Disclaimer : Rien n'est à moi. Je ne gagne pas d'argent.
Fumée :
Chaque jour, Tony voyait cet être qui n'était pas un homme, mais qui n'était plus un Dieu, qui n'appartenait ni à ce monde ni à celui dont il venait, qui n'avait plus ni père, ni mère, ni frère, se briser, s'effacer, disparaître dans l'ombre de sa cellule.
Et Tony, en homme du monde, en comédien en perpétuelle représentation, ne comprenait pas.
Ils l'avaient attrapé, en fin de compte. Ils l'avaient posé dans cette pièce, devant une table, en face de la glace sans teint derrière laquelle ils se cachaient tous pour l'observer. Les interrogatoires n'avaient pas été concluants, alors ils espéraient venir à bout de sa patience. Mais Loki restait là, dans la lumière crue et dure de la lampe pendue au-dessus de sa tête. Et le soir, quand, à vingt-une heures précise, ils éteignaient tout, il ne bougeait pas, mais l'obscurité lui allait si bien qu'il semblait se fondre en elle et n'être plus là le temps d'une nuit.
Onze jours qu'il était là. Pas un morceau de pain, pas une goutte d'eau.
Onze nuits que Tony se dissimulait derrière la vitre et regardait, écoutait. Pas un mouvement, pas un son.
Loki était comme mort.
Ce soir-là était comme d'habitude. Tony regardait. Tony désespérait. Il remarqua, les yeux fatigués, piquants, que les images des caméras de surveillance de l'étage au-dessus étaient brouillées par ce qui semblait être une fumée lourde et noirâtre.
Le plafond craqua au-dessus de lui.
L'instant d'après, Tony vit une masse sombre tomber à l'endroit où Loki devait se tenir. Lui-même n'eut que le temps d'agripper la mallette qui contenait son armure et de l'activer avant que les gravas ne le submergent.
Ils se dégagea des décombres. Les murs s'effondraient autour de lui. Il se força à voler jusqu'à l'étage pour sauver ceux qui pouvaient l'être. Mais, alors qu'il se frayait un chemin à travers la fumée, un seul nom résonnait à son esprit. Il l'ignora.
