Chapitre 2: Le Coffret.

Rien, rien et encore rien. Sherlock reposa rageusement son journal . Il commençait à regretter de ne pas avoir accepter l'enquête du brocanteur. On frappa à la porte en bas et Sherlock entendit Madame Hudson se précipiter pour ouvrir. Au moins elle ne portait plus son entêtant parfum à l'eau de rose depuis qu'il lui avait clairement fait comprendre que c'était une infection. Les voix étouffées de la logeuse et du visiteur lui étaient inaudibles mais un regard dans la rue, sur la grosse et longue voiture noire qui repartait de devant le 221B Baker Street, lui appris tout ce qu'il avait besoin de savoir sur ce visiteur indésirable : Mycroft.
Quelle urgence pouvait bien pousser son cher frère à lui rendre visite ? Tandis qu'il entendait les pas de Mycroft dans l'escalier il attrapa son violon et se mit à jouer une mélodie discordante, qu'il aimait attribuer à Mycroft, tout en gardant son regard rivé sur la rue. Mycroft entra, sans un mot, prenant soin de refermer la porte pour signifier sa présence à Sherlock. Comme si celui-ci ne l'avait pas entendu ! Sherlock pris plaisir à jouer quelques dernières notes plaintives et stridentes avant de reposer son violon et se tourner vers son frère.
Mycroft Holmes portait comme à son habitude un impeccable costume cravate qui lui donnait des airs de PDG.

-Quel accueil ! Sourit Mycroft d'un ton moqueur.

En dépit de son air détaché, Sherlock sentit qu'il était stressé. C'était presque imperceptible : des cernes sous les yeux et un pli à peine visible entre ses yeux.

-Qu'est ce que tu veux ? demanda Sherlock sans préambule.

-M'assurer que tout va bien.

Encore ce ton courtois et cet air de supériorité. Etait-ce vrai ? Sherlock sentit soudain son intérêt piqué au vif…Quelque chose clochait dans cette visite. Mycroft était stressé. Cette visite n'avait apparemment aucun but, hormis le fait de s'assurer que Sherlock allait bien.

-Ton portable était éteint, si tu m'avais répondu, tu ne me trouverais pas là aujourd'hui.

-Quelque chose de particulier à me dire ? demanda Sherlock en essayant de ne pas paraître trop suspicieux.

-Rien, je suis simplement de passage dans Londres…
Sherlock n'écouta pas la fin de sa phrase. Mycroft mentait de toute évidence. Ainsi il était venu car il n'avait pas répondu ? Cela ne signifiait qu'une seule chose : Mycroft avait des ennuis et peut être faisait on pression sur lui au point qu'il avait soudain craint qu'on se serve de lui, Sherlock, pour faire céder Mycroft à un quelconque chantage.

-Qui te fait marché ? demanda soudain Sherlock, coupant court au monologue de son frère qui s'évertuait à expliquer sa venue.

Une fugace expression de surprise passa sur le visage de Mycroft Holme et Sherlock sût qu'il avait deviné juste.

-Personne.

-Personne ? Que fais tu ici alors ? Sinon pour t'assurer que je suis bien là ! Alors je répète ma question ? Qui fais pression sur toi et qu'attend t-on de toi ?

Mycroft posa son regard indéchiffrable sur Sherlock.

-C'est toujours un plaisir de te rendre visite, Sherlock.

-Je t'en prie, épargne moi ce babillage…

Mais Mycroft ne semblait disposé à rien dire et Sherlock sut que s'il voulait découvrir quelque chose, il fallait qu'il le découvre de lui-même. Sherlock repris son violon et se remis à jouer, imperturbable, perdu dans ses pensées. Il attendit que la voiture de Mycroft se fut éloignée de Baker Street pour cesser de jouer et prendre son portable.

[Sherlock John : Myrcoft est venu me voir à l'instant. Etrange visite.]
[Sherlock John : je le soupçonne de tremper dans une affaire qui pourrait nous retomber dessus.]
[Sherlock John : Est-il venu te voir ou te poser des questions ?]

Sherlock attendit un moment, portable en main. Mais John ne répondait pas, sans doute avait-il coupé son téléphone pour être tranquille avec Sarah. C'était agaçant. Sherlock rangea son portable et enfila son manteau. Il était temps de tromper l'ennui et de se rendre chez le Brocanteur. Il avait tout de même laissé sa carte de visite à Madame Hudson avant de partir, dans le cas ou le détective changerai d'avis.

La brocante se trouvait nichée à l'angle d'une rue, aux côtés d'un petit restaurant. Sherlock entra, il faisait sombre et il flottait dans l'air une odeur caractéristique des vieilleries, mélange de poussière et bois entretenu à la cire d'abeille. Une multitude d'objets et de meubles anciens étaient disposés dans des simulacres de mise en scène. Il y avait une petite cours intérieure d'où provenait des coups répétés de marteau. La vitrine qui donnait sur la rue portait un filigrane de poussière, exceptée l'une d'entre elle, sans aucun doute fraîchement remplacée. Les voleurs ou le voleur était donc rentrés sans discrétion en fracassant la devanture de la brocante. Ce qui lui avait laissé certainement laisser peut de temps avant que la police ne débarque. Le voleur n'avait pris que le coffret, ce qui laissait entendre qu'il était déjà venu ici en tant que simple observateur pour faire du repérage. Mais pourquoi le coffret ? Le chandelier posé sur une commode devait valoir le double d'un coffret en bois.

Darell était dans sa cour intérieure, en train de réparer à grand coup de marteau une cabane à oiseau. Derrière lui, sur l'un des murs de la cours intérieure une étrange suite de symboles avaient étés tracés à la hâte à la bombe de peinture rouge. Après avoir réussit à décodé le code des trafiquant du gang du Motus Noir, il apparut évident à Sherlock que ce code ne lui poserait aucun problème.

-Monsieur Holmes !s'exclama le brocanteur sans cacher sa surprise. Vous êtes finalement venu !
-Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, répliqua Sherlock. Ce message, il a été peint en même temps que le vol du coffret, je présume ?

-C'est exact…

-Pourquoi ne l'avait vous pas mentionné quand vous êtes venus ?

-Ce tag ne veut rien dire !

-Idiot, souffla Sherlock.

-Pardon ? demanda Darell en fronçant les sourcils.

-je me demandais si vous aviez une photographie du coffret volé ?

-Pas de photo, mais j'en ai fait un dessin. Suivez moi.

Sherlock le suivit jusque dans la boutique jusqu'à un vieux bureau marqueté. Il en sortit un paquet de feuilles griffonnée et tandis l'un des dessins à Sherlock.

C'était un coffret pas plus grand qu'une boite à biscuits, avec des gravures représentant des scènes de chasse à cours.

-Y avait-il quelque chose de particulier dedans ?

-Rien, ce coffret était vide. J'y laissais parfois des lettres mais le voleur les a vidée sur le sol avant de déguerpir avec.

Sherlock fourra le dessin dans sa poche et repartit sans un mot vers la cours intérieure, suivit de prêt par Darell. Le brocanteur était vraiment stupide de ne pas avoir compris qu'il s'agissait d'un code, et non d'un simple nouveau style de code. Le coffret volé avait forcément un lien avec le message. C'était un jeu de piste, une chasse au trésor… Mais qui devait jouer ? Pas Darell de toute évidence, il avait l'esprit lent. C'était lui, Sherlock, qui jouait. Il sourit et pris le code en photos avec son portable puis repartit sans un mot. Retrouvé le coffret serai un jeu d'enfant. Et il espérait bien, s'il s'agissait réellement d'une sorte de chasse au trésor, que le coffret le conduirait à un indice plus compliqué, à la hauteur de son brillant esprit de déduction.