Titre : Le Prix du Sang

Pairing : Snarry principalement, et autres :) [OOC probable]

Rating : M

Disclaimer : Un jour, mon Snape viendra~ Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, lui et tous les autres appartiennent toujours à Rowling (snif).

Résumé : UA (Snarry) - Les secrets restent rarement longtemps des secrets. Harry l'apprendra à ses dépens. Mais ce qu'il découvrira sera à mille lieux de ce qu'il avait seulement pu imaginer.


Bonjour à tous :)

J'aimerais d'abord vous remercier chaleureusement pour les review/fav et follows, qui me prouve que cette histoire peut valoir quelque chose :)

Une pensée toute particulière à notre professeur de potions préféré, parti trop tôt le mois dernier. On ne regardera plus les films de la même manière désormais. RIP mon cher Severus :(

Pour ce chapitre, j'ai peur que certaines choses ne soient pas tout à fait claires, et si c'est le cas, n'hésitez pas à m'en faire la remarque :)

Al~


Chapitre 1 : Réussites et changement de programme

Ils se tenaient là, immobiles et stoïques, baignant pourtant dans une excitation difficilement contenue. En rangs parfait, ils regardaient, le visage relevé, l'estrade situé devant eux et attendaient. La cérémonie peinait à commencer, testant leur patience, mais aucun d'eux ne bougea d'un pouce. Ils faisaient ce qu'on leur avait appris : ils se maitrisaient et patientaient. Une mouche aurait fait un boucan accablant pour peu que l'une d'elle se serait risquée à venir troubler le silence étourdissant qui résonnait dans l'immense gymnase dans lequel ils se trouvaient. Il sera bientôt remplacé par l'orchestre scintillant qui attendait son tour à droite de l'estrade. Des banderoles étaient accrochées dans toute la salle, c'était un jour particulièrement important, le dernier de trois années de travail acharné. Aujourd'hui c'était la consécration des sacrifices qu'ils avaient fait, et l'accomplissement de leurs désirs.

Harry n'avait pas besoin de tourner la tête pour savoir son meilleur ami à ses côtés, le regard brillant. Balayant la salle de ses yeux, ces derniers se posèrent sur sa meilleure amie, quelques rangs plus loin à sa gauche. Le reste de ses proches camarades étaient éparpillés à travers les autres ex-élèves qui se dressaient parmi les autres aspirants de leur promotion. Ils étaient étonnement peu nombreux cette année, mais il savait que ça ne voulait pas dire grand-chose, puisque Poudlard n'était pas la seule école de Grande-Bretagne à proposer ce cursus un peu particulier, bien qu'elle soit tout de même de loin la plus exigeante d'entre elles.

En cet instant, sa seule présence dans les rangs attestant de la réussite de ses examens de fin d'année, son unique préoccupation était de savoir à quel pourcentage s'élevaient ses résultats. Il le savait, un pourcentage élevé lui ouvrirait toutes les portes qu'il souhaite. Ils avaient tous travaillé d'arrache-pied pour se trouver en haut de la liste, mais les places de choix coutaient cher, et s'il était sûr de sa valeur, il avait un léger doute concernant celles des autres, ce qui le contrariait légèrement. C'était une spécificité de cette école, ils avaient eu durant les trois dernières années diverses examens, papiers et physiques, mais aucune note ne leur avait été communiqué. Seules les remarques inscrites sur leurs bulletins trimestriels de leurs divers instructeurs avaient été un indice sur leurs degrés de réussite, ou au contraire d'échec. De ce fait, aucun classement n'avait été établi, jusqu'à maintenant. Il devait être dévoilé aujourd'hui, jour de la remise des diplômes, et plus important encore, Harry s'impatientaient de tenir entre ses mains sa feuille de demande d'affectation. Ils n'auront après ça qu'une malheureuse semaine pour se décider de l'endroit où ils voudront continuer cette aventure dans laquelle ils se sont lancés. Et recevront l'acceptation, ou le refus, la semaine suivante après analyse des dossiers et concertations. Enfin ça, c'était dans le pire des cas seulement. Les meilleurs étaient pris d'office sur leur premier choix, ce qui était une motivation suffisante pour viser le plus haut de la liste.

C'était un choix évident sur lequel il s'était arrêté il y a déjà bien longtemps. Depuis qu'il était capable de comprendre bien plus qu'on pouvait en attendre d'un garçon de son âge. Plus il grandissait, plus la notion de justice prenait une signification particulière à ses yeux. Et il avait décidé de la défendre, coûte que coûte. Il avait besoin de se battre, et il le ferait de cette façon. Il en avait parlé avec ses parents qui lui avaient littéralement ri au nez. Pas qu'il en eut été particulièrement surpris, bien au contraire. Il y était même tristement habitué. Mais de toute évidence, ils s'étaient contentés de se comporter de la même manière que d'habitude. Ses arguments à propos de son choix lui facilitèrent toutefois la tâche, indiscutablement. Le fait que son école se trouvait en plein Londres et qu'il devait y loger car les multiples déplacements entre celle-ci et sa maison s'étaient rapidement relevés inconcevables lui promettaient sans conteste une liberté somme toute relative. Ce qu'il n'avait pas contre pas prévu, ce fut la violente dispute qui éclata quelques jours seulement avant son départ; la broutille de trop, sans doute. Il s'en souvenait comme si c'était hier, car elle avait explosé avec une telle intensité qu'il en résulta l'abandon pur et simple du domicile familial. Il n'y était, depuis lors, jamais retourné et avait banni purement et simplement toute forme de contact quel qu'il soit avec le reste de sa famille, probablement pour le plus grand plaisir de ces derniers.

Cette violente séparation ne fut d'ailleurs pas sans conséquences. Il avait réussi, par il ne se souvenait plus quel foutu miracle, à négocier le paiement de la plus grosse partie de ses loyers par son père, dirigeant d'une grande société, l'autre étant prise en charge par la bourse qui lui avait été accordée. Seulement voilà, en plus de l'avoir royalement foutu à la porte sans aucune autre forme de procès, pas qu'il ait eu envie de rester de toute façon, son bien aimé paternel lui avait également coupé les vivres. Son arrivée à Londres fut catastrophique. Les maigres économies qu'il avait difficilement réussi à mettre de côtés furent englouties dans les dépenses exorbitantes qu'il devait à présent assumer seul. Sa seule lueur d'espoir à ce moment-là venait d'un boulot qu'il avait réussi à dégoter au Chaudron Baveur, un bar atypique de son quartier. Tom, le patron, s'était révélé au premier abord bourru et stricte, pour se dévoiler en vérité un véritable ours en peluche qui en plus de lui permettre dans les moments de rush de jouer les serveurs, alors qu'il devait normalement s'occuper de la plonge, lui permettait de garder l'intégral de ses pourboires et partageait bien volontiers les siens. Harry s'amusait à penser que Tom faisait exprès de l'embaucher durant ces occasions, prétextant la masse de travail qu'il était, il en était certain, tout à fait capable d'assurer seul, mais le barman avait conscience d'à quel point le jeune homme avait besoin de cet argent, la vie à Londres n'ayant rien de simple. Il n'était également pas rare, voir quasiment systématique, que Tom lui laisse une assiette bien garnie après son service. Le gamin était d'une maigreur inquiétante, et ses problèmes financiers ne devaient certainement pas lui permettre de manger à sa faim. En outre, le stresse évident et la fatigue accumulée par ses cours et son boulot, sans compter les interminables trajets entre les deux, ne devaient pas l'aider à prendre soin de lui. Tom avait donc décidé de le faire à sa place. Il s'était rapidement pris d'affection pour ce gamin solitaire et particulièrement débrouillard, et ce dernier le lui rendait plutôt bien.

Les premières semaines furent laborieuses. Au bout de quelques mois, le rythme était acquis et Harry se débrouillait bien partout. Dans tous les domaines. Assidu au travail (pas comme s'il avait le choix), à l'école dans le lequel il s'était rapidement classé parmi les premiers de sa section, il était un modèle de réussite. Mais bien plus encore qu'à lui-même, il le devait surtout à ses amis, qui lui permettaient chaque jour de se dépasser, de faire toujours mieux et de viser le plus haut du podium. Ils étaient une motivation suffisante et nécessaire à son épanouissement et à son succès. Et la réciproque était tout aussi vraie.

La rencontre dont il se souvenait sans doute le mieux, c'était celle qui l'avait définitivement liée à son meilleur ami, Ronald Weasley. Sa rame de métro avait été, ce matin-là, incroyablement vide, mais à la station King Cross, le rouquin débraillé était entré de justesse avant que les portes ne se referment sur lui. Il s'était lamentablement effondré, à bout de souffle juste en face de lui, mais lui avait littéralement sauté dessus dès qu'il avait aperçu entre ses mains sa lettre d'acceptation à l'école qu'il voulut relire pour la énième fois. Leur amitié fut définitivement scellée quand le brun sortit de sa poche un copieux sachet de friandises qu'il avait réussi à chiper sous les yeux de son frère avant qu'il ne parte et le partagea de bon cœur avec lui. À la fin de la première année, Ron emménagea avec lui. Par commodité pour ce dernier, une mésentente cordiale avec son précédent colocataire, et source de problèmes en moins pour Harry, qui s'y retrouvait mieux financièrement parlant. En effet, avec une autre bonne partie du loyer payée par la bourse de Ron, ils s'en sortaient tous les deux très bien avec leurs petits boulot sans devoir se priver de rien.

Harry eut un imperceptible micro sourire à la pensée suivante. L'arrivée d'Hermione Granger depuis le wagon voisin. Son entrée en scène restera gravée dans sa mémoire. "Un type à côté a perdu son crapaud, vous ne l'auriez pas vu par le plus grand des hasards?" Il devrait en faire un tee-shirt, ça ferait un carton. Qui se promenait sérieusement en compagnie d'un crapaud? N'empêche qu'après avoir rencontré le gars en question, le fait d'avoir un simple crapaud en guise d'animal de compagnie ne lui paraissait plus aussi incongru qu'avant. Neville Londubat s'était relevé issu d'une espèce rare de mecs fana de plantes, et autres batraciens, à un niveau à ce jour toujours inégalé. Finalement le petit groupe resta ensemble à discuter de choses et d'autres, et eurent le plaisir de se voir partager plusieurs cours en commun ; Hermione et Neville suivant des cursus différents de lui et Ron. Puis ils ne tardèrent pas à passer un temps considérable ensemble pendant, et plus particulièrement en dehors des cours. Même si aucun d'entre eux ne partageaient les problèmes qu'Harry accumulaient bien malgré lui, bien qu'il apprit que Neville vivait chez sa grand-mère suite au décès de ses parents dans un accident de voiture quelques années plus tôt, ils le comprenaient et le soutenaient autant que faire se peut. Plus le temps s'écoulait, et plus leur amitié et leur complicité se renforçaient. Et c'était d'autant plus vrai depuis que Luna Lovegood et Seamus Finnigan s'étaient joints à eux ; Dean Thomas, le meilleur ami de ce dernier, ayant abandonné la formation au bout de la première année. Ils formaient à eux six un groupe redoutable, et ils n'étaient pas rare dans les couloirs de l'établissement d'entendre leurs professeurs faire éloges de leurs travails à ceux qui n'avaient pas la chance de les avoir en cours. Ce qui les poussait bien évidemment à faire toujours mieux.

Et voilà là où ils en étaient aujourd'hui. Harry avait cordialement détesté chaque instant de ces longues semaines qui suivirent son arrivée à Londres. Et il savait maintenant qu'il regretterait profondément cette ville quand il sera obligé de partir. Car malgré ces mésaventures, et grâce à ses amis, il y avait passé les plus belles années de sa vie.

Un raclement de chaise le sortit de ses pensées. Les quelques musiciens de l'orchestre qui étaient assis se relevèrent quand un florilège composé d'enseignants et du personnel de l'école entra et se dirigea dans une parfaite synchronisation sur l'estrade. Pendant qu'ils s'installèrent avec pour seul bruit celui de leurs mouvements, le type à la gauche d'Harry desserra le col de sa veste et défit un bouton de sa chemise. Le pauvre avait le teint pâle et semblait à deux doigts de s'effondrer. Et dire que ça rejoindra bientôt les rangs de la police, songea Harry; que dieu nous garde ! Il constata cependant bien vite que ce n'était pas le seul à être légèrement anxieux. Il était évident que les interrogations d'Harry sur sa note finale et l'incidence qu'aura cette dernière sur la suite de son cursus pesait pour bien plus de personnes qu'il ne le pensait. En y pensant, même Hermione avait été d'une rare emmerdeuse hier, à faire stresser tout son entourage avec ses propres doutes sur la question.

Lorsque tous furent assis, les musiciens en firent de même et Connor Everard, le directeur, entra à son tour. Il se plaça debout sur la scène, réglant rapidement son micro et s'éclaircit la gorge.

« Bonjour à tous. Permettez-moi tout d'abord de vous féliciter grandement pour le travail effectué lors de ces trois dernières années. Je dois dire que nous sommes, le corps enseignant et moi-même, plus que fiers d'avoir pu faire de vous les jeunes gens que vous êtes aujourd'hui. Et croyez-moi, pour certains d'entre vous, ce n'était pas gagné d'avance! Il fit un clin d'œil à l'assistance et des rires s'élevèrent. Nous avons eu de très bonnes surprises et ma foi, quelques déceptions de votre part, mais nous sommes aujourd'hui particulièrement enthousiastes à l'idée de pouvoir vous considérer comme l'une de nos meilleures promotions ! »

Une vague d'applaudissement accompagna ces paroles, et un élan particulier de satisfaction traversa l'assemblée.

« Ces années ont été riches, à tout point de vue. Rappelons-nous que Monsieur Mcmillan a battu le précédent record d'apnée de l'école lors de sa première année dans nos murs, record qui n'avait pas été battu depuis des années. »

Le jeune homme en question s'inclina légèrement à ces paroles.

« Miss Patil nous as également régalé d'un spectacle fantastique lors de ses examens pratique de cette année et je vais probablement me répéter, mais ce saut en parachute était époustouflant ! »

Padma Patil avait le regard brillant, et les joues rosées d'embarras.

« Oh, Monsieur Finnigan ! Vous serez probablement ravi d'apprendre que les dégâts occasionné par Le Dragon ne sont plus qu'un lointain souvenir. Prenez toutefois garde la prochaine fois que vous tiendrez un tel objet entre vos mains ! »

De nouveau les rires s'élevèrent, surtout du côté de ceux qui étaient présents ce jour-là. Seamus était clairement gêné, se grattant l'arrière du crâne alors que son camarade de droite lui mettait une main sur l'épaule en rigolant fort joyeusement. En effet, Seamus avait été ce jour-là, désigné pour tester un prototype de lance-flammes créé par le club d'ingénierie de l'école. Le surnommé Dragon était encore un peu instable, et le mettre dans les mains de Seamus n'avait pas été leur meilleure idée. Un trop plein d'enthousiasme et l'utilisation d'un mauvais bouton eurent raison des quelques arbres qui traînaient malencontreusement sur le champ visuel de l'engin, provoquant un début d'incendie bien heureusement rapidement neutralisé. Si la maîtrise de l'engin avait été approximative, les élèves avaient été consciencieux pour ce qui concernait la question de la sécurité, ce qui leur avait valu de ne pas se faire (trop)taper sur les doigts. Il y eut ce jour-là, beaucoup plus de peur que de mal. Si Seamus était au point pour tout ce qui concernait les explosifs divers, plus personne ne de décida à lui mettre une arme quelconque dans les mains.

Après un léger temps d'arrêt, tandis que les rires s'estompèrent, il attaqua le plus important.

« Je sais que vous êtes tous impatients de connaître vos résultats, alors ne faisons pas durer le suspense plus longtemps. »

Une table fut amenée près de lui, et un panier fut posé dessus.

« Vous allez être appelé par ordre alphabétique, et vous viendrez récupérer votre diplôme. Avec lui est joint le détail de vos résultats pour les trois années, ainsi que votre note finale et votre classement parmi les quarante-deux diplômés de cette année. Sur le troisième et dernier document, vous trouverez votre liste de vœux concernant votre future affectation. Comme vous le savez déjà, seuls les quinze premiers auront la certitude d'être placés selon leurs demandes, les autres seront répartis parmi les autres organisations. Vous avez très exactement une semaine à partir de cet instant pour nous remettre cette liste. »

Il prit du carton le premier rouleau de papier enveloppé d'un ruban noir, sur lequel brillait des inscriptions dorées.

« Abbington, Darcy. »

La jeune femme s'avança d'un pas assuré, la tête haute, et prit le rouleau de la main du Directeur avant de serrer vivement cette dernière. Se retournant vers l'assembler, elle s'inclina et des applaudissements s'élevèrent ainsi que des sifflements provenant surement de la famille de cette dernière. Elle leur fit un grand sourire puis redescendit l'estrade.

Elle retourna à sa place, mais ne défit pas son rouleau, attendant pour cela la fin de la cérémonie, et tous firent de même après elle.

Hermione fut la première du groupe à être appelée. Elle s'avança doucement, comme prise d'une vague d'incertitudes, et prit son rouleau à son tour, tentant probablement de toutes ses forces de ne pas déchirer le nœud sur le champ. Harry fut le premier à applaudir, quand Ron se contenta de lui offrir un sourire rayonnant, celui qu'il lui réservait la plupart du temps. Elle fit un signe de tête derrière eux, ses parents étaient présents.

Les applaudissements au passage de Seamus furent explosifs. Dernier hommage de ses camarades pour ce garçon vif que tout le monde appréciait. Même s'il n'était pas doué avec un lance-flammes.

Neville redoutait sa propre venue sur l'estrade, étant resté quelqu'un d'incroyablement timide et discret. Ce qu'il craignait le plus en cet instant, c'était le regard que porterai sa grand-mère sur lui. C'était la seule famille qui lui restait. C'était important pour lui. Du haut de l'estrade, ce qu'il vit du le rassurer, car c'est dans un soupir de soulagement qu'il descendit rejoindre ses camarades, son diplôme qu'il tenait fermement en main.

Luna aussi eut sa dose de félicitations. La fille la plus étrange de l'école avait aussi été l'une des plus agréables et d'une gentillesse sans égale pour ceux qui en avait eu besoin. Son père devait être incroyablement fier d'elle. Son air rêveur en fit ricaner plus d'un. Ses amis espéraient qu'elle ne changerait jamais.

C'est sereinement qu'Harry récupéra son propre rouleau avec la surprise de recevoir les exclamations de la famille de Ron, réunie au grand complet. Même Monsieur Weasley, toujours très prit par son travail, était présent. Le spectacle d'une armée de rouquins suffit à le faire sourire aussi largement que possible. Sa propre famille n'était pas là, bien entendu, mais cela faisait bien longtemps qu'il avait appris à ne plus s'en soucier.

Le boucan ne fut cependant rien en comparaison de ce que Ron, dernier de la liste, reçu une fois son diplôme en main. Ses frères, Fred et Georges, jumeaux de leur état, avaient vraiment fait les choses en grand en bravant l'interdit et l'ensemble de la salle sursauta d'un même mouvement au premier lancé de feu d'artifice clandestin. Ron rougissait jusqu'à la racine des cheveux. Le directeur Everard fit comme s'il n'avait rien vu, et apprécia tout de même le spectacle.

Une fois que Ron ait reprit sa place, l'orchestre se leva à son tour et entama joyeusement l'hymne de l'école. A la toute dernière note, les élèves, où plutôt les ex-élèves, retirèrent leurs chapeaux et, selon la tradition, le lancèrent en l'air. L'année était vraiment terminée. Avant que la première coiffe ne touche le sol, des mains se serraient, des cris et applaudissement s'élevaient, des étreintes se mêlaient, et des baisers plus ou moins discret se perdaient dans le tableau. L'espace d'un instant, les rouleaux furent oublié au profit des souvenirs de ces trois dernières années. Le corps enseignant se leva à son tour et s'inclina, puis applaudi à son tour. Les familles se mélangeaient aux aspirants et une fête d'une rare intensité débuta pour ne finir qu'au petit matin.

Petit matin qui arriva bien vite, et demeura inhabituellement tranquille durant de longues heures. Dans la grande maison des Weasley, où Ron, Hermione et Harry avaient fini la soirée en compagnie des multiples frères et sœurs du rouquin, régnait un silence assourdissant. Outre l'habituelle gueule de bois de lendemain de fête, que tous les trois tentaient vainement de noyer dans le café matinal et particulièrement corsé de Monsieur Weasley, trois rouleaux de parchemin étaient jetés pêle-mêle sur le centre de la table. Après d'interminables minutes où les trois morts vivants avaient malheureusement dû se rendre compte qu'ils n'allaient pas s'ouvrir tout seul, Ron eut l'une de ses rares illuminations. A croire qu'elles n'apparaissaient que lorsque le jeune homme n'était pas totalement maître de ses capacités intellectuelles.

« Ok. On mélange, et on en prend un au pif. Vous en dites quoi? »

L'inhabituel "Je pense que c'est le truc le plus intelligent que tu n'aies jamais dit." d'Hermione eut un léger problème de transmission qui finit par sortir d'un simple « Intelligent ». Ron ne s'en formalisa pas, il avait saisi l'idée. Harry, bouche pâteuse et visiblement incapable d'aligner une phrase de plus d'un mot, se contenta d'un hochement de tête. Ron ne s'en formalisa pas, il avait l'habitude. Les neurones du brun étaient cependant par il ne savait pas quel miracle parfaitement reliés à ses muscles, et il prit de lui-même l'initiative de mélanger les rouleaux. Au bout de quelques mouvements, et grâce à leur taux d'alcoolémie frisant toujours l'indécence malgré leurs quelques heures de sommeil, il leur était impossible de savoir lequel appartenait à qui.

« Honneur aux dames. » Déclara Ron, accompagné d'un geste théâtral.

Hermione, après quelques secondes d'hésitation, empoigna le rouleau qui traînait à présent juste devant Ron. Elle le déroula rapidement en retenant sa respiration et lança un rapide coup d'œil à Harry qui se tendit, pleinement attentif. Elle dévala le document aussi vite qu'elle le pu avant de lever la tête de lui faire un sourire. Harry relâcha la pression, visiblement c'était bon pour lui.

« Cinq sur quarante-deux. Félicitations ! »

Cinq. Bon sang, il était cinquième. Il en aurait pleuré de joie et surtout de soulagement s'il avait été seul. C'était fantastique. Même mieux que ce qu'il avait espéré. Tout irait bien à présent. Ron se dandinait sur sa chaise pendant qu'Hermione rendait son diplôme à Harry.

« Vas-y, à ton tour. »

Il avait du mal à détacher les yeux de sa lettre et surtout de son relevé de notes mais fit un effort. Il choisit le rouleau qui était devant Hermione et l'ouvrit religieusement. D'ici il pouvait presque entendre les pensées de Ron qui devait ressembler à quelque chose comme "Mais bordel, magne-toi voir un peu le citron!"

« Ron ... » Celui-ci déglutit, c'était son tour. Il savait qu'il n'était pas la bougie la plus lumineuse du chandelier, mais espérait tout de même être bien classé lui aussi, pour au moins faire honneur à ses parents et à ses amis. Harry déroula le papier avec une lenteur extrême sous le regard hypnotique de son meilleur ami, pendu à ses lèvres.

« Pas mal du tout, tu es neuvième. »

Neuvième?

« Tu t'es pas planté avec dix-neuvième? Ou vingt-neuvième? Ou tre...

- Non non, mon pote, t'es neuvième. Et respire, veux-tu? Tu vas nous faire un malaise. »

Ron lui arracha la lettre des mains pour être sûr que son meilleur ami savait encore parfaitement lire. Et c'était le cas. Un grand sourire vient remplacer son incrédulité. Il était neuvième ! Empoignant ensuite le dernier rouleau, il le déroula rapidement en conservant une expression aussi neutre que possible.

« Hé bien Hermione, sacré note. » Il avait décidé de jouer un peu avec elle et celle-ci lui suppliait du regard d'abréger ses souffrances. Il ricana. « Ma chère, tu es seconde. »

Hermione eut un air incertain et Harry éclata de rire.

« Ne me dis pas que tu es déçue?!

- Bien sûr que non, je ... C'est génial ! »

Mais tout de même, pensa-t-elle, être à deux doigts de la première place sans l'atteindre, quel dommage.

Ils passèrent ensuite le reste de la matinée à analyser et comparer leurs notes. Le fruit de leurs travails était pleinement récompensé, et c'est tout ce qui leur importait pour le moment.


Autour d'un café dans un bar du coin, chacun tenait sa feuille de choix sous les yeux. Ce fut Luna qui fut la première à indiquer son option de formation.

« Inutile d'y réfléchir pendant des heures, j'avais déjà prévu de poser ma candidature pour le Service de la Sureté, le MI5. (1) »

Hermione acquiesça, elle et Luna en avait beaucoup discuté. Si la moitié des choix présents étaient inconnus pour la majorité d'entre eux, Hermione les connaissaient tous, bien évidemment. Bien qu'ils n'avaient pas cherché à en apprendre plus, ayant déjà une idée plus ou moins précise de ce qu'ils voulaient. Neville s'agita sur sa chaise.

« Pour moi aussi, c'est assez évident. Grace à mes résultats, j'ai le droit à une lettre de recommandation. L'Université de Cardiff possède l'une des sections de recherche qu'il me faut et je sais qu'il existe des professeurs acceptent de prendre des apprentis. Ce qui m'ennuie, c'est que nous allons être séparés ... » Il ne put s'empêcher de rougir en prononçant cette phrase, et Luna lui lança un regard rêveur et pleinement amoureux.

- C'est vrai. Mais nous savions à quoi nous en tenir, non? On aura l'occasion de se voir, ce n'est pas un problème. »

Hermione et Ron se regardèrent également. Heureusement pour eux, ils n'allaient pas être trop loin l'un de l'autre.

« On se verra autant que possible. » fit Ron en lui serrant discrètement la main.

Seamus indiqua aussi le nom de l'établissement dans lequel il désirait poursuivre sa spécialisation. Ron loucha sur sa feuille.

« Glasgow, ce n'est pas la porte d'à côté.

- Mais au moins, je serais à la maison ! C'est ma mère qui va être contente, elle est infernale quand je reste trop loin, trop longtemps.

- Oh? Bébé Seamus va réaménager dans sa chambre de grand garçon?

- Fermes-là, Ron ! » Lança un Seamus écarlate sous le rire amusé de ses petits camarades.

Sous les yeux bienveillants du roux, et sans aucune surprise pour celui-ci, Hermione inscrivit Le Ministère de l'Intérieur anglais (2) sur sa demande. Avec sa propre lettre de recommandation, elle n'aura aucun problème à l'intégrer, pour son plus grand bonheur.

Harry était silencieux sur son propre papier. Jouant avec son stylo, il faisait mentalement une dernière fois la liste des pours et des contres concernant les options qui se présentaient à lui. Ron n'avait pas ce soucis-là, il choisira probablement la même chose que lui. La raison est toute simple, il n'avait pas d'idée précise de ce qu'il souhaitait faire. Pas assez intelligent pour une carrière scientifique, mais assez futé, bien que moyennement athlétique, pour une carrière policière quelle qu'elle soit. Lui et Harry en avait très souvent discuté, pour en conclure finalement que Scotland Yard (3), semblait ce qui correspondait le plus à ses attentes. Harry le savait depuis déjà bien longtemps, mais il était fait pour ce boulot, il ne voulait d'aucun autre. Ce qu'il avait vécu plus jeune le confortait dans cette idée chaque fois qu'il y pensait. Et même s'il n'en disait mot, le fait que Ron n'ai pas d'attentes particulière et qu'il se contente de le suivre dans ce choix le rassurait. Il ne leur disait pas souvent, mais il avait besoin de ses amis. Ils étaient sa famille et comptaient énormément pour lui.

Alors qu'Harry se décida finalement à y inscrire son choix, sans plus aucune once d'hésitation, Ron attendit qu'il finisse pour lui mettre la main sur l'épaule.

« Prêt à me supporter pour les trois prochaines années?

- Je suppose ... » Soupira faussement Harry, et Hermione ricana.

Ils refermèrent les enveloppes sans hésitation et les postèrent dans la foulée. Il ne leur restait plus qu'à profiter du temps qu'il leur restait avant de commencer leur future nouvelle formation.


Deux jours plus tard, Ron fut réveillé en sursaut par la sonnette de la porte d'entrée. Le bruit strident lui vrilla les tympans et il se leva rapidement en grognant. Ne remarquant pas sa tenue plus que débraillée, les facteurs aussi matinaux devaient être habitués à croisé de jeunes gens en petite tenue au réveil, il ouvrit la porte et un homme lui mit d'office dans les mains deux simples enveloppes. Il reconnut parfaitement le logo de Scotland Yard dans lequel ils avaient, lui et Harry, postulés la semaine passée et se demanda vaguement de quoi il était question. Mais cela ne devait pas être très important, ça devait très certainement être des informations sur leur premier jour, sans doute même une liste de documents à ramener, ou le détail de leur dernier examen médical. Le facteur le tira de ses pensées.

« Bon, vous me le signez ce recommandé? Je n'ai pas que ça à faire ! »

Ron s'exécuta et referma la porte, pestant contre son meilleur ami qui ronflait joyeusement dans sa chambre. Il plia sa lettre qu'il rangea dans la poche arrière de son jean, abandonnant celle d'Harry sur le meuble de l'entrée, se promettant d'y jeter un coup d'œil plus tard dans la journée. Avisant l'heure, il décida de se préparer et sorti de l'appartement en mettant un mot sur la machine à café, là où Harry n'aura aucun de mal à le trouver.

Le brun se réveilla au moment où Ron fermait la porte d'entrée. Il se frotta les yeux, encore à moitié plongé dans le sommeil C'est que la soirée d'hier n'avait pas été de tout repos ! Il avait par ailleurs dû annoncer à Tom qu'il devait quitter ce travail qui lui avait un jour sauvé la vie. Tom savait qu'un jour il devrait se séparer de lui, et même s'il était certain de ne jamais trouver quelqu'un d'aussi impliqué que lui, il lui souhaita le meilleur pour son futur. Harry promis de revenir le voir aussi souvent que possible. C'est sur cette pensée qu'il se rendormit tranquillement ; car après tout, il était en congés.

Quand il se releva quelques temps plus tard, la matinée était déjà bien entamée. En ce jour de repos, et sachant ses amis occupés de leur côté, il décida de sortir faire quelques courses, récupéra un plateau au restaurant chinois du coin de la rue, et rentra déguster son repas devant un bon film. Il passa ensuite l'après-midi à bouquiner, ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire depuis un bon moment, et en profita plus que largement. Accompagné d'une bonne tasse de thé, il se plongea dans un thriller particulièrement haletant et le termina aussi vite que d'habitude. Il décida peu après de profiter de la télévision, avachi dans le canapé enroulé d'un plaid.

Il ne sut pas exactement combien de temps plus tard, mais c'est cette fois-ci son téléphone qui le réveilla. Il sortit une main de sous le plaid en grognant pour y attraper l'objet maudit et avisa le nom de son meilleur ami sur l'écran. Il répondit d'une voix endormie.

« Que puis-je faire pour toi, Ron?

- Eh bien, pour tout te dire, c'est un peu confus. »

Harry se redressa et se gratta l'arrière du crâne. Si Ron ne l'aidait pas un peu, ils n'allaient pas s'en sortir.

« Un problème chez tes parents ?

- Non, pas de soucis de ce côté là. En fait, Hermione vient de m'appeler. Elle était en train de pleurer.

- Pourquoi? Qu'est-ce que tu as encore fait?

- Quoi?! Hey ! Je n'ai rien fait ! Enfin, je crois ... C'est vrai qu'on s'est pris la tête il y a deux jours, mais c'était un petit truc de rien du tout alors je suis sûr que ça n'a aucun rapport. Enfin, il me semble ... »

Harry leva les yeux au ciel, et commença à s'agacer.

« Et sinon, au sujet d'Herm'?

- Parmi les pleurs et les sanglots, j'ai saisis les mots : comprends pas, refusé, forcément une erreur.

- Refusé?

- J'ai rien pu en tirer de plus, et comme j'ai rien compris, elle m'a raccroché au nez. Du coup, je me demandais si tu étais au courant d'un truc.

- Non, désolé, je ne vois pas. Tu es sûr que tu n'as pas ... ? »

A travers le téléphone, il entendit la mère de Ron hurler au loin. Le roux soupira.

« Bon, merci quand même, je te rappelle plus tard.

- Ca marche. On va toujours voir ta sœur cet après-midi de toute façon? »

Un ange passa.

« Tu avais oublié, c'est ça?

- Oui, et très honnêtement, je n'ai pas très envie d'y aller. »

Harry se retient de justesse de pousser un cri de joie, et remercia tout de même un Dieu auquel il ne croyait pas de lui accorder un peu de soutien.

« On a qu'à changer de programme, ta sœur comprendra.

- Surement, oui, on ira voir le match suivant. Bon, a plus. »

Il raccrocha et Harry se cacha de nouveau sous le plaid, hésitant à l'idée de se rendormir ou de se lever définitivement. Et après quelques minutes à somnoler, il se dit qu'il avait bien fait de rester éveillé. Son téléphone sonna de nouveau, peut-être était-ce Hermione? Il se redressa, et constata que c'était de nouveau Ron qui le dérangeait.

« Je te manque déjà, mon chou? »

Aucune réponse. La ligne fonctionnait pourtant très bien, il pouvait entendre son meilleur ami respirer à l'autre bout du fil.

« Ron?

- Harry ...

- Qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'il se passe?

- Harryjaiunproblemejesuisrefuseetjesaispaspourquoi

- Ron, je n'ai strictement rie... »

Il essaya de se calmer, et repris plus calmement.

« La lettre de Scotland Yard de ce matin, je l'avais oubliée et je viens juste de l'ouvrir. Ils me disent que mon dossier est refusé ! Pourtant, tu l'a vu comme moi, je suis neuvième, donc normalement, ils n'ont pas le droit de refuser ! Il n'y a rien d'autre, ils me disent pas de les contacter pour en discuter ou quoi que ce soit d'autre, juste que je n'irai pas bosser chez eux ! Je ne pige pas, sérieux. Qu'est-ce que je vais faire maintenant? Oh mon dieu, si ma mère tombe là-dessus, elle va me tuer ! Ils se sont tellement privés pour que j'entre dans cette école, alors si ils pensent avoir fait ça pour rien ... Je suis foutu ! Complétement foutu ! Définitivement fou...

- Attends Ron, restes calme, ça doit forcément être une erreur !

- Mais comment c'est possible, je veux dire ... Hermione ! Mince, elle a dû recevoir un truc elle aussi ! Pour ça qu'elle pleurait ! »

Ron était clairement paniqué et souffla pour essayer de se calmer. Puis il se figea soudainement, se souvenant d'une chose capitale.

« Harry ! Tu en as reçu une, toi aussi !

- Quoi ?! Et c'est maintenant que tu le dit ?

- J'avais oublié, marmonna Ron, elle est dans l'entrée. Pitié, va ouvrir la tienne pour voir !

- D'accord … Ok, j'y vais. »

C'est le pas lourd qu'Harry traversa son appartement. Au fond de lui, il ne voulait pas savoir ce qu'il y avait à l'intérieur. Approchant le meuble, il posa le téléphone après avoir enclenché le hautparleur. Puis il déchira littéralement l'ouverture de l'enveloppe, déconcerté par ses mains tremblantes. Il déplia la lettre, toujours dans un état de fébrilité avancé, et chancela contre la porte d'entrée.

« Harry ? » Ron entendit le bruit et s'en inquiéta.

Harry était aux abonnés absents. Il n'avait pas besoin de lire le contenu de la lettre pour savoir exactement ce qu'elle contenait. En effet, le tampon rouge « Rejeté » en haut de la page parlait pour lui. C'était impossible. Tout simplement impossible. Il ne pouvait décemment pas avoir trimé les trois dernières années pour en arriver à ce résultat. Cela contrastait drastiquement à ce qui était inscrit sur son bulletin de notes. Il était cinquième de sa promotion, bon sang ! Il devait intégrer cette organisation, il ne pouvait absolument pas en être autrement !

« Merde ... »

Il se laissa glisser le long de la porte et baissa la tête dans ses genoux avant de serrer ses cheveux douloureusement. Essayant de rester rationnel, toujours persuadé qu'il ne s'agissait là que d'une regrettable erreur, il ne put cependant s'empêcher de verser une larme. Si tout devait s'arrêter de cette façon, qu'allait-il devenir? Qu'allait-il faire? Retaper ses années? Se contenter d'un travail qu'il ne souhaitait pas? Il n'imaginait que trop bien le regard de pur moquerie de ses parents et de son frère et il s'avait d'avance qu'il ne pourrait pas le supporter. Il soupira longuement. Ce n'était pas clairement comme ça que les choses devaient se passer.

« Harry, vieux, réponds !

- Ron, je crois que nous sommes tous les trois dans le même bateau ... »

Le dire à haute voix rendait la chose réelle, et il se sentit plus mal encore.

« Faut qu'on aille à l'école, ou qu'on contacte l'organisation. Ils se sont plantés, voilà tout !

- On se rejoint là-bas? Passe prendre Hermione.

- Oui, évidemment, la pauvre doit être dans un de ces états ... On se rejoint sur place. »

Exit la dépression, Harry était maintenant en rogne. Il n'allait pas se laisser faire, on ne lui piquerait pas sa place pleinement méritée ! Il emporta sa veste et ferma prestement la porte d'entrée. Il s'engouffra dans la station de métro la plus proche, glissa une pièce dans la poche d'un musicien ambulant de s'exila au fond d'une rame, en proie à une intense réflexion. Il décida de profiter du voyage pour envoyer un message aux trois autres membres de leur petit groupe.

Ron emprunta la voiture de son père, puis prévient Hermione qu'il passait la prendre avant de lui expliquer pour Harry et lui. Dire quelle était étonnée était un euphémisme, ses trois cerveaux tournaient à plein régime. Mais, même après avoir tourné et retourné le problème dans tous les sens, elle ne voyait pas ce que cela signifiait.

Qu'ils ils arrivèrent devant les larges portes de l'école, Harry les attendaient déjà. Après qu'Hermione lui ai fait la bise, il les devança.

« Luna et Neville sont exactement dans le même cas que nous. Pas Seamus, bizarrement. Dans le doute, il a aussi demandé à un mec de sa classe, qui lui part bien continuer son cursus en Irlande.

- Il était classé dans les quinze premiers?

- Oui, treizième.

- Bon, allons voir si on peut trouver un instructeur ou le directeur, qu'on en apprenne plus à ce sujet. »

Ils se déplacèrent rapidement à travers les longs couloirs de l'établissement. Ils voulaient des réponses, et ils ne partiront pas avant de les avoir obtenus. La porte du directeur se profila à l'horizon.

Connor Everard était suspendu au téléphone, devant une pile anormalement élevée de dossiers alors que l'année scolaire était terminée. Il leva les yeux vers eux et d'un geste leur demanda de patienter une minute. Les garçons s'installèrent mais Hermione en était tout bonnement incapable. Elle reste debout derrière eux en faisant les cents pas et en mastiquant frénétiquement ses ongles. Le directeur mis fin à sa conversation et soupira en raccrochant le téléphone. Il sourit ensuite malicieusement aux jeunes gens.

« Je me demandais lequel de vous viendrait me voir le premier.

- Vous n'êtes donc pas surpris de nous voir ? »

Ce fut Harry qui déclencha les hostilités bien qu'Hermione mourrait d'envie de lui hurler toute sa présente frustration.

« Non, en effet. Et croyez-moi, ça n'arrive pas tous les jours ! Je croule donc de nouveau sous la paperasse, comme vous pouvez le constater. »

Cette fois, Hermione arrêta de creuse sa tranchée.

« Quoi donc? Qu'est-il arrivé?

- Eh bien, nous avons dû modifier et renvoyer certains dossiers car voyez-vous, l'ordre du classement a changé et, honnêtement, on s'en serait bien passé vu la quantité de travail que cela nous donne en plus mais ...

- L'ordre du classement a changé?

- Oui, vous êtes désormais, vous et vos camarades, hors classement alors il a fallu ...

- Hors classement? Hermione devenait hystérique. Comment pouvons-nous être hors classement? Vous vous êtes trompés dans la correction et nous avons finalement des notes catastrophiques?!

- Absolument pas Miss Granger, calmez-vous, vos notes sont au contraire bien meilleures que vous ne le pensez. En outre, vos dossiers ont intéressées une agence qui tient à vous avoir parmi ses rangs. Et je n'ai pas l'habitude de dire cela, mais ils ne nous ont pas vraiment laissé le choix. »

Hermione semblait au bord de la syncope, Ron respirait bruyamment et Harry fronça les sourcils.

« On ne nous a pas prévenu que ça pouvait arriver.

- Ce n'était pas arrivé depuis très longtemps pour tout vous dire. »

Il sortit de son tiroir de gauche trois lettres qui portaient un logo qu'ils n'avaient jamais vu. Un grand A flamboyant sur fond blanc. Bureau des Aurors, totalement inconnu au bataillon. Il leur tendit et Hermione et Ron prirent la leur. Harry hésitait.

« Combien sommes-nous dans ce cas?

- Vous êtes huit cette année. Les Aurors ont l'habitude de choisir leurs nouvelles recrues de cette façon.

- Je ne comprends pas, Ron est neuvième, pourquoi fait-il parti du lot? Ils n'ont pas pris les huit premiers? Nous sommes obligés d'accepter ?

- Certes vos résultats ont joué dans la balance, mais ce sont surtout vos compétences qui ont été pleinement reconnues. Mr Weasley ici présent à obtenus les meilleures notes en art martiaux. Inutile de revenir sur vos propres résultats Miss Granger, vous êtes première dans une grande majorité de vos cours et vous Mr D... Harry, votre maitrise exceptionnelle du droit et vos aptitudes physiques font de vous une cible idéale pour les Aurors. Concernant votre question d'être obligés ou non d'y aller, pensez bien que s'ils ne nous ont pas laissé le choix, il en est clairement de même pour vous.

- Ils ont uniquement pioché parmi la liste des quinze?

- Vous êtes sept parmi les premiers, le huitième était dans la seconde partie du classement. »

Harry prit sa lettre avec réticence. Il n'aimait clairement pas cette façon de faire. Hermione ouvrit sa propre lettre et Ron tournait et retournait la sienne dans ses mains.

« Les Aurors, ça te parle? lui demanda-t-elle.

- Non, je n'en ai jamais entendu parler ... »

Avec Harry, ils se lancèrent leur regard "Je crois qu'il y a un bug dans la matrice." L'idée qu'il existait des choses qu'Hermione ne savait pas les rendaient toujours perplexe. Elle se retourna vers le Directeur.

« Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

- Je crains que non. Comme la plupart des agences existantes, ils sont très secrets. Mais ils ne manqueront pas de tout vous expliquer, soyez-en certains. »

« On verra ça plus tard, de toute façon nous sommes convoqués dans trois semaines pour faire le point avec eux. » Continua de lire une Hermione très légèrement contrariée par l'échange entre les deux garçons qu'elle avait appris à connaître.

Ron mit un coup de coude satisfait à Harry.

« Trois semaines de vacances, vieux ! »

Harry qui n'avait pas relevé le nez de son propre bout de papier, releva la tête en grimaçant.

« Je ne crois pas, Ron. Tu as vu où se trouve leur siège ? »

Ron eut l'air dépité en constatant par lui-même de quoi il en retournait.

« Au moins, on verra Seamus plus souvent que prévu, fut cependant sa seule réaction.

- Oui, mais ça signifie pour nous que nous allons devoir faire nos valises, et trois semaines ne seront pas de trop pour trouver un logement et nous installer tranquillement pour prendre le boulot ensuite. » Remarqua Hermione.

Ron soupira longuement. Pas de vacances, quoi.

Connor Everard, qui avait suivi la scène avec grand intérêt se réinstalla sur sa chaise et remis de l'ordre dans ses papiers.

« Si vous n'avez pas d'autres questions, je vais vous demander de partir. Comme je vous l'ai précisé plus tôt, j'ai du travail, jeunes gens. »

Tandis qu'ils s'apprêtaient à quitter la pièce, Harry se retourna pour demander :

« Dites, si nous n'étions pas venus pour discuter de cela avec vous, que ce serait-il passé?

- Nous vous aurions convoqué en temps et en heure, bien sûr. Mais il est toujours un amusement certain de vous voir passé la porte de mon bureau avec empressement et angoisse. A chaque fois, il y en a toujours un ou deux qui a une réaction disproportionné. Vous n'auriez pas eu à vous en faire, vous savez, nous aurions pris les devants pour vous contacter afin que tout se passe le mieux possible pour vous. C'est une chance inestimable que vous avez là, tâchez d'en profiter. »

Harry resta clairement sceptique sur ce point.

« Merci monsieur, au revoir.

- Bonne chance pour la suite, jeunes gens ! »

Voilà quelque chose qui n'était clairement pas prévu au programme. Hermione se promit d'essayer d'en apprendre un peu plus au sujet des Aurors. Ron ne savait plus ce qu'il devait annoncer à ses parents concernant son futur. Et Harry se fit la réflexion qu'il n'allait pas laisser ces gens diriger sa vie comme ils l'entendaient.

Il ne leur restait plus qu'à patienter jusqu'au moment d'en apprendre un peu plus sur le sujet.


(1) : MI5 (Security Service) est le service de renseignement pour la sécurité intérieure du Royaume-Unis.

(2) : Le Home Office est un département du gouvernement britannique qui gère, entre autre, la sureté publique.

(3) : Scotland Yard est le siège de la police de Londres.