Hoho, je rêve ou bien... ça fait plus d'un an que j'ai rien posté sur cette fic ?... Mais ça y est ! Après m'être fait harceler par ma bêta ainsi qu'une amie au lycée, j'ai fini par terminer l'écriture de... cette chose... Bref, c'est un peu le deuxième prologue avant de démarrer l'histoire en elle-même. Bonne lecture ! ... Si vous vous souvenez encore de cette histoire ! 8D
Disclaimer : Comme d'hab, Hetalia ne m'appartient pas.
Pink
Le soleil était à peine levé que Ludwig était déjà devant son bureau, en train de faire le tri dans ses papiers. Il avait emmené chez lui toutes ses feuilles qui l'encombraient plus qu'autre chose, mais il voulait voir la tête de tous les élèves qu'il ne connaissait pas encore, soit les nouveaux de seconde. Alors qu'il rangeait soigneusement les feuilles avec le nom des premières dans un classeur, il tomba sur celle des professeurs. Il y jeta un coup d'œil curieux, peut-être pour se remémorer de chacun des professeurs.
Adnan Sadiq, professeur de Philosophie. Ludwig se souvenait de l'entretien d'embauche passé avec lui. Il avait découvert un homme bien insolite, qui avait osé garder son étrange masque blanc sur le visage. Était-ce une tradition en Turquie ? Ludwig ne le savait toujours pas, malgré les trois années qui s'étaient écoulées depuis le recrutement du nouvel enseignant.
Arlovskaya Natalia, professeure de Mathématiques. Ludwig frissonna en lisant ce nom. Une des rares femmes du conseil d'administration, et de loin la plus terrifiante. Il était difficile de réussir à lui sortir des mots de la bouche tant elle était fermée sur elle-même. Et le simple fait de la regarder vous parcourait l'échine de frissons. Malgré cela, elle était une très belle femme et semblait adorer son métier.
Bonnefoy Francis, cuistot. Il préparait des repas délicieux, et était assez charismatique, mais malheureusement, c'était un pervers invétéré. Ludwig l'avait souvent surpris en train de draguer des jeunes lycéennes, et souvent les plus timides et innocentes. Peut-être devait-il prévenir les nouvelles de garder leurs distances quand le cuistot n'était pas loin…
Carriedo Antonio Fernandez, professeur d'Espagnol. D'après certaines élèves, il avait un accent adorable. Ludwig trouvait qu'il avait simplement un accent espagnol terriblement agaçant au bout d'un moment, surtout qu'il parlait vite et qu'il écorchait tous les mots lorsque c'était possible. Sinon, ses cours se passaient très bien, malgré quelques dérapages qui concernaient en particulier le professeur d'Italien ou le jeune Vanpratt – Carriedo semblait avoir pris le garçon en grippe, enfin, c'était surtout le contraire à vrai dire.
Da Costa Camille, surveillant. Les élèves les plus anciens lui avaient trouvé un surnom : Cam's. Ce sobriquet ne semblait pas déranger le surveillant. Il adorait discuter avec les élèves, en particulier les passionnés du football. Il avait en effet un certain intérêt pour ce sport, mais n'avait pas été recruté en tant qu'entraîneur, alors il avait fini surveillant dans ce lycée.
Edelstein Roderich, professeur de Musique. Ludwig avait beaucoup de mal à le supporter, surtout lorsqu'ils débattaient sur le sujet suivant : Beethoven était-il Allemand ou Autrichien ? Personne n'avait réussi à gagner ce débat car le professeur d'Allemand arrivait toujours au moment propice pour les calmer de manière assez violente. En dehors de cela, il excellait au piano et au violon.
Honda Kiku, professeur d'Anglais. Il était quasiment impossible de dialoguer avec lui, les seules langues qu'il savait parler étant le Japonais et l'Anglais. Heureusement, la plupart des professeurs étaient doués dans cette dernière langue et Honda semblait particulièrement proche du professeur de Sport, Karpusi Heraclès. D'ailleurs, ce dernier était, comment dire ? Soporifique. Il n'y avait aucun autre mot pour le décrire. Sauf pour les disputes acharnées avec Adnan, il était parfaitement éveillé. Il était aussi un amoureux transi des chats, une passion qu'il partageait avec Honda.
Kirkland Arthur, cuistot. Le contraire de Bonnefoy. Pourquoi Ludwig l'avait-il embauché d'ailleurs ? Ah, c'était sûrement Bonnefoy qui l'avait supplié. Pourtant, ces deux-là passaient leurs journées à se disputer et à se critiquer mutuellement. De plus, Kirkland n'avait rien de charismatique contrairement à Bonnefoy et était toujours le premier à hurler quand une bataille se déclarait au self.
Laurinaitis Toris, professeur de Biologie. Il était particulièrement timide et semblait toujours débraillé sous sa longue blouse blanche. D'ailleurs, sa première journée cette année semblait s'être passée non sans une remarque désobligeante de Gilbert. Ludwig soupira, son fils était toujours aussi désagréable quand il était avec ses copains. Pourtant, il était très calme à la maison…
Lukasiewicz Feliks, professeur de Physique-Chimie. Il était encore venu en cours vêtu de l'uniforme des filles ! Tiens, ça lui faisait penser que les surveillants devaient donner les uniformes scolaires à chaque élève. En dehors de cela, Lukasiewicz était également du genre désagréable, à parler comme un jeune « wesh » comme disait Gilbert.
Nguyen Namie, infirmière. Elle était nouvelle, l'ancienne ayant pris sa retraite. Nguyen était jeune, elle serait là pour un moment. Ludwig n'avait pas grand-chose à dire sur elle pour l'instant.
Oxenstierna Berwald, professeur d'Histoire-Géographie. Un homme silencieux et terrifiant. En somme, l'Arlovskaya du sexe masculin. Ludwig se rappelait quand Oxenstierna avait adopté le petit Peter Kirkland, qui était le neveu de Kirkland Senior. Ce dernier n'avait pas trop apprécié, mais il craignait tellement Oxenstierna – comme la plupart des gens d'ailleurs – qu'il n'avait pas pu l'en empêcher.
Sukarno Nadya, surveillante. Une ancienne élève du lycée qui avait été refusée pour un poste que Ludwig avait oublié. Dans le commerce, peut-être. Elle était Indonésienne, et très gentille, il se demandait bien pourquoi elle n'avait pas été embauchée. Elle-même n'avait jamais su. Mais Ludwig se doutait bien que le racisme avait quelque chose à voir là-dedans.
Väinämöinen Tino, professeur de Français. Un nouveau, qu'Oxenstierna avait ramené. D'après les dires, ils devraient se marier en Janvier prochain, et Ludwig ne leur souhaitait que du bonheur, bien qu'il soit légèrement réticent d'avoir un couple marié dans un même lycée. Mais Väinämöinen avait affirmé qu'il garderait son nom de « jeune homme » pour ne pas choquer les élèves – ce qui se révèlerait inutile au final, puisqu'Oxenstierna passait son temps à le suivre partout.
Vargas Feliciano, son secrétaire. Ludwig continuait à se demander quelle raison, quelle force surnaturelle l'avait poussé à l'embaucher en tant que son subordonné. Vargas était le genre d'homme impossible à vivre, dans le sens qu'il était trop surexcité, trop extraverti, et trop joyeux. Sa bonne humeur rendait Ludwig dépressif. Enfin, le pire était bien le grand-frère de Feliciano, Vargas Lovino, le professeur d'Italien. Ludwig et lui se détestaient cordialement, enfin, Lovino le premier étant donné qu'il ne supportait pas les Germains et tout ce qui pouvait avoir un quelconque rapport avec le Nord de l'Europe. Et pour les étrangers, n'en parlons même pas ! Il parlait également dans un dialecte étrange, un Français aux accents hispano-italien ou il ne savait trop quoi. Du coup, en plus de sa nature gueularde, il était impossible de comprendre le moindre mot de ce qu'il racontait.
Wang Yao, professeur d'Arts Plastiques. Tout donnait à l'apprécier : calme, qui aime son métier… mais voilà, depuis que le jeune Braginski était entré au lycée, c'est-à-dire il y a un an, Wang avait perdu son flegme et sa sagesse légendaire. Il passait donc ses cours à régler ses comptes – verbalement et en toute politesse entendons-nous bien – avec Braginski. Ludwig allait devoir veiller à ce que Gilbert ne s'approche pas de celui-là, il était suffisamment délinquant comme cela, avec son jumeau qui n'avait cessé de l'entraîner dans des histoires louches au temps où ils habitaient chez leur mère.
Et enfin, Zwingli Vash, le professeur d'Allemand. Il était assez spécial, Ludwig devait bien l'avouer. Il avait placé une limite entre son bureau et le reste de sa classe, et si qui que ce soit osait la franchir, il sortait une longue règle et menaçait le qui que ce soit de quitter immédiatement son territoire sous peine de sanction douloureuse. Ludwig n'avait jamais réussi à enlever cette manie à Zwingli, en lui disant que l'époque des piquets et des coups de savates était révolue depuis longtemps. Mais Zwingli ne l'écoutait pas. Enfin, il n'écoutait jamais personne de toute façon.
Ludwig glissa la feuille dans le classeur, à côté de la deuxième liste des professeurs. Il jeta un coup d'œil vers la fenêtre de son bureau. Le soleil était déjà haut dans le ciel et il se demandait quelle heure il pouvait bien être. Quelqu'un toqua à la porte. Il ne répondit pas, puisqu'il savait que ça ne pouvait être que son fils. En effet, ce fut Gilbert qui pénétra dans la pièce, habillé de son jean favori – un bout de tissu troué et rapiécé de partout – et de sa veste de cuir noir.
« P'pa, je sors avec des potes.
- Avec qui ?
- Bah… des potes, quoi.
- J'ai compris, mais c'est qui, ces potes ? »
Gilbert leva les yeux au ciel en soupirant. Ludwig savait bien qu'il agissait trop comme une mère poule avec son fils, mais il ne voulait pas qu'il prenne des risques ou qu'il se retrouve embarqué dans des tonnes de problèmes.
« Mikkel et Al, finit-il par répondre.
- Mh. Okay, vas-y.
- Merci ! »
Le jeune homme sortit de la pièce en refermant la porte violemment et Ludwig grimaça. Il détestait quand son fils claquait les portes.
XxX
Elizabeta se réveilla de façon brutale ce matin-là. Un oreiller venait d'atterrir sur son visage alors qu'elle faisait un rêve magnifique – elle avait enfin réussi à faire de Gilbert son esclave. A présent, elle regardait Manon avec des yeux méchants.
« Comment oses-tu me réveiller un jour de repos ?
- 'Fais pas la gueule. Profitons de ces trois jours de vac's pour faire ce qu'on veut. Après, devoirs oblige. »
Elizabeta poussa sa couverture et s'assit sur le bord de son lit, s'étirant comme un chat et manquant de se cogner la main contre les lattes du lit du dessus. Elle regarda Alix s'affairer devant son armoire.
« A votre avis, je mets quoi ?
- Des vêtements ?
- Très drôle.
- Ça dépend, t'as quoi ? »
Manon s'approcha de la jeune fille et observa la pile d'habits soigneusement rangée dans le placard. Elle commença alors à sortir les différents vêtements et les étala sur la table et le lit d'Alix (oh non, je vais devoir tout replier…). Puis elle s'arrêta un moment pour réfléchir, ses yeux jaugeant un t-shirt blanc et jaune ainsi qu'un jean.
« Ça », déclara-t-elle en prenant les deux vêtements.
Et elle les fourra dans les bras d'Alix avant de la pousser hors de la chambre, en direction des douches collectives. Elizabeta alluma son portable qu'elle avait laissé posé sur la petite table carrée au milieu de la pièce. Elle vit la petite enveloppe indiquant qu'elle avait un nouveau message et le lut. Sa mère lui demandait si sa première journée s'était bien passée et attendait de ses nouvelles. Manon s'assit sur une chaise près de Gwendoline qui était déjà en train de lire un manga et déclara :
« Ça vous dit qu'on aille se balader en ville ?
- On a le droit ? Demanda Elizabeta en reposant son téléphone.
- Évidemment. Morgens nous montrera quelques coins sympas qu'il fréquentait souvent l'année dernière avec Mikkel. D'ailleurs, on sera sûrement avec lui. »
Gwendoline sourit en repensant au Danois. Ce type était cool, pas du tout prise de tête – même si son insouciance lui valait quelque violence de la part de Lukas. Elizabeta attrapa une robe rose et blanche et l'enfila avant de sortir sa brosse à cheveux et d'entreprendre de démêler la masse de nœuds qui s'y était installé. Une bonne heure plus tard, Alix était revenue.
« Désolée, je trouvais pas les douches. »
Après être passées au réfectoire prendre un petit déjeuner, les filles retrouvèrent Morgens dehors, ainsi qu'Eva et les deux autres filles de la classe, Océane et Irunya. Morgens leur fit la bise et Gwendoline grimaça il sentait la cigarette. Elle ne dit rien mais n'en pensa pas moins. Le jeune homme râla qu'il ne comptait pas jouer les baby-sitters mais Manon lui rappela qu'il avait promis de les accompagner, même s'il devait être le seul mec présent. A contrecœur, Morgens leur fit visiter les coins intéressants de la ville, du cinéma au bar, avant de finir par le café Axis Cornet où ils restèrent pour discuter. C'est ici qu'ils trouvèrent Gilbert, Mikkel et Alfred à une table, discutant avec entrain. Même si Elizabeta s'en serait bien passée, ils les rejoignirent, afin que Morgens se sente moins seul. La table des garçons étant trop petite pour onze personnes, les filles s'assirent à deux autres tables. La serveuse fit son apparition et les salua joyeusement.
« Salut ! Vous êtes du lycée Hetalia, je présume ?
- C'est ça, confirma Manon, tout sourire.
- Génial, je m'appelle Lin Yi Ling, mais appelez-moi Lin, c'est plus court. »
Les filles discutèrent avec elle, et s'étonnèrent de voir qu'une jeune femme d'à peine vingt-trois ans était la gérante de ce café qui semblait d'ailleurs très apprécié des citadins. Un tintement retentit et tous se retournèrent vers la porte vitrée. Sur le pas de la porte se trouvait un jeune garçon de type asiatique, brun au visage plutôt fermé. Lin courut à lui.
« Chun ! Où étais-tu ? Le café est ouvert depuis deux heures.
- Je sais mais… »
Sa phrase resta en suspens, mais cela fut amplement suffisant pour Lin qui sourit de toutes ses dents. Elle se mit à le papouiller avec un air béat de maman gâteau en lançant des « t'es trop mignon » et des « t'es tout rouge » à tout bout de champ. Avant de le pousser dans l'arrière-cuisine en lui ordonnant de se changer dans les dix secondes suivantes avant que les prochains clients n'arrivent et que le café ne soit bondé. Une fois le dénommé Chun parti, Lin revint vers les filles. Elizabeta s'empressa de lui demander qui était ce jeune homme.
« C'est Li Xiao Chun, mon ami d'enfance, expliqua Lin. Il est à l'université du coin.
- Il est chou, s'extasia Alix. On dirait pas qu'il est étudiant, il a l'air jeune.
- Oui, tout le monde lui dit ça, et ça l'énerve d'être traité comme un gamin alors qu'il est majeur ! » Rit l'Asiatique.
Un client entra dans le café et Lin se précipita à sa rencontre.
XxX
Kiku relut une dernière fois sa fiche et la reposa sur le bureau. Il s'adossa contre son siège en soupirant. Il faisait des pieds et des mains pour réussir à s'exprimer de manière assez correcte en français, mais il ne cessait de bégayer et finissait par parler en Anglais. Du coup, la plupart – pour ne pas dire tous – de ses élèves ne suivaient aucun de ses cours. Il fallait qu'il trouve quelqu'un pour l'aider en Français. Mais qui ? Francis l'effrayait plus qu'autre chose, avec ses airs de vieux pervers… même s'il était plus jeune que lui. Et puis, même s'il avait pu lui faire confiance, Francis était nul en Anglais. Donc c'était raté pour se comprendre.
Kiku se leva et traversa son studio – pas très grand il fallait l'avouer – pour atteindre sa XBOX 360 installée près de son fûton – les lits occidentaux n'étaient pas son fort. Il alluma la console et s'assit sur le fin matelas. Quelques heures de jeux vidéo lui seraient bénéfiques. Malheureusement, au bout de dix minutes sur « Assassin's Creed », on sonna à la porte. Le jeu mis en pause, Kiku traversa à nouveau le studio et ouvrit la porte d'entrée. Devant lui se tenait à présent Yao, son ami d'enfance. Ainsi que celui qui lui avait permis de trouver un poste près de chez lui.
« Salut, aru ! S'exclama Yao en usant de la langue de Shakespeare. Je ne te dérange pas? »
Le Chinois avait également quelques difficultés en avec la langue latine, mais se débrouillait mieux que Kiku. D'ailleurs, tous deux conversaient en Anglais, la seule langue que le Japonais savait parler en dehors de la sienne.
« Entre, lui répondit Kiku.
- Tu joues encore aux jeux vidéo ? C'est pas sérieux ! »
Le Japonais ne répondit rien, se contentant d'aller préparer du thé pour son invité. Yao vint s'asseoir à la petite table basse et observa la grande pièce : accrochés sur les murs blancs des peintures et des paysages japonais, posé à côté de la télé un bonzaï, et, pour compléter, une petite cuisine noir et beige avec mixeur, Senseo et micro-ondes. Kiku déposa devant son ami une tasse de thé vert brûlant et s'assit en face de lui.
« Tu es prêt pour cette seconde année de lycée ? Demanda Yao en prenant le récipient entre ses mains.
- Je ne sais pas…, marmonna Kiku en regardant le fond de sa tasse. Je suis toujours incapable de faire une phrase décente en Français.
- Hm… »
Il y eut un silence dans lequel on n'entendit que le bruit des voitures au dehors.
« Tu sais quoi, aru ? Reprit soudain Yao. Je vais t'aider à trouver un professeur de français. Tiens, que penses-tu de Tino ?
- Je… je ne le connais pas suffisamment !
- Raah, t'es pas coopératif, aru ! »
Kiku se tortilla sur son coussin, gêné. Il appréciait tous les efforts que son ami faisait pour lui, mais il était bien trop timide pour demander des cours particuliers.
« Ils t'ont donné une classe principale ? Demanda Yao entre deux gorgées de thé.
- Non, pas si je ne parle pas correctement français.
- De même, je mélange encore pas mal de mots.
- Tu sais le parler, c'est déjà bien.
- Oui, mais pas assez pour te l'apprendre.
- Je sais… »
Deux heures plus tard à parler de tout et de rien, Yao prit congé et laissa Kiku à nouveau seul dans son misérable studio. Il jeta un coup d'œil à sa console toujours allumée et, dans un soupir, l'éteignit pour retourner à ses papiers.
XxX
Alfred ronflait. Et Yong Soo le balança hors du lit en hurlant.
« On a les uniformes ! »
L'américain, fracassé sur le sol, leva les yeux sur son colocataire qui réveillait à présent Matthew et Morgens de façon toute aussi délicate. Son frère se retrouva ainsi tombé du lit en hauteur, son ours blanc dans les bras, la couette traînant derrière lui. Quant à Morgens, il avait l'avantage d'être plus lourd et plus grand que Yong Soo et avait à peine bougé. Mais le Coréen n'en avait cure et se jeta sur des cartons entreposés à l'entrée, avec leurs noms dessus. Il ouvrit le sien sans ménagement et en sortit un uniforme.
« Woah, trop classe ! »
Alfred chercha ses lunettes posées sur sa table de nuit et les posa sur son nez. Il regarda à nouveau en direction de Yong Soo et s'étouffa en voyant l'uniforme qu'il avait enfilé en deux temps trois mouvements. Une chemise blanche à manches courtes, un pantalon marron et… une cravate. Rose.
« Mais c'est quoi, ça ? Hurla désespérément Alfred en sautant sur son propre carton pour sortir le même uniforme.
- Un uniforme ? Proposa timidement Matthew qui s'approchait à son tour, mais personne ne fit réellement attention à lui.
- C'est… rose ! Ils nous prennent pour des tapettes ou quoi ?
- Arrête de te plaindre, c'est pas non plus une cravate flash, grogna Morgens en ouvrant son emballage avec plus de lenteur et de calme que ses deux amis surexcités. Et puis, c'est juste une cravate…
- C'est horrible… »
Du côté des filles, les réactions n'étaient pas très différentes, mais au moins elles se faisaient plus calmement.
« C'est hideux, grogna Gwendoline en regardant la tenue qu'elle venait de sortir de son carton.
- C'est mignon, c'est rose, fit Manon en plaquant la jupe contre ses jambes de manière à voir si elle lui allait ou pas.
- C'est bien ce que je dis, c'est moche, répliqua la Française. Je suis sûre que les mecs ont des trucs bleus eux.
- Genre, Barbie et Ken ? » Plaisanta Elizabeta avant de se dire que ça n'était pas impossible.
C'était leur dernier jour de repos avant le début des cours, et les surveillants étaient passés dans toutes les chambres pour déposer des cartons remplis d'uniformes. Les élèves étaient au courant que dans cette école privée, ils avaient l'obligation de les porter, sous peine de devoir porter une blouse blanche pour le reste de la journée s'ils osaient enfreindre cette règle. Les heures de colle ou de travaux personnels étaient également une option. Alors, même si la couleur rebutait Gwendoline – elle n'avait jamais aimé le rose, elle préférait de loin le bleu ciel – la jeune fille se trouvait obligée de porter l'horrible uniforme. Bon, le marron cachait un peu l'autre couleur, c'était déjà mieux que rien.
« Bon, on y va Gwen ? Lança Alix qui s'était préparée plus rapidement que d'habitude. On va pas faire attendre Mikkel, j'ai hâte de voir à quels uniformes ils ont eu droit !
- Rêve pas, ils vont les porter seulement en cours. »
Les deux sœurs quittèrent la chambre et rejoignirent l'entrée du dortoir où les attendaient les trois mêmes garçons – Mikkel, Lukas et Emil pour ceux qui auraient oublié. Le Danois faisait une tête dépitée et Gwendoline jugea que les uniformes y étaient pour quelque chose.
« Quel couleur ? Fut la seule chose que la jeune fille demanda au garçon.
- Bonjour…, marmonna ce dernier.
- Rose aussi, alors ? » Railla Alix en tapotant l'épaule du grand gaillard.
Mikkel ne dit rien, mais les deux autres adolescents hochèrent la tête d'un air compatissant et Gwendoline demanda, curieuse :
« Mais tu étais déjà ici, l'année dernière, les uniformes sont les mêmes non ? »
Le blond secoua la tête, les épaules lâches, tandis qu'ils se dirigeaient tous ensemble vers le réfectoire.
« Nan, tu vois, l'année dernière les uniformes étaient noir et bleu. Mais ça faisait plus de dix ans qu'ils étaient de cette couleur et le directeur a eu la bonne idée de vouloir les changer. »
Alix se demanda si le proviseur était un excentrique, pour avoir eu envie de mettre du rose. A moins que ce ne soit le prof de physique qui ait supplié le directeur pour la couleur ? C'était une option que la jeune fille ne négligea pas.
Ce jour-là, les cinq amis avaient décidé de visiter un peu le lycée, et plus particulièrement le bâtiment destiné aux arts. Les yeux d'Alix pétillèrent lorsqu'ils parvinrent à la grande salle de musique : une batterie était installée au milieu de la pièce. Elle se précipita dessus, attrapa les baguettes et s'installa sur le siège.
« Tu joues de la batterie ? Demanda Mikkel avec un sourire.
- Je connais juste les bases, répondit la jeune fille en faisant résonner la grosse caisse.
- Et elle joue aussi du piano, renchérit Gwendoline qui de son côté ne savait jouer d'aucun instrument.
- Haha, petit prodige de la musique ! Plaisanta le Danois. Lukas fait du violon, lui.
- Tu n'es pas obligé d'étaler ma vie devant tout le monde », siffla le concerné.
Ils passèrent environ une heure dans la salle à tester les différents instruments avant de se faire renvoyer par le professeur de musique qui passait par là. Ne sachant pas où aller, Gwendoline demanda si la bibliothèque du lycée était ouverte, ce à quoi Emil répondit positivement et lui proposa de l'accompagner. Les trois autres préférèrent aller se prélasser dans la pelouse en face du réfectoire.
En entrant dans avec Emil dans la bibliothèque, Gwendoline remarqua deux garçons de sa classe qui occupaient un des ordinateurs. Ayant oublié leurs noms, et ne ressentant pas l'envie de faire plus ample connaissance avec eux, elle se dirigea vers une étagère de livres. Emil s'assit à une table avec un magazine qu'il feuilleta paresseusement. Le calme qui régnait dans la grande salle était tout à fait agréable…
Si seulement Alfred et ses comparses n'étaient pas rentrés. Le petit trio composé d'un Américain, d'un Coréen et d'un Belge décida, pour ne pas arranger les choses, de s'installer à la table juste à côté de celle de Gwendoline et Emil. Et ils commencèrent à débiter des idioties dignes d'eux-mêmes. La jeune fille soupira et essaya malgré tout de se concentrer sur son livre, se faisant violence pour ne pas leur fracasser l'épais ouvrage sur la tête, tour à tour.
« Gilbert aurait du venir, on s'ennuie trop sans lui, se plaignit Alfred.
- Et où est Mikkel ? Demanda Morgens qui semblait n'en avoir rien à faire d'être là au milieu de tous ces bouquins.
- Dehors, je crois.
- On le rejoint ? »
Et ils se levèrent tous en même temps pour se précipiter dehors en faisant le plus de bruit possible. Gwendoline ne put s'empêcher de soupirer de soulagement et croisa le regard compatissant d'Emil.
« Je devrais m'inquiéter pour Alix, commença l'adolescente, mais… je n'ai pas envie de les revoir avant demain si possible. »
Emil sourit avant de se replonger dans son magazine.
