Le cours se déroula plutôt bien, la sœur qui s'occupait de faire le cours s'appelait . Celle-ci, ayant un peu peur du nouvel élève, n'osa pas lui poser de questions. De plus, il ne semblait pas de bonne humeur. Par contre, une chose l'énervait, Anthony et Anthonin ne faisaient que parler, certes à voix basse mais quand même auditive.
-Bien, continuons avec le livre page 65 Anthonin?demanda t elle pour faire cesser le bruit entre les deux camarades.
-J'ai pas d'livre...
-Tiens! Le coupa Anthony en lui tendant son livre à la bonne page.
Anthonin regarda le livre d'un air ahuri. « De quoi y s' mêle? C'est bien la première fois qu'ont est aussi serviable avec moi »
Il saisit le livre et à la dernière seconde le ferma.
-Eh bien? Nous attendons.
Il ne laissa aucune réponse sortir de sa bouche et rendit le livre à son propriétaire avant de se caler la tête dans ses bras maintenant croisés sur la table.
Evidemment, ce geste déplut à pas mal de garçons de la classe qui se retenirent de protester, même Anthony avait l'air blessé, croyant qu'il avait vexé son ami.
-Bien...n'insistons pas...Daniel?
-Oui.
Daniel, un garçon au teint mat et a la chevelure brune, faisait la lecture tandis que « le mal élevé » commençait à s'endormir. Très vite ce fut la fin du cour et ils eurent droit à une pause. Dés que la sonnette retentit, Anthonin se leva et rangea ses affaires.
-Tu voudrais que je te présente a des amis?
Le brun se retourna vers le blond qui faisait un grand sourire. Ne pouvant malgré lui, résister à ce visage si ensoleillé il accepta.
-Je reste pas plus de deux minutes. Compris?
-Comme tu veux! Suis moi, je vais te les présenter.
-Te suivre...ca va pas être dur...
Anthony entraîna donc Anthonin vers la cour. Arrivés dans celle-ci, ils se dirigèrent vers une petite colline ou se trouvait un grand arbre. Au pied se trouvaient deux jeune filles, une blonde et une brune, qui parlaient joyeusement accompagnées de deux autres garçons.
-Les deux garçons la-bas, désigna Anthony, ce sont mes cousins.
-Les deux filles, ce sont tes cousines?
-Non, Annie n'est pas de notre famille mais Candy l'est.
-Quelle belle famille, fit ironiquement le brun.
Très vite ils arrivèrent devant les quatre jeunes qui les avaient remarqués venant dans leur direction. Pour monter la petite colline, Anthonin poussait le fauteuil de son camarade.
-Bonjour!
-Salut Anthony! Répondit le groupe.
-Je vous présente Anthonin, il est dans la même classe que moi.
-Bonjour Anthonin!, fit Candy en se levant avec Annie.
-..Salut...
-Moi c'est Candy, elle c'est Annie et eux deux ce sont Archibald et Allistair.
-Tu peut m'appeler Archi!
-Comme Anthony l'a dit, moi c'est Anthonin.
-Nous t'avons remarqués l'autre soir, tu n'as pas l'air d'aimer l'autorité, demanda Allistair curieux, je m'trompe?
-Pour tout dire, je déteste tout, la seule chose que j'aime, ce sont les beignets au chocolat.
Tous se mirent à rirent.
-Y'a rien de drôle, c'est vrai!
-C'est la seule et unique chose? Demanda Anthony entre deux rire.
-Ouaip! Y'a autre chose aussi, mais c'est personnel.
-Et d'où tu viens? De Londres?, questionna Candy.
-Rochester pour être précis. Et vous, vous venez d'Amérique, non?
-Comment le sais-tu?!
-Ca se voit à votre accent et à votre apparence aussi.
-Tu as l'air d'être bien renseigné sur les Américains.
-Oui, je suis moi même Américain. Je suis à Rochester depuis 3 ans, mais je ne suis pas retourné chez moi depuis au moins 2 ans.
-Ca à l'air compliqué conclut Allistair.
-Ouais, justement, bien trop compliqué pour ce que c'est! Je vais aller faire un tour.
-D'accord, si tu veux parler à l'un de nous pendant les pauses, n'hésite pas!
Le brun repartit donc traînasser dans les couloirs histoire de trouver une occupation ou une bêtise a faire, histoire de se faire remarquer. Il n'attendit pas longtemps pour trouver une chose a faire. Il venait de heurter quelqu'un.
-Tu peux pas faire attention?!
Il releva la tête sur une fille au cheveux rose bien soignés.
-En voilà une jolie fille! Dommage qu'elle aie un caractère de cochon!
-Qu...Qu...Quoi?!, bredouilla la fille.
-Eliza, calme toi, ce n'est rien.
-Ecoute ta copine, Eliza-chérie, je suis rien, mais dans ce cas, toi, qu'est ce que tu es?
-Comment oses tu parler ainsi à ma soeur?!
Daniel sortit de derrière Eliza en brandissant ses poings devant Anthonin qui le regardait avec stupéfaction. Puis soudain, Anthonin se mit a rire aux éclats.
-HaHaHa! Vous devriez vous regardez! Enfants pourris gâtés!, finit t il sur un ton glacial.
Il continua sa marche laissant derrière lui deux frères et sœur complètement fou de rage. Eliza se retourna et voulut lui crier après mais quelqu'un arrivait justement pour s'en charger.
-Qui ose crier ainsi?!
Anthonin qui ne semblait pas surprit, leva la tête et se trouva nez a nez devant la mère supérieure.
-Bonjour madame, fit t il avec une révérence.
-ARRETER DONC UN PEU!
Cet ordre mit tout de suite le brun en rogne. Il se mordit la lèvre inférieure pour se retenir de lui crier après. Pour éviter d'exploser, il commença a repartir mais une main le stoppa.
-Ou comptez vous aller?!
-Anthony! Regarde! Anthonin à des ennuis.
-Tu a raison Candy.
-Houlala, la mère supérieure l'a dans le collimateur.
-On devrait faire quelque chose pour l'aider!
-Mais Candy, on ne peut rien faire , tu risquerais d'avoir une punition, lui rappela Allistair.
-S'il...vous plait...Laissez moi...passer, demanda Anthonin prêt à exploser.
Un goutte de sang coula de sa lèvre jusqu'au menton.
-Pourquoi t'énerves tu ainsi?
-Je ne supporte pas...les pourris gâtés..., susurra t il avec la même voix, prêt a exploser.
Sa respiration devint alors de plus en plus forte et rapide. Et la mère supérieure n'améliora pas les choses en forçant sur sa prise.
-vous allez m'expliquer ca dans mon bureau.
Ne supportant pas la pression et de devoir se contenir, Anthonin donna un bref coup de bras, certes dans l'air, mais il n'était plus sous l'emprise de l'autre.
-Regardez!
Le petit groupe d'Anthony regardait la scène depuis le début. Et là, ils venaient de voir Anthonin presque frapper la mère supérieure et s'enfuir en courant.
-Je vais aller le calmer, j'y arriverai peut être!
-Anthony! Attend!
Candy rejoignit alors Anthony qui dévalait déjà la pente, avec prudence.
Anthonin courait toujours, tout droit, dans les couloirs, jusqu'à arriver devant la chapelle. Il donna plusieurs coup de poings dans les portes closes.
« Pourquoi je me suis énerver? Il faut que je me calme... Calme toi Anthonin...Il faut te calmer... »
Il respira un grand coup et l'image d'Anthony présentant ses amis lui revint. Il avait l'air heureux d'etre ici, entouré de sa famille et ses amis. Tout le contraire d'Anthonin. Celui-ci s'était assis dans un coin les genoux contre le torse et avait enfoui sa tête entre ses jambes tout en se balançant un peu en avant.
« Je veux pas...Je veux pas voir ca...Je déteste toute ma famille...Je n'ai pas d'amis et je n'en veux pas...J'ai mal aussi...Pourquoi ai-je toujours ce sentiment de colère? Je ne suis pas fou. Je suis juste...tout seul...Pour toujours, tout seul... »
Il finit par fermer les yeux et arrêta de réfléchir. Il finit finalement par s'endormir.
Anthony et Candy s'étaient séparés pour pouvoir chercher le fugitif. Heureusement pour lui, Anthony réussit enfin à mettre la main sur lui.
Anthonin était toujours assis dans le coin ou il s'était endormi.
Anthony se rapprocha et réussit avec difficulté a se lever de son siège et de s'asseoir près du brun. Il le secoua un peu.
-Anthonin, réveille-toi. Tu es toujours énervé, peut être? Si tu veux, on peut retourner dans nos chambre pour en discuter.
-Je...Laisse moi.
Le brun releva la tête pour l'appuyer contre le mur. Il respira profondément. Ses yeux commençaient à devenir larmoyants et une larme vint couler le long de sa joue. Anthony sortit un mouchoir et lui essuya cette larme.
-Pourquoi tu pleures?
-Laisse moi...
-Tiens.
Anthony lui tendit son mouchoir, ce que le brun accepta en essuyant ses yeux. Ils restèrent calmes sans rien dire pendant plusieurs minutes quand Anthonin brisa le silence.
-Tu n'aurais pas du descendre de ton fauteuil.
-Je ne me suis pas fait mal, ne t'en fais pas. Et de plus, c'est une invention d'Allistair, il est très pratique.
Sans faire de bruit, Anthonin se leva et attrapa Anthony pour l'aidera se lever et a se rasseoir dans le fauteuil.
-Merci, fit le blond avec un grand sourire. Tu accepterais de venir dans ma chambre pour me parler un peu de toi?
Sans un mot, le brun commença à pousser le fauteuil vers la chambre. Par chance, ils n'avaient pas de cours cette heure-ci.
Pendants ce temps, les autres s'inquiétaient.
-Candy! Alors? Vous l'avez retrouvé?
-Non Annie, mais Anthony est parti voir de son coté.
-Il ne faudrait pas que la mère supérieure les voient a traîner dans les couloirs.
-Oui, d'ailleurs, retournons vite vers nos classes
Anthony s'était assit sur sa chaise, prés du bureau tendis qu'Anthonin s'était allongé sur le lit en essayant de se reposer.
-Tu as l'air très fatigué. Si tu veux, tu peut dormir. Je vais faire mes devoirs.
Anthonin se retourna face au mur pour tenter de dormir sans penser à l'autre qui se trouvait derrière lui. Il ne comprenait pas pourquoi Anthony prenait soin de lui de cette façon, ce qui le poussa à poser la question.
-Pourquoi tu es si gentil avec moi?
-On est amis maintenant, répondit simplement le blond toujours en travaillant.
-Comment tu peux être ami avec une personne comme moi?
-Tu es un garçon comme les autres, pourquoi devrais-je ne pas t'apprécier?
-Un garçon comme les autres... Je suis colérique, stupide, avide et pas mignon du tout.
-Quel est le rapport? De plus, tu es mignon je trouve, pour un garçon.
Il eut alors encore un silence.
-Je viens d'une maison d'arrêt psychiatrique, lâcha t il d'un coup.
Anthony se retourna:
-De quoi parles tu?
-J'ai des problèmes mentaux, par rapport aux émotions, au humeurs et à mes crises de nervosité...et d'autres trucs.
-Mais quel est le rapport avec une maison d'arrêt?
-J'ai tué mon frère, du moins c'est ce que tout le monde pense, hors je n'y suis pour rien.
Anthony ne semblait pas vraiment étonné, il était sûr qu'une chose de ce genre s'était passer, mais c'était la première fois qu'on lui disait une chose pareille.
-Ton...frère...?
-Oui...Je comprendrais si tu refuse de rester avec moi.
Le blond qui semblait quand même un peu troublé se ressaisit.
-Mais...Tu as dit que...tu n'avait rien fait...?continue t il hésitant.
-J'étais petit je devais avoir 10 ans quand ça s'est produit. J'avais fait un caprice pour avoir un jouet, ou quelque chose comme ça. Mon frère de son habitude généreuse s'était proposé d'aller au magasin pour m'en prendre un. Il est sorti de la maison après que je l'ai accompagné devant la grille. Et sous mes yeux, au moment ou il a traversé, une voiture est arrivée en pleine vitesse et a renversée mon frère. Il est tombé dans le coma pendant plusieurs jours et il est mort. Toute la faute est parti sur moi et mon caprice. Mes parents avaient toujours eu une préférence pour lui et me laissaient toujours dans mon coin. J'ai passé un an dans ce cauchemar. C'est là que j'ai commencé a développer des maladies, de l'asthme, des problèmes divers dus à mon comportement qui avait brutalement changé. Un soir j'ai craqué, j'ai frappé mon père et j'ai commencé a tout casser, on m'a ensuite amener dans un hôpital psychiatrique. La suite est sans intérêt.
Anthony avait tout écouté et avait comprit les problèmes de son ami. Il le rejoint alors sur le lit en sautillant sur son pied. Il s'assit prés d'Anthonin qui s'était relevé durant son récit. Puis il le prit dans ses bras.
-Je ne dirai rien. Promis.
Anthonin retourna sa tête et se laissa submerger par les larmes. Il se blottit alors tout contre Anthony qui essayait tant bien que mal de le rassurer en lui caressant les cheveux et en lui murmurant des « chut...calme toi... ».
-Je ne...veux plus...vivre comme ça, dit t il entre ses sanglots. Je veux avoir une famille qui m'accepte, un frère pour me protéger... Anthony...?
-Oui?
-Je te veux toi...
Sur ces mots, il avait crispé ses mains qui entouraient le blond.
-Mais...Anthonin, ça ne te ressemble, ou est ton caractère de dur?
Le blond éloigna légèrement le brun pour pouvoir voir son visage qui avait rougit et qui était recouvert de larmes. Ils se regardèrent droit dans les yeux.
-Je ne dois vraiment pas être mignon en train de pleurer... Je n'ai pas pleuré depuis longtemps...
Sans vraiment savoir pourquoi, leurs deux visages se rapprochèrent et leurs lèvres se frôlèrent. Cela dura quelques micro secondes.
-Je...Excuse-moi...Je...
-Arrête de t'excuser!, lui ordonna Anthony et lui donnant un coup sur la tête. Tu es un battant, non? Alors arrête!
-Mais...Je...
-Tu dis et tu fais des bêtises, imbécile! Tu devrais te reposer.
