« Je suis désolé, mon garçon. » Je sais que je vais devoir lui briser le cœur. « Mais tu ne peux pas rester à Poudlard pendant l'été. Tu ne peux pas non plus aller chez tes amis. Tu dois rentrer chez toi. »
Des yeux verts me regardent avec désespoir. Est-ce que rentrer chez lui est vraiment si horrible ? Je sais qu'il vit dans un orphelinat, mais vit-il vraiment si mal là-bas ?
Je le regarde et je m'interroge. Devrais-je lui dire ?
« Mais... »
Une étincelle d'espoir brûle dans ses yeux. Et soudain, c'est comme si tout s'arrêtait, sauf lui et moi. C'est comme si l'univers retenait son souffle, comme si le destin du monde dépendait de ce que j'allais dire.
Ne sois pas stupide ! Comment le monde pourrait-il dépendre d'un seul garçon, ce garçon, et de l'endroit où il passe les vacances d'été ?
Mais tout de même...
Je le regarde attentivement.
Est-ce que je devrais le faire ? Est-ce que je devrais le dire, lui faire l'offre ?
C'est un garçon gentil, un bon garçon. Il mérite tellement plus que ce qu'il a. Il mérite plus qu'un orphelinat. Il mérite d'être heureux, d'être aimé.
Je ne suis pas sûr de pouvoir lui apporter ça, mais je dois essayer.
Mais le règlement de l'école est clair. Les élèves n'ont pas le droit de rester à 'école durant l'été ou d'aller chez des amis. Les élèves doivent soit rentrer chez eux, soit partir avec des membres de leur famille, soit...
Je le regarde par-dessus mes lunettes en demi-lune. Ses yeux sont pleins d'espoir, de désir, et d'une autre émotion indéfinissable. Ces orbes brillantes montent et puis retombent comme l'océan dont elles partagent la couleur.
« I une autre possibilité. » Il se fige, comme s'il avait peur que le moindre mouvement détruise ce que je suis sur le point de dire. « Les élèves avec un tuteur légal, sorcier ou Moldu... et bien, tu vois... » J'hésite, ne sachant toujours pas trop quoi dire, mes ces yeux qui me regardent fixement me poussent à continuer. « Les élèves comme toi peuvent passer les vacances avec un des professeurs de l'école. »
Un air de complète confusion traverse son visage comme s'il ne croyait pas vraiment ce qu'il vient d'entendre.
« Vraiment ? », demande-t-il doucement.
Je me contente de sourire et j'acquiesce.
L'espoir est toujours là dans ses yeux, mais il disparaît doucement. Il baisse la tête et fixe le plancher.
« Mais qui ? » se murmure-t-il à lui-même. « Qui me prendrait avec lui ? Qui voudrait de moi ? »
Je le contemple et prends une décision qui, je le sais, changera au moins une vie.
Je contourne mon bureau et me poste devant lui. Je luis soulève doucement le menton pour le regarder dans les yeux.
« Moi. »
