Chapitre 2
Le mois de Mai apporta deux bonnes nouvelles à Mrs. Bennet. Tout d'abord, il était désormais certain que de nouveaux occupants allaient arriver à Netherfield, puisque des domestiques y étaient arrivés. Mais personne encore ne savait de qui il s'agissait. Deux jours à peine après cette heureuse nouvelle, Kitty arriva à Longbourn, accompagnée d'Elizabeth et de ses jeunes enfants : Elinore et William. Darcy et Georgiana avaient été retenu à Londres mais avaient promis de les rejoindre le plus vite possible, après s'être assuré que les Wickham étaient bien trop loin du Hertforshire pour y faire escale.
Mrs. Bennet ne fut pas déçue de l'arrivée des Darcy. Avec eux, il n'y avait aucun doute que les nouveaux occupants de Netherfield, deviendraient très vite des intimes. Mr. Benett était lui heureux de revoir Elizabeth pour ses simples qualités.
Peu après leur arrivée, et après que l'on se soit naturellement émerveillé devant les enfants, Mrs. Benett crut bon d'annoncer l'arrivée prochaine de nouveaux voisins. Elizabeth sourit : « voilà pourquoi Kitty manquait tant au tout Meryton », se dit-elle. Quant à Kitty, tout à sa déception d'avoir du quitter une bonne partie de ses amis du Derbyshire, elle ne remarqua même pas les intentions de sa mère.
Kitty était sans doute celle des cinq sœurs qui avait le plus changé. Une fois éloignée de l'influence néfaste de Lydia, elle s'était assagie. Son goût pour les officiers avait diminué au fur et à mesure qu'elle s'appercevait que les noces de Lydia n'étaient pas aussi idéale qu'elle l'avait longtemps imaginé. Et ses fréquents séjours auprès de ses sœurs aînées avaient fini d'achever la transformation de son caractère. Elle était de plus devenue amie intime avec Georgiana. Cependant son caractère n'égalait en rien celui de ses aînées. Elle faisait encore la moue très souvent, et le dîner que sa mère fit donner pour leur arrivée en était encore une fois la preuve. Mais un tel comportement était tout à fait compréhensible chez une jeune personne de 19 ans arrachée à ses amis par le bon vouloir d'une mère entremetteuse. Son seul plaisir en ce moment précis, était de pouvoir rendre visite, une fois le repas terminé, à Maria Lucas qui l'avait invitée à venir passer la soirée chez elle. Tout laissait à présumer en effet, que les deux jeunes filles, qui ne s'étaient pas vu depuis 9 longues semaines, avaient un nombre incalculable de chose à se dire.
La soirée à Lucas Lodge se passa aussi bien qu'une telle réunion de vieux amis peux se passer. Kitty et Maria parlèrent toutes deux à voix basses de ce dont toutes les jeunes filles peuvent parler. Mary et Elizabeth furent priées par leurs hôtes de se mettre au piano. Lady Lucas et Mrs. Benett parlèrent de Netherfield et Sir William de la cour de St. James. On échangea les dernières nouvelles de Huntsford et de Rosings Park, où le colonel Fitzwilliam avait longtemps séjourné avant de rejoindre son bataillon.
On s'enquerrit de Mr. Darcy et de sa jeune sœur (une jeune fille des plus charmante), et des Bingley. Quant on découvrit que tout le monde allait bien, on demanda à Elizabeth comment allaient ses enfants. Fort bien, ils allaient fort bien et Mr Bennett avait tenu à rester avec eux, car il les voyait trop peu souvent à ses yeux. Sir William dit qu'il comprenait très bien, et que lui même d'ailleurs ne se lassait jamais d'observer les progrès de sa propre petite fille, qu'il espérait bien un jour pouvoir emmener à la cour de St James. Comme onze heures sonnaient, les trois dames quittèrent leurs hôtes et on promis de se revoir le lendemain pour pouvoir s'émerveiller des enfants comme il le fallait.
Des leur départ, Mrs. Benett pressa Kitty de question sur Maria ; Qu'avait- elle appris ? Maria lui avait-elle parler plus particulièrement d'un certain jeune homme ? Devant un tel spectacle, Lizzy fut soudain prise de compassion pour la pauvre Kitty. Cette dernière, assez mal à l'aise, déclara que non. Maria lui avait bien parlé d'amis qu'elle s'était fait à Londres, et qu'elle avait revu parfois dans le Kent, mais sans mentionner quelqu'un en particulier.
« très bien, très bien, dit Mrs. Benett, en démontrant clairement que la réponse ne la satisfaisait pas du tout. Je comprends que vous ne vouliez rien me dire, vous avez sans doute vos raisons. Vous et cette maria Lucas avez du passer un de ses pactes de jeunes filles en faisant le serment de ne rien dire à personne. Je pense cependant que la vérité éclatera bientôt, ces Lucas sont bien trop orgueilleux pour cacher les choses très longtemps. Je suis cependant fort déçue que vous ne me fassiez pas confiance ma chère Kitty…vous pensez sans doute que je ne peux rien comprendre aux affaires des jeunes filles mais je crois moi qu'au contraire…
-je vous assure maman, que Maria ne m'a rien dit de cet ordre », dit Kitty.
Mrs. Benett paru bien outrée par une telle réponse, tant il était manifeste à ses yeux que Kitty était complice du complot des Lucas contre sa propre famille. Elle cherchait désespéramment quelque chose à dire, lorsqu' Elizabeth cru bon de prendre la parole et de dire : « Je ne crois pas maman que Kitty veuille vous cacher quoi que ce soit. Et si c'est le cas, ne pensez pas qu'elle ne vous fasse pas confiance, ou qu'elle voit en vous une personne incapable de la comprendre. N'est-ce pas Kitty ? Si secret-il y a, souvenez vous que toutes les jeunes filles en ont, et que vous en avez sans doute eu vous aussi chère maman. »
Comme on arrivait, Lizzy n'eut le droit qu'à un plat « vous avez sans doute raison » et Mrs. Bennet regagna sa chambre. Toute la maisonnée était assoupie et il était vain d'essayer d'en apprendre plus avant le lendemain. Quant à Kitty, bien fatiguée, elle se contenta d'un sourire plein de remerciement envers sa sœur, qui en fut pleinement satisfaite.
