Bonjour ! Me revoilà pour la suite de cette histoire. Pour le premier chapitre vous en saurez un peu plus sur nos protagonistes :)
Chapitre 1 : le bruit des glaçons.
Hermione tapotait nerveusement le volant en cuir noir de la berline. Elle était coincée dans les embouteillages parisiens depuis un moment. Elle devait faire l'aller-retour pour Londres dans la journée et si elle continuait à ce rythme, elle ne serait pas à l'heure pour son avion et devrait donc reporter ses plans de l'après-midi. Quelle idée avait il eut aussi, d'aller acheter sa bague dans une bijouterie parisienne. C'était peut-être le comble du romantique, mais ça n'avait rien de pratique. Son téléphone se mît brutalement à sonner, la faisant sursauter et soupirer avec affliction. Elle attrapa d'une main le smartphone puis décrocha sans même regarder le numéro entrant.
"- Oui, je suis au volant Victor alors fait vite."
"- Pourquoi tu décroches alors que tu conduis ?"
"- Tu m'aurais rappelée jusqu'à ce que je te réponde."
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme lorsqu'elle ne l'entendit pas répondre. Elle enchaîna.
"- Si tu veux savoir si on mange ensemble ce soir, non, ne m'attends pas. J'ai prévu de sortir."
"- Comment ça tu sors ? Avec qui ? Où ça ?"
Hermione fronça les sourcils. Elle aimait de moins en moins ses petits interrogatoires. La moindre parcelle de sa vie était passée au crible avec cet homme. Elle se répétait depuis toujours que l'un des principaux défauts de Victor Krum était sa possessivité exacerbée. Et elle répétait à tout le monde qu'il était simplement inquiet pour elle, voilà tout. Pas de quoi en faire un plat.
"- Harry et Blaise. C'était prévu..."
Elle n'eut pour réponse que le silence, une nouvelle fois. Un soupir traversa les lèvres de la jeune femme. Elle l'entendit remuer à l'autre bout du fil.
"- Ne rentre pas tard. "Lâcha-t-il, sec comme jamais.
Et il raccrocha. Hermione fronça les sourcils, posant le combiné à côté d'elle avec une certaine brutalité. Elle allait se gêner, tient.
Draco accrocha la petite gourmette qu'il venait d'acheter au poignet de son fils puis le réinstalla dans ses bras et quitta la bijouterie. Il écarta un pan de sa veste de costume, profitant ainsi de la douce brise d'avril qui soufflait aujourd'hui sur la capitale Française. Scorpius s'était rapidement endormi, blotti dans les bras de son jeune père. Le blond lui jeta un regard. Le pouce à moitié glissé dans sa bouche, il avait l'air d'un ange. Son front était balayé de quelques mèches blondes aux reflets d'or. On pouvait voir ses doux cils tressauter au rythme du rêve qu'il était en train de faire. Ses lèvres entrouvertes laissaient passer l'air qui soulevait paisiblement sa poitrine. L'enfant était tranquille, serein, et Draco ne l'aurait dérangé pour rien au monde. Il serra doucement son fils contre lui, redoutant les minutes qui allaient suivre. Draco traversa une place ensoleillée d'un pas tranquille, puis s'arrêta devant un café typiquement parisien. La nouvelle lubie d'Astoria. La terrasse était noire de monde. Les cafés, les cigarettes et les iPhone jonchaient les tables comme des décorations et les serveurs en chemise blanches serpentaient entre les tables serrées pour se frayer un chemin.
Un rictus mauvais déforma les lèvres du blond lorsqu'il vit Astoria se diriger vers lui. La brune, parfaite, portait une robe d'un bleu cobalt sublime et ses longues mèches brunes étaient soigneusement ondulées. Un léger maquillage sublimait ses traits et une large capeline couvrait son crâne. Sa beauté l'avait foudroyé au premier regard et maintenant, elle le dégoûtait. Profondément et durablement. Il en venait à se demander comment il avait pu trouver cette femme aussi fascinante. Draco glissa un bras autour du corps de l'enfant, la glaçant de son regard onyx. Elle l'ignora royalement pour ne se concentrer que sur le bébé.
"- Mon trésor ! "Minauda-t-elle en arrivant à sa hauteur.
Draco grimaça pour de bon lorsqu'il la vit saisir Scorpius sans délicatesse, le tirant de son sommeil paisible. Le poupon papillonna des yeux, aveuglé par le soleil, tandis qu'un sanglot indigné venait franchir sa gorge. Puis un second. Et un troisième. Il finit par pleurer pour de bon.
"- Bonjour Astoria."
Draco croisa les bras, le visage impassible tandis qu'Astoria cherchait frénétiquement la tétine de l'enfant dans son sac Prada. Lorsqu'elle la trouva, elle la fourra dans le gosier de Scorpius qui, trop surpris, s'arrêta net de pleurer.
"- Voilà bébé. " s'écria-t-elle d'une voix particulièrement agaçante.
Astoria leva les yeux vers Draco. Elle eut un rictus méprisant.
"- Qu'est-ce que tu fais encore là toi ? On se revoit dans deux semaines, allez. Casse toi."
"- Je te jure, un jour Astoria, je ne te rendrais pas mon fils."
"- C'est mon fils. Et Je te traînerais au tribunal si tu fais ça."
"- Vu la mère abominable que tu fais les juges auront vite fait de me confier la garde."
"- Ils m'ont déjà confié la garde Draco, tu as perdu la partie."
"- Un Malefoy ne perd jamais la partie, chérie. " Il lui cracha presque ce dernier mot au visage. "Préviens-moi à l'avance la prochaine fois que je dois traverser l'Atlantique pour venir chercher mon fils. New-York Paris c'est long. Je pourrais très bien te dire de venir le chercher à Bangkok la prochaine fois, tu verras, ça fait loin."
Il embrassa le front de son fils puis tourna les talons, laissant Astoria plantée sur le trottoir, Scorpius en larmes dans ses bras. Le jeune homme serra les poings et se fit violence pour ne pas retourner le lui arracher des bras. La dernière fois qu'il avait fait ça, il n'avait pas pu revoir son fils durant trois longs mois. Avec des gestes brutaux et vifs il sortit un paquet de cigarettes de sa poche et en alluma une sans attendre. Dans un même mouvement, il sortit son téléphone et composa un numéro qu'il connaissait par cœur.
"- C'est moi. Ce soir, à Paris, tu es partant ?"
"- Je me demandais justement ce que j'allais bien pouvoir faire ce soir. Je suis à Londres avec Pansy. Ça va ?"
"- Ouais."
Il y eut un silence à travers le combiné.
"- Astoria ?" murmura le brun.
"- Ouais."
"- À ce soir. Je viendrais seul."
Ils raccrochèrent simultanément.
Hermione claqua la portière de sa voiture puis remonta la rue pour rejoindre le bar dans lequel l'attendaient Harry et Blaise. Comme prévu, elle n'était pas repassée chez elle après son vol et n'avait eu aucune nouvelle de Krum. Elle avait depuis longtemps appris à interpréter les silences de son fiancé et celui-ci n'était certainement pas de bon augure. Mais elle avait bien l'intention de profiter de sa soirée avant de rentrer pour l'affronter. Il n'était pas le maître de ses mouvements et n'allait certainement pas le devenir ce soir.
Elle poussa la porte du bar où ils s'étaient donné rendez-vous. La musique n'était pas assez forte pour couvrir le brouhaha ambiant. L'endroit était effectivement littéralement bondé. Encore un autre coin branché du goût de Blaise dans lequel il pourrait, avant de rentrer chez lui, trouver une compagne le temps d'une nuit, comme il aimait le faire d'ordinaire. Harry lui, éternel célibataire, n'était guère intéressé par ce genre d'ambiance où le bruit était si fort que l'on pouvait à peine discuter. Et il n'y avait pas la place pour danser. En d'autres termes, il trouvait ce genre d'endroit inutile et particulièrement chiant. Il le faisait d'ailleurs toujours savoir à Blaise, qui s'en fichait royalement bien entendu. Hermione les retrouva assis sur des tabourets, en pleine discutions. Ils ne la virent arriver que lorsqu'elle s'assit à côté d'eux, un grand sourire collé sur ses lèvres roses.
"- Eh bien, c'est que tu en as mis du temps. On a failli appeler Krum pour savoir s'il ne t'avait pas ligoté dans la cave." Plaisanta Blaise.
"- N'importe quoi ! Tu sais bien qu'on n'a pas de cave..."
"- C'était une image, Hermione." Grogna Harry.
"- C'était de l'ironie, Potter !"
Hermione s'esclaffa et commanda un verre de vin. Ils discutèrent tous les trois jusqu'à une heure avancée de la nuit. Ils burent plus que de raison, rirent énormément, et Hermione fut forcée d'abandonner sa voiture dans la rue, incapable de conduire en vue de son état d'ébriété avancé. Vers quatre heures du matin, ils sortirent tous les trois du club pour se dire au revoir. Harry fut le premier à s'en aller, la démarche incertaine et le pas tanguant. Blaise déposa une bise sur la joue d'Hermione et se détourna. La jeune femme lui attrapa le poignet subitement pour le retenir. Il s'arrêta et se tourna vers elle, un sourcil levé.
"- J'ai vu Draco aujourd'hui." Le métis ne lui répondit pas, le visage toujours figé dans cette expression interloquée. "... Il a un fils, tu le savais ?"
"- Oui." La voix grave du jeune homme n'était qu'un murmure.
Hermione se reçut sa réponse de plein fouet.
"- Mais... Depuis combien de temps es-tu en contact avec lui ?"
"- Je n'ai jamais cessé d'être en contact avec Draco enfin. Hermione... Je pensais que tu t'en doutais."
Le pli de sa lèvre se fit plus dur, elle fronça les sourcils tout en détournant le regard pour fuir les orbes perçants de Blaise. Il posa sa main sur son épaule mais elle se dégagea.
"- J'ai cru qu'il avait coupé les ponts avec tout le monde..." Elle serra les poings puis héla un taxi qui apparut au coin de la rue. "Aujourd'hui, il m'a regardé comme si j'étais une étrangère. ... Laisse tomber Blaise. Je ne comprends pas cet homme. Et puis je ne te comprends pas non plus. Tu étais là et la seule chose que tu avais à faire c'était l'appeler et me le passer, puisqu'il te répondait à toi! ..." Elle ouvrit la porte du taxi qui s'était arrêté devant elle.
Blaise la retint d'un mouvement de bras, plongeant son regard dans le sien. Hermione l'affronta du regard. Il finit par murmurer.
"- Ne me mêles pas à cette histoire Hermione. S'il voulait te parler il t'aurait appelé, point barre. Et puis passe à autre chose, tu vas te marier. Merde." Il se pencha, embrassa sèchement sa joue puis tourna les talons.
La jeune femme se mordit les lèvres et ferma la portière, perturbée par sa réponse. Le taxi la ramena chez elle plus vite qu'elle ne l'eut cru.
La rue qui accueillait son appartement était déserte. C'était une magnifique allée au charme Londonien typique. Il allait sans dire qu'il suffisait de lever la tête pour regarder les façades et faire une estimation du prix d'achat à cet endroit. Hermione se dirigea vers une large porte, composa le code puis s'engouffra dans un immense hall à la décoration sobre mais réalisée dans les plus beaux matériaux. Elle fit claquer ses talons jusqu'à l'ascenseur qui l'amena jusqu'au dernier étage. Encore assez lucide pour glisser la clé dans la serrure sans trop peiner, Hermione se glissa dans l'appartement plongé dans la pénombre.
Elle retira rapidement ses escarpins afin qu'ils ne fassent pas trop de bruit sur le parquet et se dirigea vers la cuisine pour se servir un grand verre d'eau fraîche. L'appartement était immense, et faisait d'avantage figure de loft. De larges baies vitrées donnaient une vue saisissante sur tout Londres. Elle n'eut pas besoin d'allumer les lumières, préférant être baignée dans l'atmosphère presque irréelle de la ville.
Un bruit sec la fit sursauter violemment. Le bruit d'un verre qu'on abat sur une table. Elle entendit les glaçons cliqueter contre le verre, et des pas s'approcher calmement d'elle. Un frisson grimpa le long de sa colonne vertébrale.
"- Je pensais que c'était clair, tout à l'heure." Murmura-t-il calmement, faisant trembler les trémolos de sa magnifique voix basse. Il était derrière elle.
"- Je n'ai pas à t'obéir !" Le coupa-t-elle immédiatement, son ton se faisant plus sec que de raison. Elle ne se retourna pas vers lui.
Un silence s'installa, dérangeant, presque menaçant. Puis elle le sentit glisser sa main sur sa nuque, derrière elle. Il l'enserra implacablement de ses doigts, comprimant ses boucles avec brutalité, puis fit vivement basculer son visage vers l'arrière pour planter son regard dans le sien. Hermione le contempla, impassible, sentant la douleur envahir son cou comprimé. Pourtant un sentiment de peur s'était installé dans son corps, ses mains se mirent légèrement à trembler. La violence dont il faisait de faire preuve l'avait réduite au silence et ils s'affrontèrent du regard pendant presque une minute. Soudainement, il la plaqua contre le plan de travail de la cuisine. Les os de ses hanches heurtèrent le meuble, provoquant une douleur qui lui arracha un feulement. Son regard s'assombrit encore une fois, il resserra ses doigts autour de sa nuque blanche. Elle se courba sous lui, ses genoux flanchaient peu à peu et pourtant elle ne lâcha pas ses yeux.
Les lèvres du Bulgare vinrent soudainement se poser sur la gorge blanche de la jeune femme. Il relâcha sa nuque tandis que ses mains naviguaient sur son corps, embrasant ses hanches, ses fesses, son être tout entier. Hermione sentit son corps réagir sans même qu'elle ait pu donner son accord. La tension retenue dans sa poitrine se relâcha peu à peu, mais ses mains ne cessèrent pas de trembler. L'éclat qu'elle avait aperçu dans les prunelles noires de l'homme avait fait se tordre ses entrailles.
Draco porta la cigarette à ses lèvres tout en gardant un œil sur le panel de cartes qu'il tenait dans ses mains. La concentration était palpable autour de la table. Ils étaient cinq, dans cette cave, prêts à dépenser des sommes astronomiques pour une simple partie de poker. L'atmosphère enfumée empêchait quiconque de voir au-delà de la table à laquelle ils trônaient. Chacun analysait, observait ses voisins derrière leurs cartes pour savoir quel coup allait tomber, pour savoir qui bluffait, qui disait la vérité.
Sur la gauche du blond se tenait un petit mexicain tout en muscle. La figure brune, les sourcils broussailleux, il tenait entre ses lèvres fines un cure dent qu'il n'avait cessé de mâchouiller depuis le début de la partie. Il avait déjà perdu 40000 euros. Sa réserve de jetons s'amenuisait, il n'aurait bientôt plus de quoi miser. Son regard sombre fixait tour à tour ses cartes et ses camarades depuis quelques minutes. Plusieurs fois, il avait ouvert la bouche pour annoncer quelque chose. Mais il s'était ravisé, faisant tourner d'une façon dérangeante sa petite barbiche autour de son index.
"Tapis." Dit-il tout à coup.
Draco jeta un regard en biais au maigre tas de jetons que le mexicain venait de pousser en face de lui. 1500 euros. C'était tout ce qu'il lui restait. Le blond jeta un coup d'oeil à ses cartes, le visage impassible. Il jubilait presque intérieurement. Sa suite de cartes était plutôt rare. Un carré de dames, c'était quasiment imbattable. Confiant, il attendit les mises des autres joueurs. Il était le dernier à prononcer sa mise.
La suivante était une quarantenaire aux cheveux roses. Une casquette grise abattait une ombre sur ses yeux clairs, les dissimulant à la vue de ses adversaires. Elle tapotait la table de ses ongles vernis en vert pomme sans même sans rendre compte. Juste avant d'annoncer son propre tapis, le rythme de ses doigts sur la table s'accéléra d'un coup, ralentis, puis s'arrêta enfin, abattant sur la salle un silence de mort. Cela ne s'était pas produit depuis le début de la partie. Draco eut un sourire imperceptible. Elle bluffait. Cela se sentait, ses gestes transpiraient le bluff. On pouvait le voir dans la maigre hésitation qui avait précédé la poussée de la totalité de ses jetons au centre de la table.
Le voisin de la femme du le sentir lui aussi car il lui lança un regard quelque peu moqueur. Il secoua sa tête blonde de minet de quinze ans et posa ses cartes sur la table, face cachée.
"Je me couche. Ça monte trop haut pour moi les gars."
Le regard perçant de Draco se fixa sur le dernier adversaire en lice. Un homme en costard, l'air sérieux et la bouche plissée dans une moue indéfinissable. Il fixa le tas de jetons au centre de la table pendant de longues secondes. Puis son regard émeraude vint se planter dans celui de Draco. Le blond eut un frémissement d'excitation, enfin un adversaire intéressant. Il ne laissa cependant rien paraître, conservant le masque d'impassibilité qui lui allait si bien. L'homme au costard prit le paquet de Camel posé devant lui, en sortit une cigarette puis l'alluma sans se presser. Il observa les volutes de fumée qui s'évanouirent dans le nuage qui trônait déjà au-dessus d'eux. Dans son autre main, il agita son verre de whisky et on pu entendre les glaçons s'agiter contre les parois de verre. Puis dans un geste lascif, il poussa son tas de jetons sans aucune pression, déclarant le tapis sans même avoir à prononcer une parole. Comme s'il avait prévu de le faire depuis le début. Draco crut voir un infime sourire goguenard se dessiner sur ses lèvres.
C'était son tour. Il était toujours aussi confiant. Son regard se posa sur le tas de jetons qui trônait sur le centre de la table. Il devait contenir 150000 euros. Un butin sans conteste des plus affriolants.
"Tapis." Dit-il d'une voix rendue rauque par la cigarette.
Ses adversaires s'agitèrent un peu, il était temps de révéler les cartes. La quarantenaire posa ses cartes face visible sur la table. Comme prévu, la mise était trop faible. Paire de valets. Il avait mieux, sans conteste. L'homme en costard retourna ses cartes.
"Carré de 10."
Draco ne pût retenir le sourire qui traversa ses lèvres à l'instant où il posa ses cartes face visible.
"Carré de dames."
C'était le plus beau jeu de la soirée. Deux carrés en un soir, il n'en avait pas vu beaucoup des comme ça. Et il avait gagné. Il restait bien le mexicain, mais il était très peu probable qu'il lui rafle la mise avec un meilleur jeu qu'un carré de dames.
"Quinte flush. Avec 2, 3, 4, 5, et 6." Grogna le mexicain en voyant Draco lorgner sur le butin. "J'ai gagné." Fit-il avec l'air fier d'un coq de basse-cour.
Draco jeta un coup d'oeil à l'homme au costard. Ce dernier fixait le mexicain avec dépit. Sans un mot, le blond se leva. D'un geste désinvolte, il jeta au centre de la table la liasse de billet correspondant à sa mise. Il attrapa son paquet de cigarettes et sa veste puis se dirigea vers la sortie de la cave.
"Je me casse. À plus les nazes." La rancœur qui pointait dans sa voix fit sourire ses adversaires.
L'homme au costard se leva avec flegme et prit la suite de Draco après avoir écrasé son mégot sur le bois de la table de poker. Les deux jeunes hommes se retrouvèrent côte à côte dans la rue. L'air frais qui les envahit fut comme une bénédiction. Pourtant, dans un même geste, ils rallumèrent une cigarette. L'aube pointait par-dessus les immeubles de Paris.
"Ce que tu peux être mauvais perdant Draco." Fit le brun en observant son ancien adversaire
Il avait la mine sombre et un air dégoûté avait envahi son visage.
"Ce connard. J'avais un carré de dames. Par quel droit il est venu me rafler tout ce fric avec sa putain de quinte flush. Ça me dépasse, bordel. Il avait vraiment un air de trou du cul." Draco marqua une pause, la bouche ouverte. Puis il eut un rire mauvais. "Non, un air de trou du cul diabétique."
"Je rectifie, tu es un très très mauvais perdant... Ton imagination pour les insultes m'étonnera toujours."
"Oh ferme la Théo!"
Un ricanement franchit les lèvres du brun. Les deux hommes levèrent la tête vers le ciel d'encre. Il se teintait de bleu, de rose et d'Orange par endroits, signifiant ainsi la présence du soleil qui venait de se lever. Un large soupir traversa les lèvres de Théodore, qui jeta un coup d'oeil en biais à son ami de toujours.
"- Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Le silence qui plana après cette question fut particulièrement réfrigérant. Draco demeura parfaitement immobile, les bras croisés, sa cigarette fumante coincée entre ses lèvres. Sans cligner des yeux une seule fois, il maintint son regard fixé sur l'antenne dressée en haut de l'immeuble qui les surplombait. Son ami garda le silence, il connaissait bien le jeune homme et savait qu'il n'était pas simplement venu pour jouer au poker, ce soir. Draco n'appelait jamais pour rien, il ne l'avait pas fait venir sans raison précise. Astoria n'était pas une raison suffisante pour le faire se déplacer, il le savait pertinemment. Draco avait eut besoin de le voir et Théodore ne savait pas pourquoi.
"- J'ai vu Hermione tout à l'heure." Lâcha-t-il dans un souffle.
Le brun se tourna légèrement vers lui, ne montrant pas la surprise qui était née en lui. Ce nom n'avait pas surgi dans les conversations depuis plus de sept ans.
"- Comment va-t-elle ?" Murmura le jeune homme, davantage pour le pousser à parler que pour obtenir une vraie réponse à sa question. Il avait vu Hermione la semaine dernière.
"- Elle est rayonnante. Elle va se marier."
"- Je sais. En septembre."
Draco lança un regard étrange à son ami. Il jeta son mégot dans le caniveau puis enfonça ses mains dans ses poches.
"- Je veux la revoir."
"- Mauvaise idée, vieux. Ne me regarde pas comme ça, tu sais très bien pourquoi c'est une mauvaise idée."
Il avança dans la ruelle sombre abritant la cave où ils avaient joué ce soir. Draco le suivit d'un pas traînant jusqu'au boulevard le plus proche. Ils hélèrent chacun un taxi puis se séparèrent avec un signe de la main. Le blond s'installa sur la banquette arrière du taxi tout en annonçant l'adresse de son hôtel. Les pieds calés sur les sièges, il appuya sa tête sur la vitre et ferma les yeux. Alors que les premiers rayons du soleil venaient baigner son visage d'une agréable chaleur, il s'endormit. À son réveil, aussi difficile soit-il, il suspecta le conducteur d'avoir fait plusieurs détours pour le ramener chez lui. 40 euros la course, c'était excessif. Pourtant il ouvrit son portefeuille et lui donna son dernier billet, le laissant complètement vide. Sans réclamer sa monnaie, il sortit du véhicule et traîna des pieds jusqu'à la porte de l'hôtel dans lequel il logeait.
La rue était animée, une femme sortait faire son jogging et plusieurs hommes d'affaires, affublés de leur kit smartphone-costard-mallette, partaient déjà au travail. Pourtant le blond prit rapidement la fuite dans le hall clinquant du palace. Il s'engouffra dans l'ascenseur, seul, et regarda les étages défiler avec une lenteur abominable.
Lorsqu'il se traîna enfin jusqu'à son couloir, il était 6h45. Il ouvrit la porte, jeta son pass sur la table basse lorsqu'il passa dans le salon puis se débarrassa de ses vêtements à mesure qu'il se dirigeait vers sa chambre. Il fut nu avant même de toucher le matelas et se rendormit quelques secondes après s'être étendu.
Et voilà la fin du premier chapitre de cette histoire ! J'espère que ça vous aura plus, n'hésitez pas à me faire savoir si vous avez aimé, que pensez vous de cette première entrée en matière ?
A très vite pour le prochain chapitre ;)
Zazu
Ps : Reviews !
