2 Le cauchemar persiste.

Lucius entra dans la chambre d'Harry et vit sa femme passer une crème rose sur le torse du jeune homme, probablement pour ressouder les côtes. Harry souffrait Narcissa le voyait bien, doucement la femme de Lucius vit les os se remettre en place. Severus referma les diverses plaies sur le visage du jeune homme et le recouvra entièrement d'un drap.

- Laissons-le dormir, souligna Snape. Quelques jours de repos et il ira mieux.

- Tu as raison, Severus, en attendant je vais voir Draco, dit une Narcissa en colère et bien remontée. J'ai deux mots à lui dire sur sa conduite, je suis déçu de son comportement immature, ce n'est pas ainsi que nous l'avons élevé.

-Il n'est plus là, Sissy, je l'ai envoyé chez Rufus pour un mois. Il est temps qu'il comprenne la discipline et être reconnaissant de ce qu'on lui donne.

-Tu veux dire, Lucius, que tu as envoyé ton fils chez ton oncle Rufus ? Celui qui vit depuis peu avec un homme ? Alors là chéri tu prends des risques. Draco va s'arracher les cheveux et t'en vouloir par la même occasion.

-Aucune importance, Narcissa, ton fils n'a eu que ce qu'il méritait.

-Au moins je serais plus tranquille si Draco ne traîne pas dans le manoir, dit Severus soulagé.

-Oh Sev ! Je t'ai fait préparer une chambre à côté de celle d'Harry.

-Merci Narcissa, aussitôt qu'il ira mieux je le ramènerai chez lui.

Quatre jours plus tard Harry se réveilla en pleine nuit, il entendit un léger bruit dans la chambre. Severus se serait-il endormi dans le fauteuil ? Il avança sa main pour attraper ses lunettes quand il sentit une poigne puissante le plaquer contre le matelas et le retourner sur le ventre sans effort.

L'inconnu lui jeta un sort d'entrave efficace, plus moyen de bouger, le Gryffondor ne put se retourner pour voir son agresseur, le jeune homme en mauvaise posture paniqua.

-Tu as peur Potter ? Demanda une voix que Harry reconnut aussitôt. Hé bien tu as raison ! Je vais te faire subir ce que tu m'as fait il y a deux ans. J'ai attendu cette vengeance depuis tellement longtemps, tu ne peux pas savoir !

-Mais de quoi tu parles ? S'inquiéta le brun. Je ne t'ai rien fait il y a deux ans, t'es malade !

Draco arracha le drap et le bas de pyjama du survivant et s'assit à califourchon sur ses fesses.

Le jeune survivant entendit Draco déboutonner son pantalon.

-Ne fait pas ça, Draco, je t'en supplie ne fait pas ça ! Un jour tu le regretteras.

-En attendant ce jour n'est pas arrivé, Potter, mais tu peux continuer de me supplier, allez vas-y implore-moi, demande pardon, le balafré !

-Dégage de là, Malfoy, putain lâche-moi ! Je ne t'ai jamais rien fait. Je t'ai juste sauvé la vie, est-ce cela que tu me reproches ?

Draco ne répondit pas et s'enfonça d'un puissant coup de rein dans le corps du survivant. Celui-ci ne dit plus rien, pas question de crier ou de supplier. Quelques larmes tombèrent sur l'oreiller et le jeune homme vaincu endura l'assaut de Draco, complètement anéanti.

-Crie Potter ! Hurle, pleure, dit le blond en besognant plus durement Harry.

Le jeune homme brun ne dit rien, il se laissa faire impuissant, pas un son ne sortit de sa bouche. Le blond fou de rage prit sa baguette et la plaça sur le dos du brun. Dans une incantation il fit apparaître sur la peau un cœur brisé. Harry se mordit la langue sous la douleur, cependant celle-ci ne dura pas longtemps.

Par Merlin ! Pensa Harry qui en aurait pleuré de honte. Il est en train de me prendre et j'éprouve du plaisir à cet acte, il a raison je ne suis pas normal. Il ne faut pas qu'il s'en rende compte, se reprit-il. Tout mais pas ça !

Malheureusement pour lui Draco était perfide, il avait senti un changement en Harry. Le blond passa sa main sous le corps du jeune homme sous lui et caressa le membre dressé et gonflé.

-Alors Potter, souffla le blond à son oreille. Tu aimes ça qu'on te prenne comme un pédé que tu es ? Tu te retiens je le sens. Tu veux que je t'aide ? Oh tu ne veux pas répondre, tu sais ce qu'on dit : Qui ne dit mot consent. Alors je vais prendre ton absence de réponse pour un oui, ma petite pute.

Draco souleva légèrement le petit brun et imprima un va-et-vient énergique sur le sexe du jeune homme entravé. Pendant que le blond se libérait dans Harry avec délectation à coups de reins vigoureux, Harry éjacula entre les doigts du Serpentard souillant les draps par la même occasion. Le jeune homme blond se retira lentement puis il essuya sa main sur Harry avant de se lever et de se rajuster.

-Je t'ai rendu la monnaie de ta pièce, Potter, maintenant nous sommes quittes. Ah ! autre chose, pas la peine de me rechercher je sais bien que Severus est capable de me tuer pour ça. Salue bien mes parents pour moi.

Harry ne répondit toujours pas, à quoi bon le mal était fait. Le Serpentard s'en alla après avoir retiré le sort de silence, laissant Harry entravé et nu sur le lit.

Le matin Severus entra dans la chambre et rugit une injure que les Malfoy entendirent, ce qui les fit accourir dans la pièce. Narcissa posa une main sur sa bouche retenant un cri et Lucius poussa un juron bien senti.

Le jeune homme se réveilla et lança à Severus un regard suppliant. L'homme en noir compris la requête et demanda à Lucius et Narcissa de sortir de la pièce.

-Mais, dit Narcissa. Je veux t'aider, Sev.

-Nous sortons, Severus, viens chérie, je pense que Harry a besoin d'intimité.

-Oh ! Je… bien sûr je suis désolée.

Une fois les Malfoy sortis, Severus libéra le jeune homme du sort d'entrave et le recouvrit dans un geste douloureux.

-Harry, que c'est-il passé ? Dis-le-moi je t'en prie parle, Harry ?

-Je…heu j'ai, Draco.

-Quoi ! Draco était ici ? invectiva le maître des potions.

-Sev, ne hurle pas, s'il te plaît arrête.

-Pardon mon ami, pardon.

-Il a abusé de moi, Sev, il a gravé une marque sur mon dos, dis-moi ce que c'est ! S'enquit le jeune homme suppliant.

-Un cœur brisé, Harry, tu veux que je l'efface ?

-Non pas la peine c'est ce que je ressens, il a raison, je suis brisé. Il a dit que je lui avais fait quelque chose il y a deux ans, je ne sais pas de quoi il parlait, Sev. Draco est venu pour se venger, mais de quoi ? Je veux rentrer chez moi, tout de suite, ramène-moi je t'en supplie !

Le maître des potions fit venir des vêtements propres puis il aida Harry à s'habiller en prenant soin de ne pas le faire souffrir davantage. En le soutenant ils se rendirent dans le salon blanc et prirent le réseau de la cheminée pour se rendre chez Harry. Ils n'avaient croisé personne, les Malfoy avaient fait preuve de discrétion. Le petit brun se coucha tout habillé dans son lit, il aurait voulu prendre une douche mais même ça il n'en eut pas le courage. Trop fatigué, plus tard, oui plus tard. Severus le recouvrit et repartit chez les Malfoy.

-Alors ? Demanda Lucius, comment va-t-il ?

-Mal, tu t'en doutes !

-Que c'est-il passé, Severus ?

-Draco est venu cette nuit, jamais je n'ai voulu cela Lucius, il lui a dit qu'il était venu pour se venger. Harry ne méritait pas ça.

-Ca quoi, Severus ? Parle par Merlin !

-Ton fils a violé et marqué Harry sur le dos.

-Ce n'est pas possible, souffla Narcissa anéantie par la nouvelle. Il n'a pas fait un geste aussi abjecte ?

-Oui il l'a fait, j'ai ramené Harry chez lui sur sa demande.

L'homme blond se demanda ce qui avait bien pu se passer dans la tête de Draco.

-Est-ce que Harry a dit quelque chose ?

-Oui, il a dit que Draco était venu pour une vengeance. Ton fils a dit qu'il attendait depuis deux ans ce moment, Lucius.

Trois semaines plus tard Harry était toujours dans le même état. il ne sortait pas de son lit et ne mangeait rien du tout. Severus le gavait de potions régénératrices pour lui faire tenir le coup. De plus pour ne rien arranger le jeune homme vomissait depuis deux matins. Est-ce qu'il aurait attrapé un microbe ? S'interrogea le professeur.

Ce matin là Lucius Malfoy attendait sa femme près de la cheminée, la canne à la main, bien décidé à secouer le survivant de son apathie.

-Lucius mon ami que faites-vous là ? Je croyais que vous rendiez visite à l'une de vos sociétés ?

-Non, Narcissa, vos allées et venues dans cette cheminée mettent mes nerfs à rude épreuve. Ce n'est pas en le couvant comme une mère poule que Severus et vous allez réussir à le sortir de sa dépression. Ce qu'il lui faut c'est quelqu'un qui le fasse réagir.

-Quelqu'un comme vous, Lucius ?

-Parfaitement, comme moi, c'est pourquoi je me rends là-bas, il faut prendre les choses en main.

Severus entendit Narcissa entrer dans la chambre d'Harry, elle venait tous les matins et les après-midi. Là le maître des potions fut surpris de voir Lucius avec sa femme.

-Bonjour, Lucius.

-Bonjour, Severus, toujours pas de changement ?

L'homme blond n'eut pas sitôt fini sa phrase qu'il vit Harry se lever difficilement, celui-ci était aux prises avec une nausée. La main sur la bouche il partit en titubant vers la salle d'eau. Le professeur de potions décida d'en avoir le cœur net, il attendit patiemment que Harry se rallonge et passa sur lui sa baguette en vue d'un diagnostic. Abasourdi l'homme en noir pensa que décidément rien ne serait épargné au survivant.

-Alors, Severus, quel est le résultat ?

-Je vous préviens cela ne va pas vous plaire !

-Dis toujours, nous jugerons par nous-mêmes.

-Harry est enceint, vous allez être grands-parents. Je paris que vous ne vous attendiez pas à ça ?

-Oh ! par Merlin, souffla Narcissa.

-Dans ce cas raison de plus pour le secouer, dit un Lucius profondément peiné pour le jeune homme.

Dans le brouillard qu'il n'avait pas envie de quitter, Harry entendit le mot grands-parents et enceint. Oh non ! Il ne manquait plus que ça. Mais qu'avait-il fait pour mériter ça ?

-Jeune homme ! Gronda un Lucius impérieux. Je serais extrêmement déçu et fâché si demain je vous trouvais encore dans votre lit. Il est temps pour vous de décider de ce que vous voulez faire de votre vie. Relevez la tête bon sang ! Vous tenez vraiment à faire voir à Draco qu'il a gagné la partie ? Ne voulez-vous pas lui faire voir que vous êtes un battant ? Ne me décevez pas, Harry, je vous tiens en haute estime croyez-le bien.

Severus et Narcissa en restèrent pantois, jamais Lucius Malfoy ne laissait ses sentiments prendre le dessus.

-Partons chérie, nous reviendrons demain matin en espérant qu'il y aura du changement, bonsoir Severus !

Le matin suivant les deux Malfoy sortirent de la cheminée d'Harry plein d'espoir. En entrant dans la chambre ils aperçurent le lit vide et paniquèrent légèrement. Severus entra à leur suite et leur indiqua, pour les rassurer, que le jeune homme prenait une douche.

-Allons boire un bon thé à la cuisine, proposa le maître des potions. Harry nous y rejoindra. Je lui ai donné une potion revigorante il a retrouvé un peu de vigueur.

Le jeune homme les rejoignit peu après, il s'assit lourdement sur une chaise, salua les Malfoy et se servit un bol de thé. Au bout d'un moment il regarda autour de lui.

-Tu cherches quelque chose, Harry ?

-Oui Sev, il n'y a pas de la glace à la banane ?

-Quoi de la glace ! le matin ? à la banane.

-Ben oui j'ai envie de glace subitement.

-Mais il n'y en a pas ici, j'irai t'en acheter tout à l'heure, d'accord ?

Lucius claqua la langue d'agacement.

- Si Harry veut de la glace à la banane alors il aura de la glace à la banane, décida Lucius.

D'un claquement de doigt l'homme fit venir un de ses elfes de maison et lui ordonna d'aller à Pré-au-lard acheter de la glace à la banane. Le survivant sourit, finalement il allait l'avoir sa glace.

-Bien, discutons, Harry, commença le Serpentard blond. Tout d'abord laisse-moi te dire que je suis heureux de te voir debout. Ensuite, j'aimerai savoir ce que tu as décidé de faire ?

-Ce que je veux faire de quoi ? Monsieur Malfoy.

-Ce que Lucius essaie de te demander, Harry, c'est savoir ce que tu as décidé de faire pour l'enfant ?

-Je crois que la question ne se pose pas, je le garde bien sûr.

-Réfléchit bien, dit Severus Snape. Tu as dix-huit ans, tu es jeune encore pour t'occuper d'un bébé.

-C'est tout réfléchi, ce bébé n'a rien demandé ! Je vais arrêter ma formation d'auror et trouver un travail plus tranquille.

-Très bien, approuva l'homme blond. Je vois que tu as pris ta décision, si tu as besoin de quoi que se soit tu m'en informes.

-Vous ne me devez rien, et vous savez très bien que je ne profiterai pas de votre générosité, ce n'est pas dans ma nature. Je veux m'en sortir par moi même.

-Harry, vous n'allez pas nous écarter de votre vie ?

-Quoi ! Mais non, quelle idée Narcissa, vous êtes toujours les bienvenus dans cette maison.

-Oh ! Pendant un instant j'ai cru que vous ne vouliez plus nous voir, Lucius et moi.

-Ce n'est pas ce que j'ai dit, j'ai ma fierté. Même si j'en ai perdu beaucoup ces jours-ci, il m'en reste encore un peu. Je veux y arriver seul, je le dois pour moi et pour l'enfant qui arrive. Mais je ne vous empêche pas de me porter un pot de glace de temps en temps. Celui que Tapia m'a ramené et la meilleure que j'ai jamais mangé.

-Demain, dit Lucius, je vais rendre visite à Dumbledore. Le vieux fou sait quelque chose, j'en suis sûr. Je veux qu'il me dise ce qu'il s'est passé il y a deux ans, et foi de Malfoy il va parler !

-Harry et moi on t'accompagnera à Poudlard, nous aussi on est curieux de savoir la vérité. A trois on aura plus de poids face à Albus.

-Je suis d'accord, Severus, bien il est temps de se quitter, des affaires m'attendent. Soyez à neuf heures précise au manoir.

Les Malfoy repartirent l'esprit un peu plus tranquille quand à la santé de Harry. Mais le jeune homme allait-il savoir faire face à tous ses changements dans sa vie ?