Bonjour à toutes et à tous.
Je poste la suite aujourd'hui, logique imparable.
Disclaimer :
J'ai reçu une review anonyme qui m'accusait d'avoir « pompé » une fanfic très connue sur le fandom, celle de Niladhevan. Alors, oui je l'ai lu, oui je l'ai adoré, oui je l'ai commenté. Entre parenthèse je vois qu'on me surveille. Dois-je avoir peur des caméras dissimulées chez moi ?
Par courtoisie et respect, j'ai contacté Niladhevan et lui ai expliqué le topo. Je lui ai dit que si elle souhaitait, j'effacerais mon histoire. Elle m'a répondu que je pouvais la laisser et qu'elle ne voyait aucune objection. Je tiens à dire au passage qu'elle est très sympathique et compréhensive. Je n'ai de compte à rendre qu'à elle.
Donc… Je continue la publication de ma fanfic qui s'étale sur 11 chapitres.
A tous mes lecteurs, lectrices, poissons, griffons et autres, je vous souhaite une bonne lecture.
Peri ^^
Chapitre 2
La pomme de la discorde
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La situation n'avançait guerre, les progrès du convalescent restaient inexistants. Parfois il se laissait faire pour l'habillage, le déshabillage, d'autres fois Angelo ne pouvait l'approcher de toute la journée, résigné à le laisser tranquille. Aujourd'hui il devait aller faire des courses et passer prendre les médicaments de son ami à la pharmacie de la ville. Il demanda à Aiolia son plus proche voisin de rester chez lui en attendant son retour. L'esprit apaisé, il put partir serein.
Quand il rentra dans son temple, il crut voir une vision d'effroi… Son salon était saccagé, tous les vases renversés, les fleurs piétinées, les coussins du canapé déchirés. Des objets gisaient au sol complètement fracassés. De suite il se précipita dans sa chambre mais ne trouva pas son résident ni son voisin. Il les appela mais rien. Il fouilla son temple de fond en comble, rien. L'angoisse le submergea en une onde dévastatrice, ses jambes ne le portèrent plus, il dut s'assoir. Il commençait d'enflammer son cosmos pour localiser le fuyard quand il vit le Lion revenir avec Aphrodite dans les bras complètement amorphe. L'italien braya.
— Putain mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Un convoi de spectre est venu ou quoi ? Pis toi où t'étais et Aph…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le grec lui expliqua.
— Ne t'emporte pas Angelo. C'est que… En fait, j'étais dehors pour prendre l'air quand j'ai rencontré Kanon en bas des marches, on a parlé un petit moment. Puis on a entendu des bruits venir de chez toi. Alors on est venu voir, et là…
— Là quoi bordel !?
— Là, on a vu Aphrodite debout en train de tout détruire dans ton salon. Il a balancé un vase à la tête de Kanon qui s'est retrouvé assommé une fraction de seconde. Il avait l'air d'avoir la rage au ventre. Puis il criait.
— Il criait ! Aphro criait ? Il disait quoi ?
— Si je m'en souviens, il disait ne me touche pas, tu me dégoûtes, j'en peux plus de faire semblant, je veux mourir…
La lueur d'espoir qu'Angelo porta se brisa en cet instant. Son pauvre ami ressassait continuellement dans sa tête ces mois de séquestration et toutes les immondices que l'autre lui infligea. Pourquoi ses paroles furent-elles celles là ? Il ne pourrait donc jamais oublier pour avancer ? Ses premiers pas étaient jalonnés de crasse, ternis par les balafres incrustées autant dans sa chair que dans son mental. Angelo poursuivit très mécontent.
— Et toi c'est comme ça que tu surveilles notre frère !? Le seul truc que je te demande t'es incapable de le faire, tout ça pour aller jacasser avec Kanon ! Bon sang mais tu peux le voir n'importe quand, mais pas aujourd'hui ! Je peux compter sur personne, fous-le-camp !
— Désolé Angelo, je suis navré, je n'ai pas d'excuse… Je…
— Bouge ! Pour le moment je ne veux plus te voir !
Il lui prit Aphrodite des mains pour l'allonger sur son lit.
Au moment du repas il n'eut aucun succès, le chevalier à la rose ne daignait pas manger. Ses tentatives de lui porter la cuillère à la bouche se couronnèrent d'échec. Il commençait passablement de s'énerver un tant soit peu.
— Aphro, s'il te plait mange.
Il lui enfonça la cuillère dans la bouche en buttant contre ses dents. Les aliments tombèrent sur sa chemise de nuit.
— C'est pas vrai, je dois te changer maintenant ! J'ai pas que ça à fou…
Il s'arrêta s'apercevant de la vulgarité dont il allait faire preuve. Il recommença. Cette fois-ci son interlocuteur muet tourna sa tête vers lui et d'un geste vif repoussa son bras, ce qui eut pour effet de faire tomber la nourriture sur le lit.
— Mais merde c'est pas vrai tu le fais exprès ? Tu vas manger correctement à la fin Aphro ? Tu crois que ça m'amuse de changer tous les draps trois fois par jour ?
L'œil à demi-vitreux du Poisson l'agaça au plus haut point. Sans qu'il ne réfléchisse à son acte, il porta ses deux mains sur ses deux épaules et le secoua fermement. Il le secoua en criant contre l'être le plus cher à ses yeux, à bout, las, fatigué, désabusé. Il ne savait pas ce qu'il faisait. Son cosmos s'enflamma par la même occasion, ce qui alerta ses plus proches voisins. Saga et Kanon arrivèrent en trombe dans le temple. Ils tombèrent sur le Cancer en train de malmener leur frère d'armes.
— Angelo ça suffit ! Tu es fou ma parole ! Arrête avant que je ne te trucide !
La voix forte et grave du premier Gémeau résonna dans tout le temple. C'est qu'il était très persuasif quand il montait dans ses tours, personne n'osait le contre dire, alors son collègue lâcha sa prise en restant hébété par l'acte qu'il venait de commettre. Kanon renchérit.
— Tu vois, j'avais raison, il est incapable de se tenir… Après l'avoir traité comme un enfant voilà qu'il le maltraite, c'est du joli ! Pauvre Aphrodite. Tu crois que c'est comme ça que tu vas l'aider, hein ?
Angelo persifla.
— Parce que toi tu ferais mieux ? Tu t'es bougé pour lui ? Non, hein ! Bien sûr que non, en bon égoïste que tu es… Ca ne te concerne pas alors tu t'en fous… Sors de mon temple avant que…
— Avant que quoi exactement Angelo ? coupa Saga. Premièrement il n'y aura pas de violence ici en la présence d'Aphrodite. Reprenez-vous non de Zeus ! Toi Kanon ce n'est pas la peine de rajouter de l'huile sur le feu. Et toi Angelo, je croyais que tu avais la situation en main ? Je constate que ce n'est pas le cas… Si tu es à bout on t'a tous proposé de prendre le relais, ce que tu n'as pas écouter…
»Et voilà le résultat ! Tu passes tes nerfs sur ton ami malade qui ne peut pas se défendre. Pourquoi tu n'as pas écouté Shura ? Je te ne laisserais pas la charge d'Aphro une minute de plus.
— Tu comptes faire quoi Saga ? cracha Angelo.
— Je vais l'emmener avec moi dans mon temple, c'est moi qui prendrais le relais désormais !
— Et tu crois franchement que je vais te laisser faire mais tu rêves !
— Il n'y a pas à discuter, c'est comme ça. Tu préfères qu'on règle ça dehors ?
— Quoi dans l'arène ?
— Non… A l'abri des regards indiscrets… Je vais te montrer moi de t'en prendre à plus faible que toi… Même si tu es à bout ce n'est pas une raison, tu dois te maîtriser.
Sur cet échange houleux, Saga emmena avec lui l'infortuné suédois. Kanon quant à lui lança un regard de provocateur mal léché à l'intention de l'italien, ses yeux brillants de bravade. Il se rangeait bien évidemment du côté de son frère et plus fortement contre celui du Cancer.
Une fois au temple des Gémeaux, Saga prit soin de son ami. Il le logea dans sa chambre à lui et lui prépara une soupe de légume. Doucement, patiemment il la lui donna à manger, restant au moins trois quart d'heures à réchauffer, recommencer, encourager, attendre. Ce qui porta ses fruits, car fort et de constater qu'il avala pratiquement tout son bol. Saga prudemment, approcha sa main des cheveux bleus pour les caresser. Après un bref mouvement de recul, le patient se laissa faire, apparemment en confiance auprès du grec. Il ne dit rien, ni ne se rebella. Doucement, le troisième gardien passait sa main inlassablement dans les cheveux azurs pour le réconforter et le calmer.
— Chut… Tu es chez moi Aphro, c'est moi qui vais veiller sur toi un petit moment, ne t'inquiète pas, Angelo ne t'as pas délaissé, il se repose un tout petit peu, puis il reviendra te chercher.
Malgré son aigreur envers son confrère, il ne voulait pas apeurer ni inquiéter le chevalier épineux. Il fallait le ménager, il rapprocha sa chaise de celle en face et enserra dans ses bras le Poisson. Il lui chuchota au creux de l'oreille.
— Tu n'es pas seul, nous on est là, on sera toujours là… Je veux que tu te sentes bien ici.
Après une nuit de sommeil où il resta au chevet lui aussi de son ami, Saga entreprit de le réveiller pour le préparer pour la journée. A peine eut-il le temps de le découvrir qu'Aphrodite bondit sur lui en le ruant de coups et en hurlant.
— Laisse-moi, laisse-moi, je vais te tuer tu me dégoûtes, libère-moi !
Ses cris déchiraient l'air paisible de la pièce, sa voix tirait sur les aigües pour trahir une profonde détresse, ses yeux enfin exprimaient quelque chose ! Ils criaient la souffrance qu'il ressentait, ils pleuraient. Enfin il pleurait ! Enfin il exprimait une émotion, il était là, bien vivant devant Saga. Ce dernier poussa un soupir de soulagement malgré les coups qui pleuvaient sur lui, il le prit à bras le corps pour le serrer très fort et lui apprit.
— C'est moi ! C'est moi Saga ! Je suis Saga pas Minos il n'existe plus, il est mort. Tu es chez moi, c'est Saga tu m'entends !?
Il se raccrocha à ce corps blessé de toutes ses forces. Puis quand il le sentit se détendre, il s'éloigna de quelques centimètres pour regarder son vis-à-vis. Ses prunelles inexpressives prenaient peu à peu la couleur de deux lacs gelés, glacials comme les terres du Groenland, sa patrie d'adoption. Ce bleu perforé de gris, l'ombre du mal qui planait dans ses pupilles dilatées.
Le grec reprit.
— Mon Aphrodite tu es revenu. Tu es enfin parmi nous, ne repars plus. Parle-moi, vas-y parle-moi n'arrête pas !
— S.. Sa… Saga ?
— Oui c'est ça, oh Aphro ! Je suis heureux de te retrouver, on a eu tellement peur !
Kanon accourut dans la chambre pour vérifier de lui-même ce qu'il venait d'entendre depuis la cuisine, il se chargea d'apprendre la bonne nouvelle au reste du groupe et ainsi qu'au Pope.
Saga bichonnait son ami du mieux qu'il le pouvait, en étant aux petits soins chaque minute de la journée et de la nuit. Il possédait une immense patience et douceur, ce qui était de bonne augure pour s'occuper d'un patient.
Contrairement à Angelo qui se morfondait dans son temple depuis plusieurs semaines, depuis que le Gémeau lui enleva sa rose fanée. Non seulement il continuait de s'en vouloir de son excès de colère mais également de n'être capable de s'occuper correctement de son ami. Il tournait et virait dans ses appartements tel un lion en cage, réfrénant son envie d'aller tout casser dans le temple d'en bas pour récupérer son dû. Shura venait le voir tous les jours pour se rassurer sur l'état mental de son ami. Même lui n'arrivait pas à le distraire.
— Aller viens, on sort, on va faire un tour aujourd'hui ça va te faire du bien.
— Pfff, n'importe quoi Shura. Je n'ai pas envie de sortir, tu crois qu'il sort lui ?
— Arrête de te culpabiliser pour Aphrodite, ce n'est pas comme ça qu'il va guérir. Toi aussi pense un peu à toi. Tu as besoin de te changer les idées, ce n'est pas bon de ruminer constamment.
— M'en fiche Shu !
— Moi je ne m'en fiche pas de toi. Je ne voudrais pas que tu sombres toi aussi.
— Je veux juste être auprès d'Aphrodite c'est tout. Depuis qu'il est dans le temple de la discorde, je ne le vois plus. Saga ne me laisse pas le voir, il dit qu'il a besoin de repos et de calme, son excuse vaseuse là j'y crois pas une seconde !
— Il n'a pas tort, il a besoin de calme. Il te laissera le voir j'en suis sûr, c'est qu'il a une bonne raison.
Le Capricorne ne voulait pas attiser encore plus la colère de son ami en lui apprenant qu'effectivement Saga s'accaparait le Poisson pour lui tout seul. Il tentait de le raisonner comme il le pouvait.
— Merde ! J'en ai marre, c'est pas lui qui va m'interdire quoi que se soit ! Je vais y aller là tu vas voir non mais !
Angelo partit de suite à l'assaut du troisième temple dans le but de voir son ami, Shura quant à lui l'appelait et courait après pour temporiser la scène de ménage qui allait se jouer dans quelques minutes.
Quand il entra dans les appartements privés des chevaliers doubles, l'italien surprit Saga sur le canapé, Aphrodite dans ses bras. Une rage monta immédiatement, il se posta en face pour cracher ses vérités au nez du l'autre.
— C'est comme ça que tu t'occupes d'Aphro !? C'est du beau tiens ! Comment oses-tu le papouiller après ce qu'il a vécu ? Il n'a pas besoin de ça !
Le regard océan de Saga se changea en une mer abyssale, son visage crispé trahissait une contenance qu'il tentait d'afficher tandis qu'une colère grondait en lui. Il répliqua froidement.
— Ne te mêle pas de mes affaires je sais très bien ce que je fais. Et je te prierais de ne pas t'emporter ici, il n'a pas besoin que tu lui fasses peur. Je rajouterais qu'en plus, je ne t'ai pas permis de venir t'incruster chez moi.
— Je suis venu le voir, tu n'as pas le droit d'imposer qui ou non a le droit de venir le voir. C'est mon ami !
— Sors de mon temple.
— Jamais ! C'est pour profiter de lui que tu veux rester seul avec c'est ça ? Tu es dégueulasse mon pauvre Saga !
— Ne parle pas de mon frère comme ça, pauvre ignare ! proclama Kanon qui venait d'entrer dans la pièce.
— Il manquait plus que toi, langue de vipère, va cracher ton venin ailleurs. Tiens, par exemple chez Poséidon, on n'a pas besoin d'un fouteur de merde ici !
— Non c'est vrai, tu remplis déjà ce poste à merveille.
— Je vais te faire ravaler tes dents, tu souriras un peu moins après !
Saga haussa la voix.
— Taisez-vous, je l'ai déjà dit milles fois : je ne veux pas de dispute en présence d'Aphrodite ! Merde à la fin ! Angelo je n'ai pas de compte à te rendre sur ma manière de faire, mais sache qu'avec de la douceur et de la patience, Aphrodite reprend peu à peu confiance aux autres. Notamment en moi, je n'en profite pas pour le papouiller comme tu dis. Je lui réapprends le contact humain. Je lui donne du réconfort, il en a besoin. Il a besoin de sentir son propre corps, de le retrouver.
»Kanon, arrête de provoquer Angelo pour le simple plaisir de provoquer des conflits. Je n'ai besoin de personne pour me défendre, merci. Sur ce, j'aimerais que vous partiez de chez moi.
Shura prit son ami par le bras pour l'emmener hors d'ici, il ne valait mieux pas envenimer les choses.
Une fois les importuns partis, Kanon s'expliqua avec son frère.
— Et bien ! C'est comme ça que tu me remercies, je prenais ta défense c'est tout.
— Non Kanon il n'y avait pas que ça, je te connais à force tu sais… Tu t'amusais de narguer Angelo pour le pousser à bout. Et ça je ne peux pas le tolérer, d'ailleurs il faut qu'on parle tous les deux…
— Quoi ? De quoi veux-tu qu'on parle ? Qu'est-ce que tu as à me reprocher cette fois ?
— On en parlera ce soir, une fois qu'Aphro sera couché.
Le dîner se déroula dans une tension palpable, les deux frères méfiants l'un envers l'autre. Une fois de plus, Saga l'honorable allait faire un sermon à son frère l'éternel trublion. Quand le chevalier des Poissons fut au lit, Saga revint vers son frère. Il lui servit une tasse de café corsée et en fit de même. Il s'assit en face et attaqua directement.
— Tu comptes faire quoi maintenant ?
Kanon souffla sur la tasse brûlante en tentant de deviner de quoi pouvait bien parler son frère. N'étant pas pressé de connaître la réponse il ne dit rien, absorbé par le liquide qui dansait par son souffle.
— Je t'ai demandé ce que tu comptais faire maintenant Kanon ?
Ce dernier releva la tête vers sa jumelle pour apprécier la mine sévère de celle-ci. Résigné il rétorqua.
— A propos de quoi ? Soit plus clair Saint Saga illustre sage parmi les sages.
— Ne commence pas à tout ironiser s'il te plait, l'heure n'est pas à la plaisanterie. Je te parle de ta relation avec ton immonde spectre ! Tu ne peux plus continuer de le fréquenter vue la tournure des évènements. Il faut que tu coupes les ponts avec lui et ce le plus tôt possible.
— J'y crois pas ! Comment oses-tu te mêler de ma vie !? C'est un comble ça ! Ca ne te regarde pas ce que je fais et avec qui je le fais !
— Si ça me regarde, je dirais même que ça regarde tout le monde ! Kanon pour une fois dans ta vie cesse de ne penser qu'à toi ! Après ce que notre camarade à vécu et ce par la faute d'un sale spectre, tu ne peux plus continuer à le voir, ça signifierait nous trahir et salir Aphrodite une deuxième fois !
— Tu ne crois pas que tu exagères Saga ? Jamais je ne ferais du mal à Aphrodite intentionnellement ! Ne confonds pas tout, Minos n'est pas Rhadamanthe ! Lui jamais il ne se serait laissé aller à une folie pareille !
— Il n'y pas de demi mesure à avoir, soit tu es de notre côté ou alors tu es de leur côté. Je ne devrais même pas à avoir à te le demander, ça devrait couler de source. Tu ne peux plus le fréquenter point final. Est-ce clair Kanon ? Je ne veux plus que tu te rendes aux Enfers.
— Oh… Tu m'interdis quelque chose alors ? C'est bien ça ? Depuis quand dis-moi te préoccupes-tu de mon bien être ? Certainement pas depuis bien longtemps, car quand on était jeune tu ne m'aurais pas emprisonné au Cap Sounion sinon ! Alors quels droits as-tu sur moi ?
— Ne mélange pas tout Kanon ! Ca n'a rien à voir, ce temps est révolu et tu sais que je m'en voudrais toujours pour ce que je t'ai fais. Mais là il ne s'agit pas de toi vois-tu. Il s'agit de notre ami qui est détruit et ce par l'ami, le frère appelle-le comme tu veux, de ton petit ami ! Alors oui, je les mets dans le même panier pourri et oui je t'interdis formellement de le revoir !
— Et si je ne t'écoute pas, tu feras quoi ? Tu m'enfermeras à nouveau là-bas ?
— Ne me provoque pas ! Tu devrais de toi-même considérer les intérêts d'Aphrodite avant les tiens. Si tu ne m'écoutes pas Kanon, c'est bien simple, je n'aurais plus de frère et ce pour le restant de ma vie, c'est aussi simple que ça.
L'ex Dragon des mers resta cloué sur place par la révélation de son frère, apparemment il était on ne peut plus sérieux. Ses paroles résonnèrent comme une trahison dans ses oreilles, ainsi il n'hésiterait pas à le bannir du Sanctuaire ou l'oublier pour de bon. Pris entre le désir de le défier encore plus et celui de tempérer ses ardeurs Kanon conclut.
— Je ne m'attendais pas à moins de ta part, cela ne me surprend pas à vrai dire. Soit, je ne reverrais pas Rhadamanthe… Pour le moment, mais je ne resterais pas une minute de plus ici, je pars m'installer dans le douzième temple ce soir.
— C'est mieux comme ça, tu as raison.
L'affaire fut bouclée sur une incompréhension monumentale. Les frères seraient en froid un bon moment par toute cette affaire.
Kanon partit le soir même emménager dans le dernier temple pour laisser son frère s'occuper du Poisson, et pour ne plus avoir à faire à sa régence. Il ne savait vraiment pas quoi faire, son frère avait avancé des arguments somme tout logiques, mais son cœur lui dictait de ne pas laisser son histoire se tarir. Eux n'y étaient pour rien dans la folie perverse de l'ex Griffon, il connaissait la Whyverne, lui n'était pas comme ça. Il n'avait rien avoir avec toute cette lugubre affaire de séquestration, comment son frère osait lui demander de renoncer à la seule personne qui portait de l'intérêt pour lui ? Et la seule personne envers qui il éprouvait des sentiments ?
Il aurait préféré être emprisonné au Cap Sounion pour ne pas avoir à faire ce qu'il s'apprêtait à faire. A savoir rompre avec l'homme qui partageait sa vie. Et puis il était marrant Saga, comment prendre contact avec Rhadamanthe sans se rendre aux Enfers ? Vu qu'il ne trouvait pas de solution, il laissa la situation telle quelle dans l'immédiat.
Aphrodite reprenait des forces par les bons soins de Saga, il mangeait avec plus d'appétit, se laissait approcher et répondait aux questions par des phrases courtes. Au moins les progrès apparaissaient.
Saga essayait de lui faire regagner de l'autonomie en l'incitant à faire lui-même les gestes de la vie quotidienne. Il le poussait à se lever, à marcher un peu, à faire un brin de toilette, de manger par lui-même. Les rares fois où celui-ci acceptait ravissait le grec. Il ne fallait pas le traiter comme un impotent tout en veillant à ne pas trop lui en demander non plus, car un échec le démoraliserait. Alors le Gémeau l'encourageait au fur et à mesure de ses progrès.
— J'aimerais te voir marcher Aphro, il est temps, tu en es capable. Tu as repris des forces et un peu de poids. Tes muscles vont s'atrophier si tu restes couché tout le temps.
— Non.
— Pourquoi non ? Ne discute pas avec moi, tu sais que je ne lâcherais pas l'affaire.
Il afficha sur son visage un sourire empathique. Il poursuivit.
— Dis-moi la raison qui te pousse à refuser ?
— Je… Ne peux pas.
— Si Aphro tu peux, dis plutôt que tu ne veux pas essayer, oui.
— Si… je… tombe ?
— Je serais là pour te retenir, tu le sais bien. Je ne te laisserais pas te blesser et si tu es trop fatigué pour continuer, je n'insisterai pas.
— Angelo… Lui, me forcerait pas.
— Oui Angelo a sa manière de s'occuper de toi et moi j'ai le mienne.
— Je veux… le voir.
Saga afficha un air contrarié, après tout ce qu'il faisait pour lui, il demandait la présence de ce satané crabe aux pinces acérées.
— Il est occupé. Il viendra te rendre visite une prochaine fois.
— Je veux !
— Aphrodite, je suis navré mais il a autre chose à faire en ce moment, il viendra ne t'en fais pas. En attendant moi je suis là. Ca ne te fait pas plaisir de résider chez moi ?
— Si… mais… enfin, si…
— J'aime mieux ça.
Il s'approcha de lui pour lui déposer un baiser sur le front.
Malgré ses louables intentions, il ne voyait pas que son attitude autoritaire laissait son ami perplexe, il n'osait pas lui tenir tête et puis il n'en avait pas la force. Sans s'en apercevoir, Saga éloignait la seule personne à laquelle Aphrodite tenait plus que tout. D'ailleurs pour quelle raison, là telle était la question ? Pourquoi le Gémeau s'accaparait autant le chevalier des Poissons ? Ce n'était pas la culpabilité qui le rongeait lui…
(suite...)
