[Petit mot de l'auteur : Bonjour chers lecteurs ! Merci de votre lecture ! je me suis aperçue que le chapitre 1 a connu quelques bug de transcription, je l'ai remis sous un format plus adéquat et lisible. Désolée pour le désagrément causé. Pour ce chapitre, une précision s'impose : l'écriture en italique correspond à ce qu'écrit notre noble préféré sur sa lettre ! Voili voilou, bonne lecture !]

Comment diable pouvait-il débuter cela ? …

'Chère Akane…'

Non, décidément, cela faisait bien trop officiel… Pourquoi ne pas mettre aussi son grade tant qu'il y était ? Il hésita quelques instants, la plume suspendue en l'air, en pleine cogitation. Puis il l'abaissa de nouveau, traçant quelques lignes.

'Mon amour…'

Trop directe… Cela allait certainement l'effrayer. Et puis c'était peut être un peu précipité malgré tout… Elle penserait surement que se n'était pas lui qui avait écrit ces mots. De toute manière, elle n'y croirait surement pas.

'Akane…'

Le noble se redressa, fixant le prénom qu'il venait de tracer sur le papier immaculé, comme s'il était au centre de tout. Arrivé à ce stade, il pouvait sans nul doute déjà être fier de lui-même. Surtout en sachant que cela faisait bientôt une heure qu'il avait laissé tombé toute autre activité plus urgence et avait posé le bout de parchemin vierge au milieu de son bureau, le défiant du regard sans parvenir à y déposer ses pensées pourtant omniprésentes. A plusieurs reprises il avait voulu froisser ce projet d'aveu avorté, mais il ne parvenait pas à s'y résoudre. Il avait besoin de voir ses sentiments posés noir sur blanc, autant pour pouvoir enfin les lui offrir que pour les accepter lui-même dans leur déconcertante ampleur…

'Je devine que cette lettre va te surprendre. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être, je ne suis pas parvenu à trouver un autre moyen afin de te faire connaitre les émois que tu provoques en mon âme…'

La sincérité était décidément une chose lui étant devenu totalement étrangère. Il avait beau être seul dans son bureau de la 6ème division, en plein milieu de la nuit, il se sentait malgré tout étrangement mis à nu, vulnérable face à lui-même. Il avait depuis longtemps perdu l'habitude d'agir de la sorte, sans porter de masque, simplement en étant lui-même… S'il voulait pouvoir l'approcher, il allait devoir se débarrasser du carcan dans lequel il s'était lui-même enfermé, par facilité peut être… Quand il n'était pas le Capitaine, il était le Noble ou encore le Chef de famille… Jamais il n'était simplement Byakuya… Pourtant, depuis qu'il avait découvert son attirance pour la demoiselle, il n'aspirait plus qu'à cela. Etre libre d'être lui-même, sans rôle, sans faux semblants… Et être aimé pour cela...

' Je tenais à te dire combien ta présence m'était agréable… Et cela par delà l'aspect professionnel qui nous lie en temps normal.'

Le jeune homme secoua doucement la tête, totalement démuni, ce qui était sans conteste une sensation qui ne le côtoyait que très rarement. Comment cela pouvait il être aussi compliqué ? Lui qui avait tant d'aisance en temps normal se retrouver à hésiter à chaque mot, trébuchant à chaque nouvelle tournure qu'il tentait d'exprimer. S'il avait été comme Shunsui, il se serait contenter d'un magistral 'prépares toi, le train de l'amour s'apprête à quitter le quai et nous y serons réunis pour un voyage sans fin' et d'un sourire en coin chargés de sous entendus divers. Hélas il n'était pas taillé dans le même bois que lui… Et en cet instant précis, il le regrettait profondément… Cependant il n'était pas homme à se laisser abattre face à une difficulté, quelque puisse être sa nature. Trempant à nouveau son pinceau dans l'encrier, il se re concentra donc, bien décider à vaincre cet espace vierge emplissant sa feuille.

'Tu fais naitre en moi des sentiments que je pensais éteints à jamais. Ta venue au sein de la division a été le commencement d'un nouvel espoir, un peu insensé je dois l'admettre, mais je ne peux le taire plus longtemps.'

En traçant ses lignes, le premier siège ne pu s'empêcher de sourire légèrement, les souvenirs de ce jour où tout avait commencé lui revenant en mémoire. Rien ne laisser imaginer que cette matinée, somme toute des plus banales, allait marquer le début d'une renaissance inattendue, le déclic salvateur allant permettre l'amenuisement progressif de l'état de profonde torpeur dans laquelle il s'était immergé depuis tant d'années. Pourtant, rien ne l'avait laissé présagé… Il ne s'agissait que d'une nouvelle intégration, un transfert anonyme d'un détachement des armées de la cours à un autre… Comme d'accoutumé, il avait du recevoir la nouvelle recrue dans son bureau. Une habitude qu'il avait pris afin de voir au moins une fois le visage des membres de sa division, comme le lui avait conseillé Ukitake, avant de les oublier presque sur le champ dès qu'ils eurent franchi le seuil de ses murs.

Néanmoins, cette matinée là, il ne pu se contenter d'un coup d'œil furtif et distant. En effet, la jeune femme qu'il venait de balayer de ses yeux cobalts dédaigneux possédait une aura particulière, détonante, qui parvint à capter son attention dans l'instant. Un mélange funambule où se mêlaient la fragilité d'un corps de porcelaine, la puissance d'une gradée, la maladresse et la timidité de la jeunesse… Intriguant… Durant un bref instant elle avait osé relever un peu son visage vers lui, croisant rapidement leurs regards avant de s'incliner de nouveau, rougissante. Le cœur du noble avait fait un bond dans sa poitrine, happé à cet instant précis sans qu'il ne puisse rien n'y faire. Plus que l'admiration ou la crainte aveugle qu'il avait l'habitude de voir au fond des pupilles se hasardant à affronter les siennes, il avait pu déceler dans celles de la shinigami un éclat aussi passager que puissant, l'interpellant, comme si elle lui avait demandé à haute voix 'mais qui es tu donc, derrière ton masque si savamment travaillé ?'. Question aussi excellente que déconcertante… Et qu'il désirait plus que tout élucider en sa compagnie…

' Que dirais tu de se voir, en dehors de la division ?...'

Le capitaine demeura interdit face à ses propres mots, le pinceau figé sur le point d'interrogation final de la question tant redoutée. Bien évidement il voulait trouver le moyen d'atteindre la jeune femme, de briser ce carcan stérile et officiel dans le quel ils évoluaient et qui les empêchaient de se rapprocher. Cependant, alors qu'il relisait la lettre qu'il venait de mettre tant de temps à écrire, il ne parvenait pas à se convaincre que cela représentait la meilleure solution possible. C'était comme céder à la faciliter. Bien entendu, ce courrier portait ses mots. Ses pensées. Mais pas sa voix. C'était une nouvelle façon pour lui d'éviter d'affronter la situation directement en quelque sorte. Quitte à franchir le cap, il préférait le faire de vive voix, en face à face. Le fait de parvenir à poser sur le papier ces pensées inavouables était déjà en soit une victoire. Néanmoins il ne désirait pas que leur histoire, si elle devait exister, voie le jour de la sorte. Il avait encore besoin d'un peu de temps afin de se libérer de ses liens l'entravant avant de pouvoir aller librement vers elle.

Laissant échapper un soupire, Byakuya se laissa aller contre le dossier de son siège, exténué mais soulagé en quelque sorte. Il reposa son pinceau, prenant le parchemin d'une main, le parcourant une nouvelle fois du regard, un léger sourire ornant son visage fatigué. Lentement, il ouvrit un des tiroirs de son bureau, y déposant le précieux courrier, l'y enfermant délicatement. Puis il se pencha vers le bougeoir reposant à quelques centimètres de lui, éteignant d'un souffle la flamme l'ayant éclairé tout ce temps, consumant presque entièrement la bougie sur laquelle elle reposait. Les ténèbres s'abattirent alors dans la pièce, l'aveuglant durant un bref instant. Pourtant, il ne lui avait jamais paru voir aussi clair depuis bien longtemps…