Ah, la voici enfin cette deuxième partie qui s'est faite attendre ! Je m'excuse sincèrement du retard que j'ai mis à la poster et vous remercie chaleureusement pour la douceur de vos commentaires ! Je n'ai pas eu l'occasion ou la possibilité de répondre à tous le monde, mais je tiens à vous remercier très sincèrement ! C'est adorable.

Cette seconde partie contient un lemon, elle est donc pour lecteurs avertis !


« Tu sais que t'as la peau vachement blanche, baby ? » Rigola le marionnettiste en louchant sur la poitrine que la transformiste tentait vainement de dissimuler à son regard. « Tu dois pas beaucoup aller au soleil pour être aussi pâle ! »

Il vint se pencher au-dessus d'elle, recroquevillée entre le mur et une commode animée par l'âme de Féfé. Elle ressemblait à un petit animal terrifié et boudeur, avec ses genoux remontés sur son torse à demi-nu et ses joues gonflées et rougies par la gêne. Adorable.

Il n'avait donc aucun scrupule ? Comment un homme pouvait-il s'amuser d'une telle situation ? Lissana lâcha un glapissement presque terrifié, en pressant son front contre ses genoux, ses longs doigts furieusement agrippés à la peau de ses jambes.

« Bah, alors ? Tu ne viens pas le chercher ? »

Lissana le foudroya du regard, la lèvre inférieure mordue pour ne pas hurler d'indignation.
Bixlow s'esclaffa en sortant la langue, euphorique face à ce regard meurtrier, creusé d'animosité. Il s'amusait réellement avec cette petite chose fragile. Elle semblait en proie à une rage très mal contenue, prête à se ruer sur lui pour les taquineries déplacées qu'il lui faisait subir.

La jeune femme enserra son torse de ses deux bras en se redressant lentement, les yeux furieux et la tête pleine d'insultes. Dès qu'elle fut debout, elle prit appuie sur ses jambes et bondit vers l'avant, en direction de Bixlow. L'homme avait le bras levé en arrière, un large sourire moqueur imprimé sur le visage.

« Tu es trop petite, baby ? » Ricana le tortionnaire alors que Lissana sautillait face à lui.

La jeune femme, les bras posés sur son opulente poitrine qui tressautait au moindre de ses mouvements, tentait d'attraper son haut au moyen de petits sauts nerveux et agacés. Cependant, attraper un objet au-dessus de sa tête en levant à peine les bras était une tâche ardue. Bixlow, lui, se fendait la poire, agréablement surpris de l'angle de vue qu'il avait de sa hauteur.

« Rends moi ça ! » Trépigna-t-elle après un ultime effort.

Au comble de l'agacement et de l'indignation, Lissana déplia son bras gauche, prit une impulsion rageuse et s'élança vers son pull en faisait abstraction du sourire satisfait de Bixlow. Elle avait laissé une ouverture dans son champ de vision, et pendant quelques instants, l'homme eut une vision avantageuse de sa douce poitrine.

Alors que sa main se refermait sur l'étoffe doucereuse du haut, le bras de Bixlow lâcha le tissu pour enserrer le membre raide de la jeune femme d'une main de fer. D'un coup sec, l'homme amena l'immaculée contre son torse et l'immobilisa en enroulant un bras ferme autour de sa taille.

La jeune femme poussa un cri indigné et surpris, rouge comme un coquelicot, alors que ses seins se pressaient contre le corps de son agresseur et qu'un voile brûlant couvrait ses yeux. La jeune femme avait un regard paniqué et confus, sa main libre poussait sur l'épaule du marionnettiste afin de se dégager, la bouche pleine de plaintes et de protestations.

Simplement pour cette réaction, il avait furieusement envie de la tourmenter davantage.

Un large sourire envahit le visage de l'homme alors qu'il se penchait vers l'immaculée. Lissana comprit immédiatement ce qu'il comptait faire et tenta de le repousser avec plus de vigueur.

« Non ! »

Trop tard. Elle avait fait l'erreur de fusiller Bixlow du regard, et le regrettait amèrement à présent. Elle était de nouveau sous l'emprise de ses grands yeux brillants et verts, incapable de s'écarter alors que le visage de l'homme s'avançait vers elle.

Le nez du ravisseur toucha le sien et Lissana ne fut plus capable de respirer. Elle ne pouvait pas dire s'il s'agissait de sa propre réaction où d'un arrêt dicté par Bixlow, mais soudainement, son souffle se coinça dans ses poumons comprimés par l'appréhension.

L'expiration chaude de Bixlow caressa ses joues, et Lissana se tendit. Qu'est-ce que cela faisait de se faire embrasser ? L'homme était en bonne voie pour lui voler son premier baiser et, étrangement, Lissana pendant une seconde, s'interrogea ; elle voulut, l'espace d'un très court instant, connaître la sensation des lèvres d'un homme contre les siennes.

Puis, la bouche de Bixlow s'écrasa brutalement contre la sienne et son esprit s'alourdit jusqu'à sombrer dans les plus profondes limbes de son âme. Les lèvres brutales étaient beaucoup plus chaudes qu'elle ne l'avait imaginée et la saveur de cette chair inconnue lui rappela sans aucun doute l'amertume du cacao. En soi, ce baiser n'était pas mauvais, mais, Lissana se trouvait outrée, son premier baiser arraché par un homme qui n'avait en rien le profil du prince charmant.
Les lèvres de la jeune femme se mirent à bouger, sans son consentement, en rythme avec celles du mage et une cadence se mit en place entre eux. Lentement, l'horreur de la situation se propagea dans l'esprit de l'immaculée et alors que le nuage de confusion se délitait et que la réalité fracassante s'imposait dans ses pensées, son esprit se révoltait. Il était en train de la manipuler ! Sans son consentement, sans aucune demande préalable, il l'embrassait !

Lissana était scandalisée : il avait osé un tel outrage alors qu'il avait donné sa parole ; il ne devait rien lui faire ! Pourquoi, diable, lui dévorait-il les lèvres en ce moment même ?

La bouche posée contre la sienne finit par s'immobiliser. Bixlow s'écarta avec lenteur, un large sourire cousu sur son visage. Il relâcha le corps de la jeune femme, non sans jeter un dernier coup d'œil à l'ensemble, le regard satisfait.

« Disons que c'est ma compensation pour ton hébergement, baby ! » Déclara-t-il en laissant traîner le dernier mot.

Lissana était atterrée, toujours immobile sous l'emprise de la maléfique magie. Bixlow lui décrocha un ricanement railleur avant de se jeter sur le lit, les bras derrière la tête, rapidement rejoint par sa bande de poupées qui avait repris leurs corps respectifs.

Alors que l'homme gazouillait béatement avec ses poupées, Lissana retrouva ses capacités. Bien évidement, la première chose qu'elle fit fut de pousser un hurlement furieux.

« Comment as-tu pu ! » Cria-t-elle en essuyant rageusement sa bouche. « Tu m'avais assurée qu'il ne se passerait RIEN ! »

Bixlow daigna se détourner de ses « babies » pour regarder Lissana, avant d'exploser de rire.

« C'était qu'un baiser, baby, détend toi !
- Qu'un baiser ! Qu'un baiser !
» Suffoqua Lissana. « C'était mon premier baiser ! »

Soudainement, Bixlow se retrouva considérablement refroidi, et il accueillit cette déclaration avec des yeux ronds comme des billes. Un silence d'église tomba sur la pièce ; même la bande à Fufu s'était tue.
Puis, après un temps d'une longueur saisissante, le mage éclata de rire, avec tant de violence qu'il dut se tenir les côtes pour ne pas exploser. Lissana le regarda abasourdie, complètement perdue quant à sa réaction. Définitivement, Bixlow n'était pas quelqu'un de normal.

L'homme se moquait d'elle ouvertement, c'était une évidence.
Sa déclaration était-elle vraiment si ridicule ? Si difficile à croire ? Après tout, elle avait passé des années dans un monde parallèle où les prétendants au rôle de premier vrai amour manquaient cruellement. Et de retour sur sa terre natale sa vie avait été plus que mouvementée et Lissana n'avait pas vraiment trouvé le temps pour se consacrer à une vague romance. Ça vie amoureuse était quasiment vide, et voilà qu'elle se retrouvait là, face à un homme qui semblait la railler pour son manque d'expérience et qui l'amenait à se demander si, vraiment, c'était tragique.

Par instinct – presque animal – Lissana recula d'un pas en baissant les yeux. Bizarrement, elle se sentait honteuse, même plus en colère, surprise ou outrée par la soudaine euphorie de son ravisseur. Non, juste embarrassée d'être si inexpérimentée, si peu familière de cette romance dont on lui chantait souvent les louanges.

Dans un besoin de réconfort, la jeune femme amena ses bras contre sa poitrine, et dans un sursaut, elle se rappela qu'elle était toujours à moitié découverte. Ebranlée par sa nudité, la jeune femme bondit en arrière, jusqu'à se retrouver coincer par le mur, et se cacha précipitamment avec le pull qu'elle avait récupéré. Ni une, ni deux elle l'enfila prestement, en se débattant avec le tissu qui se coinçait contre ses coudes et ses mains. L'hilarité de Bixlow n'en fut que plus renforcée face à cette entreprise dans laquelle Lissana s'exécutait gauchement.
La jeune femme voulait disparaître. Pourquoi lui avait-elle crié ça ? Sur le coup de la colère et face à l'indifférence de Bixlow, c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour qu'il réalise la portée de son geste et qu'il réagisse. Une chose était sûre... il réagissait. Mais réalisait-il à quel point c'était important pour elle, ce fameux premier baiser ?

Bixlow se redressa en ricanant encore, l'œil amusé, il se mit debout d'un pas détendu et s'avança vers l'immaculée qui semblait faire corps avec le mur à mesure qu'il se rapprochait.
Arrivé à un mètre de sa personne, il lui dit dans un souffle rieur :

« Allez, on va faire ton éducation, baby. »

Et il attrapa la jeune femme par les hanches pour la serrer contre lui, la tête baissée vers le visage horrifié de la jeune femme.
Sans aucune hésitation, Lissana ferma les yeux en posant ses mains sur le visage de l'homme dans une tentative désespérée de l'écarter.

Elle s'était faite avoir une fois, mais pas deux ! Et il était hors de question de lui laisser l'occasion de l'embrasser une nouvelle fois.

Lissana faisait ce qu'elle pouvait et se débattait comme un beau diable, collée à l'extrême contre le mur, elle repoussait le visage du mage et ses lèvres ridiculement tendues vers les siennes. La panique qu'il la touche une nouvelle fois surgit de ses entrailles pour engourdir tout son corps et sa volonté se raffermit davantage. Il en était hors de question ! Cependant, la détermination ne suffisait pas face à la force d'un homme en pleine santé. Et Lissana, en sentant ses forces se faire la malle, cria aussi distinctement qu'elle le put :

« J'ai mes règles ! »

Un piètre mensonge, qui marcha cependant ; Bixlow se figea dans son entreprise, s'écarta de la jeune femme d'un chouïa, puis demanda :

« Et ? »

Lissana se tendit immédiatement. C'était vrai, qu'est-ce que ça changeait à la donne ? Les désavantages féminins n'empêchaient aucunement un baiser. Elle s'empourpra brusquement, les yeux toujours fermés.

« Et... je...
- Tu ?
»

Lissana se cacha avec ses mains. Pourquoi disait-elle des choses aussi absurdes et intimes à un homme qu'elle ne connaissait pas – et que, d'une certaine façon, elle préférait ne pas connaître – ?

« Rho et puis zut ! »

Résignée, Lissana ouvrit les yeux et posa rapidement ses lèvres sur celles de l'homme. Tant pis, son premier baiser était déjà gâché ! Et elle savait pertinemment que si elle ne lui donnait pas ce qu'il voulait, il ne la laisserait jamais partir. Il voulait un baiser, et bien le voilà ! Elle lui avait donné tout juste une caresse furtive avant de s'enfuir lâchement, refusant catégoriquement d'en faire plus.
Avec l'agilité d'un félin, Lissana échappa à la poigne de l'homme, encore surpris par son initiative. Elle profita de son incrédulité pour attraper le jean qu'elle avait choisi quelques temps auparavant et elle sprinta jusqu'à la salle de bain, où elle s'enferma à double tour.

« Je... je me change ! »

Un simple regard dans le miroir lui appris qu'elle n'avait jamais été aussi rouge.

Bixlow effleura ses lèvres du bout des doigts, un vague sourire amusé flottait sur sa bouche. Il regarda la porte par laquelle venait de disparaître son entreprenante partenaire et lâcha un petit ricanement.

« C'est bien plus amusant que ce que j'avais prévu... » Déclara-t-il doucement à ses poupées.


Mirajane s'écrasa sur les décombres de ce qui semblait être une table. Elle n'eut pas le temps de se redresser qu'on l'attrapa par le col pour la mettre debout. Un peu confuse du choc qu'on venait de lui asséner, la jeune femme ne sentit pas son haut se déchirer sous son poids, ni les échardes de bois qui s'enfonçaient dans sa peau, par contre, elle intégra parfaitement la gifle monumentale qui lui asséna son agresseur. La démone retomba violement au sol.
D'un mouvement un peu hasardeux, elle balança son pied vers son adversaire et le cueillit à l'estomac. L'homme recula d'un pas titubant, ce qui donna à la jeune femme l'occasion de se relever et de se jeter une nouvelle fois sur l'ennemi.

« Alors, fatigué Luxus ? » Ricana-t-elle dans un souffle, en levant sa jambe vers lui dans un mouvement circulaire.

Le blond recula d'un bond en préparant son poing qu'il envoya à toute vitesse vers le visage de l'immaculée.

« Du tout. Tu veux prendre une pause, tu as l'air essoufflé, Mira ? »

La jeune femme grinça des dents en évitant le coup envoyé par son adversaire et attrapa son poignet, qu'elle tordit violement, avant de le tirer vers elle, faisant ainsi perdre l'équilibre à Luxus. Le blond, surpris par la tournure de son attaque, n'eut d'autres choix que de s'écraser sur la jeune femme, obligeant le duo à tomber.

Mirajane était pressée contre le sol, les hanches coincés contre les genoux du mage ; il était à quatre pattes au-dessus d'elle, une main perdue sur son épaule, l'autre déjà prête à l'accabler d'un poing. Alors qu'il allait porter son attaque, Mirajane lui cracha :

« Arrête tout de suite. »

Luxus se figea ; la jeune femme avait habilement positionné son genou contre son bas-ventre, histoire qu'il l'écoute bien attentivement.

« Si tu touches encore une fois à mon visage, je détruis ce qu'il te reste de virilité. » Gronda la démone avec son regard le plus noir.

Luxus grimaça amèrement.

« Tu fais chier Strauss. » S'écria-t-il en rangeant ses phalanges et sa fierté.

Mirajane claqua sa langue contre son palais en repoussant Luxus pour se mettre debout.

« C'est toi qui a commencé, pauvre idiot.
- A cause de qui ? On en serait pas là si t'avais pas merdé.
»

Mirajane haussa des épaules en s'asseyant sur un banc qui tenait encore debout. Elle profita du relatif silence pour faire état de ses blessures. Au bout de cinq minutes à s'ausculter, elle poussa un grognement mécontent, tenant dans sa main les restes de son haut éventré par lesquels apparaissait son soutien-gorge.

« File moi ton manteau. » Déclara-t-elle au blond alors qu'il s'étirait.

Il l'a regarda abasourdi une seconde, alors que la jeune femme lui désignait sa poitrine mise à nue.

« En quel honneur ?
- En l'honneur que tu as détruit mes fringues.
- Va te faire foutre, Mirajane.
»

La jeune femme grinça des dents en se relevant, non seulement son dos était douloureux suite à sa chute, mais en plus Luxus, lui mettait d'incroyables bâtons dans les roues quant à son confort.

« Tu penses que je m'amuse là ? » Explosa-t-elle. « Donne moi ton manteau ! Je te rappelle que c'est ton 'pote' qui nous a enfermé ici !
- Ah oui ? C'est ma faute maintenant ! Qui a tenté de me faire passer pour homosexuel ? Qui nous a mis dans la merde ?
- Mais pourquoi tu restes bloqué sur cette histoire ?
» S'époumona-t-elle. « Mais passes à autre chose !
- Bien sûr, joues à l'innocente maintenant ! Je ne suis pas homo ! Et grâce à toi, plus personne ne semble le savoir !
»

Mirajane se tut. Elle n'était en rien innocente dans cette histoire, c'était vrai. Bien qu'elle trouve cette réaction plus qu'excessive, il fallait avouer qu'elle était bien responsable des photos parues dans le Sorcerer – en aucune cas compromettantes – qu'elle avait prises à l'insu des deux mages... Et qui avait convaincu le pays entier de l'homosexualité des deux mages. La rédaction de l'article avait fait beaucoup, sûrement beaucoup trop.

« Désolée pour les photos. J'avais précisé à Jayson qu'il ne s'était rien passé, mais il a dû s'enflammer, comme d'habitude... »

Luxus se tourna vers elle, le visage effaré, le bec cloué.

« ... Mais je veux toujours ton manteau. »


Cela faisait plusieurs minutes que Lissana faisait mine de lire, assise au fond du petit fauteuil de cuir brun. Son jean sec enfilé, elle avait dû prétexter un intérêt particulier à sa lecture pour éviter un bavardage gênant.

Pour tout dire, lorsqu'elle s'était changée dans la salle de bain, elle avait bien été tentée de fuir cet endroit à l'ambiance incommodante. Mais la petite pièce d'eau ne comportait que trois petits hublots sans ouverture pour seules fenêtres et Lissana n'avait pas trouvé la bouche d'aération qui lui permettrait de s'évader.
Maintenant qu'elle était plongée dans ses pensées, le nez collé à son bouquin, elle regrettait amèrement de ne pas être sortie lorsqu'elle était seule, bien que trempée. Cela aurait évité qu'il l'embrasse et qu'elle se retrouve obliger à en faire de même.
Elle leva un œil suspicieux vers la bande de poupées qui tournoyait. Non, impossible, même avec toute la volonté du monde, elle n'aurait pas pu sortir, pas avec ces horribles petites choses pour lui barrer le chemin.

La jeune femme lâcha un soupir contrarié en mimant sa lecture, les doigts trituraient la couverture racornie du livre.

C'était gênant.

L'intégralité de cette situation était dérangeante ; l'ambiance, le rire de Bixlow, ses pensées torturées et confuses.
Après tout, elle aurait certainement pu éviter cette bise furtive – en le gratifiant d'une belle gifle, par exemple – et Lissana l'aurait certainement fait si elle n'avait pas senti l'impulsion de l'audace prendre le dessus. L'adrénaline face à l'inconnu, le frisson électrique de l'interdit qui courait sur sa peau, cela lui avait indéniablement fait perdre l'esprit. Et c'était bien pour cela qu'elle l'avait embrassé ; ce trouvait là, la seule et unique raison à son geste.

Lissana tourna une page de l'antiquité qu'était son livre. Un peu rassurée par ses pensées qui lui indiquaient qu'aucune autre folie du genre ne viendrait la déranger tant qu'elle se maîtrisait, la jeune femme porta un peu d'intérêt aux mots glissés sous ses yeux. Une histoire à l'eau de rose des plus banales se déroulait dans ses mains, mais la futilité des événements et la délicatesse du personnage principal lui changèrent immédiatement les idées ; l'immaculée se surprit même à apprécier la mièvrerie de l'histoire. Tant et si bien qu'elle en oublia son compagnon de chambre, qui venait subrepticement de s'approcher d'elle.

« T'en veux ? »

Un sursaut, un glapissement, un livre jeté en pleine figure, et Bixlow fit un pas en arrière, le front dans la main.
Lissana, tétanisée, s'était agrippée aux accoudoirs du fauteuil, les jambes raccourcies contre sa poitrine. Après avoir lâché trois courtes expirations, la jeune femme finit par se calmer, les oreilles encore pleines des gémissements de l'homme et le cœur battant de surprise.

Bixlow tenait dans sa main un paquet de bonbons, vacillant à cause du choc qu'il venait de recevoir – Lissana avait envoyé son livre à la tête du bonhomme lorsqu'il avait trop brusquement interrompu son récit.

« Tu veux me tuer, baby ? » S'écria l'homme en regardant sa main bien heureusement nette.

Lissana ne dit rien, l'esprit complètement embrouillé par sa bêtise et la proximité du mage. Voir son visage de si près lui rappelait ses déboires passés et l'immaculée ne pouvait pas s'empêcher de rougir, le vermeil de ses joues détonnait particulièrement sur sa peau hivernale.

La vision de cette jeune femme à l'innocence implicite, le visage rendu pivoine par la gêne, était d'une beauté toute simple. Il n'y avait rien de sauvage ou d'impulsif dans ce tableau de candeur éclatante, simplement un bout de femme paralysée par sa propre initiative passée. Bixlow sentit une pointe de culpabilité enserrer son estomac, alors que la jeune femme le fixait avec toujours autant d'insistance, ne sachant pas vraiment quoi faire pour se sortir de ce mauvais pas.

Finalement, l'homme sortit de sa paralysie en se penchant vers le bouquin que la jeune femme lui avait lancé au visage. Il le ramassa, lut le titre de l'œuvre et l'achat un petit ricanement quasiment nerveux. A l'amour et à l'épée, c'était le titre du livre, qui indiquait que celui-ci suintait incontestablement la niaiserie et les idylles à foison. Un sourire à la fois moqueur et embarrassé sur les lèvres, il tendit le concentré de mièvrerie à Lissana, qui l'accepta avec réticence avant de le cacher contre son cœur.

Puis ils se fixèrent de nouveau, bêtement. Que dire à l'autre ? Bixlow ne pouvait pas se jouer encore d'elle, à cet instant là, il sentait bien que ce serait transformer la plaisanterie en drame. Lissana semblait mortifiée, bouffi de gêne et incapable de dire quoi que ce soit. L'intervention de l'homme avait gelé l'atmosphère tranquille et romantique dressée par le livre et la jeune femme se retrouvait complètement perdue. Au bout d'un temps d'une extrême langueur, l'homme finit par se rappeler se tâche première et tendit alors à Lissana les confiseries qu'il tenait dans sa paume.

« T'en veux ? »

Il retint le « Baby » qui menaçait de franchir ses lèvres et agita le paquet sous le nez de la jeune femme. Celle-ci resta figée un instant avant de refuser d'un signe de têtes, les mâchoires serrées.

« Non merci, je n'aime pas le sucre. »

Elle ne l'avait jamais vraiment aimé, même petite. Les gourmandises lui paraissaient toujours sirupeuses et mielleuses ; ce n'était pas du tout son genre, en soit. Le sucre était pour elle un goût trop intense, qui lui inspirait davantage le dégoût que la gourmandise.

Bixlow se retourna en ricanant, il lâcha :

« Tu es vraiment bizarre. »

La jeune femme ne releva pas, et plongea son regard dans la contemplation du sol, mortifié par ce moment de gêne qui venait de se passer et paniquée à l'idée de ceux qui allaient venir.


La nuit était tombée et un voile d'obscurité avait glissé sur l'endroit en même temps que le vent se levait. La tempête de neige avait fini par arriver et la température du bâtiment avait considérablement chuté.
Sous la lumière vacillante des lampes à huile, Mirajane passa le bout de sa langue contre l'entaille qui meurtrissait la commissure de ses lèvres et lâcha un râle plaintif. La brûlure piquante de sa chair blessée contribuant en tout à son humeur mauvaise et le froid qui s'insinuait sous ses vêtements, tout contre sa peau, n'était pas là pour arranger l'affaire.

« Luxus, t'es qu'un sale con. »

Elle râlait, encore. Mirajane, assise sur un banc, les bras entourés autour de sa fragile carrure, les mains pressées contre sa chair dans l'espoir de se réchauffer un peu. Ses yeux mitraillaient le dos de son adversaire avec animosité, alors que l'homme était couché au sol. Il serrait contre lui, précieusement, son épais manteau de fourrure.

« Un sale con ! Un sale con ! Un sale con ! » Cracha-t-elle à l'échine du blond.

Il répondit avec ce ton désabusé qu'il maintenait en toutes circonstances :

« Mirajane, j'essaye de dormir. »

La jeune femme bascula sa tête en arrière pour la poser sur la table contre son dos.

« C'est bien ce que je dis : tu n'es qu'un sale con ! Qui a déchiré mon haut en deux, hein ? Et qui m'oblige maintenant à me geler parce que monsieur ne veut pas me filer mon manteau ? C'est toi, sale con ! »

Décidemment, elle se répétait ; mais elle ne pouvait pas faire autrement ; les insultes apaisaient ses tourments. La situation de sa sœur était plus qu'incertaine ; celle de son frère aussi. Mirajane se faisait du mouron et elle avait froid, deux choses qu'elle ne supportait que très mal.

Luxus garda le silence quelques minutes, avant de lâcher, l'air de rien.

« Je ne t'ai jamais empêché de dormir avec moi ! » Ironisa-t-il.

Mirajane tordit le nez en se redressant, elle s'apprêtait à lui balancer un refus cinglant au visage quand une idée vint fleurir dans son esprit. Finalement, Luxus s'attendait à ce qu'elle refuse sèchement sa proposition factice... Alors Mirajane se leva en serrant les pans ballants de son haut et s'accroupit aux côtés du mage de foudre.

« Pousse toi, ignare. »

La voix sèche et d'une main autoritaire, Mirajane n'eut pas de mal à pousser le blond sur le côté avant de s'étendre contre son flanc, le dos tendu à l'idée de ce qu'elle faisait. Luxus, totalement hébété, s'écria en la fixant :

« T'es sérieuse là ?
- Pourquoi, tu ne l'étais pas ?
»

Elle savait qu'il ne lui dirait pas la vérité, cet être bouffi d'orgueil n'en était pas capable. Alors elle en profitait, elle le torturait par sa simple présence, aussi désagréable en soit l'expérience.
L'immaculée montra son dos au blond tout en collant son postérieur contre la cuisse musclée de l'homme. Elle passa un bras sous sa tête, un souriant narquoisement sans qu'il ne put le voir.

« Tu me donnes un morceau de manteau ? » Grinça perfidement Mirajane, victorieuse.

Quand bien même elle faisait tout cela par fierté et orgueil, elle n'en avait pas moins froid.
L'homme la couvrit avec une partie du cuir du vêtement avant de s'immobiliser. Au bout d'une éternité, il passa un bras en travers de sa hanche et se pressa davantage contre elle.

« Qu'est-ce que tu crois faire ? » Siffla-t-elle.

Luxus lâcha un soupir désabusé et répondit :

« Strauss, tu n'es pas la seule à avoir froid. »


Le vent soufflait contre la bâtisse en un sifflement aigu et le bois grondait et craquait sous ses assauts, mais la petite maisonnette restait bien en place.
Lissana était fatiguée. Sa journée avait été chargée, et les efforts accumulés tout au long de ces quelques heures l'avaient éreintée. L'immaculée tombait de sommeil sur son livre – qu'elle n'avait pas réussi à lire, puisque Bixlow n'avait eu de cesse de gazouiller avec ses poupées. Depuis des heures, elle regardait la même page, sans parvenir à comprendre le moindre mot, le moindre sens de ces longues lignes qui s'étiraient dans ses mains.

Elle n'avait qu'une envie : se coucher.

Mais elle ne parvenait pas à s'y résoudre, puisque se coucher signifiait s'allonger aux côtés de Bixlow pour dormir. Et cela, elle le refusait résolument.

Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait, elle salivait presque à l'idée du matelas contre sa peau et la douceur de l'oreiller où elle poserait sa joue ; mais non, elle se sentait bien trop embarrassée pour faire de ce désir une réalité. Son esprit gardait fraîchement en mémoire son dérapage dans l'après-midi et elle était terrifiée à l'idée que cela pousse l'homme dans ses initiatives.

Elle n'aurait décidément pas dû l'embrasser.

La gorge nouée, la jeune femme jeta un rapide coup d'œil à la masse étalée sur le matelas. Bixlow ne bougeait pas d'un poil, son corps était simplement perturbé par sa respiration régulière et lourde. Ne pouvait-elle pas se glisser discrètement sous les couvertures maintenant qu'il dormait profondément ? La tentation était grande mais la prudence était de mise. Lissana n'était pas totalement persuadée que le marionnettiste ait un sommeil assez lourd pour que son arrivée ne le perturbe pas. Alors, elle observait attentivement ce dos calme, cette couverture immobile creusée d'ombre et cette nuque à l'aspect détendue qui s'enfonçait – délicieusement – dans cet oreiller molletonné.

Lissana se faisait davantage impatiente face à la vision de cet être paisible, roulé dans les draps à profiter d'un sommeil pleinement réparateur. C'était tentant. Affreusement tentant.
Elle était prête à se jeter sur ce lit moelleux à souhait, peu importait les mains baladeuses et les gestes audacieux, quand un détail la força à s'abstenir : cinq paires d'yeux vitreux venaient de poser leurs regards sur elle. Féfé et ses comparses s'étaient retournés vers elle comme une seule poupée et la fixaient avec un intérêt tout particulier. L'immaculée, figée dans son fauteuil, eut beaucoup de mal à interpréter cette action, mais finit par supposer que la bande faisait simplement son travail de surveillance – et qu'ils avaient dû le faire de nombreuses fois alors qu'elle semblait plonger dans sa lecture.

Une demi seconde d'hésitation plus tard, la jeune femme se leva en vacillant, se dirigeant vers sa cible d'une démarche lente et discrète. Elle essuya ses mains moites contre son jean – qu'elle comptait bien garder pour dormir. Aux côtés du lit, elle relâcha le souffle qu'elle maintenait sans s'en rendre compte. La place semblait prête à l'accueillir, les couvertures étaient chaudes et le matelas ferme. Libérée de toutes appréhensions, la cadette des Strauss se glissa dans ce cocon de repos, prête à éteindre la lumière en passant une main vive au-dessus de la tête endormi.

« Il était temps... » Baragouina la masse à ses côtés. « Je suis fatigué de t'attendre. »

Lissana sursauta violemment en lâchant un couinement de surprise. Elle se rétracta sur elle-même, les doigts furieusement agrippés à la couverture, regardant le dos de l'homme qui venait de lâcher la parole la plus inattendue de la journée.

« Tu ne dors pas ? » S'étrangla-t-elle.

Pour toute réponse l'homme ricana en remontant davantage la couverture sur son épaule. Il tendit mollement la main vers la lampe à huile qui brûlait sur la table de chevet et l'éteignit en lâchant un dernier soupir.

Le noir s'abattit sur la pièce et Lissana n'osa plus bouger. Lorsque la respiration lourde et alangui du bleu devient le seul bruissement perceptible dans la pièce, elle finit par se rouler dans les couvertures avec un peu plus d'importance, en se collant au bord du matelas. Elle accueillit Morphée à bras ouverts.


« Tu dors ? »

Mirajane poussa un soupir agacé.

« Je pourrai, si tu ne me posais pas cette question toutes les trente secondes. Qu'est-ce que tu veux à la fin ? »

Luxus baragouina une insulte dans sa barbe en faisant durer son temps de réponse. Il finit par dire :

« Pour qu'elles conneries je devrais m'excuser ? »

Mirajane ne répondit pas immédiatement, se laissant un instant de réflexion pour répondre à cette question complexe. Elle lâcha finalement :

« Pour beaucoup de choses... »

Luxus grogna.

« Tu n'es pas fichue de me donner des précisions !
- Non, c'est à toi de trouver tes motifs, je trouve les miens...
»

Luxus ne retint pas le soupir excédé qui se perdit dans la chevelure opaline de la jeune femme. Il resta un moment à méditer ses paroles avant de demander :

« M'excuser pour m'être énervé lorsque tu m'as fait cette sale entourloupe ?
- Ouais, certainement.
- Alors que je ne suis pas gay.
- Si tu le dis.
»

Elle sentit Luxus se tendre.

« Tu veux que je te le prouves Strauss ? » Susurra l'homme d'une voix acerbe.

La main qui barrait les hanches de la jeune femme glissa lentement vers l'opulente poitrine de la démone, alors que le ricanement joueur de Luxus se répercutait dans ses oreilles. Elle agrippa le poignet du jeune homme avant qu'il n'atteigne sa destination et siffla :

« Je suis pas un vulgaire morceau de viande. »

Luxus lâcha un rire franc et brutal alors que son bras reprenait une place décente sur le ventre de la jeune femme.

« Tu devrais t'excuser pour ça aussi. » Décréta Mirajane.

Le blond fut stoppé en pleine hilarité. Il regarda le crâne immobile de la jeune femme avant de lui déclarer d'une voix éberluée :

« C'est une blague Mirajane ! Tu sais, le genre de chose pour rigoler... Ce que tu sembles avoir oublier depuis long-
- Je ne parle pas d'aujourd'hui Drear.
- De quand alors ?
- Je t'ai déjà dit de réfléchir.
»

L'homme se crispa contre son dos. Il n'aimait pas cette façon presque hautaine de lui ordonner des choses. Ce n'était pas possible que Mirajane soit aussi odieuse !

« Maintenant laisse moi dormir, s'il te plaît. »


Un claquement sourd, une vision funeste et un réveil brutal. Lissana se redressa dans un sursaut, les muscles vivement tendus par la peur, le cœur en tachycardie. Une pellicule désagréable de sueur recouvrait sa nuque et elle peinait à prendre une respiration régulière coincée comme elle l'était sous tous ces draps.

Elle était effrayée.

Le cauchemar qu'elle venait de faire était bien la seule raison à son mal-être ; l'impression collante qu'un Anima l'avait de nouveau dépossédée de sa famille et de ses proches. La bise qui soufflait contre la bicoque était comme la tornade qui l'avait emporté dans son univers onirique ; horriblement bruyant et monstrueux.

La jeune femme se retourna dans ses couvertures, tentant presque vainement de calmer le souffle affolé de ses poumons ; elle faisait presque abstraction de la présence à ses côtés.
Seul le son du vent claquant contre le bois venait de l'extérieur, ce qui poussa Lissana à enfoncer sa tête dans les draps, un sentiment d'insécurité venait tirailler sa poitrine. Elle était effrayée par les bourrasques qui arrachaient des gémissements au bois vieilli et un froid particulier engourdissait son échine ; tout cela lui donnait l'étrange sentiment d'être plus loin de ses frère et sœur qu'elle ne l'avait jamais été.

Lissana se recroquevilla sur elle-même alors qu'un sifflement venait lui arracher un sentiment de solitude irrationnelle. Apeurée comme une pauvre bête, elle ne put empêcher un tremblement de remuer son enveloppe alors que l'obscurité de la chambre se faisait plus pesante. Elle se sentait tomber dans le gouffre d'une frousse infondée lorsque quelque chose la retint. Une chaleur discrète et délicate se pressait contre son mollet, l'effet était léger, mais cela rassurait un peu Lissana qui put retomber dans le sommeil.


Lissana ouvrit les yeux avec la candeur d'un jeune enfant, l'esprit encore émerveillé de songes et de lumières, elle bailla aux corneilles en s'étirant de tout son être, remua un peu sa carcasse pour se dégourdir.

Vlan. Bim. Bam. Boum.

C'était le tapage de l'écrasante réalité qui emplissait son esprit avec une lourdeur fracassante. Elle n'était pas chez elle avec sa famille, ça non, la jeune femme se retrouvait dans le lit d'un homme dont elle ne connaissait rien, ou presque, et qui ne lui inspirait pas de bons sentiments – sinon une attirance éphémère qu'elle maîtrisait à quelque chose près.
L'esprit brusquement éveillé, Lissana jeta un coup d'œil rapide à son compagnon de cellule – et geôlier – ; elle fut rassurée de voir qu'il dormait encore d'un sommeil profond.

Le raie de lumière puissant qui filtrait par la fenêtre lui permettait de voir les yeux clos, la mine détendue, les lèvres tendres de Bixlow qui semblait être l'allégorie même de l'innocence. Il n'y avait pas d'orgueil ou de jeu taquin à la limite de la méchanceté dans les courbes molles de ce visage endormi, comme s'il s'agissait d'une toile vierge qui attendait d'être parée de couleurs. Ainsi, l'imagination de Lissana s'enflamma ; elle imagina un Bixlow plein de bonne volonté, un sourire sincère aux lèvres et un rire s'approchant de la normalité. Bref, un Bixlow qui n'en était clairement pas un ; un Bixlow pour lequel elle aurait certainement chipoté un baiser ou deux.

Perdue dans la contemplation un peu naïve de l'homme, elle ne le vit pas ouvrir les yeux et fut des plus surprises lorsqu'il lui dit en ricanant :

« Pourquoi tu me fixes comme ça... tu veux encore m'embrasser ? »

Lissana le fixa pendant quelques secondes, hébétée, avant de piquer un fard furieux et d'amener sa tête sous les couvertures ; c'était là le seul moyen qu'elle avait trouvé pour masquer son embarras.

Elle l'entendait rire, d'un rire profond et extrêmement amusé, il n'en avait rien à faire de sa gêne excessive, ou plutôt, il ne trouvait rien de plus divertissant de si bon matin. Définitivement, elle enterra l'image du Bixlow agréable et à l'humeur constante que son imagination avait tissé.

Graduellement, le mage finit par se calmer. Au bout d'un long moment silencieux, toujours cachée et emmitouflée dans les couvertures, Lissana sentit une pression contre ses côtes, et elle ne put réfréner le sursaut qui saisit son corps entier ; son souffle calme céda la place à un rire nerveux et immédiatement elle balança ses mains vers son tortionnaire. La chatouiller aussi témérairement n'était pas du jeu ! Lissana n'était pas préparée à cette éventualité et elle suffoquait presque en regrettant amèrement de s'être cachée sous les draps où elle s'empêtrait à présent.

« Ah, laisse moi... Arrête ! » Suffoqua-t-elle en tentant de le persuader.

Cependant, Bixlow n'était pas prêt à la lâcher, surtout pas lorsqu'il la voyait se démener avec tant de force ! Il prenait un malin plaisir à torturer la belle alors qu'elle lâchait des plaintes étouffées et des jérémiades à son cou. C'était bien trop jouissif de posséder cette position de force !

Alors que Lissana se mettait à penser que son décès prématuré par asphyxie arrivait à grand pas, Bixlow se recula en cessant ses viles attaques. Lissana, pas bien sûre de ce qu'il se passait, sortit une tête hésitante et timide d'entre les draps.
Bixlow la fixait avec un intérêt particulier, semblant guetter une quelconque réaction au fond de ses yeux de saphir. La jeune femme, affreusement gênée par son regard, finit par demander avec sa douceur caractéristique :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Puis, elle détourna le regard, s'orientant vers le plafond qu'elle trouva soudainement digne d'intérêt.

« Est-ce que c'était vraiment mauvais ?
- Quoi donc ?
» Demanda Lissana, perplexe.

Le sourire de Bixlow s'agrandit considérablement alors qu'il parait son ton de sensualité.

« Lorsque tu m'as embrassé... »

Lissana écarquilla les yeux en s'étouffant avec sa propre respiration. La question était incongrue, mais elle sentait le regard effroyablement sérieux de l'homme sur son visage ; il voulait qu'elle réponde. Et quand bien même elle n'en avait pas envie, elle devait le faire. Cependant, elle ne se sentait pas capable d'avouer de tout en bloc que ça n'avait pas été si désagréable que ça et que ses lèvres chaudes étaient plus douces qu'elle ne l'avait imaginée. Hors de question de faire un aveu aussi effronté alors qu'elle devait le regarder dans les yeux !

Lissana gigota quelques fois dans le lit, sous le regard inquisiteur de Bixlow qui attendait une réponse, avant de finalement lâcher, d'une toute petite voix :

« Je suppose que... ce... ce n'était pas si... mal... ? »

Bixlow sourit de toutes ses dents avant de balancer sa tête en arrière, afin de réellement rire à gorge déployée. La jeune mage se renfrogna en se tassant sur elle-même, la mine rouge de honte après sa déclaration. Elle aurait dû mentir, dire que l'expérience avait été horrible et qu'elle n'était absolument pas prête à remettre ça ! Mais Lissana était de ces personnes à la franchise déroutante, le mensonge et la tromperie lui étaient inconnus et même dans ce cas d'extrême urgence, elle n'avait pas pu s'y résoudre.

« C'est ce que je pensais. » Ricana Bixlow.

L'homme glissa vers Lissana, puis donna un violent coup de hanche pour se positionner au-dessus d'elle, la tête de la jeune femme entre ses coudes. L'immaculée poussa un petit cri de surprise alors qu'elle se faisait écraser de tout son poids.

« Mais, mais qu'est-ce que tu fais ? » S'étrangla la jeune femme.

Bixlow pencha son visage vers le sien et lui murmura :

« Je réitère l'expérience. »

Les yeux de la transformiste s'écarquillèrent de surprise alors que Bixlow plaquait sa bouche contre la sienne.
Le corps tendu, l'esprit confus et embrumé par la stupéfaction, Lissana n'en croyait pas ses oreilles. Il réitérait, il réitérait ! Mais elle n'était pas certaine de le vouloir, elle ! Certes, ces lèvres étaient incroyablement chaudes et caressaient les siennes avec habilité, mais tout de même, lui demander ce qu'elle en pensait n'aurait pas été de refus !
Lissana finit par comprendre la situation et gigota, tentant vainement de se décoller de son ravisseur. La bouche collée contre la sienne nourrissait en elle un brasier inavouable et les soupirs qu'il lâchait de temps à autres n'étaient pas là pour arranger l'état de la jeune femme. Par des mouvements désordonnés, elle tentait de se libérer avant de ne plus en être capable. Cependant, c'était sans compter ses bras coincés par le poids de l'homme et par la pression exercée sur les draps ; elle commençait à se perdre lentement dans un nuage confus où toute résistance lui semblait vaine, et, lentement, elle cessa ses impulsions pour se libérer.
Bixlow s'en rendit compte puisqu'il glissa une de ses mains sous la nuque de la jeune femme et coula ses doigts dans les cheveux courts de l'immaculée. La jeune femme sentit un sourire contre ses lèvres, juste avant qu'une pression plus forte soit exercée contre sa bouche.
Le membre humide de l'homme tentait de se glisser dans la bouche de la jeune femme en caressant avec douceur les lippes de Lissana. Celle-ci s'était considérablement raidie en comprenant les intentions de l'homme et fermait résolument son embouchure, presque outrée par sa détermination, les yeux écarquillés.

Grotesquement – et brusquement – figés dans une situation à l'issue incertaine, les deux mages se regardaient sans bouger. Les prunelles de Bixlow brillaient de malice ; il suppliait Lissana de lui laisser l'entrée de ses lèvres. Elle, elle adoptait une mine rigide, résolument contre cette initiative.

Lissana allait recommencer à se débattre, à grand renfort de coup de poing et de coudes s'il ne s'écartait pas immédiatement.

Cependant, Bixlow poussa un gémissement rauque, les lèvres toujours plaquées sur celles de Lissana, ce qui eut pour effet de la faire tressaillir, et de lui offrir un temps de réflexion. Il repoussa la couverture du corps de la jeune femme d'une main, avant de la glisser dans le dos de l'immaculée, afin de la coller contre son torse et de mettre son esprit à rude épreuve – dans l'espoir qu'elle lui autorise l'accès à sa bouche. Il pressa ses lèvres les siennes, effleura sa bouche de sa langue et lâcha une plainte grave ; sa main à l'arrière de sa tête vint se poser contre sa joue, en exerçant une pression rassurante sur sa pommette.

Il insistait. La jeune femme tenta de donner des coups de coude en s'agitant. Elle allait relever ses deux bras pour le repousser, lorsque que l'homme changea de manœuvre.

« Lissana... » Souffla-t-il en se décollant légèrement pour la regarder droit dans les yeux.

La transformiste inspira une bouffée d'air rapide, le cœur en emporté dans une folle tachycardie, figée par l'émotion qui la gagnait. C'était la première fois que Bixlow l'appelait par son prénom, et la façon qu'il avait eu de susurrer son identité donnait à la jeune femme d'ingérables frissons ; une vague de sensation l'assaillait et Lissana sentait la confusion gagner son esprit.

Soudainement, Lissana libéra ses deux bras en se tortillant ; elle passa ses membres dégagés de leur obstacle autour de la nuque de l'homme, se redressa et s'empara de ses lèvres, guidée par un sentiment d'aplomb incongru. Ce n'était pas par amour qu'elle faisait ça, pas réellement en tout cas. Non, il s'agissait là d'une envie incompréhensible et soudaine ; Lissana voyait brutalement en Bixlow son premier prétendant au titre de prince charmant. Elle n'avait jamais connu ça et cette nouveauté faisait naître en elle une audacieuse assurance qu'elle ne côtoyait jamais. Irrémédiablement, Lissana voulait aller plus loin.

Bixlow bascula sur le côté en emportant la jeune femme, les bras serrés contre son dos, il rapprocha la cadette des Strauss jusqu'à ce qu'elle soit entièrement collée à son torse et exerça une pression plus forte contre ses lèvres. Une nouvelle fois, il demanda à Lissana l'accès à sa bouche, et sans une once d'hésitation, la femme la lui accorda. Sa langue s'insinua doucement entre les lippes de la demoiselle, et lentement, une première caresse doucereuse fut accordée à la jeune femme, figée par le plaisir que cela lui procurait. Une valse lente prit place entre les deux mages, qui se laissaient le temps de découvrir, avec délice, les prémices d'une audacieuse passion. Dans ce ballet lent et doucereux, ponctué de soupir, les corps s'étaient collés pour s'assembler, les jambes s'étaient emmêlées et les bras s'étaient noués pour ressentir jusqu'à la moindre chaleur existante dans ces enveloppes de chair. Les mains glissaient sur la peau et les souffles saccadés se mélangeaient avec délectation.

Lissana trouvait en ce baiser – voulu cette fois – une incroyable satisfaction et la découverte d'un plaisir qu'elle était sûre de vouloir connaître une nouvelle fois. C'était intense et confus à la fois, et elle ne savait pas réellement définir cette sensation, cependant, la jeune femme pouvait affirmer une chose : c'était agréable.

L'homme caressa une dernière fois son membre humide avant de s'écarter, et de fixer son regard dans les prunelles brillantes de la jeune femme. Il était satisfait, et il ne le cachait pas ; Bixlow arborait un large sourire réjoui, les bras toujours serrés autour de Lissana – et apparemment pas prêts de la lâcher.

« Alors, comment c'était cette fois ? »

Lissana, qui était restée dans un état désarçonné et hébété, reprit soudainement place dans la réalité et rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle détourna le regard – ce qui n'était pas chose facile, puisque Bixlow se trouvait à quelques centimètres tout au plus -, bafouilla, avant de bégayer un vague « Pas mauvais ». Puis elle cacha son visage au creux de la mâchoire de l'homme, au comble de la gêne.
Sans se faire attendre, Bixlow explosa de rire, comme il savait si bien le faire. Il relâcha son étreinte et se laissa glisser sur le dos, le corps secoué de spasmes hilares. Lissana appuyée contre son bras, il finit par se calmer, alors que la jeune femme cachait toujours son visage dans son cou.

« Si tu me dis toujours 'Pas mauvais', je vais finir par te faire quelque chose de nettement plus impressionnant. » Murmura-t-il.

Lissana se redressa d'un coup avant de bondir en arrière pour se retrouver à l'autre bout du matelas, assise face à Bixlow.

« Hein ? » S'écria-t-elle. « Tu parles de... de... de... » Elle rougit violemment avant de se cacher dans ses mains.

Immédiatement, Bixlow ricana.

« Calme toi, je ferrai rien avec toi aujourd'hui ; t'as tes règles. » Déclara-t-il sur le ton de l'évidence.

C'était vrai, elle lui avait baragouiné puis jeté ce mensonge à la figure. Lissana le regarda cependant avec une mine surprise ; elle avait totalement oublié cette invention éhontée.

« C'est faux. Je n'ai pas mes règles. »

Ces mots aussitôt prononcés, elle voulut les ravaler, regrettant déjà de ne pas avoir songé à ce qu'elle avait dit la veille. L'immaculée percutait seulement maintenant, autrement dit, bien trop tard.
Bixlow la regardait avec des yeux ronds comme des balles de golf. Il se redressa et demanda :

« Baby, c'est une invitation ? »

Et il était on ne peut plus sérieux. Alors que Lissana voulut immédiatement le démentir, il ne lui laissa pas le temps de répondre. Bixlow saisit la jeune femme par les épaules et écrasa ses lèvres contre les siennes, dans un acte si brusque et passionné que Lissana tomba en arrière. Allongée de tout son long sur le matelas, écrasée par le poids de Bixlow, ses lèvres étaient assaillies de baisers.

Un peu stupéfaite, elle mit quelques secondes avant de réagir. Elle poussa ses bras vers Bixlow et parvint à libérer sa bouche après plusieurs échecs.

« Baby, il faut savoir ce que tu me dis. » Grogna Bixlow. « Je ne suis pas sûr de pouvoir m'arrêter plus tard. »

Lissana fixa Bixlow dans les yeux. Elle ne l'avait jamais vu avec un air si sérieux et décidé, aussi elle dit en bafouillant :

« Je ne... sais pas. Je... je n'ai jamais...
- Je sais. Alors, est-ce que tu es prête ?
»

Non. Certainement pas, elle n'était pas prête. Cette demande était trop cavalière pour être prise au sérieux ! La jeune femme n'était même pas sûre d'éprouver quelque chose pour cet homme étrange qui, pourtant, faisait naître des envies irrépressibles en elle. Elle tergiversa pendant plusieurs poignées de secondes, avec la peur de cette nouveauté et néanmoins le désir d'y goûter. L'immaculée avait la sensation que c'était à cet instant qu'elle allait jouer une bonne partie de sa vie ; allait-elle rester l'éternelle douce et innocente Lissana ou changerait-elle pour devenir quelque chose d'autres, quelque chose de plus libre et de plus secret, de plus intime ? Il fallait trancher, et la difficulté était ici. La jeune femme pouvait parfaitement attendre qu'un parfait prince charmant vienne lui arracher son cœur ; elle pouvait aussi se dire – et elle le savait par expérience et par voyage spatio-temporel – que la vie était véritablement courte.

Finalement, contre toute attente – y comprit la sienne – elle s'accrocha à ces cheveux bleus décoiffés, plongea dans les yeux verts de l'homme et l'attira pour l'obliger à l'embrasser. Voilà ce qu'était son autorisation.

L'homme entoura Lissana de ses bras, répondant à son baiser avec la même ardeur qu'il avait manifestée la première fois. Un soupir soulagé et discret fut lâché contre ses lèvres, alors qu'une seule et unique larme roulait le long de la peau ivoire, jusqu'à ce qu'elle disparaisse écrasée par la paume du marionnettiste, emportant avec elle les derniers regrets et les ultimes hésitations.

Bixlow ne tenta rien sur le moment, il attendit patiemment que la jeune femme soit rassasiée de baisers qu'il ne rechignait pas à donner. Leurs lèvres se rencontraient avec douceur, leurs bouches dansaient avec délicatesse, pressées l'une contre l'autre, presque comme si elles ne formaient qu'un seul et même ensemble. Les soupirs caressaient les peaux et les cœurs alors que, lentement, naissait un désir commun et intense ; l'envie de se partager entièrement.

Bixlow se redressa d'abord, avec la lenteur convenable pour ne pas paraître trop empressé, en emportant Lissana avec lui, toujours en la guidant avec ses lèvres. Il prit appui sur ses genoux afin d'ôter son sweat-shirt devenu gênant pour ce qu'ils allaient entreprendre, le tout avec la rapidité d'un cobra, afin de ne pas trop s'éloigner de la jeune femme qui n'attendait rien d'autre que ses caresses brûlantes et ses baisers ardents.

Il ne portait rien d'autre au-dessous. Son torse halé dévoilé aux yeux timides de la jeune femme, elle ne put s'empêcher de clore ses paupières en posant une nouvelle fois sa bouche incendiée contre la sienne. Lui, passa lentement sa main le long du dos de l'immaculée, saisissant avec douceur l'ourlet de son pull et remontant celui-ci par étape nette et rapide, jusqu'à ce qu'elle en soit totalement débarrassée. Un poil déboussolée par son effeuillage et par le nuage confus d'émotion qui la gagnait à mesure que les baisers se faisaient plus intenses, Lissana resta un instant immobile, les bras recroquevillés contre son ventre, alors que Bixlow s'était écarté pour apprécier les formes de la demoiselle maintenues dans un soutien-gorge bleu poudré.

La jeune femme se tortilla un peu sur elle-même, gênée de l'attention qu'il lui prêtait ainsi que de son regard pointu et avare qu'il laissait promener sur elle. Un sourire malicieux fendit le visage du marionnettiste alors qu'il posait ses doigts contre la mâchoire de la jeune femme. Lentement ses phalanges descendirent le long de son cou, enflammant chaque parcelle de peau touchée ; Lissana tendit son encolure en fermant les yeux, afin que l'homme puisse en disposer comme il le voulait, et ravala le soupir comblé qui montait dans sa poitrine. C'était trop tôt pour s'extasier, elle était persuadée qu'il avait bien plus à lui montrer.

Les extrémités de Bixlow arrivèrent bientôt sur sa chair tendre, et presque immédiatement, il les remplaça par sa bouche brûlante, procurant à la jeune femme une véritable décharge électrique. Ses bras maigres s'entourèrent immédiatement autour de la nuque de l'homme, crochetant ses mèches bleues entre ses doigts alors qu'elle se cambrait en arrière, ne retenait plus le gémissement béat qu'elle avait tenté de refouler. Bixlow passa ses bras dans le dos de la jeune femme, pour la soutenir et éviter qu'elle ne parte vers l'arrière, alors que ses lèvres caressaient avec langueur la poitrine qui dépassait de son sous-vêtement. Son souffle chaud caressait sa peau de marbre et réchauffait sa chair plus rapidement qu'elle n'aurait jamais pu le concevoir. Il ponctua sa descente de quelques baisers rapides sur la dentelle de son soutien-gorge, avant de nicher sa tête au creux de ses chairs et d'inspirer cette odeur incroyablement douce et discrète. Lissana abandonna un soupir ravi dans la chevelure bleutée, les joues rouges, en resserrant sa prise sur le crâne de l'homme dans l'espoir qu'il ne s'écarte surtout pas.

Malheureusement, l'homme ne céda pas à sa demande implicite et plutôt que de rester immobile contre ses seins, une main rapide et efficace vint s'agripper à son soutien-gorge, qui le défit dans le même mouvement. Lissana sursauta alors que les doigts habiles de l'homme faisaient glisser ses bretelles le long de ses épaules, et que sa poitrine flottait désormais dans ce sous-vêtement prêt à lui être arraché. La jeune femme s'écarta légèrement afin que le tissu lui soit correctement ôté, non sans rougir jusqu'à la racine des cheveux.

Le buste de la demoiselle à découvert, le mage s'arrêta encore une fois. Il lâcha un ricanement allant entre la satisfaction et l'impatience, alors que la jeune femme se recroquevillait sur elle-même, les bras pressés contre sa poitrine, gênée à l'extrême de se retrouver seins nus face à un homme.
Bixlow se pencha vers elle, amusé de sa réaction ; il l'embrassa, allant chercher avec un sourire cette bouche tordue par une moue désorientée.

Il serait doux, il se le promettait. Lui seul avait poussé Lissana à prendre une décision du genre, et bien qu'il en ait l'envie, l'homme ne pouvait se permettre de lui faire sauvagement l'amour alors qu'il était responsable de cette situation ; Bixlow n'avait pas le choix, il devait être un minimum tendre, quant bien même cela ne lui correspondait pas.

Le marionnettiste baisa les lèvres de la jeune femme en l'amenant à s'allonger, écartant avec douceur ses bras gênés. Alors que ses lèvres quittaient lentement la bouche de la jeune femme pour picorer le bas de sa mâchoire, Bixlow posa ses mains impatientes contre les hanches de la jeune femme, un sourire taquin venait déjà trancher son visage. Lissana ne savait pas quoi faire, à la fois intriguée, gênée et apeurée, elle allait s'agripper à ses épaules lorsque Bixlow lui dit, en posant un baiser sur son menton :

« Ne bouge pas. »

Lissana ne put réprimer le frisson qui traversa son dos, tant ce Bixlow au ton grave et sensuel lui semblait différent de l'homme qu'elle connaissait habituellement. Cette simple intonation lui fit réaliser une chose : il allait réellement lui faire l'amour.

Lissana ne put pas se poser davantage de question, puisque la bouche de l'homme se posa contre un de ses bourgeons, et qu'un frisson brûlant parcourut sa peau. La jeune femme lâcha un souffle surpris alors que ses mains s'étaient relevées vers l'homme, lui désobéissant indubitablement. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher, la sensation ardente de sa bouche contre ses chairs surpassait largement tout ce qu'il pouvait lui dire, il était hors de question d'empêcher son corps de réagir.

Bixlow procurait des caresses lentes et arides à la jeune femme qui commença à gigoter, en ponctuant chacun des baisers de l'homme d'un gémissement grisé, plongeant ses doigts dans les cheveux du marionnettiste. Un flot de sensation accompagnait les gestes de l'homme sur sa peau, Lissana se sentait électrifiée, presque incapable de pouvoir répondre d'elle-même à présent. Les souffles chauds glissaient sur sa chair et gonflaient en elle la sensation de feu.
Le marionnettiste, de ses doigts longs et fins, parvenait à attiser un feu que Lissana ne soupçonnait même pas.

Ainsi, la jeune femme fut emportée par les soupirs et les caresses de son amant, alors que celui-ci faisait lentement glisser ses mains le long de son corps. Un frisson exquis remonta le long de ses côtes alors que son corps réagissait déjà à une sensation que Lissana n'avait encore jamais expérimenté : le plaisir.

Les phalanges de Bixlow s'éparpillèrent un peu sur la peau nue du ventre de la jeune femme, avant de lentement glisser vers le bord de son jean – qu'elle avait gardé pour dormir. Un dernier baiser sur sa poitrine, puis Bixlow s'écarta avec un grand sourire carnassier. Il plongea ses yeux dans ceux brillants de la jeune femme, où il décela clairement un mélange confus de désir et de timidité.
Ce regard eut l'effet d'allonger son sourire, dévoilant une rangée de dents alignées et droites. Il allait montrer à Lissana quelque chose de bien plus grand que ces quelques caresses qui avaient su la déstabiliser.

Ses doigts s'agrippèrent à la fermeture éclair de son bas, et le mage défit lentement cette barrière qui le séparait encore de l'objet de son désir. En trois mouvements, le tissu rêche du jean était replié sur les genoux de la demoiselle et Lissana lâcha un couinement surpris. C'était effrayant de savoir qu'elle allait connaître une chose intégralement nouvelle et ce, avec un homme qu'elle connaissait depuis peu. Mais il était trop tard pour reculer, elle en était là, et elle n'allait pas fuir.

Le jean lui fut ôté, non sans que l'homme dépose un baiser brûlant le long de sa jambe. Lentement, les lèvres possédées d'un énorme sourire, il laissa une traînée ardente, déposant son souffle et sa bouche contre la chair blanche de la jeune femme.

Doucement, l'homme arriva à quelques centimètres de la lingerie derrière laquelle se dissimulait ce qu'il brûlait de découvrir. Avec une patience proche de l'irréel, il crocheta le vêtement de ses longs doigts fins, observant la jeune femme qu'il effeuillait, cherchant une réaction au fond de ses prunelles azurée. Cependant, la jeune transformiste avait renversé la tête en arrière, en proie à une gêne incroyable ; il sourit, c'était donc à lui de la détendre.

Il se trouvait aux pieds de la jeune femme, le dernier morceau de tissu qui l'avait couverte entre les mains. D'un geste lascif, un sourire satisfait aux lèvres, il envoya le vêtement sur le côté, puis fit lentement glisser ses mains le long de ses longues et voluptueuses jambes, arrachant un frisson électrique à son amante.

« Ah ! »

Dans un mouvement que Lissana n'avait pas pu percevoir – et qu'elle aurait certainement tenté d'arrêter, l'homme avait posé ses lèvres contre sa toison opaline. La jeune femme repoussa un trémoussement qui menaçait de saisir ses hanches alors qu'une décharge aride courait contre son ventre. Ses mains se pressèrent automatiquement contre ses yeux alors que ses joues irradiaient et que ses muscles se tendaient.

Elle lâcha un couinement, véritable signe de sa déroute émotionnelle, alors que Bixlow abordait les chairs roses de la jeune femme, avec la douceur qui convenait. Ses lèvres se posèrent contre le bourgeon sensible de la belle et un gémissement grave lui parvint. Ses grandes mains chaudes s'étaient posées contre les hanches de la jeune femme où elles dansaient doucement contre sa peau, au rythme de sa langue qui se mouvait désormais sur les bordures de la jeune femme, dans un rythme lascif. Lissana avait bien dû mal à ne pas bouger contre ce muscle humide et brûlant, qui la rendait toute chose, perdue dans un épais brouillard de sensation. Des frémissements bouillonnants saisissaient ses muscles, puis glissaient contre son épiderme en lui arrachant des soupirs comblés. Aussi simplement que cela lui était dicté, elle obéissait aveuglement à ce que lui imposait son corps ; des gémissements et des râles de plaisir.

Incapable de dire ou de faire quoi que ce soit d'autre que soupirer, Lissana sentait bouillir au creux de son estomac une incommensurable chaleur, qui s'échappait temporairement vers sa poitrine ou le creux de ses reins avant de revenir à son nombril. La langue habile de Bixlow, qui allait et venait entre contre ses chairs, distribuait grâce à ses mouvements, de lancinantes vagues de plaisir, ébranlant l'immaculée de tout son être. Les rouleaux brûlants de délices s'écrasaient avec vacarme contre la poitrine de Lissana, heurtant jusqu'à sa perception des sens. L'émoi gagnait graduellement son cœur, courant jusque là sur le dos de frissons scabreux, puis emportant ce feu torride en un raz-de-marée embrasé.

« Oh... »

La jeune femme sentit son brasier se disséminer à travers son enveloppe alors qu'un tremblement furieux ébranlait son corps et que son dos se cambrait dans un effort langoureux. Sa jambe se rétracta contre le flanc de Bixlow et ses petites mains se perdirent entre ses mèches blanches.
Pantelante, encore grisée par le plaisir et l'orgasme qui venait de la fouetter, Lissana laisse échapper un souffle bruyant, n'osant pas piper mot.

Les mains de Bixlow remontèrent lentement contre ses flancs, alors qu'il se redressait sur ses genoux, portant sur la jeune femme allongée un regard voilé de désir. Ses mains flattèrent délicatement la douce poitrine de la demoiselle avant que sa bouche vienne gratifier sa peau de quelques baisers humides. Dans une remontée lente, et presque provocatrice, il finit par rejoindre les lèvres béates de la demoiselle, baisant ses lippes rouges de désirs et d'envie. Lissana ne mis pas bien longtemps pour réagir et entoura les larges épaules de l'homme, répondant à ses attentes en proposant sa langue comme partenaire de danse à sa jumelle. Alors que leurs muscles se croisaient dans un échange passionné, Lissana fit glisser ses mains le long du dos de son partenaire, jusqu'à rencontrer l'élastique serré de son bas. D'une main tremblante et malhabile, la jeune femme tira sur celui-ci, faisant descendre le vêtement de quelques centimètres contre la peau halée de son partenaire. Comprenant les intentions de la jeune femme, Bixlow aida à son déshabillage, ôtant son bas à l'aide de mouvement brusque et maladroit, mais parvenant tout de même à l'enlever sans trop se séparer de la jeune femme.

D'une impatience commune, leurs doigts se renfermèrent sur la bordure du dernier vêtement les séparant. Et ils se retrouvèrent totalement nus.

Le cœur battant à tout rompre, Lissana regarda Bixlow entièrement, n'osant même plus détourner le regard tant sa hâte avait gonflé dans sa poitrine. L'homme arracha un dernier baiser à l'opaline, avant que ses mains glissent de part et d'autre de la jeune femme et que ses hanches filent d'elles-mêmes entre les jambes de Lissana, dans un mouvement qu'il avait à peine décidé.

« Lissana... »

La jeune femme n'en menait pas large ainsi coulée sous l'homme, dévorée par l'impatience et l'appréhension de ce qu'allait encore lui apporter la mage de son corps si judicieusement bâti. Ses grands yeux bleus brillaient de hâte, et ses mains douces se coulaient entre les mèches bleues de celui qui allait définitivement être son amant.

L'homme se pencha vers elle, assez proche pour que leurs souffles impatients se mêlent et décident définitivement le mage à agir.
Il effleura son antre de sa virilité gonflée ; Lissana lâcha un couinement. Délicatement, avec une douceur et une lenteur presque irréelles, Bixlow commença à se glisser en elle, par de petits mouvements maîtrisés et concis ; il menait une rude bataille contre lui-même, luttant au possible pour ne pas y aller trop rapidement. Lissana respirait par souffles erratiques et rapides, déjà tourmentée par l'excitation qui venait poindre le bout de son nez.

Il ne leurs fallut que très peu de temps pour sentir une résistance barrer le chemin à l'homme. Bixlow posa sa bouche contre les lèvres de la jeune femme et, d'un coup de rein calculé et précis, cueillit ce qu'elle lui offrait.

« Ah ! »

La douleur criée fut étouffée contre l'embouchure astucieusement pressée de l'homme contre celle de la jeune femme. Lissana s'était crispée, ses mains blanches agrippées au dos du mage avec force, comme si elle craignait qu'il s'en aille – ou qu'il continue – face à sa douleur. Répondant à son appel muet, l'homme ne bougea pas d'un pouce, attendant avec une patience inconnue qu'elle s'habitue à son épaisseur.
Puis, lorsque les tremblements légers des mains de l'opaline se calmèrent et que ses jambes se resserrent autour des hanches de l'homme pour l'encourager à continuer, Bixlow amorça un mouvement de rein maîtrisé, avant de se retirer presque aussitôt, alors que quelques confuses et délicieuses secousses saisissaient Lissana. D'un souffle impatient, il donna une nouvelle impulsion à sa croupe et leurs poitrines se rencontrèrent avec douceur, alors que la douleur finissait par réellement s'évaporer, brûlée par un feu grandissant.

Sous l'impulsion des gémissements de l'immaculée, Bixlow osa accélérer la cadence, agrippant ses longs doigts aux couvertures de part et d'autre du visage de Lissana. Des vagues pleines de délices s'écrasaient contre leurs poitrines au rythme de leurs va-et-vient brûlants, tant et si bien qu'ils alternèrent bientôt baisers passionnés et inspirations erratiques.
Les mouvements rythmés et la chaleur qui se répandait dans leurs enveloppes guidaient leurs souffles haletants et exprimaient entre eux les impulsions ardentes qui saisissaient leurs muscles grisés. La brûlante mer de plaisir gonflait et s'animait dans leurs carcasses désormais dénuées de perceptions extérieures. Les flots tumultueux et brûlants de cet amour physique ravageaient tout sur leurs passages, alors que les élans de l'homme se faisaient plus passionnées et embrasés que jamais.

Lissana s'agrippait à ce dos humide, serrait au possible son petit corps contre les muscles vifs de l'homme qu'elle sentait bouger sous ses doigts. Brûlant de l'intérieur, la jeune femme inclinait son bassin en suivant les mouvements rapides et cadencés de son amant, dévorant ses lèvres de siennes, incapable de lui faire part de quoi que ce soit alors que son cœur semblait au bord de l'éclatement.

Deux ultimes coups de reins extatiques, et le monde explosa dans un tourbillon bouillonnant.

Bixlow s'immobilisa en prenant appui sur ses avant-bras couverts de sueur, recueillant les derniers gémissements de sa belle au creux de son oreille, puis se retira dans un dernier effort, avant de s'échouer sur le côté, non loin de la demoiselle grisée par ce qui venait de se produire.

Que ce serait-il passé si Bixlow avait dû essuyer un refus ? Ils ne le sauraient jamais. Et c'était certainement mieux ainsi.


Cet homme l'agaçait.

Cela faisait plus d'une heure qu'elle était réveillée à cause du froid, une heure qu'il avait pris tout le manteau avant de s'écarter, une heure que les sifflements agacés et répétés de Mirajane ne le faisaient pas réagir. Au comble de l'ennui et de l'irritation, la jeune femme se leva du banc qu'elle occupait et se pencha sur la masse paisiblement endormie. Le réveiller était horriblement tentant, l'opaline devait bien l'avouer ; ce visage détendu était bien trop calme pour qu'elle le supporte dans cet état d'exaspération.

Mirajane fulminait. Les raisons étaient diverses, cependant la principale était que son estomac se tortillait en grondant, que sa sœur et son frère n'avaient apporté aucune nouvelle et que le froid griffait désagréablement sa peau. Elle avait mal au dos, aussi, mais ça c'était bien la faute à cette saleté de blond – lui qui l'avait rouée de coups avant de l'obliger à dormir à même le sol.

« Luxus. »

Elle avait craqué. D'un ton sec et claquant, elle avait prononcé son prénom, d'une façon suffisamment bruyante pour le réveiller... Ou peut-être pas. Cela n'avait absolument pas marché. Le blond restait encore et toujours avachi contre le plancher, toujours confortablement lové autour de son manteau. La présence de Mirajane ne changeait absolument rien à son repos – ou à son réveil.

Agacée, la femme toucha, du bout du pied, la masse plongée dans les bras de Morphée. Une fois, puis deux, avant de presser plus intensément ses orteils contre l'épaule du blond – là où elle savait qu'elle l'avait méchamment frappé la veille. L'homme se redressa dans un sursaut, se tenant l'omoplate, la mine crispée de douleur.

« T'es tarée où quoi ?
- Excuse moi si monsieur est douillet !
» Rétorqua-t-elle en levant les yeux.

Luxus réfréna un grognement bestial, destiné à avertir Mirajane, mais il préféra la fusiller du regard, trouvant une menace visuelle bien plus probante. L'immaculée souffla bruyamment en se rasseyant sur un banc, fixant Luxus de son regard le moins amène. Au bout d'un temps où le blond tenta de se dégourdir les muscles après sa courte nuit contre le plancher, il finit par lâcher :

« Qu'est-ce que tu veux pour me réveiller comme ça ? »

Mirajane leva un sourcil suspicieux.

« C'est pas évident ? »

Elle croisa les bras et les jambes, s'adossant au rebord de la table derrière elle.

« Je veux sortir d'ici. J'ai faim, je suis épuisée, je m'inquiète pour ma famille, j'ai passé la nuit à même le sol. C'est le temps pour les excuses, Luxus. »

Luxus la fixa, bouche bée. Mirajane se résignait ! Cette tête de mule allait lui faire des excuses en bonne et due forme !
Un sourire satisfait trancha son visage alors qu'il plantait ses yeux narquois dans les prunelles sérieuses de l'opaline. Voilà que la Mirajane rationnelle et inquiète pointait le bout de son nez.

« Je ne suis pas une idiote, Luxus, alors arrête cet air satisfait. Je sais bien que si je ne fais pas ça, je ne sortirai pas. On ne peut pas détourner la magie... » Décréta Mirajane. « Bon, je suppose que je dois commencer. »

Elle souffla un grand coup, chercha ses mots une bonne minute, puis déclara, d'une voix grave et basse :

« Je suis désolée d'avoir pris ces photos et de les avoir transférées au Sorcerer Magasine. Je te présente aussi mes excuses pour toutes les fois où je t'ai embourbé dans une embrouille, pour m'amuser et... Lorsque j'ai pensé que tu ferais un joli couple avec Freed, qui est ton très cher coéquipier que tu adores et que tu chér...
- C'est bon, n'en rajoute pas non plus. J'ai compris.
» Il grimaça à la simple idée de ce qu'il allait dire, puis lâcha dans un souffle bougon : « J'accepte tes excuses. »

Mirajane soupira discrètement, elle avait fait le plus dur. C'était maintenant au tour de Luxus de s'excuser, et cette simple pensée lui décocha un sourire ravi.
Elle affichait une mine radieuse en se penchant un peu en avant, se pliant un peu sur elle-même afin de se réchauffer à travers ses couches de vêtements déchirés.

« Alors ? » Somma Mirajane au mage de foudre. « Tu t'y mets ? »

Un grondement sourd résonna dans la grande pièce vide. Mirajane n'y répondit pas, attendant simplement qu'il commence sa jolie liste d'excuses avec une patience qui n'en démordrait pas.

« Bon... Je suis désolé de m'être emporté alors que tu agissais ainsi pour... » Il grimaça. « T'amuser. Je suis désolé d'avoir été imbuvable depuis – et même avant ça.
- Je te présente aussi mes excuses pour ça.
»

Luxus souffla en s'affaissant. Il avait terminé, il allait enfin pouvoir retrouver un bon lit et des coéquipiers amicaux – après qu'ils aient eu la rouste de leur vie – dès lors que la barrière tomberait.
Alors qu'il allait se rallonger, en attendant une quelconque réaction de la part du sort qui les gardait, Mirajane réclama :

« Et Lucy ?
- Quoi Lucy ?
- Tu ne t'es toujours pas excusé à son propos.
- M'excuser de quoi ?
»

Mirajane se pinça l'arrête du nez en grommelant de rage vis-à-vis de l'idiotie du blond.

« Tu n'as vraiment aucune mémoire ? » S'écria-t-elle. « Je te rappelle que tu nous as fait des avances alors qu'on te demandait de l'aide face la menace de Phantom Lord !
- Et alors ?
- Et alors quoi ? Nous ne sommes pas des morceaux de viande à échanger contre des services !
»

Luxus la regarda ahuri.

« Je dois m'excuser pour un truc aussi lointain ?
- Oui. Tu me l'as aussi fait hier soir, je te rappelle.
- C'était simplement pour blaguer, Str-
- Je me suis excusée pour m'être amusée, moi.
» Déclara-t-elle en le coupant.

Le blond refréna un grommellement peu amène. Puis, en croisant les bras derrière sa tête, envisagea qu'elle avait peut-être un peu raison.

« Admettons, si ça peu nous faire sortir d'ici. » Se résigna-t-il. « Je te demande pardon d'avoir fait des avances peu respectueuses à la gente féminine. Ça va là ? »

Mirajane hocha placidement la tête, en murmurant du bout des lèvres :

« Je te pardonne... » Elle lâcha un soupir avant d'ajouter : « On n'a plus rien à se reprocher maintenant, je suppose...
- On peut dire ça.
»

Sitôt ces mots dits, un vrombissement grave déchira l'air, alors que leur prison violette tremblait, faisant défiler lettres et consignes le long de ses parois invisibles. Mirajane se leva précipitamment, les sens en alertes, la tête se tournant de tous côtés à la recherche d'indices.
Les ondulations de l'etharnos se figèrent brusquement, et ils purent lire très distinctement :

« Suite au passage de Lissana Strauss, personne ne pourra sortir de cette pièce et y utiliser la magie jusqu'à son retour. » L'immaculée se tourna vers Luxus, éberluée. « La deuxième consigne a disparu ! »

Le blond hocha la tête en se relevant, un sourire satisfait sur le bord des lèvres.

« On va pouvoir déguerpir de cette cage. »


Freed s'évertuait à avancer. Frigorifié, enfoncé dans la neige jusqu'aux genoux, il mettait un pied devant l'autre, poussé par la précipitation, encouragé par la satisfaction. Il devait l'avouer, il n'était pas peu fier de son stratagème ; il avait tout de même réussi à garder deux mages furieux sans qu'ils ne se tuent, et, mieux encore, il avait, par son piège, réussi à les rabibocher – c'était un peu bancal, certes, mais tout de même !

Etant un homme de parole, il avait juré de les libérer lorsqu'ils auraient suffisamment discuté pour se supporter ; il allait donc le faire maintenant que c'était le cas.

C'était pour cette raison qu'il se dirigeait activement vers le petit chalet qui abritait Bixlow et Lissana, avec la ferme intention de ramener la cadette – qu'il n'espérait pas trop perturbée – à l'aînée. Heureusement qu'il était juste à côté, marcher dans une telle couche de neige sans aide relevait presque de l'impossible !

En trois immenses et longs pas, il finit par arriver sur le perron que la neige avait quasiment épargné. L'épéiste écarta la poudreuse qui s'étalait contre le sol d'un revers du pied, et sortit le double des clés qu'il avait demandé la veille. Il était évident que son ami n'était pas réveillé si tôt, quand bien même le soleil irradiait le paysage depuis une bonne heure – Bixlow était de nature lève-tard, bien à son image.

Le mage runique entendit un cliquetis significatif et abaissa la poignée, avant de s'engouffrer dans la pièce, où sa main se posa immédiatement sur l'interrupteur mitoyen à la cloison.

La porte claqua et la lumière fut.

Bixlow ne sut si le cri de frayeur qu'il entendit venait de la jeune femme à ses côtés ou de son ami qui venait de franchir la séparation. En tout cas, un son perçant vint lui lacérer les oreilles, alors que son amante remontait le draps jusqu'à son menton et que le mage runique se retournait pour ne plus faire face à la vue de leurs corps dénudés. Bixlow ravala un ricanement railleur, décidant que le moment n'était pas franchement opportun pour se moquer.

« Mais qu'est-ce que tu as fait Bixlow ? » S'étrangla Freed, en posant ses deux mains contre son front, dépassé par ce qu'il venait de voir.

« Moi ? Rien ! C'est Lissana qui m'a sauté dessus.
- Quoi ?
» S'écria la concernée.

Alors qu'une dispute allait éclater sans qu'il ne puisse le contrôler, l'épéiste coupa court à tout ça, au comble du choc :

« Mais tu es fou ! » Il avala sa salive. « A ton avis, que va faire sa sœur lorsqu'elle apprendra que tu as... Que tu as fait ça avec elle ! »

La mine de Bixlow blêmit incroyablement rapidement alors que sa bouche s'ouvrait de stupeur. Il n'avait jamais pensé à cette possibilité là et il devait avouer que cette question ne le rassurait pas du tout – c'était tout le contraire même.

« Pourquoi est-ce qu'elle le saurait ? Personne n'a qu'à rien lui dire. » Hasarda Lissana avec son éternel ton candide.

Le visage de son amant s'illumina, alors qu'il s'affalait une nouvelle fois contre les oreillers.

« Ça c'est une bonne idée, baby ! »

Freed fulminait. Décidemment, il ne comprenait pas la gravité et l'importance de la situation ! Dépité et ne pouvant rien y faire, l'homme finit par dire d'un ton las :

« Quoi qu'il en soit, il est temps de ramener Lissana au restaurant. C'est fini.
- Déjà ?
» Demanda Bixlow, la mine boudeuse.

Le mage runique hocha la tête, toujours de dos. Il leur indiqua ensuite :

« Je vous laisse le temps de vous... Habiller. J'attends dehors. »

Et il ressortit.


Plof.

C'était le son des bottes cirées de Lissana qui sautaient dans la neige.

« Ah ! C'est froid ! » S'écria-t-elle.

Ayant du mal à avancer dans la poudreuse épaisse, un mouvement un peu brusque des hanches lui rappela douloureusement ses activités matinales. La jeune femme étouffa un gémissement plaintif avec le revers de son manteau, avant d'enfoncer davantage son bonnet sur ses oreilles, prête à endurer quelques bons mètres de douleurs – ce qui lui restait à parcourir jusqu'au restaurant.
Cependant, c'était avant que Bixlow vienne à sa rescousse, flottant dans les airs grâce à Fufu et Fofo glissés sous ses pieds.

« Viens par là. » Dit-il.

Alors qu'elle se tournait difficilement vers lui, il attrapa ses avant-bras et la tira vers le haut, juste avant que Féfé et Fifi arrivent pour se positionner sous les talons de la demoiselle. Un peu perturbée par le brutal changement de milieu, Lissana vacilla une seconde avant de se stabiliser dans une position à peu près confortable, les genoux légèrement pliés.

« Merci. » Dit-elle à Bixlow, un sourire sincère contre les lèvres.

L'homme la tenait toujours par les avant-bras, et lâcha un de ses membres afin de la laisser avancer d'elle-même, tout en s'assurant de sa sécurité. Voyant qu'elle s'était crispée sur les poupées, il l'interrogea du regard.

« Comment on fait pour avancer ? » Demanda-t-elle doucement.

Bixlow explosa de rire. Puis se calma rapidement en voyant le regard boudeur de son amante. En serrant son poignet, il lui dit :

« Comme si tu faisais du skateboard, et tu laisses mes babies gérer ! »

Lissana n'avait jamais vraiment fait de skateboard dans sa vie, mais elle avait à peu près l'image de ce que cela pouvait donner avec elle. Prenant bien appuie sur sa jambe gauche, elle dirigea Féfé vers l'avant, et avec l'aide de Bixlow et de ses marionnettes, glissa lentement dans les airs, en direction du grand chalet.

C'était excitant de pouvoir voler, cela ne demandait presque pas d'effort, et l'expérience était grisante ! Lissana arbora un sourire enchanté, qui s'agrandit encore lorsqu'elle songea qu'elle allait revoir sa sœur et son frère, après qu'elle se soit longuement inquiétée pour elle.

« Vous devriez rester discret, peu de gens résiste à Mirajane s'ils ont des infos.
- On est très discret, je l'aide simplement à garder l'équilibre.
» Décocha Bixlow à son coéquipier pour le faire taire, un sourire ravi et malicieux au visage.

Lissana posa un pied dans la neige glissante, mais ne s'en formalisa pas des masses ; elle était plutôt occupée à se ruer vers la lourde porte du réfectoire, qu'elle poussa en moins de deux pour se ruer à l'intérieur, ne se préoccupant même pas si les hommes la suivaient.
L'immaculée traversa en courant le couloir qui servait de vestiaire aux vus des patères qui s'agrippaient aux murs, pour finalement déboucher dans la grande pièce. D'un regard, elle vit le coin de la pièce cloisonnée par un enchantement et se précipita à cet endroit, en sautant à travers la barrière qui se dissipa dès lors qu'elle fut touchée.

« Mirajane ! »

Il n'en fallut pas plus à son aînée pour se lever d'un bon et l'accueillir à bras ouverts – littéralement. Un intense sentiment de joie se répandait à travers sa poitrine alors qu'un vif soulagement libérait ses épaules d'un poids – elle n'avait pas eu conscience d'être si inquiète.
Les deux jeunes femmes rirent aux éclats dans les bras l'une de l'autre, apaisées de se retrouver en un seul morceau toutes les deux. Lissana semblait aller bien, elle n'avait pas l'air blessé – un peu fatiguée peut-être – mais en bonne santé. Mirajane en fut plus que rassurée et releva la tête afin de se rendre compte de ce qu'il passait autour d'elle.

Luxus s'était avancé vers ses coéquipiers, son manteau sur une épaule. Presque immédiatement, Mirajane sentit la rage bondir dans sa poitrine comme le ferait un tigre après une très longue absence. Elle relâcha sa sœur avant de s'avancer d'un pas brusque et furieux vers les responsables de tout ce remue-ménage.

« Vous ! Qu'est-ce qui vous a pris de mettre en place ce... ce... ce... complot ! » S'époumona l'immaculée alors qu'elle se ruait eux, les mains tendues vers leurs gorges, prêtes à les égorger s'il le fallait.

Elle allait les percuter de plein fouet lorsque Luxus fit barrière avec son propre corps, posant ses grandes mains contre ses bras meurtriers et furieux.

« Il faut savoir pardonner Mirajane. Ils n'ont rien fait de mal, ils ont juste réglé un problème entre nous. Tu peux pas leur en vouloir d'avoir... » Il sourit sarcastiquement. « Remis un peu tout le monde à leur place. »

Mirajane se dégagea violemment, davantage remontée encore qu'il ait raison. Elle allait pester lorsque Luxus lui indiqua une nouveauté d'un mouvement de tête.
La jeune femme se retourna. Son frère arrivait, la mine blême, aux côtés d'Evergreen. Comme si elles étaient une seule et même personne, Lissana et Mirajane se précipitèrent sur lui, entourant leurs petits draps de femmes autour de son large coup de taureau. L'homme posa ses mains tremblantes contre les dos des membres de sa fratrie, ce qui alerta l'aînée, lui qui était habituellement si fort et si bruyant ; elle s'étonnait de le voir muet et tremblotant.

« Ça va Elfman ? »

L'homme blêmit davantage qu'il ne le faisait déjà à la question de sa sœur, devenant livide ; il esquissa un sourire forcé et déclara d'une voix mal assurée :

« Oui. »

Mirajane lança un regard suspicieux à Evergreen qui avait rejoint son équipe, et qui gardait un étonnant silence face à la mine sérieuse de son chef.

« Elle t'a fait quelque chose ? » Hasarda l'immaculée sur un ton acerbe.

Elfman balança énergiquement – peut-être trop – la tête en signe de négation. Sa sœur trouva cela douteux mais laissa tomber pour le moment, ayant bien compris qu'il ne dirait rien aujourd'hui. Cependant, elle comptait bien le découvrir un jour...

Lissana, quant à elle, savait exactement ce qui était arrivé à son frère, puisque Evergreen et Bixlow étaient deux personnages de la même trempe. Cependant, Elfman, lui, était un bien plus mauvais acteur qu'elle ne l'était.


Luxus posa un pied à l'extérieur, juste à la suite de Mirajane, et inspira le froid polaire d'une grande bouffé, ne se préoccupant pas que cela lui brûle le nez. Le mage de foudre s'arrêta un instant, profitant de l'air extérieur et mettant un peu de distance avec son ex camarade de cellule et lui. Il entendit les pas de ses compagnons crisser dans la neige et se retourna.

« Ne faites plus jamais quelque chose comme ça. » Assigna-t-il à l'équipe.

Les membres baissèrent la tête, penauds face au ton un peu brutal qu'utilisait leur chef. Aucun ne tenta de se justifier ou de s'expliquer ; ils savaient pertinemment que cela ne ferait que le rendre plus acerbe. Evergreen lâcha un « Excuse nous » tout étouffé, avant d'enfoncer la tête dans ses épaules jusqu'à ne plus avoir de cou.

Luxus fit volte-face, et s'éloigna. Les membres le laissèrent partir sans faire de scènes, sachant pertinemment qu'il avait besoin d'un peu de temps pour accepter et mieux comprendre leurs gestes. Pour finir de leur pardonner, aussi – ce qu'il avait commencer à faire en empêchant une Mirajane folle de rage de leur tordre le cou.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ? » Demanda Freed à Bixlow alors que Evergreen dansait sur ses pieds, hors de ce début de conversation.

L'épéiste fixait Lissana alors qu'elle rétrécissait, aux côtés de sa fratrie.

« Moi ? » Sourit le casqué. Il suivit le regard de son camarade et un air malicieux s'empara de sa bouche. « Rien d'anormal... Je pense que je vais me recoucher, tiens ! C'est d'un crevant de s'occuper d'une jeune fille ! »

Puis il se redirigea vers sa maisonnée, des idées plein la tête et des souvenirs agréables en mémoire.


« Il s'est passé quelque chose avec Bixlow ? Tu as l'air dans la lune. »

Lissana sortit brusquement de la contemplation du paysage hivernal et crût rougir de surprise et d'embarras, par sécurité, elle resta détournée.
Ils bataillaient pour avancer dans la neige, la plus jeune parvenait à évoluer en étant suspendue au bras de son frère malgré son apparent épuisement, et Mirajane en s'agrippant à la manche de sa sœur.

« Non, rien. » Déclara-t-elle à sa sœur avant d'ajouter pour embrayer sur un autre sujet : « Pourquoi ne pas aller aux sources chaudes dans l'après-midi ? »

Mirajane lui sourit en lâchant un faible « Oui » pour toute réponse. Elfman, lui, semblait toujours perdu dans sa pensée, hors de cette conversation.

L'évènement aurait pu en rester là, si plus tard dans la journée, Mirajane n'avait pas découvert les marques bleuâtres répandues sur la poitrine de sa sœur, alors qu'elles se plongeaient dans un bain commun afin de se détendre. Autant dire que la relaxation avait vite été mise de côté.