C'était le matin, il était 8h et le soleil venait de se lever. Tout était silencieux. Les seuls bruits que l'on pouvait entendre dans cette atmosphère calme, qui allait bientôt être troublé par les hommes de la 6ème division en train de s'affairer, étaient le chant des oiseaux. La seule personne qui pouvait être vu dehors était une personne à la chevelure d'un rouge pivoine.
« 97, 98, 99… » compta Renji dans sa tête alors qu'il soulève un sabre en bois de haut en bas.
Torse nu, le lieutenant aux cheveux rouges s'entrainait dans la cour. Malgré l'air matinal frais la sueur coulait le long de son dos. Renji s'entrainait maintenant depuis des heures, alternant les tours de terrains et les entrainements à l'épée. Il adorait la tension des muscles en action lorsqu'il brandissait son épée dans les airs, dans ces moments il ne se concentrait sur rien d'autre que sur son épée et les mouvements qu'il effectuait. Bien sûr il ne s'entrainait pas que pour le plaisir mais aussi pour prouver à son capitaine dans un semaine qu'il aurait progressé depuis la dernière fois.
En parlant de son capitaine, le souvenir de ce qui est arrivé il y a maintenant une semaine revint dans l'esprit de Renji. Que s'est-il passé avec Kuchiki-taicho ? A-t-il fait exprès de faire courir le dos de sa main contre les côtes de Renji ?
« Non » se dit intérieurement Renji, secouant la tête de gauche à droite comme pour se convaincre lui-même.
Le capitaine n'est pas le genre d'homme à faire ce genre de choses. Il est beaucoup trop sérieux et droit pour ce genre de gestes intimes. Il a du effleurer Renji sans le vouloir. Et pourtant…ce n'est pas non plus le genre d'homme à faire ce genre de geste involontaire…
« Raaahh je n'y comprends rien ! » s'exclama dans sa tête Renji s'arrêtant de s'entrainer pendant un moment, passant sa main sur ses cheveux comme pour les aplatir dans un geste montrant la confusion qui était en lui.
Alors que Renji avait un débat intérieur sur les intentions existantes ou non de son capitaine, quelqu'un le regardait depuis l'ombre d'un saule, planté dans un coin ombragé de la cour.
Juste quelques minutes plus tôt avec Byakuya…
Alors qu'il marchait autour des baraquements, pour sa promenade matinale il aperçut son nouveau lieutenant s'entrainer avec acharnement dans la cour. Décidant de l'observer un moment, il s'autorisa pendant un moment de s'appuyer légèrement, de manière détendue, contre le saule le plus proche à l'abri des rayons du soleil. Comme fasciné, il regarda cet homme, dont la chevelure rouge semblait flamboyer au soleil qui était de plus en plus haut et qui se faisait de plus en plus éblouissant dans le ciel. Il le regarda manier le sabre en bois qu'il avait dans les mains de manière ferme et précise. Il ne pu s'empêcher de suivre des yeux les mouvements des muscles sous sa peau légèrement halée par les entrainements sous le soleil de Seireitei, ainsi que les gouttes de sueurs roulant le long de son dos et de son torse nu pour aller disparaître dans la fabrique de son kimono qui pendait de chaque côtés de son hakama. Il pouvait voir exactement à quel point le jeune homme était musclé. Il était ni trop élancé ni trop trapu, il avait la quantité parfaite de muscle . Byakuya passa sa langue sur ses lèvres asséchées à cette vision qui lui donnait envie de tendre la main, et de toucher et goûter chaque centimètre carré de ce corps terriblement tentant. Suivant les signes tribales sillonnant le corps du jeune shinigami qui disparaissait dans les pans de son kimono, il ne pu s'empêcher de se demander si ces tatouages continuait plus bas.
Pourquoi ce jeune homme faisait-il naître de telles pulsions en lui ? Avec son air naïf et innocent, comment se fait-il qu'il ait autant d'effets sur Byakuya?
A ce moment là Byakuya se rappela de ce qu'il s'était passé il y a une semaine et la manière dont il s'était comporté par rapport au jeune homme. A ce souvenir Byakuya laissa un sourire en coin apparaître puis disparaître aussi vite qu'il était arriver sur son visage. Il se souvint du frisson qui avait parcouru le corps de son lieutenant qu'il tenait à sa merci et du regard hagard et confus que le jeune homme lui avait lancé lorsqu'il l'avait effleuré de cette manière. Oh si seulement il savait que Byakuya s'était retenus à ce moment là de ne pas le toucher de manière plus intime. Si ce n'était pas pour son self-control Byakuya n'aurait pas hésité à vérifier que chaque partie de son corps soit aussi musclée que ses bras.
« Un jour, » pensa Byakuya souriant intérieurement un sourire coquin en coin, « un jour je le ferais mien. Mais pour l'instant je préfère m'amuser un peu avec lui. »
Il regarda le jeune shinigami s'entrainer encore quelques instants. Puis il s'éloigna tranquillement vers son bureau, en pensant que la vie promettait d'être divertissante avec Renji autour comme jouet.
Ayant cru entendre un bruit Renji se retourna mais ne vit rien à part le saule dont les branches se balançait paresseusement au gré du vent. Laissant l'étrange sensation que quelqu'un était là il y a quelques instants, Renji décida qu'il en avait finis pour aujourd'hui avec son entrainement et décida d'aller se rafraîchir un peu avec une douche pour se débarrasser de toute cette sueur.
Après s'être rafraichis et avoir mis un uniforme propre, Renji se dirigea vers le grand hall de la cafétéria avec la ferme l'intention de s'offrir un énorme petit-déjeuner.
- Abarai-fukutaicho ! Venez vous asseoir ici ! Renji entendit le jeune homme qu'il reconnaît comme Rikichi dire d'une voix enjouée.
- Salut gamin, dit Renji s'approchant d'une démarche paresseuse de la table où se trouve le jeune homme.
A la suite de cette première semaine Renji avait pris l'habitude à ne pas faire attention à l'attitude hyperactive du jeune shinigami. Il était de nature tête en l'air et la mission la plus simple comme surveiller les papillons de l'enfer pouvait tourner en véritable chasse effrénée comme Renji avait pu le voir une fois.
En effet un jour alors qu'il se dirigeait vers la salle d'entrainement, il vit Rikichi en train de courir dans tous les sens après un papillon de l'enfer fillet à la main, dans le but de le remettre avec les autres.
- Est-ce-que votre entrainement a été agréable ? demanda le jeune homme trop énergique pour son propre bien.
- Ça a été, répondit simplement Renji en se servant un grand bol de riz.
Le reste du petit-déjeuner se déroula sans autres paroles. Renji pouvait sentir le regard de Rikichi sur lui mais essaya de l'ignorer le plus possible.
- Excusez-moi messieurs, mais je dois passer par mes quartiers avant d'aller à une réunion des lieutenants du Gotei 13, dit Renji en se levant.
- Je vous accompagne. L'armurerie est sur le chemin et je dois aller là-bas, dit Richiki en souriant.
« Super ! Maintenant je vais avoir droit à un flot de paroles sur le chemin.» pensa Renji sarcastiquement, laissant un soupir échapper sa bouche.
Comme Renji l'avait sentis, aussitôt qu'il se mirent en marche Rikichi se mit à parler avec animation posant des questions auxquelles il n'attendaient même pas de réponses. Renji ne l'écoutait même pas. Il fermait ses oreilles aux paroles de Rikichi et se plongeait dans son propre petit monde à lui, avec ses pensées.
- Dis Rikichi sais-tu pourquoi Kuchiki-taicho n'est jamais présent dans la salle commune aux heures de repas, demanda Renji interrompant le jeune shinigami dans son monologue avec cette question qui était dans son esprit depuis un bon moment.
- Euh je ne sais pas trop Abarai-fukutaicho… répondit le jeune homme pris par surprise. Je ne suis pas ici depuis longtemps mais de ce que j'ai pu comprendre le capitaine ne mange jamais avec les hommes à part pendant les grandes occasions.
- Hm d'accord, dit Renji songeur.
- Pourquoi cette question fukutaicho ? demanda Rikichi curieux.
- Arrête de m'appeler Abarai ou fukutaicho. Appel moi plutôt Renji je préfère. lui dit celui-ci sur un ton agacé d'être parlé de manière si formelle.
Il est vrai que dans la 11ème division il n'avait pas eu l'habitude d'une telle formalité. Il y avait bien sûr un respect mutuel entre eux et les relations étaient un peu plus détendues que dans la 6ème division. Mais cela ne les empêchait pas de se narguer et de se chamailler, ou encore d'être voir même un peu brutaux entre eux.
- Je suis juste curieux, ajouta-t-il dans un soupir regardant le ciel d'un air songeur. Kuchiki-taicho est un homme si réservé, je me demande toujours ce qu'il pense vraiment.
- Mais vous Aba…euh Renji-san, se corrigea Rikichi, vous devez le connaître un peu mieux que nous puisque vous êtes son lieutenant non ?
- Pas vraiment, répondit Renji en haussant les épaules, je ne l'ai vu que 2 fois en une semaine et à chaque fois il ne me dit que quelques mots pour me donner un ordre. On ne peut pas dire que nous avons de grandes conversations.
- Oui c'est vrai que le capitaine n'est pas du genre bavard, rigola le jeune homme.
- Au fait Rikichi tu viens pas de dépasser l'armurerie là ? demanda Renji.
- Ah ! Mince ! s'exclama-t-il de manière comique avant de courir dans l'autre sens vers l'armurerie. Passez une bonne journée Renji-san !
Renji regarda le jeune homme s'éloigner en secouant la tête de manière amusée. Il se retourna et marcha vers ses quartiers pour prendre Zabimaru avant d'aller à la réunion des lieutenants.
Une fois arrivé dans la pièce où se déroulait la réunion, Renji scanna nerveusement la salle à la recherche d'une personne qu'il connaissait. A son grand soulagement il aperçut Shuhei, Rangiku et Kira en train de discuter dans un coin.
- Ah Renji ! Par ici ! dit Kira agitant la main pour lui faire signe de venir.
- Salut Kira, dit Renji puis se tourne vers les deux autres lieutenants. Matsumoto-san, Hisagi-san, je suis heureux de vous revoir. Comment allez-vous ?
- Nous allons bien, répondit Matsumoto en faisant un grand sourire. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu.
- Alors Abarai-kun, tu te fais à ton nouveau poste de lieutenant ? demanda Hisagi.
- Mais non ce n'est pas ça qu'il faut lui demander Shuhei ! s'exclama Matsumoto avec un air faussement sévère.
- Ah bon ? demanda Hisagi décontenancé.
- Bien sûr que non ! dit Matsumoto en levant les yeux aux ciel avant de se tourner vers Renji les yeux pétillants de curiosité. Alors Renji comment il est le capitaine Kuchiki ?
- Qu'est ce que vous voulez dire par là Rangiku-san ? dit Renji ses joues rougissant légèrement, redoutant ce que le femme avide de commérages et quelque peu perverse entendait par là.
- Oh allez tu dois bien avoir deux, ou trois informations croustillantes sur lui ! dit Matsumoto en lui donnant un coup de coude pour le taquiner.
- Pas vraiment non, répondit Renji se sentant inconfortable sous le regard avide de Matsumoto. Vous savez le capitaine est un homme très réservé. La seule fois où il a mangé avec les hommes c'était à la fête de bienvenue en mon honneur.
- Vraiment ? Il ne mange pas quelque fois avec les hommes ? demanda Kira surpris.
- Jamais, dit Renji secouant négativement la tête. Il prend ses repas dans ses quartiers.
- Quel capitaine étrange… commenta doucement Hisagi.
Renji n'eu pas le temps de répondre aux paroles de Hisagi, quand Nanao arriva dans la salle et se mit sur le podium pour demander le silence.
- Veuillez vous asseoir s'il vous plaît, dit le lieutenant de la 8ème division en remettant en ordre ses papiers avec un air autoritaire faisant taire tout le monde et attendis que tout le monde s'asseye. La réunion des lieutenants peut commencée.
Plus tard, lorsque la réunion fut terminée, Renji resta quelques instants dehors pour parler avec Hisagi, Matsumoto, Kira et Nanao.
- Est-ce-que quelqu'un peut me dire pourquoi Yachiru-san est la vice-présidente du conseil des lieutenants ? grogna Renji en se massant les temples pour essayer d'empêcher un mal de crâne d'apparaitre.
- Ne m'en parle pas, se plaignit Kira en soupirant. Yachiru-san est tellement pleine d'énergie, j'ai parfois un peu de mal à la suivre.
- Il est vrai qu'elle est pleine de vie, avoua Nanao remontant ses lunettes sur le haut de son nez laissant elle aussi un soupir sortir de sa bouche.
- C'est sûr que ça change de nos capitaines, commenta Hisagi avec un petit sourire recevant l'approbation de Renji et Kira par un hochement de tête.
- Parlez pour vous, répliqua Nanao avant d'ajouter d'un ton irrité. Kyoraku-taicho n'arrête pas de draguer tout ce qui bouge, et trouve toujours un moyen pour échapper à la montagne de papiers qu'il doit faire.
Après avoir fait ce commentaire Nanao laissa échapper un « humph » pour montrer sa désapprobation par rapport à l'attitude son capitaine. Matsumoto ria sous cape. Tandis que Kira, Hisagi et Renji se regardaient avec un visage compatissant pour la jeune femme, malgré que dans leur tête ils pensaient qu'au moins elle n'avait pas un capitaine dont elle n'avait aucune idée ce qu'il pensait.
- Ah mais tu sais Nanao-chan je trouve que tu as de la chance, dit Matsumoto dans un soupir dramatique, toi tu as un capitaine sympa. Hitsugaya-taicho est vrai bourreau de travail, il n'arrête pas de me faire la leçon et de me crier dessus.
- Peut-être que si vous faisiez votre travail il ne serait pas comme ça… commença Kira mais il s'arrête rapidement, se recroquevillant sur lui-même face au regard menaçant de Rangiku.
- Rangiku-san pouvez vous ne pas m'appeler Nanao-chan s'il vous plaît je n'aime pas ça, dit Nanao agacé.
- Aw mais pourtant le capitaine Kyoraku t'appel comme ça lui ! argumenta Matsumoto en faisant la moue.
- Ce n'est pas une excuse ! répliqua Nanao remontant ses lunettes sur son nez de manière irrité. Je passe déjà mon temps à me battre avec Kyoraku-taicho pour qu'il arrête de m'adresser de manière si familière.
- Bon mis à part les problèmes de capitaines, intervint Renji amusé par les chamailleries des deux jeunes femmes, vous voulez que l'on fasse quelque chose ?
- Et si on allait boire un coup ? proposa Matsumoto de manière enjoué après un silence.
- Je ne pense pas Rangiku-san que le capitaine Hitsugaya apprécierait que vous alliez « boire un coup » alors qu'il vous reste encore du travail à faire. dit Nanao en regardant la femme à la forte poitrine d'un œil sévère.
- Tch ! Rabat-joie ! bougonna la femme levant le nez en l'air d'un air boudeur.
- De toute façons le capitaine Ichimaru m'attend, dit Kira.
- Pareil pour moi, j'ai rendez-vous avec Tousen-taicho dans une heure, ajouta Hisagi.
- Tant pis on fera quelque chose ensemble un autre jour, dit Renji.
- Oui il faudra qu'un soir on aille boire un coup ! s'exclama Matsumoto avec un énorme sourire.
- Il va falloir un jour que vous m'expliquiez votre définition de boire un coup… commenta Nanao avec un regard impassible qui voulait en dire long.
Après avoir décidé d'une date pour qu'ils se fassent une sortie en groupe. Tous commencèrent à partir de leur côté, vers leur division respective.
- A la prochaine Renji ! Bonne chance avec le capitaine Kuchiki ! lança Kira avant de partir vers sa division.
Le point de vue de Renji
Après que je sois revenu de la réunion des lieutenants, j'étais en train de me diriger vers mes quartiers lorsque l'un des hommes de ma division s'avança vers moi.
- Lieutenant Abarai, dit l'homme en me saluant, le capitaine Kuchiki vous demande dans son bureau.
- Bien j'arrive tout de suite, répondis-je avec un hochement de tête.
J'arrivai devant la porte du bureau de Kuchiki-taicho, j'était sur le point de lever ma main pour toquer à la porte, lorsque j'entendis la voix au timbre profond de mon capitaine me dire d'entrer. Lorsque j'arrivais dans la pièce, je vis le capitaine Kuchiki assis à son bureau en train de signer des papiers.
- Bonjour capitaine, le saluai-je en inclinant le buste légèrement de manière respectueuse.
- Renji, dit simplement Byakuya en signe de reconnaissance ne relevant pas la tête de son travail. J'en déduis que le message t'a bien été transmis.
- Oui capitaine, répondis-je attendant patiemment qu'il me dise ce pour quoi il m'a fait venir ici.
- Je t'es fait venir ici car je voulais que tu me fasses un rapport de ta première semaine au sein de cette division, annonça Byakuya.
- Eh bien…la semaine a été plutôt calme, bredouillai-je déconcerté qu'il me demande un rapport de cette nature seulement au bout d'une semaine lorsque l'on demande plutôt ce genre de rapport tout les mois. Il n'y a pas eu de problème intérieur à la division. Les hommes assignés aux corvées de cette semaine et à la surveillance de la division ont accomplis leur travail sans accidents.
- Très bien, dit Byakuya levant ensuite la tête vers moi pour la première fois depuis que j'étais arrivé dans son bureau. A partir de maintenant tu viendras me faire ton rapport toutes les semaines.
- Bien capitaine, dis-je en inclinant la tête en signe de compréhension.
- Une dernière chose, ajouta Byakuya alors que j'étais sur le point de partir. J'attends que tu viennes tout les vendredis après-midi pour lire les rapports de mission et les signer.
- A vos ordres, répondis-je en m'inclinant respectueusement, cette fois attendant qu'il me congédie.
- Tu peux partir maintenant, me dit Byakuya retournant à sa paperasse.
Après avoir mangé, je revins dans le bureau du capitaine Kuchiki où m'attendais un bureau légèrement plus petit que celui du capitaine. L'homme aux cheveux noir comme l'ébène était assis à son bureau de la même manière que je l'avais vu une heure auparavant, comme si il n'avait pas bougé depuis tout ce temps.
J'allai m'asseoir silencieusement à mon bureau où je remarquai à ma grande détresse qu'une pile assez imposante de papiers était déjà posée dessus. Pendant un moment je lisais et signais tranquillement les papiers jusqu'à ce que je sente une présence derrière moi et le souffle d'une respiration contre ma nuque, ce qui me donna d'étranges frissons dans tout le corps, hérissant les poils de mes bras.
Point de vue de Byakuya
Je regardai mon lieutenant travailler avec une expression concentrée sur son visage pendant un moment et je commençai à me demander à quoi son visage pourrait ressembler dans les moments de passion. A cette pensée je sentis une vague d'excitation me traverser.
Un violent besoin de toucher ce corps qui avait l'air si puissant s'installa en moi. Le seul moment où j'ai pu le toucher ce n'avait été qu'un bref effleurement qui m'avait à peine permis d'avoir un aperçu de ces muscles qui se contractent cachés sous ce kimono noir.
Je m'avançai derrière lui, regardant son dos et chacun de ses mouvements. Souhaitant être plus proche je m'approchai plus et bientôt mon visage fut à quelques centimètres de sa tête.
Inspirant profondément, je sentis un parfum particulier et exquis émaner de lui. Il sentait le patchouli et quelque chose d'autre ne pouvait être que sa propre odeur corporelle qui était légèrement musqué. Le tout offrait une délicieuse fragrance me tirait inévitablement vers son cou pour que je puisse respirer un peu plus ce parfum enivrant.
Mon visage était maintenant à peine à quelques millimètres, à côté de son visage, le nez touchant presque son cou. Je sentis son corps se crisper, me signalant qu'il avait sentis ma présence derrière lui. Sa respiration devint rapide, comme s'il se préparait à contre-attaquer contre le danger se trouvant derrière lui. Amusé je décidai de lui caresser la joue, en profitant en même temps pour voir la sensation de sa peau contre ma main.
A cette action, je le vis se lever brusquement comme si il avait été électrocuté et lancer à l'aveugle un coup de poing que je bloquai facilement. Mon masque impassible en place sur mon visage je le regardai souriant intérieurement à son regard à la fois surpris et choqué.
- T-taicho ! bredouilla-t-il me regardant de manière déroutée, ses joues rougissant.
- Qu'y-a-t-il Renji ? lui demandai-je sur un ton monocorde, arquant un sourcil.
Il me regardai fixement pendant un moment comme cherchant ses mots, ouvrant et fermant la boucher plusieurs sans qu'aucun ne sorte. Je le regardai moi aussi fixement, regardant attentivement les mouvements de son visage. Dans ses yeux on pouvait y voir du choc, de l'incompréhension, et une indignation qui prenait de plus en plus de place jusqu'à exclure toutes les autres dans ses yeux marrons.
- Alors ? J'attends, lui dis-je souriant intérieurement alors que je le provoquais.
- Je…vous… commença-t-il à dire mais ferme sa bouche rapidement, n'arrivant pas à trouver les mots, se sentant trop embarrassé et devenant encore plus rouge.
Je commençai alors à marcher vers lui, et je le vis reculer au fur et à mesure que j'avançai. Bientôt son dos heurta un mur, et il se retrouva coincé entre le mur et moi-même. Savourant chaque instant, je m'approchai lentement vers lui, le voyant aspirer de l'air en ce qui devait être de la nervosité.
« Ah ! J'ai envie de le manger tout cru ! » ma voix intérieure s'exclamait d'un cri perçant de plaisir à la vue de mon lieutenant à ma merci. Je sentais l'excitation monter en moi au sentiment de pouvoir, comme celui qu'un prédateur a sur sa proie, que j'avais sur lui.
Lorsque je fus presque torse contre torse avec lui je me penchais vers lui mettant ma bouche près de son oreille.
- Tu sais, lui murmurai-je dans un grondement séducteur, tu as l'air plutôt appétissant lorsque tu as cet air perdu sur ton visage.
A ces paroles je ne pu m'empêcher de lui mordiller légèrement le lobe de l'oreille, ce qui me valu un délicieux petit halètement du jeune homme au cheveux rouge. Après avoir fait ceci je m'écartai de lui et partis rapidement de la pièce. Je ne voulais pas ruiner mon amusement en craquant et en lui sautant dessus pour le faire mien sur le champ.
Point de vue de Renji
Incapable de faire autre chose que de fixer d'un air ahuri la porte par laquelle venait de partir le capitaine Kuchiki, j'essayai de faire le point sur tout ce qui venait de se passer en à peine quelques minutes.
Alors que je travaillai tranquillement sur le travail que l'on m'avait assigné, mon capitaine s'était placé derrière moi et avait sentis mon cou, SENTIS MON COU ! Ce qui m'a fait sursauter et ensuite je me suis retrouvé coincé entre le mur et le capitaine Kuchiki, qui s 'était penché pour me dire que j'étais appétissant avant de me mordre le lobe de l'oreille puis partir.
Appétissant…qui dirais ça d'une personne ?
Même en faisant le point sur ce qui venait de se passer mon cerveau n'arrivait pas à comprendre ce qui venait de se dérouler dans cette pièce. Pourquoi Kuchiki-taicho venait de se comporter de manière ?
Ce n'était pas naturel pour lui. On avait l'impression que l'on pouvait déceler certaines parties de ses sentiments. Il y avait dans le ton de sa voix quelque chose qui semblait être de la luxure.
Au souvenir de cette voix profonde que j'ai sentis résonner en moi lorsqu'il me parla à l'oreille, je sentis des frissons me parcourir le corps. Ce qui était, j'ai un peu honte de le dire, une sensation plutôt agréable.
Doucement je me remis de mes émotions et décida que personne n'allai me dire quelque chose si j'arrêtais pour aujourd'hui et partais. Je partis donc de la pièce en direction de la salle d'entrainement avec la firme intention de m'entraîner jusqu'à ce que je ne puisse penser à rien du tout.
J'arrivais au dojo et me mettais aussitôt au travail, m'entrainant intensément, ne m'épargnant aucun exercice quelque soit la difficulté de celui-ci. Je suais bientôt à grosses gouttes et mes muscles étaient tirés et douloureux par l'effort. L'accumulation de l'effort physique et de la fatigue qui en résulta me rendait quelque peu étourdi. Mon cerveau ne pensait à plus rien et j'en étais contents. Me vider l'esprit me faisait du bien. Pendant ce moment, il n'y avait que moi et le bokken que je tenais dans mes mains. Je n'avais pas à penser à l'étrange attitude de mon capitaine ou à quoi que ce soit d'autre. Je n'avais pas à me demander si ce qui s'était passé il n'y a pas longtemps dans le bureau allait se reproduire.
Après trois heures d'entrainement intensif, je m'arrêtai la respiration lourde, et couvert de sueur de la tête aux pieds. Ayant loupé l'appel du repas du soir et étant de toute façons trop épuisé pour même essayer de récupérer un casse-croûte en cuisine, je me dirigeai vers mes quartiers avec l'intention prendre un bon bain avant de m'écrouler sur mon lit pour dormir d'un sommeil profond.
TBC
Et voilà le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous a plu autant que le premier.
J'aimerais savoir ce que vous avez pensé du fait que j'ai mis à un moment le point de vue de Byakuya. Bien ? Pas bien ?
Je me suis toujours dis qu'un homme comme Byakuya, qui ne montre pas ses émotions, devait avoir une personnalité « intérieure », ou refoulé si l'on préfère, à 360° de ce qu'il laisse paraître à l'extérieur.
Je ne sais pas si je le ferais souvent car je ne me sentais non plus extrêmement à l'aise de parler de ce que pensais et ressentais Byakuya (il faut quand même un peu de mystère parfois !).
En tout cas faîtes moi savoir ce que vous en avez pensé, j'adore lire les commentaires qu'on me laisse. )
