratoire conférait à la peau pâle de Spock un aspect laiteux et des traits austères qui le rendaient d'autant plus glacial.
— Tu prends encore son parti, lui reprocha-t-elle ouvertement en reprenant le ton piquant et amer qu'elle adoptait pour le culpabiliser et qu'elle avait souvent utilisé avant leur rupture.
Rien dans la gestuelle de Spock ne laissa paraître qu'il en fût affecté.
— Nyota, le capitaine n'a pas violé la loi...
Du moins pas aujourd'hui, se retint-il d'ajouter. Uhura fronça les sourcils avant de lancer sa contre-offensive rhétorique :
— Certes, convint-elle, néanmoins, il serait naïf de croire qu'un équipage de plus de quatre cents personnes peut vivre confiné à l'intérieur d'un vaisseau pendant cinq ans, sans faire de pause et sans s'entredéchirer.
— L'USS Enterprise est un vaisseau d'exploration. Notre mission consiste à trouver de nouvelles civilisations, les observer et éventuellement à entrer en contact avec elles sans troubler le cours de leur développement. Ce qui signifie que nombre de nos missions se déroulent sur le terrain, débita-t-il tout en poursuivant son expérimentation.
— C'est le cas pour les officiers, la plupart de nos effectifs restent à bord en permanence à surveiller des écrans. Reconnais que leur sort est peu enviable et qu'ils méritent leur permission.
— Je reconnais la pertinence de ton argumentation néanmoins ce que tu attends de moi m'échappe.
Spock se redressa avec lenteur et prestance comme si ses gestes étaient départis de tout mouvement inutile. Ses yeux noirs scrutaient Uhura avec un mélange de méfiance et de curiosité enfantine. Le lieutenant sourit avec malice.
— Convaincs-le.
La perplexité de Spock se mesurait à la hauteur de son sourcil droit.
— J'ai déjà tenté de raisonner Jim à l'aide d'un plaidoyer fondé sur un arsenal logique et rhétorique solide sans obtenir gain de cause, se défendit-il.
— Qui a parlé de logique ?
Son sourcil aurait grimpé plus haut si c'était possible. Spock voulait saisir l'implicite des paroles du lieutenant tout en redoutant ce qu'il pourrait y lire. Les lèvres de Nyota se murent avec lenteur, l'air vibra, forma des sons que les oreilles vulcaines perçurent sans difficulté néanmoins la machine de guerre qui tenait lieu de cerveau au commandant Spock ne voulut pas traiter l'information.
— Je refuse, répondit-il, inébranlable.
— Allez Spock ! C'est gagnant-gagnant ! Ne me dit pas que l'idée ne t'a jamais effleuré l'esprit !
— Je n'ai jamais nourri ce genre d'intentions envers le capitaine.
Le regard que lui lança Nyota criait soit « à d'autres », soit « déni ». Il décida de l'ignorer. Les Vulcains ne pouvaient pas mentir et stricto sensu, l'idée ne lui avait effectivement jamais effleuré l'esprit, c'étaient plutôt ses sens qui lui suggéraient ponctuellement ce genre de choses. De même, il ne « nourrissait » pas cette idée mais la combattait grâce aux enseignements de Surak qui l'aidaient à annihiler sa bestialité vulcaine. La discipline salutaire du sage lui évitait quotidiennement la compromission émotionnelle auprès de Jim et ce dernier lui devait également la sauvegarde de son intégrité physique.
— Puisque la logique de l'atteint pas, il va falloir jouer sur ses affects et comme visiblement ce n'est pas ta tasse de thé – expression idiomatique – il ne te reste qu'une option : faire émerger ses instincts primaires. Chose pour laquelle tu sembles extrêmement doué.
— Je ne saisis pas.
— Chamboule-le, rends-le moins efficace, pousse-le à bout afin qu'il fasse une erreur et soit obligé de reconnaître qu'il n'est pas une machine infaillible et qu'il a besoin de vacances, comme tout le monde.
— Mon travail consiste précisément à faire le contraire de ce que tu me demandes.
— Ton travail consiste à seconder notre capitaine dont le travail consiste à gérer quatre cents vies et à en tirer le meilleur pour remplir la mission que Starfleet nous a confiée. L'obliger à ouvrir les yeux sur son erreur de jugement et l'aider à prendre la meilleure décision pour les quatre cents vies dont il est responsable fait partie de ton travail.
Uhura se redressa et posa la main sur l'épaule de Spock comme pour lui faire sentir physiquement la responsabilité qui pesait sur lui.
— Bats-toi contre lui ou flirte avec lui, c'est à toi de choisir, mais tu es la seule personne sur ce vaisseau capable de l'ébranler, tout comme il est la seule personne capable de t'atteindre.
La voix d'Uhura s'était adoucie, comme si ses inflexions étaient estompées par la mélancolie. Elle déposa un baiser sur sa joue et quitta le laboratoire non sans dispenser une dernière recommandation :
— Sois toi-même. Jim ne tardera pas à craquer.
Spock ne savait pas comment le prendre.
La cafétéria était relativement déserte et l'heure matinale y était sûrement pour quelque chose. Kirk massa ses paupières gonflées de sommeil et se demanda pourquoi il ne petit-déjeunait pas dans ses quartiers comme à son habitude. L'épaule qui frôla la sienne alors qu'il cheminait vers une table pour deux libre, répondit à sa question. Spock. Il l'avait prié, la veille, de partager avec lui le premier repas de la journée et avait appuyé son argumentation sur le bien que pouvait faire au moral des troupes le fait de voir le capitaine et le commandant se mêler aux rituels communs. En échange, Kirk avait obtenu le droit d'user de Spock comme sparring-partner en combat rapproché. Il n'y avait pas meilleur punching-ball que Spock pour l'entraînement : il n'avait pas à retenir ses coups, et pouvait déranger en toute impunité la coupe au bol trop disciplinée et énervante du Vulcain et se délecter à s'en user la rétine de la sueur qui perlait sur sa peau pâle, de la respiration chaotique qui soulevait sa poitrine et de l'éclat d'amusement sincère qui étoilait ses yeux.
— Loin de moi l'idée de dénigrer ta logique, Spock, mais je n'ai pas l'impression que l'opération « petit-déjeuner à la cafétéria » ait un grand impact sur ma popularité auprès de l'équipage.
— Il est possible que j'aie surestimé la fréquentation de la salle de restauration à cinq mille heures trente...
— Sauf si tu espérais un tête-à-tête romantique, yeux dans les yeux, où le noir profond de tes pupilles impeccables et stoïques se foutrait du bleu renversant de mes cernes...
— Qui sait ?
C'était un sourire amusé et cajoleur qu'il avait entraperçu sur le visage de Spock, Jim en était certain. Il tenta de calmer les papillons qui agitaient son estomac en les noyant sous un déluge de café.
— Ce café est dégueulasse, grimaça-t-il.
Dosage trop fort, diagnostiqua mentalement Spock, l'arôme du café n'est pas suffisant pour masquer le goût. Alors que son cerveau révisait la posologie sur laquelle il s'était fondé, il proposa à Jim d'aller lui chercher une autre tasse.
— Je suis le capitaine d'un vaisseau d'exploration qui compte quatre cent vingt-trois membres d'équipage, je peux aller me chercher du café, rétorqua l'intéressé.
— Ma mission est de te seconder...
— Dans le commandement du vaisseau, pas pour les tâches domestiques.
Spock s'empara de la tasse et se leva.
— Je serai ravi de pouvoir te rendre ce service.
— Tu agis bizarrement, Spock, lança Kirk en se levant à son tour.
Il voulut récupérer sa tasse. Ses doigts entrèrent en contact avec ceux de son second. Ce qu'il éprouva alors dépassa son entendement humain. C'était comme lui ouvrir sauvagement le crâne et caresser longuement sa peau avec douceur et minutie. C'était déverser brutalement dans ses veines un acide puissamment corrosif et susurrer patiemment des mots d'amour à son oreille. C'était broyer un à un ses muscles à main nue et sentir des lèvres impatientes cribler sa nuque de baisers brûlants. C'était une éternité et une seconde de douleur et de plaisir. C'était mourir et jouir. James s'accrocha à la table pour ne pas chavirer et retomba sur sa chaise, le souffle court. Il était en nage et de grosses gouttes de sueur dévalèrent l'arête de son nez pour couler sur ses paupières, d'autres glissaient le long de ses tempes, roulaient dans son cou ou lui léchaient la nuque.
— Qu'est-ce que c'était que ça ?
Son ton aurait dû être ferme et plein de reproches, au lieu de ça il était incertain et rauque.
— Une fusion mentale involontaire.
Kirk rassembla ses forces pour lever les yeux vers Spock et crut que son cœur allait exploser sous la pression. Le visage du Vulcain était vert jusqu'à la pointe de ses oreilles, deux auréoles sombres sous les aisselles confirmaient son état de stress et une protubérance au niveau de l'entrejambe qui ressemblait à s'y méprendre à une réaction humaine suscitée par des stimuli d'ordre sexuel – sauf que c'était Spock, bordel ! – déformait son pantalon d'uniforme. Jim confirma visuellement juste pour être sûr de ce qu'il savait déjà et se passa la main dans les cheveux. Il partageait bel et bien l'émoi de Spock...
— Toutes mes excuses, Jim, je vais avoir besoin de passer un peu de temps seul pour reconstruire mes barrières mentales.
— Tu sais qu'on va devoir en parler plus tard.
— Oui.
— Bien...
— Si tu veux bien m'excuser...
Spock se reforgea un masque impassible et quitta le réfectoire. James était sûr qu'il était parvenu à réguler son flot sanguin et jalousait quelque peu son self-control – presque – total qui lui évitait l'inconfort que lui-même subissait. Un long soupir lui échappa. Est-ce qu'il venait de se faire violer mentalement – et peut-être un peu physiquement – par son subordonné et ami ? On avait glissé une drogue dans son café, il en était convaincu.
— Lieutenant Sulu, ouvre les boucliers lieutenant Uhura, lève une transmission de vaisseau à vaisseau.
— Capitaine, tu ne voulais pas plutôt dire « lève les boucliers » et « ouvre une transmission de vaisseau à vaisseau » ?
— C'est exactement ce que je viens de dire, Spock.
— Pas « exactement ».
Kirk était distrait et les conspirateurs s'en seraient félicités s'ils ne venaient pas d'échapper d'un poil de canidé Alpha 177 au déclenchement d'une guerre totale avec la flotte spatiale klingonne. Est-ce que perdre la vie pour prendre des vacances valait vraiment le coup ? Scotty, Uhura, Sulu, Chekov et surtout McCoy commençaient à comprendre la bêtise de leur tentative de mutinerie tandis que Spock contenait à grand-peine le torrent de culpabilité qui se déversait dans sa poitrine. La façon dont son pouvoir télépathique s'était manifesté à son insu demeurait inexplicable. Une seule chose en revanche semblait être une certitude : il devait amener Jim au bloc hospitalier pour une radio du crâne. Les turbulences causées par les échanges de tirs avec les vaisseaux klingons avaient pas mal secoué l'équipage et même si le capitaine feignait d'être indemne, le sang qui dégoulinait, mine de rien, de sa tempe n'augurait rien de bon. Sans réfléchir, Spock passa le bras sous les aisselles de son supérieur et le souleva pour le forcer à quitter la passerelle afin qu'il reçoive, de gré ou de force, les soins nécessaires. Lorsque les portes du turbo-ascenseur se refermèrent sur eux, Spock déposa une pilule dans le creux de la main du blessé.
— Prends-la.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Un médicament pour faire cesser rapidement ton hémorragie.
Kirk passa la main sur la plaie et ne put s'empêcher de regarder avec une fascination mêlée d'horreur la quantité de sang qui lui restait au bout des doigts.
— Ça ? C'est rien... dédramatisa-t-il dans un sourire.
— Prends cette pilule, ordonna froidement Spock.
Les yeux immodérément bleus de Jim cherchèrent les siens. Le commandant n'avait pas pris l'option « langage oculaire » dans ses cours de xénolinguistique, mais il déchiffra dans le regard de Jim l'agacement que provoquait son injonction, la gêne d'être en position de faiblesse et peut-être – il était possible qu'il soit en train de l'imaginer – un peu de plaisir à être pris en charge par lui.
— Je vais bien, insista-t-il.
— Prends cette pilule ou je serai contraint de la mettre moi-même dans ta bouche au risque d'activer à nouveau sans le vouloir mes pouvoirs télépathiques...
Spock parvint à ne pas laisser son sang colorer ses joues face au souvenir gênant et à l'image mentale qu'il venait d'évoquer. Jim échoua.
— C'est bon, je vais la prendre.
— C'est une sage décision.
Spock observa avec attention la pilule se déplacer de la main aux lèvres de Jim ainsi que les mouvements de sa pomme d'Adam alors qu'il l'avalait.
— Arrête de me fixer avec ces yeux là...
Ou je vais me faire des idées, poursuivit mentalement Kirk.
— Pardonne-moi mais le sens de tes paroles m'échappe.
Il n'avait qu'une paire d'yeux à sa connaissance. James se dégagea du bras de Spock et pivota pour lui faire face. Sa paume droite cogna contre le métal tout près de l'oreille du Vulcain, la gauche heurta la vitre à quelques centimètres de sa hanche.
— Ton regard était celui d'un chasseur pour sa proie.
Il prononça chaque mot avec une lenteur insoutenable et Spock était inapte à faire autre chose que suivre le ballet de ses lèvres.
— Je ne suis pas une proie, Mr. Spock.
Et pour étayer son argument, il empoigna la chevelure de son commandant juste au-dessus de la nuque et initia la rencontre de leurs bouches. Spock demeurait immobile alors que Jim happait férocement ses lèvres et insinuait entre elles sa langue habile. Sa tension artérielle passa en une seconde d'un à vingt-huit et il déploya toutes les ressources de sa volonté pour ne pas plaquer son capitaine contre les parois de l'ascenseur, lui arracher ses vêtements et lui faire subir les derniers outrages. Spock entrouvrit les lèvres et la langue de Jim, chaude et mouillée, rechercha le contact de la sienne. Il devait résister. Peu importait la puissance de son désir, il devait rester maître de lui-même. Selon toute vraisemblance, Jim était sous l'emprise des effets secondaires de la pilule qu'il lui avait donnée. Cependant, si Spock exigeait de lui-même une discipline de fer, Jim n'en avait rien à faire. Sa poigne se resserra davantage sur son crâne, exerçant une pression douloureusement électrisante qui força le Vulcain à serrer les poings. Les ongles qui creusaient sa chair lui inoculaient un peu de souffrance indispensable pour maintenir son cerveau en activité. Il avait tellement envie de lui céder... Comme s'il l'avait intuitivement compris, Kirk plongea sans retenue la langue dans le fond de la gorge du Vulcain, puis se retira aussitôt, non sans planter les dents au passage dans sa lèvre inférieure. Le turbo-ascenseur arriva à destination.
— Tu retournes à la passerelle, ordonna Kirk en pressant l'abdomen de son subordonné contre le fond de la cabine.
Le commandant se souvint de respirer une fois seulement qu'il eut regagné son poste.
Kirk bloqua l'intégralité des messages de détresse que lui envoyaient son corps et son esprit et se focalisa sur un objectif unique : l'infirmerie. Le saignement avait cessé depuis un moment lorsqu'il y parvint. Seule demeurait la douleur, toujours vive. McCoy effectua les tests de routine à un Kirk très peu coopératif.
— Arrête de bouger, j'essaie de faire mon boulot, Jim, râla le docteur en agitant son appareillage médical autour du visage de son patient.
— Il n'y a rien sur les radios alors file-moi de quoi faire passer mon mal de crâne pour que je puisse sortir d'ici et faire le mien, de travail !
— Tu ne quitteras pas cette pièce avant que je ne comprenne d'où vient ton incroyable capacité de régénération.
Les propriétés du sang de Khan ne pouvaient pas être toujours actives, n'est-ce pas ?
— Spock m'a donné une pilule, il m'a dit que ça stopperait le saignement et ça l'a fait. Je peux y aller maintenant ?
McCoy recula, ses appareils de mesures biométriques toujours en mains.
— C'est le gobelin, ton médecin traitant, maintenant? Il te donne des médocs et toi tu les prends sans réfléchir ? s'emporta Bones.
Il agita sa chevelure pour chasser sa colère et reprit, un sourire goguenard aux lèvres :
— Et s'il t'avait drogué pour te faire des trucs ?
Cependant le rougissement intempestif de Jim n'était pas la réaction qu'il escomptait quand il avait préparé sa blague.
— C'est de Spock qu'on parle, répliqua Kirk avec détachement quoique son visage l'eût trahi.
— Et c'est précisément pourquoi je ne comprends pas pourquoi tu piques un fard.
Jim aussi avait du mal à comprendre. Il n'était pas troublé alors que, pour sûr, embrasser Spock dans le turbo-ascenseur aurait dû susciter quelque chose en lui. Il savait que la réaction la plus appropriée au sujet de la fusion mentale involontaire avec Spock aurait dû être une saine colère contre le préjudice psychologique et physique qu'il avait subi et là non plus, il ne parvenait pas à en vouloir à son second. Sa proximité avec Spock, mentale ou physique, lui semblait étrangement naturelle. Il devait se vider la tête, et pas littéralement.
— Je pourrai aller m'entraîner ce soir ?
Le changement de sujet conforta McCoy dans sa perplexité.
— Si tu fais attention à ne pas te cogner la tête, ça devrait le faire...
L'éthique et la précision médicale de Bones forçaient l'admiration.
— Capitaine, ici Spock... Il m'apparait vital que nous ayons rapidement une conversation privée.
— Je confirme. Dans ma chambre, ce soir. Terminé.
Kirk éteignit son communicateur. Il aurait aimé trouver le bouton d'alimentation de ses émotions pour forcer l'arrêt et garder le contrôle.
