Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Bonjour,

certaines me connaissent, d'autres pas. Ce qui est sûr, c'est que je me lance dans une aventure que je connais pas encore.

Je poste le premier chapitre de ma première fic avec une légère boule au ventre – à la fois d'émotion et d'appréhension.

Tout ce que je souhaite, c'est qu'elle vous procure autant de plaisir à la lecture qu'elle m'en a apporté à l'écriture.

Un grand grand merci à Ptiteaurel pour ses corrections, ses coups de pied aux fesses et ses encouragements (je t'en ai vraiment fait voir des vertes et des pas mûres avec mes énormes fautes et mes doutes), ainsi qu'à Nicolisandra et Lilipucia pour leurs relectures et leurs compliments. (Ce qui est rassurant, c'est qu'elles ont toutes les trois testé et approuvé ! )

Voilà, voilà... hum, et bien... bonne lecture !

– Bonjour Mme Brooke, souris-je en entrant dans la salle d'attente. Je vous en prie entrez, je vous rejoins dans quelques instants.

– Bonjour Bella.

Au son de ma voix et aux mouvements de sa maîtresse, le magnifique Bobtail s'est redressé et mis en ''position de combat'' : bien en appui sur ses pattes arrière, les pattes avant tendues devant lui. Heureusement, la distance qui les séparent du cabinet est relativement courte. La pauvre petite – et pas toute jeune – Mme Brooke n'aurait pas pu aller beaucoup plus loin, bataillant avec son chien qui tente d'empêcher leur progression en freinant des quatre fers.

Après les avoir laissés passer tous les deux, je me dirige vers le comptoir.

– Tu peux y aller Angela, tu auras le temps de te préparer pour ton entretien, intimé-je à voix basse à mon assistante qui me tend le dossier de Jumbo.

Future ex-assistante...

– Tu es sure ? Les consultations libres vont commencer et...

– Vu le nombre de clients que l'on a en ce moment, je pense pouvoir gérer, ironisé-je.

Je n'ai pas besoin de la regarder pour savoir quelle expression se lit sur son visage. Elle porte depuis presque six mois maintenant ce mélange d'affliction, de compassion et d'inquiétude qui déforme ses jolis traits et assombrit ses grands yeux bruns.

Je lève finalement les yeux vers elle et lui adresse un léger sourire, puis lui fais comprendre que la discussion est close. Qu'elle rentre chez elle et assure son avenir professionnel.

– Entendu, répond-elle. Mais si tu as du monde, préviens-moi.

– Bon après-midi Angela. N'oublie pas de m'appeler pour me raconter comment ça s'est passé.

Elle soupire. Elle sait que je ne la rappellerai pas. Non pas parce que je suis têtue. Mais parce qu'il y a peu de chance pour que je sois débordée : l'annonce, il y a plusieurs semaines, de la création d'un gigantesque centre commercial en centre-ville a fortement ralenti notre activité.

Le combat fait encore rage dans le cabinet quand j'y fais mon entrée. Mrs Brooke aurait dû prendre un Yorkshire.

– Alors mon Jumbo, tu n'es pas content de me voir ?

J'installe le grand chien sur la table d'examen et continue, coûte que coûte, à exercer mon métier.

oOo

Foutue conscience professionnelle...

Je devrais laisser tomber et m'en aller au lieu d'attendre bêtement l'heure de la fermeture. D'autant plus que ça ne changera rien.

Encore une demi-heure... et ça fait plus de deux heures que je n'ai vu ni quadrupède, ni reptile, ni bipède.

J'essaie de tromper l'ennui en faisant du lèche-vitrine en ligne, mais visiblement, l'ennui est coriace, il ne se laisse pas facilement duper.

Je devrais rentrer chez moi... et faire quoi ? Du lèche-vitrine en ligne. Je suis certaine que je ne trouverais pas ce petit gilet à pois plus joli depuis mon canapé...

19h40, je désinfecte lentement la table d'examen.

19h42, je passe méticuleusement la serpillière dans la salle d'attente.

19h49, j'éteins consciencieusement l'ordinateur – en passant par le menu prévu à cet effet, et non en appuyant simplement sur le bouton marche/arrêt, comme à mon habitude.

19h50, je vérifie inutilement que toutes les lumières sont éteintes.

19h52, je rassemble précieusement mes effets personnels – téléphone portable, clés de voiture, lunettes de soleil.

19h55, je me dirige nonchalamment vers la porte vitrée du cabinet pour la verrouiller de l'intérieur.

19h56, j'introduis délicatement la clé dans la serrure.

19h56 et ½, j'oublie subitement comment respirer : face à moi se trouve le type le plus sexy que j'ai jamais vu.

– Merde, vous fermez ?

J'ai dû faire une sorte de malaise, parce que je l'entends comme dans un brouillard.

Ou alors c'est parce qu'il se trouve de l'autre côté de la porte.

Ah oui, c'est plutôt ça !

Il continue de me fixer de ses yeux verts contrariés alors que je reprends lentement mes esprits. Je cligne des paupières, ferme la bouche après m'être passé la langue sur mes lèvres sèches, tourne la clé et entrouvre la porte.

Lorsque mon regard détaille intégralement sa magnifique personne, je remarque la boîte à chaussures percée qu'il tient sous l'un de ses bras, l'autre étant directement relié à celui d'une petite fille aux boucles blondes qui semble me supplier de ces deux billes bleues foncées.

Il répète :

– Est-ce que vous fermez ?

J'aimerais pouvoir répondre ''oui, désolée'', mais...

Foutue conscience professionnelle...

oOo

J'ai toujours été fascinée par les cœurs qui battent, le sang qui circule dans les veines, le mouvement des muscles. Malheureusement, je n'ai jamaiseu ni le niveau, ni les moyens d'entreprendre des études de médecine. A l'âge de dix ans, alors que je passais la nuit chez elle, la lapine noire et blanche de ma Best Friend Forever de l'époque, Anna Mayfield, a donné naissance à sept minuscules boudins imberbes. On aurait dit des nems avec leur couleur beige et leurs yeux fermés. Anna les trouvait dégoûtants, moi je suis restée scotchée aux barreaux de la cage pendant des heures entières durant des semaines, à les regarder se développer, évoluer. C'était réglé. Plus tard, j'allais devenir vétérinaire.

– Alors petite chose ! Viens voir par là.

Je sors délicatement le chaton roux de son abri en carton et pose ma main sous son postérieur, comme on le fait avec un bébé. Il me regarde, les pattes écartées, les oreilles bien dressées, poussant de légers miaulements aigus.

– Il est vraiment très jeune, fais-je remarquer.

– C'est ce que je craignais, grimace le beau brun. Il est venu trouver Emmy dans le jardin de ma mère.

Mais quelle voix...

Il caresse affectueusement la tête de la petite fille – qui doit être Emmy si j'ai bien tout suivi – restée agrippée à sa cuisse depuis qu'il lui a lâché la main. Elle s'adresse quand même timidement à moi.

– Maman a dit qu'elle ne voulait pas de puces dans son canapé.

Il rit doucement, dévoilant une parfaite dentition blanche.

Magnifique... et visiblement pris.

– Ce fut une lutte acharnée, mais elle a accepté qu'Emmy garde le chat, à condition qu'il ne soit pas porteur de maladies ou de parasites.

Tu parles, il a suffit qu'il lui sourit comme il le fait maintenant, et que la gamine lui serve le même regard que celui auquel j'ai eu droit devant la porte et je suis sure que l'affaire était pliée...

Je reporte mon attention sur le chaton pour approfondir mon examen. Et surtout, j'essaie de rester concentrée. J'essaie vraiment, mais je sens peser sur moi son regard à chacun de mes mouvements. Ma gorge est sèche, ma peau est chaude, mes gestes sont moins assurés. Il me met mal à l'aise.

Je contourne la table d'examen pour me saisir de l'otoscope. Je fonce droit vers lui, il ne bouge pas. Je le frôle, il garde ses appuis. Peut-être même se penche-t-il légèrement en avant, affirmant un peu plus notre contact. Son corps est ferme et il dégage une chaleur alléchante, comme les rayons du soleil d'un mois de Mars qui réchauffent vos cuisses au travers d'une baie vitrée.

Le chat Bella, le chat...

Tant bien que mal, je finis par avoir une idée de l'état général du chaton. Je déglutis et tente de me recomposer avant de relever les yeux vers celui qui me torture depuis une petite vingtaine de minutes.

– Cette demoiselle n'est pas en très bonne santé. Elle n'a pas d'infection ni de parasites, mais elle est sous-alimentée et je pense qu'elle n'est pas sevrée. Vous n'avez aucune idée de l'endroit où peut se trouver sa famille ? Un chaton de cet âge s'éloigne rarement de la nichée.

Il jette rapidement un œil inquiet vers Emmy avant de se pencher vers moi. Son odeur m'enveloppe et son souffle caresse mon oreille.

– Tout à l'heure, après l'avoir trouvée, j'ai fait le tour de la propriété, chuchote-t-il. J'ai trouvé trois chatons morts derrière l'abri de jardin. Il y a quelques jours, ma mère a ramassé le corps d'un chat écrasé devant chez elle. J'ai bien peur qu'elle ne soit orpheline.

Ce qu'il me raconte est une épouvantable histoire, mais sa proximité me donne presque envie de gémir. Bon sang ! Il est papa. Et dans son discours, rien ne laisse à penser qu'il soit séparé de la mère d'Emmy.

Je m'éloigne d'un pas, espérant que son emprise sur moi diminue.

– Alors, on peut le ramener à la maison ? Questionne la petite fille.

Son regard oscille entre nous deux, les sourcils légèrement froncés. Est-ce qu'un enfant de son âge peut sentir la tension sexuelle entre deux personnes ? Ou du moins celle qui semble s'échapper par tous les pores de ma peau.

Son interruption est bienvenue, la vétérinaire en moi en profite pour reprendre le dessus.

– J'aimerais la garder quelques jours, pour la surveiller et la remettre sur pieds. Mais si vous souhaitez l'adopter, il faudra l'emmener vers le sevrage. La nourrir au biberon quatre fois par jour et l'aider à passer à la nourriture solide. Est-ce que vous êtes régulièrement à la maison pour pouvoir vous en charger ? Ou un autre adulte peut-être ?

Quoi ? Ça coûte rien de se renseigner discrètement...

– Hum, c'est comme s'occuper d'un bébé en quelque sorte?

– C'est un bébé !

Il rit à ma remarque. Et je succombe un peu plus malgré moi.

– Ok, quand pourra-t-on la récupérer ?

– Sans doute d'ici une à deux semaines.

Je vois les yeux d'Emmy s'humidifier. Elle s'imaginait sûrement déjà repartir avec son nouveau compagnon. Je m'abaisse à son niveau et caresse la tête du petit chat qu'elle tient maintenant entre ses bras.

– Tu peux venir la voir quand tu veux tant qu'elle restera ici. Et puis je vais bien m'en occuper tu sais. Ça te laissera le temps d'aller lui choisir un panier, une gamelle. De lui préparer sa nouvelle maison.

Elle hoche la tête, et même si elle garde son air tristounet, j'ai l'impression qu'on va échapper au caprice.

Quand je me relève, il est juste derrière moi et je sursaute au soin de sa voix.

– Il faut aussi que tu lui trouves un prénom.

– Simba, lance-t-elle tout de go.

Nous rions à l'unisson, peut-être pas pour la même raison.

– Emmy, c'est une fille. Comment s'appelle la copine de Simba ? Tu t'en souviens ?

Nala...

Son doux rire me chatouille les oreilles alors qu'il chuchote :

– Je vois qu'Emmy n'est pas la seule fan du Roi Lion dans cette pièce.

Et je comprends que j'ai parlé tout haut. Et moi qui pensais que je ne pourrais pas plus me ridiculiser face à lui, j'en viens à dévoiler ma passion pour les dessins animés animaliers. Je suis sans aucun doute rouge de honte.

– Je te laisse encore la câliner pendant quelques minutes d'accord ? Bafouillé-je à l'intention d'Emmy.

Il faut que je mette fin à ce massacre le plus vite possible.

A nouveau, il ne bouge pas quand je me dirige vers le bureau, si bien que je le frôle encore une fois.

– Quel est votre nom, soupiré-je. Hum, me repris-je, j'ai besoin d'un nom pour le dossier.

Il continue de sourire alors que je m'enfonce, et ce comportement commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Je ne suis pas une midinette qu'on s'amuse à déstabiliser pour le plaisir, sous prétexte qu'on est sexy. Okay, super sexy... Mais c'est un client, qui plus est avec une petite fille et bientôt un petit chat. Je prends mentalement une grande inspiration et remplis la fiche d'identité sans plus sourciller.

J'apprends donc qu'il se nomme Edward Cullen, habite dans les beaux quartiers et ne possède pas d'autres animaux de compagnie. Rien de très croustillant, mais ce sont les seules informations que je peux glaner en toute innocence.

A moins que...

– Y a-t-il une autre personne à contacter, si jamais je n'arrivais pas à vous joindre? Hum, Emmy a parlé de sa maman tout à l'heure ?

Je n'ose même pas le regarder... c'est puéril, tordu et immoral. Tu parles d'une conscience professionnelle. Je sens mes joues s'empourprer au sentiment de culpabilité qui me submerge à cet instant.

– Euh, oui, elle s'appelle Rosalie. Rosalie Cullen.

Je relève brusquement la tête à la similitude du nom de famille. Son expression à lui est complètement impassible, hormis un léger froncement des sourcils.

D'une voix que j'espère assurée, je demande, pour confirmer mes doutes :

– Et l'adresse ?

Je vois à son regard qu'il est intrigué par ma question. Il a aussi peut-être compris que je n'ai aucune raison de lui demander ces renseignements. Il toussote, puis me répond simplement :

– Celle que je vous ai donnée tout à l'heure. Mais j'aimerais autant que vous ne vous adressiez qu'à moi. Rosalie n'est pas très, il grimace, chat ou... Bref, il serait préférable qu'elle reste en dehors de nos, il marque une pause, échanges...

Il a soudainement, et pour la première fois depuis le début de cette consultation, l'air mal à l'aise.

J'éprouve soudainement, et pour la première fois depuis le début de cette consultation du dégoût pour cet homme.

Je me lève brusquement, et tente de rester polie, alors que tout ce dont j'ai envie à cet instant, c'est de lui faire comprendre à quel point nos "échanges" pourraient se révéler douloureux s'il continue à me faire du rentre dedans comme il l'a fait lors de cette dernière demi-heure.

– Bien, Mr Cullen, je sais à présent tout ce que j'ai besoin de savoir.

Le sous-entendu est volontaire, et j'espère qu'il l'aura bien saisi.

Je reporte mon attention sur Emmy, pauvre enfant au papa à la morale douteuse.

– Je te donnerai des nouvelles de Nala, et j'espère que tu pourras vite la ramener chez toi.

Elle a de nouveau les yeux brillants. Mr Cullen la prend délicatement dans ses bras et elle niche sa tête dans le creux de son cou. Il me souffle :

– Merci beaucoup, vous avez mes coordonnées, n'hésitez pas à m'appeler.

Le sous-entendu est volontaire, et je l'ai bien saisi.

Ok...

Maintenant que vous avez lu, avant tout, merci ! J'espère que ça vous a plu.

Vous trouverez le pourquoi du comment de l'inspiration des contes sur mon profil.

Aux dernières nouvelles, contrairement au lion, je ne mords pas... vous savez où me trouver.

Bisous.

Babe.