Merci beaucoup pour les alertes et les reviews, je ne m'attendais pas à en avoir autant !
Voici le premier chapitre^^
Enjoy =)
Disclaimer : Rien ne m'appartient.
Le départ
C'était le jour J. Des centaines de personnes s'étaient rassemblées sur le port de Southampton afin d'assister au départ du voyage inaugural du Titanic. Notre voiture passa en klaxonnant devant l'inspection sanitaire des passagers de troisième classe, où Rachel fit une remarque désobligeante et inutile. L'esprit étroit de cette fille m'exaspérait. Accoudé nonchalamment à la fenêtre de la voiture, je soupirai. Regardant sans voir les spectateurs et les passagers, j'essayai de me convaincre que tout serait mieux en Amérique. Ces deux semaines de vacances avec Rachel ne m'avait pas fait le plus grand bien, contrairement à ce que désirait mon père. Comment pouvais-je passer un bon moment quand celle-ci s'accrochait constamment à mon bras, minaudant sans cesse ? C'était plus fatiguant qu'autre chose.
− Le voilà ! s'écria-t-elle soudainement.
Je jetai un œil par la vitre de la voiture et observai avec une certaine fascination la figure imposante et majestueuse du bateau. La mécanique avait beau ne pas me passionner, je devais admettre que le progrès de l'Homme dans ce domaine me fascinait. Malheureusement, Rachel ne pas manqua pas l'occasion de faire son intéressante.
− Tout de même, je ne comprends pas tout ce tapage, fit-elle d'un air blasé. Ce n'est qu'un gros bateau après tout.
− Voyons, Rachel, dit Père en étouffant un petit rire. C'est le plus grand et le plus luxueux de tous les paquebots, et il est réputé insubmersible !
Le chauffeur arrêta la voiture et ouvrit la portière à Rachel que je suivis sans attendre, prenant son bras sous le regard satisfait de Père. Finn s'occupait de l'enregistrement des bagages auprès d'un des stewards. Avec Père, Rachel et moi montâmes sur la passerelle des passagers de première classe et fûmes accueillis comme des princes dans un grand hall par le Chef Steward à qui Père présenta notre carte d'embarquement. Un autre steward nous amena à notre suite : je partageais la mienne avec Rachel et Finn logeait avec Père, ce qui me rassura. J'aimais savoir mon majordome près de moi, sa présence était rassurante. Heureusement, Rachel et moi dormions dans des chambres séparées. Il était hors de question que je dorme dans le même lit qu'elle. A mon instar, elle s'enthousiasmait de la beauté de la suite et des quartiers de première classe. Au moins, elle avait bon goût, je devais lui reconnaître cette qualité. Sa domestique, Madeleine, prit les bagages de sa maîtresse tandis que Finn s'occupait des miens, avec un peu de difficultés. Alors que j'allais me précipiter pour l'aider, Rachel attrapa mon bras.
− Allons sur le pont, voulez-vous, Kurt ? me demanda-t-elle, un petit sourire suffisant sur les lèvres.
J'acquiesçai d'un léger signe de tête, pas plus ravi que cela et, après lui avoir baisé la main, je prévins Père que nous sortions. Il sembla content de cette décision. Je pris Rachel par le bras et sortis sur le pont A, assistant au départ du bateau. Rachel s'approcha des rambardes et fit des signes de main à la foule sur le quai. Je me frayai un chemin jusqu'à elle, surprit de son attitude. Il était rare de voir Rachel montrer des signes de sympathie, comme ceci.
− Vous connaissez quelqu'un, Rachel ? lui demandai-je.
− Non, je montre simplement à ces pauvres gens jaloux de ma chance que j'existe.
Je la dévisageai. Rachel avait un an de moins que moi, mais je n'avais pas souvenir d'être aussi stupide à 14 ans. Ni aussi égocentrique et vaniteux.
− En tout cas, j'ai hâte de revoir Maman et Papa, ils me manquent, soupira-t-elle en se tournant vers moi.
J'aurai aimé pouvoir en dire pareil. Ma mère me manquait énormément, elle nous avait quittés, Père et moi, quand j'avais huit ans, et j'avais été inconsolable pendant plusieurs semaines, malgré les tentatives de mon père pour que j'oublie cette tragédie. Je gardai constamment une photo d'elle sur moi, incrustée dans un pendentif.
Ma fiancée quitta le bord, s'accrochant à mon bras comme si sa vie en dépendait. Rachel avait beau être une fille mignonne, son caractère excessif et arrogant me fatiguait vite. Je tentais de masquer ma lassitude en la complimentant, mais je commençais à être à court d'arguments, à force de répéter tout le temps la même chose. C'était aussi une manière de lui faire croire qu'elle m'intéressait, d'une certaine façon, alors je continuais.
− Votre robe est très jolie, aujourd'hui, Rachel, dis-je nonchalamment, arrangeant une mèche de cheveux qui tombait sur mon front et me gênait. Cette ceinture bleue met en valeur vos yeux.
− Merci. Connaissant votre sévérité en matière de vêtements, j'en conclus que je suis vraiment belle.
Ça recommençait. Ne pourrait-elle pas se taire, une fois ?
Le bruit de la cheminée me fit sursauter, ce qui ne rata pas à Rachel qui éclata de rire. Je la gratifiai d'un regard noir. De quel droit se moquait-elle de moi ?
− Oh, ne faites pas cette tête-là, je ne fais que m'amuser.
Je préférai me taire avant de dire quelque chose que je regretterais et la pris sous le bras, la ramenant à l'intérieur malgré ses protestations.
− Vous feriez mieux de rentrer vous changez pour le dîner de ce soir. De plus, ce soleil va abimer votre peau, je suis sûr que vous ne vous êtes pas protégée du soleil, l'intimai-je.
Elle ne trouva rien à redire et, avec un soupir, elle appela sa femme de chambre et s'enferma dans sa chambre. J'étais enfin seul ! Je retournai sur le pont et entrepris de visiter le paquebot en attendant que l'on sonne l'heure du dîner. Il était vraiment à la hauteur de sa réputation : le grand salon de première classe était décoré de boiseries ravissantes, les couleurs étaient douces et neutres, harmonieuses, même si elles ne seyaient pas vraiment à mon teint pâle. Il me fallait quelque chose de plus clair, du gris par exemple. L'escalier qui menait à la salle de dîner était lui aussi époustouflant et je ne pus que m'extasier en voyant le bois précieux et le marbre de qualité. Des chérubins en bronze ornaient les piliers et un magnifique lustre en cristal éclairait la cage d'escalier. Le soleil qui passait au travers du dôme de verre faisait scintiller le lustre. Une magnifique horloge baptisée « L'Honneur et la Gloire couronnant le Temps » indiquait l'heure sur le premier semi-palier. Tout cela était bien trop beau, à tel point que j'en suffoquais presque. Même si nous étions riches, mon père et moi n'étions pas friand des décorations surchargées et opulentes. J'aimais les choses simples et légères et, de toute façon, à part les voitures et le sport, il n'y avait pas beaucoup de choses qui plaisaient à mon père.
Je croisais quelques têtes connues durant ma découverte du paquebot : parfois des connaissances de Père, parfois des célébrités. Je désespérais un peu de ne pas trouver des personnes de mon âge. Je n'avais croisé jusqu'alors que des couples adultes accompagnés ou non d'enfants en bas-âge. Personne à qui parler des préoccupations de mon âge, hormis Rachel. Peut-être verrai-je au dîner.
Voyant le soleil commencer à se coucher, je décidai de rentrer à ma suite pour mettre un élégant complet pour le soir. Je retrouvai Finn devant la porte de ma cabine et lui lançait un regard interrogateur, surpris de le voir m'attendre.
− Si Monsieur me le permet, j'aimerais vous aider à donner un avis sur votre vêtement de ce soir, me dit-il avec une légère révérence.
Mon visage s'éclaira à cette proposition et j'acquiesçai vivement, entraînant sans ménagement Finn dans la suite puis dans ma chambre personnelle, même si je connaissais son goût douteux en matière de vêtements. Je constatai que Rachel ne se pavanait pas dans le salon, sûrement trop occupée à se pomponner et à se maquiller, et c'était tant mieux.
On pourrait se dire que c'est facile pour nous, les hommes, de choisir une tenue du soir, mais c'est une véritable affaire. Tout le monde porte une chemise blanche, un nœud-papillon blanc et une veste en queue-de-pie, il faut donc savoir se distinguer. Après avoir sorti et étendu sur mon lit l'intégralité de ma collection de nœuds-papillon − cinquante-sept au total −, et avec l'appui de Finn, j'optai pour un de couleur bleu pâle qui s'accordait à merveille avec mes boutons de manchette et mes yeux. Un veston argenté irait à la perfection avec l'ensemble et pour la touche finale, ma dernière acquisition sur la tête : le magnifique chapeau noir avec une plume que Père trouvait trop féminin.
Je retrouvai Rachel dans le salon de la suite, arborant une somptueuse robe verte pâle. Il y avait au moins une chose que je ne pouvais reprocher à Rachel : elle avait bon goût en matière de décoration et de vêtements, heureusement pour elle. Je vis son regard se poser successivement sur mon chapeau melon puis sur Finn, mais elle ne dit rien. J'entendis au loin le son du clairon annonçant le dîner, puis Père entra dans la suite, en complet habillé. Il fit un baisemain à Rachel et la complimenta sur sa tenue, avant de se tourner vers moi. Je ne ratai pas son léger froncement de sourcils quand il vit mon chapeau, cependant il ne fit aucune remarque, contrairement à son habitude.
− Bien, l'heure du souper a sonné, descendons dîner. J'ai quelques personnalités rencontrées au fumoir à vous présenter, dit-il d'un ton joyeux.
Je pris Rachel par le bras mécaniquement et, suivi par Finn et Père, nous descendîmes au pont D pour le dîner. Au bas du grand escalier, mon père m'arrêta par le bras.
− Tu sais bien que je n'aime pas ce chapeau, Kurt, me souffla-t-il d'un air mécontent.
La remarque avait tardé à venir. Je me disais bien que c'était bizarre qu'il ne m'ait toujours rien dit à propos de ce chapeau. Je le toisai du regard puis feignis l'indifférence. Ce n'était pas lui qui allait me dicter mon code vestimentaire. Je sentis Finn me serrer l'épaule comme un signe de réconfort alors que mon père présentait Rachel à un couple d'aristocrates.
− Ah, Astor ! Je vous présente mon fils Kurt et sa fiancée, Rachel Berry, dit-il alors que je me joignais à eux et baisais la main de la jeune fille qui ne devait être guère plus âgée que moi. Voici Monsieur John Jacob Astor et sa femme Madeleine.
− Très heureux, fis-je en serrant poliment la main d'Astor.
Alors que Père nous présentait la Comtesse de Rothes, Rachel se glissa derrière moi.
− Vous avez vu ? Madeleine Astor est enceinte de cet homme qui doit avoir le triple de son âge ! me souffla-t-elle, l'air scandalisé.
Je ne répondis rien, non intéressé par de tels ragots, et suivis docilement mon père à notre table où je rencontrai entre autre Monsieur Ismay, le directeur général de la White Star Line, Monsieur Andrews, l'architecte du bateau, et Madame Margaret Brown, avec qui je m'entendis tout de suite très bien, à l'instar des autres femmes de l'attablée. J'eus, par ailleurs, droit à quelques compliments sur mon chapeau, renfrognant mon père. Je me retrouvai très vite à parler mode avec la gente féminine, rendant agréable et intéressant le dîner. J'affectionnais tout particulièrement Molly Brown et Madeleine Astor et me promis intérieurement de passer plus de temps avec elles. Sans Rachel de préférence. Malheureusement, celle-ci me collait de plus en plus.
Chapitre court, et il ne se passe pas grand chose, désolée~ ! Mais le prochain est bien plus long et les choses sérieuses commencent ;)
Je pars demain à Paris et ne revient que dimanche, donc la suite ne sera pas postée avant Lundi... Voilà^^
Mizugachi.
