Note: Voici désormais le deuxième chapitre, n'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez, en tout cas, pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Je suis encore en train de travailler sur le "cadre" ainsi que les personnages ! Bonne lecture à tous, n'hésitez pas à me donner votre avis ! ;D
Des couleurs... Il y en avait partout. C'était ce qui rendait ce lieu si unique... Sans doute. Enfin... On s'y sentait à l'aise, c'était bariolé. C'était bizarre, mais convivial.
Ce travail, C'était le premier « job » de Dean. La première fois qu'il mettait la main à la pâte. Enfin... Il le faisait à la maison, lorsque le jour des récoltes arrivait. Il ramassait alors le maïs, les tomates, avant de les vendre le lendemain sur la place du marché. L'hiver, il ramassait aussi les marrons qu'il vendait chaud en compagnie de Sam et Charlie, pendent que Bobby travaillait d'arrache pied dans les petites tâches qu'on lui confiait. En fait, il faisait un peu office d'homme à tout faire. Enfin ce n'était pas le sujet. Il reporta son regard sur cette foule hétéroclite, des gens de tous horizons. Mais on parvenait tout de même à distinguer les gens du cirque des autres. En effet... Ces derniers étaient nettement plus marginaux, et originaux au niveau de leurs tenues notamment. Il remarqua tout de suite un homme avec un haut-de-forme, un costume noir à épaulettes dorées. Ces gens se baladaient-ils réellement tous les jours comme ça ? Ça devait être assez embêtant... Enfin c'était sans doute pour faire parler d'eux. C'était la première conclusion qui percuta le cerveau de Dean, avant de se mettre au boulot.
Il fallait installer une foule de chapiteaux. D'après ce que Bobby lui avait expliqué, le cirque possédait plusieurs petits chapiteaux, trois pour les spectacles, ces derniers différaient, chaque chapiteau sa spécialité, néanmoins, les horaires étaient calqués, de sorte à ce que les foules puissent, en une soirée assister aux trois. Trois fois, le même spectacle... Voilà qui devait être fatigant pour ces derniers, mais c'était un choix après tout, leur choix. Il y en aurait une autre pour une voyante, et encore une autre qui abriterait une galerie de glaces déformante « du frisson » avait expliqué la feuille qu'ils distribuaient aux passants, à la gare, mais le blondinet en doutait un peu en réalité, en quoi un reflet pouvait-il faire peur ? Ce n'était... Qu'un reflet justement. Enfin, les gens avaient tendance à être crédules. Il suffisait que quelque chose qu'ils pensent improbable se déroule pour qu'ils se mettent à penser que quelque chose de surnaturel est en train de se dérouler.
L'homme qui avait parlé tout à l'heure à Bobby se trouvait être le directeur du cirque. Chuck, avait-il dit. Il avait une barbe de trois jours, des cheveux bruns, et des yeux d'un bleu pur. On sentait une certaine gentillesse paternaliste s'échapper du personnage. Malgré tout, on devinait à sa façon de se tenir bien droit en toute circonstance qu'au fond, il appliquait la méthode de la main de fer dans un gant de velours. La douceur cachait la dureté, et le petit doigt de Dean lui murmurait qu'il usait bien peu du mode « gros dur ». Tant que le cirque marchait, c'était l'essentiel.
Dans un premier temps, il fallait s'occuper des bêtes. Des enclos furent montés à la hâte par un groupe, quant à l'autre, il devait s'occuper de décrocher du train les cages des fauves, et les mener à l'écart. Le gamin tenait donc... Un chameau ? Il ne se souvenait plus lequel avait deux bosses. Le chameau ou le dromadaire ? Il fut sceptique un instant lorsqu'on lui confiât cet animal qui faisait au bas mot... Trois fois sa taille ? Directement importé d'Egypte, avait dit le gars qui s'occupait des bestioles. Mais était-ce judicieux de lui donner un animal qui pourrait... Sans problème le traîner sur des kilomètres si l'envie lui en prenait ? Ou si une mouche le piquait d'ailleurs. Dean n'avait qu'une envie, s'en débarrasser le plus vite possible. En plus, ses yeux vitreux, et sa tête lui revenaient pas franchement. Surtout quand l'animal essaya de lui laver le cou à grands coups de langue gluante de bave... Il fallait dire qu'il refoulait du bec... Ce n'était pas la preuve d'affection la plus plaisante à laquelle il avait affaire. Ça aurait été une belle fille... Il n'aurait pas refusé, mais le camélidé ne lui inspirait pas franchement confiance. Il le mena donc jusqu'au dit enclos pour le laisser, en prenant soin de refermer la porte sans même un au revoir.
Il s'arrêta à mi-chemin pour observer les les avait toujours apprécié, enfin... Dans les livres d'images que leur professeur leur faisait lire. Dean y allait trois fois par semaine. Mais n'appréciait pas vraiment ces petits moments, les études ce n'était pas trop son truc, contrairement à Sammy, de quelques années son cadet. En réalité, le petit Winchester avait appris à lire à l'âge de 5 ans, et depuis, passait le plus clair de son temps libre plongé dans des bouquins que lui prêtait son professeur. Il en allait de même pour Charlie, mais sa préférence à elle, c'était les récits fantastiques, peuplé de fées, de dragons. De créatures qui n'avaient sans doute jamais foulé le monde du pied, a part dans l'imaginaire de quelques allumés. Sa préférence allait pour Alice au Pays des merveilles, qui était sans doute son récit préféré. Elle avait tenté de le faire lire à Dean, mais ce dernier n'y avait pas compris grand chose, entre les parties de croquet en compagnie de flamants roses et de hérissons, les chats qui souriaient et qui devenaient invisibles, et un homme buvant du thé en compagnie de lapins... C'était assez étrange. C'est alors qu'une voix l'interpella au milieu de sa rêverie. Une voix enfantine.
« Tu sais... Ils mordent, tu ne devrais pas t'en approcher. Ils ont peur des gens qu'ils ne connaissent pas. »
Il se rendit alors compte que désormais, seulement quelques pas le séparait des fauves. Bon... Hé bien, il pouvait dire merci à ce que son interlocuteur avait dit, il s'était alors soigneusement écarté, et s'était tourné vers la personne en question. Vu sa tenue, on pouvait en déduire qu'il s'agissait d'une fille, ayant un peu près son âge. En effet, elle portait un juste-au-corps bleu nuit, brodé de fils argentés, des sortes d'arabesques particulièrement belles, des perles avaient étés piqués sur la tenue, des fils de cuir maintenait les fentes qui avaient été pratiqués aux avant-bras, aux jambes et au col. Une sorte de jupette complétait la tenue, elle n'était pas droite, et elle était courte, deux clochettes pendaient au bout de la dite jupe. Le regard du jeune homme remonta jusqu'au visage de son interlocutrice. De grands yeux bleus, impossibles de les louper, cette couleur lui fit de suite penser aux fleurs de maïs. Un autre détail le surprit. Ce fut la coupe garçonne de la fille. Ça ne dérangeait pas plus que ça chez les enfants, mais ce n'était pas très bien vu pour une fille d'avoir les cheveux courts. Les mœurs des adultes... Il revint illico presto aux yeux de la fille. Il était dur de s'en détacher.
« J'allais pas rentrer dans la cage, tu sais. Je suis pas si inconscient que ça. »À ces mots, la fille haussa les épaules, dans un geste qui frustra Dean. Cela voulait-il dire « sans doute » ou alors... « Je ne crois pas » enfin, on pouvait donner toutes les significations nécessaires à ce geste.
« On ne sait jamais. Je voulais seulement te prévenir que c'est dangereux. Il ne fait pas bon rester près deux, ils ont été stressés par le voyage. »À ces mots, la fille tourna les talons, s'éloignant. Sa démarche était gracieuse, pleine d'agilité et de vie. Il la laissa partir, bien qu'à contre cœur, car ces yeux-là... Ils étaient purement hypnotisant La voix de Bobby se fit entendre, alors. Il l'appelait... Alors, comme tout bon garçon qui se respecte. Et Dean était un brave gaillard, il se présenta devant son père adoptif. La suite était simple. Ils allaient monter une nouvelle tente, celle de la voyante. Le gamin commençait à en avoir marre, mais il n'osait le dire. Une fois finis, ils allèrent aider où ils pouvaient, jusqu'à ce que tout soit finit.
Dean s'arrêta à mi-chemin, il avait un miroir sous le bras . De nouveau, cette fille se trouvait sur son chemin. Devant lui, c'était une vraie scène de ménage.
« Mais papa, puisque je te dis que ce sera un fiasco ce soir, on ne peut pas laisser Castiel faire ce numéro. »
C'était un type assez grand, il n'avait pas l'air très commode, il s'adressait au dénommé Chuck qui avait la main posée sur l'épaule de la fille aux yeux bleus. Il tentait de l'interrompre en prononçant sans doute son nom encore et encore. Raphaël, il me semble.
« Le dressage de chaton à côté du chapiteau des acrobates, voilà ce qui lui convenait mieux, à son âge. »
Ce à quoi Chuck secoua la tête, visiblement en désaccord avec son fils, c'était la meilleure conclusion pour cette histoire, étant donné que ce dernier venait de l'appeler "Papa".
« Non, je ne pense pas, Anna a un bras cassé, tu penses qu'on a d'autres solutions ? »
La dénommée Castiel, notre amie des tigres, -drôle de nom- choisit ce moment pour s'échapper de la dispute qui se déroulait, et s'éloignait à grand pas. Je passais par un autre chemin, avant de la suivre au son des clochettes, le tintement cristallin était entêtant. Dean la retrouva alors assise sur un amas de rocher, non loin de la fameuse cage des tigres. Elle leva les yeux vers lui, de nouveau, il se retrouva figé. Avant de secouer la tête, qu'est-ce qu'il avait ? Il avait peur d'une fille maintenant ? Non. Il n'avait peur de rien. Du moins, c'est ce qu'il aimait murmurer quand il était seul, dans ses draps, dans le noir. Mais là, ce n'était pas de la peur... Il voyait la détresse dans les fleurs de maïs qui servaient d'iris à la saltimbanque
« Salut Tigrou J'ai tout entendu, alors comme ça, tu fais du dressage de chatons ? »
La seule réponse qu'il obtint fut un jeté d'yeux au ciel. Puis ces quelques mots.
« Je veux pas passer ma vie à faire sauter des chatons dans des cerceaux, j'ai passé l'âge. Je veux faire comme mes frères, je veux un vrai numéro. »
Que pouvait-il répondre à ça ? Son quotidien, c'était les champs, l'école, et les rares moments où il pouvait s'enfermer dans le petit atelier de son père, et bricoler des trucs. Il aimait bien bricoler... Inventer... C'était pour ça que toute la technologie que possédait ce cirque l'intriguait, des machines à vapeur dont il ignorait tout du fonctionnement... C'était une énorme aire de jeux pour lui. Mais le regard paumé de la donzelle le força à prononcer ces quelques mots. Ces derniers lui vinrent sans qu'il ait à réfléchir plus que ça.
« Mon papa, il dit toujours que... Lorsqu'on veut une chose, je veux dire... Lorsqu'on veut vraiment quelque chose, alors il faut se battre pour l'avoir. Tu veux être libre de choisir ? Alors choisis. C'est tout. »
En fait, ce n'était pas son père. C'était Bobby. John, lui, il voulait que son fils reprenne la ferme. Il voulait qu'il soit un garçon obéissant au doigt et à l'œil. Bobby quant à lui, essayait dans la mesure du possible de forcer le jeune homme à s'ouvrir au monde, faire de sa vie ce qu'il voulait qu'elle soit. Il sentit alors quelque chose sur sa joue, un bisou mouillé.
« Merci beaucoup. Au fait... Mon nom, c'est Castiel, pas Tigrou »
Il n'eut le temps que de prononcer son nom, un petit « Moi, c'est Dean ». Avant que le tourbillon bleu ne s'échappe vers une autre destination. Par la suite, il alla finalement ramener le miroir à bon port. La fin de la journée se déroula sans encombre particulier, alors que le ciel commençait à décliner, Chuck distribua des enveloppes aux volontaires qui étaient venus trouver un peu de travail le temps d'une journée. Ils s'étaient tous changés, et Dean avait vite compris qu'ils étaient habillés bizarrement parce qu'ils avaient passé la journée à s'entraîner. Castiel portait donc désormais une chemise blanche, et un pantalon noir. Le tout accompagné de bretelles. Et par dessus, un veston beige. Pas très féminin, tout ça. Les pièces commençaient à se mettre en place dans son cerveau. Ce ne fut que lorsque Chuck lui lança un franc sourire en s'exclamant:
« Vas-y mon garçon »
Que notre jeune ami comprit l'étendue de son erreur. En réalité Castiel n'était pas une fille, désormais, alors que l'idée s'imposa à lui... C'était comme s'il se faisait percuter par une charrette. Ce n'était pas de tout repos. Il se sentait incroyablement idiot. L'enfant s'avança alors vers lui, lui tendant une enveloppe, pourtant... Bobby avait déjà eut leur part à tous les deux.
« Tiens Dean, c'est pour toi. »
Il ouvrit alors l'enveloppe pour découvrir le présent, qui n'était autre que quatre places pour le cirque. Vu le sourire amusé de Bobby, quelque chose lui disait qu'il n'était pas blanc comme neige dans tout ça.
« J'espère te voir demain, alors. » s'était alors exclamé Castiel.
Ce jour-là, il rentra chez lui sans dire un mot, plongé dans une sorte de rétrospection. Cette rencontre avec un jeune de son âge, d'un côté, c'était bien, de l'autre... Il se demandait pourquoi il se sentait... Aussi stressé en compagnie de ce dernier. Pourquoi son ventre faisait-il des nœuds, pourquoi sa gorge était-elle nouée ? Beaucoup de questions, bien peu de réponses. En rentrant, ils achetèrent le journal. Et ce qu'ils virent les glaça. Les gros titres ne parlaient pas de l'arrivée du cirque comme tout le monde l'avait présagé... Mais d'un meurtre. Une fille retrouvée dans un champ à quelques kilomètres de là. Il était même raconté que des enquêteurs allaient débarquer. La ville n'était plus sûre. C'était sans doute pour cette raison qu'il n'y avait pas grand monde dans la rue à cette heure-ci, les gens avaient peur, ils étaient barricadés. C'était le début de la terreur, peut être que la magie du cirque allait réussir à endiguer ce fléau...
