The rain of cries and lightning strikes

De la musique trop forte, des cris, des rires.
C'était un autre monde qui se déroulait au rythme des bases et des éclats de voix du duo sur scène.
Des vestes en cuir s'accrochaient aux bracelets et autres bijoux à pics des fans qui sautaient et dansaient dans la fosse. L'ambiance était électrique, presque animale, le tout dans un chaos parfaitement organisé.

Le batteur se déchirait sur les peaux tendues de la batteries en parfaite harmonie avec le guitariste et chanteur aux cheveux tricolores, les spots de la scène transformait les orbes bleutées dans ses cheveux en maelstroms de couleurs chaudes.
Il luisait, tout en lui brillait, sa veste en cuir noir aspirait la lumière vermeil que le métals des accroches renvoyait, il semblait vivre dans ce décor paré des teintes de l'enfer.
Le rythme s'accélérait, la tension montait, les spots s'affolaient, les flashs bleutés se reflétaient sur la veste et les cheveux ivoire du percussionniste, si le guitariste aspirait les lumières, le batteur les faisait vivre, elle passait sur lui, vivait à travers lui. Le sublimait.
Hakuryuu resplendissait sous ses tons sombres aux couleurs d'orage, il semblait si calme et si déchaîné, il était dans son élément, au cœur de la tempête.

Le batteur donna un dernier coup avant qu'un tonnerre d'applaudissements ne retentissent, les musiciens reprirent leur souffle, le sourire au lèvres, le sang aux tempes.
Ils avaient terminé leur programme et Shuu prit le micro pour commencer son speech de fin, il ne l'avait pas terminé que les spectateurs scandaient la même demande, comme un seul homme, ils en voulaient plus.
D'un seul et même regard, plein de passion et d'adrénaline, les deux se mirent d'accord pour jouer.
Le guitariste souffla trois syllabes que son partenaire connaissait par cœur et ils entamèrent leur dernier morceau.

Minuit était passé, une heure venait de sonner, Shuu ferma les yeux, sa tête et son dos reposaient contre le mur blanc des loges.
De lourds frissons traversaient son corps, de l'eau gouttait de ses joues.
L'adrénaline était tombée, ses démons était revenu.
Il avait fini sa tourné et était reparti pour un tour dans les entrailles de son passé.

"Shuu ? Shuu, réveille toi !"
Il sentit une main chaude sur son épaule, le secouant doucement mais fermement.
"Hakuryuu ?" il cligna des yeux plusieurs fois, comme si il doutait de sa réalité.
"Oui, c'est moi. Tu faisais encore un cauchemar n'est ce pas?"
Le plus jeune se contenta d'hocher la tête avant de se cacher dans la veste de cuir blanc du batteur qui caressa doucement ses cheveux pour l'apaiser.
"C'est du passé Shuu, tu le sais ça, alors respire et calme toi. Tu n'es plus seul maintenant, à deux, on est fort.
Je sais pas tout de toi, juste que c'était dur, plus que ce que n'importe qui aurait dû supporter, mais je sais que je veux pas le savoir. Si tu veux m'en parler, bien sur, je t'écouterai mais je veux pas que tu m'en parle si toi tu ne veux pas."
Il savait à quel point le guitariste avait souffert, et à quel point il avait besoin d'entendre quelques mots. Mots qu'il était incapable de prononcer, bien trop fier pour ça.
Hakuryuu s'en voulait quelque part. Mais c'était bien trop dur pour lui.
Il ne l'avouerai jamais mais il avait peur.

"Bon, tu viens ? C'est pas qu'on peut pas rester là toute la nuit mais on peut pas rester là toute la nuit"
Le brun eu un petit sourire, c'était ça qu'il appréciait chez lui, son côté totalement détaché, comme si rien ne l'importait. Sauf quand il travaillait, où son sérieux revenait, c'était passionnant à quel point il était quelqu'un d'autre avec son instrument où avec un stylo à la main.
"Shuu ?" Le concerné sursauta
"Tu nous as fait encore une absence ?"
Il fit non de la tête en essuyant ses yeux et ses joues, il ne se souvenait pas d'avoir pleuré pourtant, peut être durant son rêve?
"Oui, on y va."
-Alors enfile ça, il fait froid dehors"
Hakuryuu sourit un peu en lui tendant un t-shirt et une veste noire.
"Tu me réchaufferas une fois rentré si j'ai froid alors ?"

Le plus âgé pouffa de rire, il connaissait son partenaire, il savait que le sous entendu n'était pas si volontaire mais pas si innocent aussi.
Quelque soit le sens de sa phrase, il espérait juste que Shuu passe une bonne nuit.
Au moins une, par pitié.