Bonjour tout le monde.
Bon j'ai conscience que le premier chapitre ne dévoilait pas grand-chose mais je suis positivement heureuse des premiers retours. Alors sans attendre voici la suite.
Mais d'abord les reviews :
Serpenta : Je vais leur faire subir tout un tas de chose sous la grande arche de l'ammuuurr XD. Nan je plaisante.
Makaisword : Merci beaucoup. Voici la suite j'espère qu'elle te plaira.
Pouika : Merci. J'avoue qu'en ce moment je sais pas ce que j'ai mais j'adore jouer sur plusieurs période. Mais normalement il n'y a que deux années différentes, donc ça sera pas trop compliqué de suivre.
Brigitte26 : Hum…je ne vais pas trop en dévoiler mais…je peux déjà dire que ce n'est pas une deathfic XD.
Nerilkka : Haha vraiment ? Et bien merci beaucoup alors !
Yume resonnance : Effectivement c'est un peu tôt pour se prononcer. Mais merci d'avoir laisser un petit message tout de même ça me fais vraiment plaisir.
Juste de moi : Vroui n_n. Espérons que ça continue huhu.
MissAnika : Merchi beaucoup !
Tinetinetina : J'ai compris, et oui en effet ça va jouer sur l'avant et l'après.
Moony's Words : Pourquoi je nierais une chose aussi chouette ! Merci pour le fav et le follow gros koeur sur toi. Je comprends la multitude de voyelle parce que fanfiction empêche de mettre beaucoup de point d'exclamation et moi j'en use à outrance alors quand je n'en vois qu'un je suis hyper frustrée. Mais je me soigne. Voici la suite j'espère qu'elle te plaira !
Werwolf-yasya : Thank you for all of your messages. Please enjoy it
Vuala !
Encore merci à ma bêta Titou Douh et bonne lecture les agneaux.
LA FIERTÉ DES CONDAMNES
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Avril 1997
Il lui avait envoyé un mot. Il l'avait fait sans vraiment s'en rendre compte. Sa main avait bougé toute seule et il l'avait envoyé sans hésiter. Et quand le mot s'échappa de ses doigts, il sentit un poids énorme se lever de ses épaules. Peut-être ne viendrait-il pas, peut-être se moquerait-il de lui… Peut-être même viendrait-il pour l'attaquer et lui demander des explications. Draco lui en donnerait, des explications. Il fallait qu'il voie de ses propres yeux à quel point il était fort et faible en même temps. Il fallait qu'il voie s'il pouvait changer quelque chose.
Alors, il avait ravalé sa fierté et envoyé ce mot.
« Potter, il faut qu'on discute.
Salle sur demande, 21h.
Viens seul. »
Il y était maintenant depuis plus d'une demi-heure. Juste au cas où Harry arriverait plus tôt. Il sortit une montre à gousset et remarqua que l'heure de rendez-vous était dépassée de plus de dix minutes. Il baissa la tête et rigola doucement. Comment avait-il pu croire que Potter viendrait sans broncher ? Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête pour croire une seule seconde que son salut viendrait d'un gosse du même âge que lui ? Plus petit, plus maigre, myope avec des tendances suicidaires… Qu'était Harry Potter à part un garçon aussi paumé que lui ?
Mais ces larmes… Cette phrase…
Qu'était Harry Potter ? Un garçon qui avait perdu ses parents alors que les siens étaient encore en vie. Qui était Harry Potter à part un garçon qu'on avait tenté de tuer bébé, pendant que lui vivait une vie de prince ? Qui était-il à part un garçon qui avait vu Cédric Diggory mourir alors que lui ne se remettait pas de la mort de cet oiseau ? De cet échec…
Qui était-il ? Ce garçon qui avait brillé durant le tournoi des trois sorciers, qui avait affronté Voldemort deux fois et l'avait tenu en échec, qui avait perdu sa seule famille alors que la sienne se démenait pour se mettre en danger continuellement…
Il se tourna vers la tapisserie et s'apprêta à partir quand quelque chose bougea derrière lui. Draco se tourna et le vit, debout devant lui. Ses cheveux noirs en bataille, ses grands yeux verts le fixant intensément derrière ses lunettes rondes. Draco le regarda pour de vrai. Pour la première fois. Sa peau était légèrement hâlée. Il flottait dans ses vêtements. Draco se demanda comment il avait fait pour ne jamais remarquer à quel point il était mince et plus petit que lui. A chaque fois qu'il était face à Potter, il avait l'impression qu'ils faisaient la même taille. Pourtant, ça n'enlevait rien au regard déterminé qu'il lui lançait et à la haine brûlante qui se dégageait du brun. Draco prit sur lui de garder un visage impassible. Il se retenait de ne pas ricaner ou de faire une remarque déplaisante.
Cela valait-il le coup de le faire ? Il était venu, il était seul. N'était-ce pas le moment de revoir sa façon de se comporter ? Potter bougea. Il se décala pour s'éloigner un peu de la tapisserie et Draco comprit.
Harry savait que ce n'était pas un hasard. Le blond l'étudia encore un peu avant de faire les trois fameux allers-retours devant la tapisserie. La porte de la salle sur demande apparut et Draco l'ouvrit. Il ne jeta pas de coup d'œil en arrière. Il entendit le frottement que fit Harry en le suivant. La porte se referma sur eux et disparut.
Draco marcha à travers le dédale d'objets qui s'éparpillait partout ; il brûlait d'envie de tourner la tête pour voir si le brun le suivait toujours mais n'en fit rien. Il finit par s'arrêter devant l'immense armoire ; la source de son malheur et la réponse à ses problèmes. Il coula rapidement un regard vers Harry et remarqua que ce dernier ne fixait par l'armoire mais le regardait lui. Ils s'observèrent un long moment et Draco se mit de nouveau à douter. Il savait qu'il devait dire quelque chose mais rien ne voulait sortir de sa bouche. Pourtant, c'était maintenant ou jamais. Puis ça lui apparut comme une évidence.
- Il est chez moi.
Draco crut durant un infime instant que Potter allait exploser de rire et fanfaronner en disant qu'il le savait. Que c'était évident, que ça devait arriver tôt ou tard. Tel père, tel fils, après tout. Il s'attendait même à ce qu'il lui jette un sort et se venge des coups que Draco avait portés. Mais le Gryffondor ne fit rien de tout ça : il ouvrit la bouche et ne dit qu'une seule chose. Une chose qui le convainquit qu'il avait sûrement fait le bon choix.
- Tu ne vas pas bien, Malfoy.
Draco planta ses yeux gris dans ceux de son vis-à-vis.
Il se mit à rire.
Il posa ses deux mains sur son visage et rigola.
- Je ne vais pas bien… Je ne vais pas bien, non. Depuis quand tu le sais ?
Il écarta ses mains et ce qu'il vit le choqua profondément. Harry avait baissé les yeux et semblait en proie à un véritable combat intérieur.
- C'est évident, dit-il. Je te suis à la trace depuis le début de l'année. Tu pensais que je lâcherais l'affaire juste avec un coup de pied dans le nez ?
Harry fit une pause et Draco ne trouva rien à répondre. Il lui parlait froidement, comme Severus aurait pu lui parler. Comme s'il était un idiot qui jouait avec le feu tout en étant couvert de combustible. Le blond voulut riposter mais Harry parla plus vite que lui.
- Montre-la moi.
Draco se tourna vers l'armoire et tendit le bras.
- Pas ça, Malfoy. Montre-la moi.
Draco ramena son bras vivement vers lui.
- Non, souffla-t-il.
Il ne pouvait pas lui montrer ça. Il ne l'avait même pas montrée à sa mère ! Alors à Potter, c'était impossible… Harry s'avança rapidement vers lui et s'apprêta à lui prendre le bras mais s'arrêta en plein geste. Draco l'observa, surpris.
- Je ne peux pas la toucher, Malfoy, alors montre-la moi.
- Pourquoi…
La main d'Harry restait suspendue au-dessus de son bras et Draco réalisa qu'Harry avait été sur le point de le toucher. D'attraper sa main. Il avait la sensation que ce geste n'aurait pas été aussi violent qui l'aurait cru.
- Je ne peux pas…
Harry braqua son regard dans ses yeux et Draco détacha les boutons de manchettes de sa chemise et leva doucement le tissu. Il leva les yeux pour ne pas la voir mais Harry observa scrupuleusement chaque détail. Puis il poussa un long soupir et s'éloigna.
Draco réajusta sa manche rapidement et observa Harry qui regardait de nouveau ailleurs.
- Je devrais sauter de joie et courir vers Ron et Hermione pour leur dire que j'avais raison. Je devrais être en train de me vanter et de te cracher dessus pour avoir dignement suivi les pas de ton père. Mais qui suis-je pour critiquer un fils qui veut ressembler à son père ? Rogue me rappelle avec assez de mépris que je ressemble au mien alors que je ne le connais pas…
Draco ne répondit rien. Étrangement, il ne se sentit pas vexé par ses paroles car elles étaient dites sans haine mais avec une profonde résignation. Draco se morfondait d'être aussi prévisible aux yeux de Potter. Ça donnait des airs de destins tout tracé.
- J'ai besoin de savoir, Potter.
Harry le regarda avec méfiance.
- Que fais-tu, Malfoy ?
- Je te le dirais. Mais il faut que tu me dises si… Dumbledore peut vaincre Tu-sais-qui.
- Il ne le peut pas. Il ne pourra pas ou il ne le fera pas.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est moi qui le tuerai.
Draco fit un rire bref.
- Toi… Ne te moque pas de moi, Potter. Tu es incapable de contrer un Stupéfix. Pourquoi ça devrait être toi ?
- Parce qu'il ma choisi…
Un autre rire narquois s'échappa des lèvres du blond.
- Qui ça ? Dumbledore ?
- Non. Voldemort.
Draco fit un pas en arrière et frissonna.
- Ne prononce pas ce nom.
- Je le prononcerai autant de fois qu'il le faudra. Il ne m'inspire pas la même peur que toi. Sûrement parce qu'il ne peut plus me faire autant de mal qu'il m'en a déjà fait…
- Vous savez quelque chose, c'est ça ? Dumbledore et toi… Vous savez quelque chose.
- Et tu crois que je t'en parlerais si c'était le cas ?
La voix de Potter ne souffrait aucune hésitation. Draco se sentit bêtement rasséréné. Il aurait dû être inquiété que Potter sache plus de choses que prévu mais, en vérité, ça le rassurait. Il avait peut-être fait le bon choix. C'est déjà étrange qu'il ne réagisse pas face à l'armoire et encore moins devant la marque des ténèbres… Étrange que Potter n'explose pas de rage… Il le ferait sûrement quand Draco lui révélerait ce qu'il devait faire.
- Est-ce que tu regrettes ?
- Quoi ? Fit Draco.
- La marque… Tu regrettes ?
Draco observa son bras un moment.
- Non… Pas au début. J'en étais fier.
Il laissa le temps à Harry de digérer sa franchise mais le brun ne fit aucune remarque.
- Maintenant… C'est une malédiction, n'est ce pas ?
Harry amena sa main contre son front et Draco suivit ce geste avec appréhension. Mais le Gryffondor lui fit un mince sourire. Draco se surprit à découvrir que c'était la première fois qu'il voyait le brun sourire. Ça avait quelque chose de profondément triste. C'était dur à regarder parce que ce n'était pas des conditions pour sourire.
- Une malédiction, en effet.
- Je regrette, dit Draco précipitamment. Je regrette mais je n'ai pas le choix !
- Selon Dumbledore, nous avons toujours le choix.
- Tu parles comme une marionnette, Potter !
- C'est ce que nous sommes tous les deux, on dirait…
Draco se mordit la lèvre et fronça les sourcils.
- Et ça te convient ? Hurla-t-il
Harry recula doucement et se colla contre une des colonnes de la salle.
- Que veux tu que je fasse ? Que je reste là sans rien faire ? Cette armoire – Harry la pointa du doigt – elle mène vers Voldemort ?
Draco hésita.
- Pas exactement.
- Mais c'est en lien avec lui.
- Oui, souffla le blond.
- Pour que tout se termine… Il suffirait que tu m'immobilises et que tu me jettes dedans. Tous tes problèmes, parce que si tu es là c'est que tu as des problèmes, seraient résolus. Moi mort, tu n'aurais plus aucun souci.
Draco vacilla.
- C'est ce que tu veux ? Tu veux mourir ? Autant que je t'ouvre la porte et que tu y entres de toi-même !
Harry releva un regard vers lui et Draco se figea.
- Tu aimerais me voir mort, Malfoy ?
- Ne me demande pas ça !
- Je le fais. Parce que malgré tout ce que tu m'as fais subir, tout ce que ton père m'as fais subir et malgré la joie que je ressens à chaque fois qu'il t'arrive malheur, te voir mort est une chose que je ne souhaite pas.
Draco avala la révélation avec difficulté. Il se redressa du mieux qu'il put et tenta de reprendre contenance en jetant un regard mauvais à Harry.
- Moi si. Je l'ai souhaité. J'ai voulu que tu meures. Tu as envoyé mon père en prison. A cause de toi…
Draco s'arrêta en pleine tirade. Ce qu'il allait dire était tellement stupide… Ce n'était pas de la faute de Potter..
- Pourquoi étais-tu au ministère ?
Harry écarquilla les yeux.
- Personne ne te l'as dit ?!
Draco fit non de la tête.
- Voldemort voulait un objet qui s'y trouvait et ne pouvait pas y entrer alors… Il a fait en sorte que j'y entre et que je le récupère de moi-même.
- Mais pourquoi mon père…
- Pour cette même mission.
Draco avait du mal à comprendre pourquoi Harry lui répondait sans hésiter. Pourquoi ne faisait-il même pas l'effort d'être énervé par ses questions alors que lui ne révélait pas grand-chose ? Mais maintenant, il avait une vue d'ensemble. Son père avait échoué face à la mission que lui avait confiée le seigneur des ténèbres. S'ils en étaient là, sa mère et lui, c'était de sa faute. Alors Draco comprit définitivement que ce n'était pas une faveur qu'on lui faisait, que ce n'était pas une seconde chance qu'on lui offrait. Il avait subi lui aussi deux échecs et se savait incapable de mener à bien la mission la plus importante qu'on lui avait confiée. Il comprenait que le seigneur savait qu'il échouerait de toute façon. Parce qu'il n'avait plus aucune confiance en leur famille.
- Il veut que je tue Dumbledore et que je fasse entrer les mangemorts dans l'école.
Il avait lâché cette phrase d'un coup sec. Il l'avait dit. Enfin. Pas à sa mère, pas à Severus. A Harry Potter, l'ennemi de son maître. Il était un traître. C'était fait. Ça avait été rapide. Draco releva les yeux sur Potter et vit que ce dernier avait perdu toutes ses couleurs.
- Le collier, c'était toi ? La bouteille destinée à Dumbledore par Slughorn, c'était toi aussi…
- Oui…
- Tu as failli tuer une élève ! Et Ron !
Les lèvres de Draco tremblèrent légèrement. Harry s'avança rapidement vers lui et avant que sa baguette ne soit sortie, un poing s'abattit sur son nez. La douleur le fit tomber au sol. Il porta sa main au visage et sentit un liquide chaud et carmin s'écouler sur ses lèvres. D'une main tremblante, Potter sortit vivement sa baguette et la pointa sur Draco. Son visage était rouge de fureur et le blond ne pouvait qu'observer cette scène cruellement prévisible.
- Episkey!
Draco entendit un léger craquement au niveau de son visage et la douleur disparut. Le brun rangea sa baguette et s'approcha de lui. Draco recula au sol. Harry s'avança de nouveau et tendit sa main. Le blond la regarda, les yeux écarquillés. La scène improbable le renvoya dans le Poudlard Express, où lui-même avait tendu la main. Harry Potter l'avait refusée. Draco Malfoy glissa ses doigts dans ceux du brun et le garçon l'aida à se relever.
- Que comptes-tu faire ? questionna Harry.
- Ce que je compte faire ? C'est toi le sauveur du monde sorcier !
Harry ricana doucement, lâcha sa main et Draco battit des cils à plusieurs reprises.
- Je vais y réfléchir, Malfoy. Je vais y réfléchir sérieusement et ensuite, on en discutera.
- Tu parles d'une vraie discussion ?
Harry jeta son regard sur l'armoire puis sur Draco.
- On dirait… Qu'on y arrive, alors pourquoi pas ?
Draco serra les lèvres. Maintenant qu'il parlait avec Harry Potter, une idée saugrenue lui traversa l'esprit. Il avait envie de continuer. Il l'avait détesté durant plus cinq ans et maintenant ils discutaient. Et il en voulait plus.
- Potter ?
Harry haussa un sourcil.
- Tu vas le dire à Granger et Weasley ?
Le brun secoua la tête.
- Non.
Draco se sentit soulagé.
- J'ai l'impression que ça ne ferait rien avancer pour le moment. Demain…
Harry ne continua pas à sa phrase et tourna le dos à Malfoy pour sortir de la salle.
- Potter ?
Harry s'arrêta mais ne se tourna pas.
- Merci… Et…
- Ne le dis pas. Ne dis pas que tu es désolé.
Harry se tourna vers lui et Draco découvrit avec horreur qu'il avait les yeux rouges et le visage tordu par la colère. Il ne savait pas si elle était dirigée vers lui mais l'air furieux qu'arborait Potter ne lui donna pas envie d'ouvrir la bouche. L'impression que le garçon faisait la même taille que lui revint en force.
- Je ne regrette rien de ce que je t'ai fait subir. Je ne te demanderai pas pardon. Crois-le ou non, ton père mérite d'être à Azkaban en ce moment. Ne dis pas que tu es désolé parce que j'aurai du mal à te croire. Cependant, je crois que tu as été submergé par les événements et que tu commences à comprendre que ce n'est pas juste toi contre moi. Tu n'as encore rien fait, Malfoy. Tu n'es pas encore un assassin. Je n'ai encore rien à te pardonner, parce que pour le moment tu n'as tué personne. Et j'espère sincèrement que ça n'arrivera pas. Tu me remercieras quand cette histoire sera terminée… Si je suis encore en vie pour que tu puisses le faire.
Draco baissa les yeux. Un long silence s'étira sans qu'aucun d'eux ne fasse le moindre mouvement puis la voix du brun se fit de nouveau entendre.
- Je peux te poser une dernière question ?
Draco fit oui de la tête.
-Savais-tu que Mimi Geignarde était une sang-de-bourbe ?
- Je le savais, oui.
Harry lui fit alors un doux sourire.
- Lui as-tu demandé comment elle était morte ?
- Non…
Harry commença à se détourner de lui.
- Tu devrais le faire.
Il n'ajouta rien et disparut. Draco resta dans la salle sur demande et s'empara d'un drap pour couvrir l'armoire. Ce ne fut qu'une fois dans son lit qu'il se rendit compte de la portée de son acte. Il avait failli tuer Katie Bell et Ron Weasley… Il avait versé des larmes pour un oiseau mais il avait failli tuer des élèves. Il était même prêt à tuer Dumbledore… Il se mit à pleurer et souhaita qu'Harry fasse quelque chose.
Lui n'aurait pas la force de tuer qui que ce soit et ça les condamnait, sa mère et lui.
XxxxxxXxxxxxX
Avril 2003
Le vent s'engouffra violemment sous le tissu de la tente, ce qui lui valut une flopée de jurons de la part de son collègue. Harry la referma d'un coup de baguette et se débarrassa de sa cape déjà sèche. Il se dirigea rapidement vers son lit de camp et se laissa tomber dedans.
- Jason est placé ?
- Ouaip, il en a pour trois ou quatre heures avant que tu le relèves alors tu devrais dormir.
- Je dormais jusqu'à ce que tu ouvres cette tente comme une furie, Potter.
- Désolé. La prochaine fois, on demandera aux criminels de choisir les Bahamas pour le lieu de réunion.
- Tu ferais bien. J'ai l'impression que la seule chose qu'on va ramener, c'est une grippe de dragon.
Harry ramena la couverture sur lui en souriant et se tourna vers le coin de la tente. Il ne prit même pas le temps de retirer ses lunettes.
- Il manque combien de personnes ? demanda son collègue.
- Le comte Vanpelt est arrivé pendant ma ronde mais le Maître n'est toujours pas là.
- Tu n'es pas inquiet ?
- C'est ce qui était prévu. Lui entre nos mains, les autres seront incapables de lever le petit doigt.
- Potter ?
- Quoi ?
- Tu la sens bien, cette mission ?
- Pourquoi je la sentirais mal ?
- Parce qu'une réunion de vampires de plus de trois cent ans, ça fout les jetons !
- Ne t'en fais pas : si tu leur tapes dans l'œil, ils accepteront sûrement de t'offrir l'immortalité.
Il entendit son collègue rigoler derrière lui.
- Tu prends vraiment tout à la légère…
- Mais je fais mon travail sérieusement.
- C'est vrai.
- Dors, maintenant. C'est ta ronde, après.
- Oui, chef.
Harry ferma lui aussi les yeux pour se forcer à récupérer un peu de sommeil mais sa discussion avec Draco lui revint en mémoire. Des souvenirs à propos d'eux... Il en avait énormément.
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Avril 1997
Harry replia la carte du maraudeur après avoir vu le nom de Malfoy réapparaître au septième étage et se diriger vers les cachots. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait parlé avec Malfoy, il n'arrivait pas à croire que ce dernier lui avait craché le morceau aussi facilement. Il devrait être en train de douter de lui, il devait être en train de se dire que c'était un piège... Encore une magouille digne du blond pour le descendre ou l'attaquer. Mais il lui avait montré la marque, parlé de l'armoire, parlé de Dumbledore.
Harry écarquilla les yeux dans l'obscurité. Dumbledore le savait.
Il se redressa d'un coup dans son lit sous cette effarante constatation. Dumbledore devait obligatoirement le savoir : c'était uniquement pour cette raison qu'il prenait les avertissements d'Harry à la légère, qu'il ne faisait rien pour convoquer Malfoy. Le directeur savait que le blond tentait de le tuer. Mais pourquoi le laissait-il faire ? Pour torturer Draco Malfoy en lui faisant croire qu'il avait une quelconque chance ? Voldemort voulait que Malfoy le tue et Dumbledore devait savoir que Malfoy ne ferait pas ça... Ceci dit, il ne l'approchait pas non plus. Harry prit sa tête entre ses mains.
Ça n'avait pas de sens... Comment Dumbledore aurait-il pu le savoir ?
Le nom de Severus Rogue s'imposa à son esprit. Tout le monde disait qu'il fallait lui faire confiance ; Dumbledore ne jurait que par lui, Remus aussi était de son coté. Même Hermione disait qu'il ne fallait pas trop s'avancer sur son véritable rôle... Si quelqu'un devait connaître les menaces de mort qui pesaient sur Dumbledore, ça ne pouvait qu'être Severus Rogue. Mais peut-être que Rogue ne savait pas tout... Après tout, ne s'étaient-ils pas disputés durant la soirée de Slughorn ? Rogue voulait savoir et Draco ne voulait rien dire. Pas même à sa mère.
Alors pourquoi lui ?
Harry s'écroula de nouveau contre son oreiller. Toute cette histoire était en train de le rendre fou et le pire dans tout ça, c'était qu'il voulait croire Malfoy. Son visage livide, son ton désespéré, sa maigreur affligeante... Rien ne montrait qu'il allait bien. Il était rongé par ces événements. Et Malfoy ne venait-il pas de lui dire que Voldemort vivait sous son toit ? A cette pensée, Harry claqua des dents. Il avait été marqué pour faire bonne figure et sa maison était envahie par cette présence diabolique. Depuis quand ? se demanda Harry, depuis quand vivait-il avec ça ? Depuis la mort de Cedric, sûrement...
Les boyaux d'Harry se tordirent sous cette pensée.
Ils se tordirent encore plus quand il se rendit compte qu'il avait envie d'aider Malfoy. Toutes ces souffrances avaient trop duré, et Malfoy de son coté, c'était une prise de tête en moins, un moyen de se concentrer plus sereinement sur sa véritable mission : détruire les horcruxes. Il fallait qu'il en parle à Dumbledore et qu'il tienne sa langue devant ses amis avant d'avoir éclairci la situation. Étrangement, il voulait garder son entretien avec Malfoy pour lui.
Il referma les yeux et se força à dormir mais y parvint difficilement.
Le lendemain, il se traîna avant tout le monde dans la grande salle. Il leva le nez vers la table des professeurs et ne trouva pas Dumbledore. De nouveau, il se sentit nauséeux. Finalement, la discussion sur les horcruxes ne l'avait pas réellement apaisé. Il voulait voir Dumbledore, surtout si une possible mort imminente pesait au-dessus de lui. Au lieu de ça, son regard croisa celui de Severus Rogue qui le fixait de ses yeux noirs. Harry soutint son regard et laissa ses pensées vagabonder. Pouvait-on réellement faire confiance à Severus Rogue ? Qu'avait dit Dumbledore à son propos ? Que sans sa potion, il aurait perdu plus que sa main. Harry regretta soudain de ne pas s'être penché sur des cours de légilimencie plutôt que des cours d'occlumencie. Comme il aurait aimé lire dans l'esprit de Severus Rogue à ce moment-là... Il détourna les yeux et, sans vraiment le vouloir, les posa sur la table des Serpentard ; ils s'accrochèrent immédiatement à Draco Malfoy et Harry remarqua que ce dernier le fixait avec une sorte d'appréhension sur le visage.
Cela frappa Harry violemment. Draco attendait quelque chose de lui. Tout son corps était tendu et semblait appeler à l'aide. Il n'avait jamais vu le blond si fragile et désemparé. Harry tenta alors quelque chose. Il lui sourit, d'un sourire qu'il essaya de rendre réconfortant, mais Malfoy tourna la tête. Au même moment, Ron s'étalait en face de lui et Hermione et Ginny à ses côtés.
- Harry, dit la rouquine. Est-ce que ça va ?
Harry se tourna vers elle et hocha la tête. Il posa une main sur son ventre et s'étonna de quelque chose : le lion qui rugissait en lui n'avait rien crié du tout. Harry observa Ginny à la dérobée mais sa tête faisait tout pour pivoter de nouveau vers Draco. Il décida qu'il avait assez tenté de se battre contre son propre corps et, pour réfléchir en toute sérénité, il devait s'éclipser et mettre certaines choses au point.
- Hermione ?
- Oui, Harry ?
- J'aurais besoin de toi. Je n'ai pas terminé mon devoir de métamorphose, j'aimerais que tu y jettes un œil. S'il te plaît ?
Hermione sonda le regard d'Harry, ce dernier tenta de lui envoyer des signaux qui voulait dire « discussion privée ». Ron leva immédiatement la tête.
- Hey, attendez-moi ! Moi aussi j'aimerais que tu jettes un œil sur mon devoir.
- En vérité, Ron, ce qu'Harry essaie de dire discrètement c'est qu'il a besoin de mes conseils pour inviter correctement une fille.
- Quoi ?! Qui ça ?! dit Ron.
Harry coula un regard vers Ginny et celle-ci avait baissé la tête dans son assiette et fronçait légèrement les sourcils.
- Si ça fonctionne, Harry se fera un plaisir de t'en parler.
Elle se leva et prit le bras d'Harry. Le brun se laissa traîner. Il évita de regarder Malfoy et Rogue. Une fois qu'ils furent enfermés dans une salle où ils étaient sûrs de n'être dérangés par personne, Hermione se tourna vivement vers lui.
- Que se passe-t-il ?
Harry prit une chaise et s'assit, il invita Hermione à en faire de même.
- Si je te disais que quelqu'un à l'intérieur du château essayait de tuer Dumbledore, que dirais-tu ?
- Je dirais que c'est impossible : Poudlard est surprotégé.
- Hermione, fais un effort.
Hermione fronça les sourcils et serra ses livres contre elles.
- C'est à cause du poison ?
- Et du collier…
- Donc tu penses sincèrement que Malfoy est derrière tout ça.
Harry secoua la main.
- Ce n'est pas de ça dont je me préoccupe pour le moment. Dumbledore était au courant de ce qu'il se passait. Il répète assez souvent qu'il est très intelligent et ni toi ni moi n'en doutons. Maintenant, si Dumbledore savait qu'on tentait de le tuer mais qu'il avait décidé de ne rien fait contre ça, tu en penserais quoi ?
- Que c'est absurde. Il ne fait rien parce qu'il sait que personne ne peut le tuer. Si Voldemort n'y arrive pas, tu penses sincèrement qu'un élève y parviendrait ?
Harry savait parfaitement que ça serait impossible et c'était l'une des raisons pour laquelle Malfoy était encore plus dans le pétrin. Mais si Severus jouait sur les deux tableaux, il devait être au courant des manigances des mangemorts de vouloir pénétrer dans le château. Draco savait-il que Severus faisait aussi partie de l'Ordre ? Harry grogna et se massa les tempes.
- Il y a quelque chose de bizarre dans le comportement de Dumbledore, Hermione. Je ne saurais pas l'expliquer, j'ai besoin de tes lumières.
- D'accord… Retraçons ce qu'on sait. Premièrement, si Dumbledore s'éclipse aussi souvent, c'est pour courir après les morceaux d'âme de Voldemort. Deuxièmement, tu en as détruit un, ça a failli tuer Ginny et te tuer toi. Troisièmement, Dumbledore en a trouvé un et …
- Si Rogue n'était pas intervenu, il serait mort. Avant d'avoir le souvenir de Slughorn, il était très contrarié que je prenne mon temps, que je ne sois pas plus efficace.
- Comme s'il était pressé par le temps. Que lui a fait la bague, exactement ?
- Elle a détruit sa main. Elle est totalement noircie.
- Le journal a presque aspiré l'âme de Ginny, encore un peu et elle était morte... Tom Jedusor t'a attaqué... Et si la bague… Était plus dangereuse que ça ? Je veux dire, c'était tout de même un trésor familial. Si le sort qui la protégeait était vraiment puissant ?
- Tu veux dire au point de le condamner pour de bon ? Pour tuer le porteur quoiqu'il arrive ?
- Harry, il n'y a jamais rien de bon à ne faire que des suppositions.
Harry secoua doucement la tête. Des suppositions, c'était ce que lui et Dumbledore faisaient depuis le début en ce qui concernait Voldemort...
- Mais, et si Dumbledore ne s'inquiétait pas de celui qui tentait de le tuer parce qu'il sait qu'il va mourir ?
Hermione mit sa main sur sa bouche.
- Harry… Tu entends ce que tu dis ?
Harry entendait très bien ce qu'il disait. Mais pour lui, c'était impossible que Dumbledore ne sache pas que Draco tentait de s'en prendre à lui.
- Rogue doit savoir.
- Et qu'est ce que tu proposes ?
- Je ne sais pas... Utiliser Felix pour lui sortir les vers du nez ?
Juste après avoir prononcé cette phrase, il le regretta. Si Draco parvenait à réparer cette armoire, il aurait besoin de la potion pour plus ou moins protéger l'école. Ou protéger Dumbledore, si vraiment quelque chose devait lui arriver.
- Tu n'y penses pas, Harry ?
- Non. Mais je pourrais reprendre des cours d'occlumencie avec lui. Enfin, je ne sais pas. Il me hait, Hermione, il me hait parce qu'il haïssait mon père et cette haine et réciproque.
Hermione secoua la tête.
- A-t-il déjà aimé quelqu'un…
Harry leva la tête d'un coup.
- Harry ?
- Je… Je dois y aller ! Je dois voir le professeur Slughorn. Merci Hermione.
- Harry ! Attends, dis-moi ce que tu comptes faire ?!
- Comme d'habitude, 'Mione : poser des questions.
Il lui restait un peu de temps avant de commencer les cours alors il courut le plus vite possible en direction du bureau du professeur Slughorn. Ce dernier était déjà dans sa classe et attendait patiemment ses élèves.
- Harry, mon garçon, il ne me semble pas avoir cours avec vous, ce matin.
- Excusez-moi professeur, j'ai juste une question à propos de ma mère, ajouta-t-il précipitamment.
Slughorn hésita un peu, il ne voulait pas revivre l'expérience contrariante de questions personnelles mais Harry le regardait avec détermination.
- Posez votre question, mon garçon.
- Ma mère était dans votre club. Vous souvenez-vous de qui étaient ses amis ? Enfin, si vous l'avez su.
- Si je le savais ? Bien sûr que je le savais ! On a beaucoup discuté, votre et mère et moi. C'était une femme brillante, admirable et pleine de bons sentiments. D'ailleurs, elle était très amie durant un temps avec le professeur Rogue. Comment ai-je pu oublier de le mentionner ? Ils venaient ensemble à mes réunions, mais leur relation s'est détériorée, je ne sais pour quelles raisons.
- Ils étaient vraiment proches ?
- Il me semble, oui. Puis votre mère s'est rapprochée de votre père. Un garçon vif d'esprit mais un piètre élève en potions, quel dommage.
- Je vous remercie, professeur. De me l'avoir dit.
- Mais de rien, mon garçon, c'est toujours un plaisir de parler de votre mère. Toujours, ajouta-t-il tristement.
La matinée d'Harry passa sans qu'il ne suive quoique ce soit aux cours. Son esprit vagabondait entre sa mère, Rogue, Malfoy et Dumbledore. Dumbledore absent et sa mère décédée, il ne pouvait que poser des questions à Malfoy et Rogue. Harry décida de commencer par la facilité. Avec une discrétion extrême, il envoya un message à Malfoy pour qu'ils se retrouvent le soir même. Et décida de ne plus se polluer l'esprit durant le reste de la journée. Aussi, il ne donna rien à Rogue durant son cours pour justifier une punition et cela sembla irriter le professeur. Harry repensa alors à la malédiction qui pesait sur ce poste depuis que Dumbledore l'avait refusé à Jedusor. Si le directeur le savait, aurait-il vraiment laissé Severus prendre ce poste ? Peut-être que lui aussi finirait mal...
Harry secoua la tête et reporta son attention sur le cours, sans voir les regards scrutateurs de Severus et de Malfoy.
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A suivre.
Voilà, voilà. J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me le dire ou même à dire si c'était archi nul. Pour ceux qui suivent "Retour" je vous dis à Vendredi. pour les autres et bien on se retrouve mercredi prochain. Portez-vous bien !
