Nuvole Bianche
Disclaimer : L'univers et les personnages de Twilight sont à S. Meyer. Le reste (ce qui ne vous dit absolument rien) sort de mon imagination.
Rating : M
Normalement, les fautes d'orthographe ont toutes été éradiquées. Si vous en remarquez, prévenez-moi, merci ! =)
Alors, tout d'abord un petit peu d'explication sur le titre =)
C'est en Italien, et cela signifie « Nuages Blancs » (je ne parle pas du tout italien, je l'ai gardé dans la langue originale parce que je trouvains que ça donnait mieux qu'en français)
La première justification de ce titre est que c'est le titre d'une musique sublime de Ludovico Enaudi (je vous la conseille d'ailleurs vivement) que j'écoute beaucoup en écrivant cette fanfic. (Surtout à partir du chap 9 environ)
Ensuite, parce que « Nuages blancs » se rapproche le plus de l'idée de la mélancolie pour moi. Je ne saurai pas expliquer pourquoi (trop long et non-formulable), mais je pense que ce sentiment a un rôle important dans la fanfic, même si ça ne se ressent pas immédiatement.
Bonne lecture !
Au moment où elle commençait à vraiment s'ennuyer et que sa peur se muait en une sourde plainte, la porte de sa cellule s'ouvrit. Elle sentit tous les poils de ses avant-bras se hérisser en même temps que sa peur quadrupler. Elle se tapit encore un peu plus contre le mur, avec la brève illusion qu'ils ne la voient pas et leva la tête vers la lumière qui apparaissait derrière la porte. Elle se dit qu'une musique d'orgue, bien lugubre, aurait été de circonstance. Puis, semblant se rendre compte de l'inutilité de sa pensée elle secoua la tête et se concentra sur ses visiteurs.
Ils étaient en train de descendre les trois marches qu'elle avait survolées tantôt, sans avoir pris les torches dans le couloir. Ils semblaient s'en accommoder parfaitement et elle devina que ce n'était pas un oubli de leur part. Ils devaient voir dans le noir. Ils étaient deux, l'un semblait…ressemblait plutôt à un vieux parchemin tout fripé, bien qu'il n'ait pas de stries blanches dans ses cheveux foncés. Elle le considéra d'un air curieux. Il semblait fragile tout en ne l'étant pas. Il ressemblait à un gentil grand-père, mais elle savait qu'il représentait une menace sérieuse. Comme ses gentils guides tout à l'heure.
Puis son compagnon passa sous le rai de lumière provenant de la lucarne creusée dans le mur opposé à celui auquel elle était appuyé, et elle faillit oublier de continuer à respirer. Si l'autre fripé dégageait une tranquille assurance, celui-ci était un félin dans le corps d'un homme, décida-t-elle. Elle fut fascinée par la façon de marcher qu'il avait, semblant ne pas toucher le sol, et paraissait plutôt faire corps avec l'air, comme s'il en bougeait le moins de molécules possibles.
Du moins jusqu'à ce qu'il lève la tête et que ses pupilles couleur sang plongèrent dans son regard. Elle fut prise d'une peur sans nom, pas tant par la couleur de ses yeux – les autres qui les avaient enlevés, elle et le reste des touristes les avaient aussi de cette couleur là, mais plus par ce qu'ils dégageaient. Il était dangereux, décida-telle. « Le plus dangereux de ceux que j'ai vu jusque maintenant »
Elle n'osa plus lever la tête et resta tremblante contre le mur alors que les deux hommes s'arrêtèrent à un mètre de ses pieds et la considérèrent avec attention. Si elle avait connu une prière, elle se serait mise à la chuchoter à vive allure, mais elle n'en connaissait aucune. Pour la millième fois elle se demanda ce qu'ils lui voulaient.
Le plus âgé des deux se mit à parler. Il avait une voix à l'image de sa personne, c'est-à-dire fripée et qui pouvait sembler tenue, mais dans l'ombre des cachots, elle résonnait avec force.
- « Ta situation doit te paraître étrange, humaine », mais saches que l'on t'expliquera ta situation sous peu. Mais d'abord, explique-nous comment es-tu arrivée ici, à Volterra ?
Seul le silence lui répondit. La fille trembla encore plus, si c'était possible et claquait faiblement des dents. Pourquoi donc l'avait-il appelé humaine ? Ne se considérait-il donc pas comme tel ? Elle n'avait pas une seconde envisagé qu'ils aient pu être autre chose que des hommes. Laborieusement, elle mit en route son imagination et passa en revue les différentes possibilités. Yeux rouges. Ne supportent pas le soleil. Voient dans le noir. Elle fit tourner les différentes pistes qui s'offraient à elle, quand le plus âgé l'interrompit.
-« Vampires. C'est ce que nous sommes. »
Elle ne réagit pas, mais à en son for intérieur son subconscient lui clamait que ce n'était pas possible. Ils ne semblèrent pas être déconcertés par son mutisme et par ses tremblements, ils avaient vu pire. Le plus âgé des deux regarda son compagnon, et lui fit un signe de tête.
-« Comment es-tu arrivé ici ? » Sa voix résonna comme celle du parcheminé, mais elle était clairement différente.
Elle faillit manquer la question tellement elle fut fascinée par son timbre de voix. Comment faisait-il pour paraître menaçant alors qu'il murmurait et que sa voix coulait sur elle, tombant sur son tympan avec une telle légèreté qu'elle aurait pu se mettre à ronronner?
Elle sursauta presque quand elle remarqua les pupilles sang fixées sur elle, en attente.
« Prudence, prudence, prudence, souviens-toi comment ils t'ont amené ici », se morigéna-t-elle.
Elle baissa les yeux et fouilla dans ses souvenirs. C'est vrai ça comment avait-elle atterrit à Volterra ? Et pourquoi voulaient-ils le savoir ? Elle leur jeta un regard suspicieux par-dessous ses cils, mais n'arriva pas à faire grand effet car sitôt qu'elle eu croisé les pupilles tranquilles du plus jeune elle baissa la tête, intimidée et le rouge aux joues. Il en parut amusé, ce qui l'énerva encore plus. Evidemment, môssieur devait avoir l'habitude avec la belle gueule qu'il trainait avec lui. N'aurait-elle été dans une cellule au fin fond des catacombes de Volturi, seule humaine en compagnie d'un…d'un…de lui (son subconscient luttait toujours contre la possibilité que ça existe), elle se serait surement jetée dans une cour assidue et ridicule pour se faire remarquer (nonobstant le fait que le vieux soit là). Parce qu'en plus de dégager quelque chose de félin (et attention, le bon gros côté félin, bien majestueux, bien force tranquille et tout), il était à se damner (sans mauvais jeux de mots sur la situation).
Plutôt grand (dans la mesure où étant assise par terre, elle estimait qu'il devait faire une tête en plus qu'elle. Peut-être plus.), il avait des cheveux noirs qui défiaient toute loi de gravité (et pourtant sans la moindre trace de gel) et qui étaient juste à la bonne longueur : une mèche tombait devant ses yeux, cachant l'extraordinaire couleur de ses pupilles, jusqu'à ce qu'il lève suffisamment la tête. Ses yeux étaient…et bien, rouges. Elle n'aurait pas pu en dire plus puisqu'une force invisible lui faisait tourner la tête dès qu'elle croisait son regard.
Tout ce qu'elle pouvait dire d'autre c'était qu'il aurait bien mérité un peu plus de soleil (après réflexion elle se dit que c'était stupide, au dernière nouvelle « ils » ne supportaient pas cela…si ?). Dans l'ombre de la cellule, il avait l'air blafard, les ombres jouant sur ses joues, les creusant. Soudain elle pensa qu'on les avait peut-être envoyés là pour les nourrir. Elle les considéra d'un œil nouveau. Non, ils n'avaient pas l'air faibles, du moins à ce qu'elle pu voir qui n'étaient pas caché par du tissu. Ils portaient tout deux une cape noire à large capuche comme ses guides quelques instants plus tôt. Elle ne distinguait pas les habits que le plus âgé portait par-dessous mais le plus jeune portait un pantalon en jeans noir et une chemise qui était peut-être bleue ou grise (elle aurait eu besoin de plus de lumière pour le deviner précisément).
La situation s'imposa tout-à-coup à son esprit, la stoppant dans ses divagations. Sa peur revient soudain (elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle avait disparu) et elle se rappela de ne faire confiance à personne. Dans les films et les livres, les méchants sont toujours fascinants (du moins le pensait-elle) et le plus jeune des deux ne semblait pas déroger à la règle. De plus, il fallait qu'elle sorte d'ici. Et vite, elle ne voulait pas servir de buffet à volonté –elle supposait que c'était la raison de sa présence. Elle avait d'autres projets dans la vie, non mais !
Pleine de résolution, elle leva la tête, prête à faire savoir à son tortionnaire- bon, il n'avait encore rien fait, mais ça ne saurait tarder. Et puis c'était interdit d'être aussi beau ET de se trouver du côté obscur de la force !
Donc elle allait lui (et à l'autre aussi d'ailleurs) faire savoir qu'elle voulait retourner immédiatement à la surface et continuer à s'extasier devant des monuments en ruine et prendre des photos de touristes.
Dans son imagination, elle se dressait de toute sa hauteur (bon, elle aurait peut-être atteint son menton, pas de quoi l'intimider mais au moins lui montrer sa détermination) et aurait planté ses petits yeux marrons-verts-ça-dépend-de-la-lumière (d'ailleurs on reviendra sur l'extraordinaire couleur de ses yeux plus tard) et lui dire avec force et sagesse, qu'elle voulait rentrer à son hôtel et qu'elle en avait ma claque de cette cellule et d' « eux » et que promis-juré elle n'en parlerait jamais (de toute façon si elle en parlait à quiconque, elle avait de grande chance de se retrouver dans une chambre capitonnée, ce à quoi elle ne tenait pas particulièrement).
Oui, mais voila, elle avait oublié devant qui elle se tenait (le félin aux yeux rouge, à la force tranquille et à la belle gueule au cas où vous n'auriez pas suivi).
Donc, elle se mit à genoux, eut la mauvaise idée de le regarder avant d'être entièrement debout, vit son sourcil droit se lever de quelque millimètre, montrant ainsi son scepticisme quant à sa rébellion, ce qui la bloqua dans une position ridicule.
Alors qu'elle allait parler (elle allait surement trouver un truc à dire), sa voix chantante –à lui, hein- rompit le silence.
-« Je te demandais, comment es-tu arrivée à Volterra ? »
Seul un gargouillement retentit dans le silence qui suivit.
Argh. Le félidé savait quand achever sa petite proie. Elle avait oublié dans son constat la voix de son bourreau. « Ça devrait être interdit » pensa-t-elle rapidement, avant de se souvenir qu'elle mourrait de peur et qu'elle ne voulait plus voir ni entendre cette horreur. Elle imposa le mot à son subconscient et à ses hormones. Elle devait, pour sa survie faire abstraction de ce qu'il y avait en face d'elle. Il ne lui vint pas à l'esprit que les deux hommes en face d'elle avaient toutes les armes pour subjuguer leurs proies, et les mettre en situation de faiblesse.
Dans l'immédiat, elle se devait de répondre à sa question, sinon il allait vraiment la prendre pour une de ces filles au cerveau de la taille et de la consistance d'une moule. Ce qu'elle n'était pas.
Elle lui jeta un timide coup d'œil. Ouep, bah c'était pas gagné.
-« Et bien », elle s'éclaircit la voix pour éviter d'avoir l'air de ne pas avoir parlé depuis trois ans, « en fait, un taxi qui me reconduisait à mon hôtel hier, je venais d'aller visiter les ruines de Nuterra, ce qui valait le coup d'ailleurs, parce qu'il n'y a pas que des vieilles pierres là-bas, il y a vraiment une âme… »
L'homme lui faisant face lui jeta un drôle de regard puis regarda le plus âgé. Elle s'interrompit et se dit qu'ils ne voulaient peut-être pas tout savoir de son tour touristique.
-« Ce taximan m'a parlé de Volturi et comme je n'avais rien prévu pour aujourd'hui j'ai accepté qu'il me conduise ici », résuma-t-elle rapidement. « D'ailleurs il doit me reprendre dans… » –elle s'interrompit pour regarder sa montre, mais y renonçât car il n'y avait pas assez de lumière-« …dans pas longtemps. Il appellera surement la police si je ne reviens pas. »
Bon. Au moins elle aura essayé, même si sa menace lui sembla puérile. D'autant plus que Mr Félin la considérait d'un regard de plus en plus amusé. Elle décidé de se concentrer sur l'autre, qui semblait bien plus mature et prêt à l'écouter. Mais alors qu'elle allait reprendre sa plaidoirie larmoyante, il leva la main.
-« Nânntitzô »
Et bien voila, il déraillait. Elle l'avait vu dès l'instant où il était rentré que c'était sans espoir pour lui (bon, elle il l'avait moins impressionné que Magnifia Felinidae, mais elle avait pris le temps de lui jeter un coup d'œil). Ou bien c'était peut-être un ordre en italien qui voulait dire « à table » ? Des dizaines de milliers d' « eux » allaient se jeter sur elle et videraient son sang en quelques microsecondes. Elle ferma les yeux, résolue au pire.
« Mais, mais non, ça ne peut pas se terminer comme ça », décida-t-elle, elle était trop jeune pour mourir, avait encore des dizaines de photos touristiques à faire. Elle ne pouvait pas laisser les innocents petits films vierges dans le tiroir de sa table de nuit orphelins ! Ils se devaient d'imprimer au creux de leurs mémoires les couchers de soleil, ruines, et autres merveilles. Non, elle allait se lever, courir vers la porte et…elle aviserait une fois de l'autre côté de la cellule.
Mais avant qu'elle ne puisse esquisser un seul geste, le vieux -elle n'avait pas de respect pour les kidnappeurs- fit demi-tour, et le félin fit un pas vers elle. Bon, finalement elle n'allait servir de repas qu'à un seul d'entre eux. Ce n'était pas le plus moche se consola-t-elle. Mais ce n'était pas ça qui allait l'empêcher de trembler.
-« Mets ça et suis-moi »
La voix avait à nouveau résonné dans la cellule. Elle était tellement étonnée de ne pas mourir là tout de suite qu'elle lui jeta un regard ahuri, oubliant que ce faisant elle allait rencontrer les yeux de braises. Mais de rencontre visuelle il n'y eut pas, car il avait déjà fait demi-tour et disparaissait derrière la porte, sans même prendre le temps de vérifier si elle suivait ses ordres. Elle se leva en vitesse, enroula la couverture qu'il lui avait envoyée –jetée aurait mieux convenu - autour d'elle (en évitant de trop mettre son nez dedans, elle ne voulait pas savoir à quoi elle avait déjà servi), et se dépêcha de le suivre, essayant de rester debout sur ses jambes tremblantes.
