Chose promise, chose due !
Voici le second chapitre de cette fanfiction. 83 Des fois, je me demande si j'aurais pas dû rajouter "humour" dans les genres... Enfin, non, pas vraiment. Ce chapitre est plutôt drôle par moments, mais je pense que ça relève plus du grotesque que du véritable humour. xD
Un peu plus long que le précédent, donc. J'espère qu'il vous plaira. ^^
Un grand merci aussi à CrimsonThirteen et à MaliciaRoxasSasuke qui m'ont (déjà ! =o) reviewée. =3
Bonne lecture !
Chapitre 2 : L'assassin qui parlait aux courges
Il advint ce qu'il devait advenir.
Mais contre toute attente, ce n'était pas vraiment ce à quoi Axel s'était attendu.
Le jeune garçon, car visiblement c'était bien un garçon – le rouquin doutait un peu mais sa conscience lui dictait parfois les bonnes réponses et il avait décidé cette fois-ci de l'écouter – ne s'approcha pas plus encore de l'homme. Il ne regarda pas non plus dans sa direction ; ne sembla pas le voir, poursuivit son chemin. Posa sa bougie sur un siège de façon à ce qu'elle éclaire plus ou moins l'intérieur sombre du métro. Et puis il se tourna vers le fond du wagon, et Axel découvrit qu'il portait une cape, noire, plutôt longue et large ; un style un peu antique, mais bof, pourquoi pas.
« Ah, Pumpkin, se lamenta-t-il sur un ton presque trop appuyé pour être réellement ennuyé, j'te dis, ça va m'en faire, du boulot... »
Personne ne répondit. Mais il ne parut pas attendre de réponse puisqu'il n'insista pas ; sa curiosité ainsi titillée – c'était quand même un drôle de nom, Pumpkin, et si le gamin s'appelait Courgette, hein ? –, Axel, toujours silencieux, avança d'un pas supplémentaire dans le noir. La lueur faiblarde de la bougie tremblota.
« C'est un vrai carnage..., reprit la voix plaintive du blond. Y'a pas à dire, quand les chauves s'y mettent, rien ne les arrête... »
Au fin fond du long tunnel, une petite souris – ou un gros rat – couina. Un minuscule caillou, gravier perdu dans l'immensité du souterrain, roula et percuta presque aussitôt une paroi - à moins que ce ne fut un rail ? Axel ne savait pas. Il souffrait toujours l'altération de son ouïe et les voix qui criaient en silence au fond de ses oreilles, contre ses tympans, s'amplifiaient au fur et à mesure qu'il s'approchait de l'inconnu.
Soudain, un étrange bruit manqua de le faire sursauter. Fschhh, fschhh. On traînait quelque chose. Quelqu'un traînait quelque chose. Et même, le jeune garçon tirait quelque chose. Quelque chose de plutôt grand dont toute la longueur frottait inexorablement le sol, avec une régularité sans faille.
Prudemment, Axel jeta un coup d'œil à l'intérieur de la rame accidentée. Le bruit s'arrêta. Le blond aussi s'était arrêté, un peu plus loin dans le wagon. Seul le dénommé « Pumpkin » manquait à l'appel. Il sembla au jeune homme qu'une légère brise s'était engouffrée dans le véhicule pour venir s'enrouler autour des vieux sièges, valser entre les mèches dorées de l'inconnue, soulever sa cape et, par la même occasion, rafraîchir considérablement le dos du prétendu détective ; mais au fond, il n'y avait certainement rien. Si ce n'était cet étrange halo lumineux qui semblait envelopper son potentiel ennemi, au niveau du visage du moins – et d'ailleurs, à la longue, c'était un peu dérangeant. Axel ne savait pas s'il s'agissait ou non d'une nouvelle divagation de son esprit fatigué en plus d'être soumis à l'emprise de son don, mais à coup sûr cet énergumène-là n'était-il pas tout à fait normal.
C'est alors qu'il la vit. La citrouille.
« Rah, enfin ! S'exclama bientôt le blond, et il pivota sur ses talons. Plus que deux et ce sera bon, Pumpkin. »
Pumpkin. La citrouille. Certes. Simple traduction. Le plus bête des dicos bilingues du monde aurait trouvé ça tout seul. Seulement, là, « Pumpkin », ça correspondait bel et bien à une citrouille – une vraie de vraie. Une grosse courge orange, posée sur l'un des derniers sièges encore en état du wagon. Ce gamin, cette espèce de gamin blond complètement taré parlait à une citrouille. En lui donnant un prénom, comme si ça avait été une personne vivante.
Axel eut un mouvement de recul lorsqu'il aperçut le garçon revenir en direction de la porte ouverte et, à nouveau, il se tapit dans l'ombre ; l'étranger du métro ne le remarqua pas et s'avança en direction de la citrouille, esquissant comme un léger sourire. Il fit un pas, un autre, les enchaîna bientôt ; et son pied passa si près de l'extérieur qu'Axel crut bien sa fin venue – il n'en fut rien, fort heureusement. Les démons ne savaient plus se défendre, fallait croire ; ou bien ce mec avait trop envie de terminer vite sa tâche pour pouvoir s'en aller, disparaître, s'évanouir ? Après tout, ce devait être lui, l'assassin. Le rouquin ne savait pas ce qu'il foutait dans ce métro aussi tard, seul, à causer avec une citrouille, mais à présent, le fait qu'il avait commandité cet attentat lui apparaissait comme une évidence.
Il paraissait pourtant si jeune... Vu de près, on lui aurait donné seize ou dix-sept ans, dix-huit au grand maximum. C'était pour mieux tromper l'ennemi, sûrement – mais Axel n'allait pas s'y laisser prendre, à ce coup-là. C'était une ruse vieille comme le monde et avec les vieux loups dans son genre - bien qu'il n'eût que vingt-six ans, il devait bien jouer les chasseurs de démons depuis une dizaine d'années –, ça ne prenait plus.
Fschhh, Fschhh. Le bruit reprit et le blond soupira.
« Putain, c'que c'est lourd, ces humains ! »
Axel tressaillit. Pumpkin, impassible, toujours immobile sur le siège en plastique, ne répondit pas. Sa carapace d'orange irrégulier mais lisse semblait cruelle, froide, au point telle qu'elle aurait pu trahir un certain mépris ; et le roux se maudit intérieurement pour des pensées aussi stupides. Une citrouille n'allait pas répondre, voyons. Un peu de courage, bon sang !
Ni une, ni deux, l'enquêteur se hissa sur ses jambes et s'approcha, juste encore un peu ; comme placé en embuscade, il choisit stratégiquement le coin d'ombre le plus important du tunnel et s'y glissa rapidement, tel un chat dans la nuit. Il n'y avait pas lieu d'avoir peur ; il était ici dans son propre élément. Ses yeux perçants scrutèrent l'obscurité, la transpercèrent, la traversèrent et poussèrent son regard jusqu'à l'adolescent – celui-ci, le dos courbé, traînait bel et bien quelque chose. Ou même, quelqu'un, plutôt.
Ce n'était pas la première qu'Axel voyait un cadavre et pourtant, il sentit un long frisson caresser son dos de bas en haut. Le corps d'un homme, d'âge moyen, se laissait traîner par l'inconnu, qui le tirait péniblement par les deux bras. Sûrement l'un des corps disparus lors de l'attentat-suicide ; mais si le blond était réellement le commanditaire de ce crime, pourquoi s'embêter à ramener les morts ? Pourquoi les avoir emportés, aussi, déjà ? Et surtout, où avait-il bien pu les emporter, si ce n'est dans le monde des démons ? Comment s'en était-il échappé, comment avait-il pu y retourner et en revenir à nouveau ? L'accès à un monde ou à un autre était-il vraiment si simple que ne le laissait croire la présence de ce garçon ?
L'inconnu finit par s'arrêter et déposa, doucement, le corps inanimé sur le plancher de la rame. Il soupira, s'essuya le front, releva les yeux en direction de la citrouille qui n'avait pas bougé d'un centimètre ; et les questions d'Axel ne trouvèrent pas réponse, simplement. Pis encore ; oh, oui, bien pire. Tout s'empira à la seconde suivante – à la seconde où le blond garçon prit la citrouille dans ses bras, à la seconde où il se tourna vers la pénombre, à la seconde où le détective aperçut, là-bas, au fond, tapies dans le noir, les si sombres couleurs bleutées de ce qui semblait être un portail.
Un trou noir de la taille d'un homme dont les contours flous se mêlaient aux ténèbres, et qui paraissait capable d'avaler en quelques secondes quiconque s'en approchait trop.
« Allez, Pumpkin, finit par dire l'inconnu blond. On rentre. »
Son ton était autoritaire, un peu froid ; mais comment la citrouille aurait-elle pu lui désobéir ? Il la tenait à deux mains et lui parlait comme si elle eut été son animal de compagnie. Peut-être que son drôle de manège l'avait agacé – il avait parlé du fait de replacer les corps comme d'une corvée, après tout. Peut-être aussi qu'il avait hâte de rejoindre ses amis démons pour réfléchir à de nouveaux crimes – mais Axel ne parvenait pas vraiment à se faire à l'idée que les démons puissent être fondamentalement mauvais. Mais quoiqu'il en soit, le jeune garçon s'avançait en direction du portail ; encore un pas et les émanations noires du passage commencèrent à envelopper tout son corps.
Il s'en allait. Ce meurtrier allait s'en aller.
Et effectivement, il s'en alla. Il traversa, tout droit, plongea la tête la première dans la gueule béante du mal – ça ne semblait pas l'effrayer, pourtant. Ouais, lui, ce drôle de blondinet, ça lui faisait pas peur ; mais à Axel, ça faisait peur. Un peu. Ou beaucoup. Il savait pas trop – il savait seulement qu'il avait mal à la tête et que s'il faisait pas quelque chose, le potentiel commanditaire de l'attentat allait s'enfuir. Alors, comme guidé par son prétendu courage – ou plutôt, son foutu instinct de merde –, il sauta d'un bond à l'intérieur du métro.
« Hé ! Héla-t-il le gamin. Pas si vite, toi ! »
Le blond se retourna, déjà à moitié absorbé par le portail. Une demi-seconde – leur échange dura une demi-seconde. Et pendant cette demi-seconde, avant que l'inconnu ne disparaisse de la vue du rouquin, avant que ledit rouquin ne s'élance à sa poursuite, deux immenses yeux bleus, glacés, plus glacés que la glace elle-même, jetèrent un regard des plus noirs à l'enquêteur.
Ce dernier aurait pu jurer que, de sa vie, jamais il n'avait vu regard plus froid ni meurtrier.
Le voyage en lui-même ne dura pas longtemps – vraiment pas. Une autre demi-seconde, à tout casser. Même pas assez de temps pour qu'Axel perdît ses esprits ou, du moins le détective l'espérait-il, pour que le blond ne réalise qu'on l'avait suivit. Un décor remplaça l'autre, simplement ; le métro à moitié brûlé s'évanouit, avec ses vieux sièges et ses couloirs mal éclairés, et la légère brise due aux courants d'air cessa.
A la place de tout cela, apparurent des arbres ; une multitude d'arbres qui furent le premier élément de ce nouveau monde que remarqua Axel. Longs, extrêmement longs, et minces, ils semblaient plus hauts que les plus hauts grattes-ciel du monde ; leur tronc, décharné de toute feuille ou bourgeon, effilaient leurs interminables branches jusque des mètres au-dessus de sa tête. Ce qui était étrange, néanmoins, était que si ces arbres – déjà en leur forme-même passablement étranges – semblaient souffrir les douleurs d'un hiver particulièrement frais, l'air n'était pas froid – bien au contraire. Une douce tiédeur flottait sans raison autour des brindilles dont le sol était jonché, s'enfilait entre les bras de ces géants de bois, et atténuait presque les contours trop nets de leurs racines, dont certaines s'échappaient violemment du sol.
L'enquêteur, pas encore tout à fait remis de ses émotions – bien qu'il fût quelqu'un de plutôt fort, ces événements lui avaient donné froid dans le dos –, balaya les environs du regard ; aucune trace du blondinet, mais mieux valait être prudent avec les démons. Il se retourna, chercha des yeux un endroit où aller ; au loin, une sorte de porte retint son attention. Une porte à l'armature de bois qu'il discernait, certes difficilement, mais qu'il discernait quand même au beau milieu des arbres ; mais pourquoi avoir placé une porte ici, alors que cet endroit ne paraissait être qu'une forêt ?
Axel n'avait jamais été particulièrement curieux. Il lui arrivait de se poser des questions, parfois, mais pour rien au monde il n'aurait risqué quoi que ce soit pour obtenir une réponse ou une autre – il savait se taire lorsque la situation l'exigeait et préférait garder sa salive à taquiner Demyx au moyen de questions aussi embarrassantes qu'inutiles. Cette fois-ci, cependant, il dut bien se résoudre à se diriger vers la porte – c'était le seul repère qui lui venait à l'esprit et, au pire, il n'aurait qu'à rebrousser chemin. De toute manière, il lui semblait relativement improbable qu'un portail se rouvre à cet endroit-même – il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression que seul le jeune garçon aux cheveux dorés saurait lui montrer comment rentrer chez lui.
Il retint difficilement un rire nerveux et se mit en route. C'était paradoxal ; il fuyait la seule personne qui pourrait le ramener dans son monde. Mais ce n'était pas grave ; il avait l'habitude de fuir, de toute façon. Affronter les problèmes, c'était pas son truc – il trouverait bien un moyen de repartir. C'était lui qui s'était mis dans cette merde et il se débrouillerait pour s'en dépêtrer tout seul.
Quelques minutes de marche encore l'amenèrent au pied de la porte ; et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il réalisa qu'en vérité, il s'agissait d'une longue, d'une immense et interminable racine ! L'arbre à sa droite, massif élément de cette forêt où tous les végétaux se ressemblaient, étirait son fondement si loin que celui-ci grimpait à plusieurs mètres au-dessus du sol, puis retombait quelques dix ou quinze pas plus loin.
Ce monde était paradoxal. Les arbres s'étiraient dans tous les sens et ne portaient ni fleur ni feuille. Mais des feuilles comme des brindilles jonchaient le sol meuble et peut-être fertile. Sans oublier le vent, absent jusqu'alors, qu'Axel sentit bientôt se lever ; à cet instant, et même si sa tête ne le faisait plus souffrir depuis quelques minutes, le rouquin ressentit aussitôt une sorte de présence – un murmure, au loin, le lui confirma.
« Ils... »
Ce son ne ressemblait à rien – enfin, presque. On aurait à la fois dit une voix d'enfant, petite et fluette, et un murmure d'adulte, grave et sombre. L'enquêteur ferma les yeux et se concentra. Il n'arrivait d'habitude pas à saisir ce que lui disaient les voix, dans sa tête, mais cette fois-ci, sa vue semblait correcte, tout comme son odorat ne le trompait plus ; autant de points qui lui faisaient penser qu'il y avait bel et bien quelqu'un.
« Ils t'ont vu, entendit-il bientôt. Ils te cherchent... »
Un souffle contre son oreille. Ça ressemblait, non, c'était un souffle contre son oreille. Comme si un homme, ou bien une femme, invisible, s'était glissé dans son dos pour lui susurrer ces quelques-mots ; et le pire dans tout cela était qu'il croyait bien avoir senti la caresse chaude, presque imperceptible, d'une expiration contre le lobe de son oreille.
« Roxas et Pumpkin te cherchent... »
Axel sursauta. Le murmure s'était fait plus fort – plus de toute, maintenant, quelqu'un parlait. Très bas, si bas que sa voix se mêlait au souffle du vent – mais il ou elle parlait, et il ou elle lui parlait même de ses poursuivants. Ce n'était pas un ennemi – normalement, mais mieux valait se méfier, on ne savait jamais. Surtout pas en territoire étranger.
« Ils te cherchent ! Cours ! »
La voix avait hurlé – hurlé en murmure, mais hurlé quand même. Aussi, le roux ne réfléchit même pas ; ni une, ni deux, il prit ses jambes à son cou et courut, tout droit, dans la forêt. A courir tout droit, se dit-il, il finirait bien par arriver quelque part – à condition que les longues branches n'entravent pas sa course et qu'aucune racine ne lui prenne les pieds. Mais fort heureusement, et aussi étrange que cela pût paraître, il ne trébucha ni se cogna contre aucun bout de bois ; à son approche, les extrémités des arbres semblaient se retirer, et s'enfuir à leur tour. Tant et si bien que, bientôt, une lumière lui apparut ; la lumière au bout du tunnel, songea-t-il avec quelque ironie, celle qui se révélait parfois n'être qu'un foutu train.
Lorsqu'il atteignit enfin la lumière, il se sentit comme projeté hors de la forêt ; derrière lui, il lui sembla entendre le bruit d'une fermeture éclair. Il se retourna ; les arbres s'étaient comme refermés sur cette entrée. Leurs branches, entrelacées, ne laisseraient plus passer rien ni personne.
Axel ne savait pas vraiment s'il fallait ou non remercier ce coup de pouce inattendu d'une nature tout aussi inattendue, mais il hocha brièvement la tête et pivota sur les talons. Pour les questions, décida-t-il, il n'aurait qu'à se les poser plus tard – quand il aurait fui Pumpkin la citrouille et le dénommé Roxas, par exemple.
« Hé, vous, là ! Entendit-il soudain. Qu'est-ce que vous faites là ? »
Sous les yeux du détective se dressaient d'immenses murailles, presque aussi hautes que les arbres ; et au milieu de ses murailles, en plein milieu de ce grand mur de pierre, juste devant lui, se trouvait une porte - immense, elle aussi, mais au moins c'en était une vraie, et pas une racine. Enfin, encore eût-il fallu que ce fût réellement une porte ; en réalité, il s'agissait surtout d'une grande grille, dressée sur environ trois mètres de largeur, et peut-être dix de haut. Ses longs barreaux, distordus, grimpaient comme des serpents jusqu'au sommet où ils terminaient en pointe, et Axel se demanda qui dans ce monde, quelle menace pouvait bien être assez grande pour atteindre ce sommet.
Mais les barreaux en eux-mêmes n'étaient pas le problème. A leur pied, là où ils se trouvaient si espacés et si tordus que le jeune homme aurait pu se glisser au milieu sans le moindre effort, se tenait un homme – car c'était bien lui qui avait dû parler – vêtu d'une épaisse et visiblement lourde armure.
« Heu..., hésita un instant Axel, s'approchant toutefois de ce nouvel inconnu. Excusez-moi, mon brave, mais je suis perdu ; où sommes-nous, exactement ? »
Il avait tenté de prendre un ton quelque peu théâtral, pour une formulation quelque peu médiévale – peut-être était-ce l'effet de la vue de cet homme tout en armure ? Après tout, ses chaussures, ses jambières de métal, la large épée à sa main, la cote de mailles surmontées de plastrons et de trucs dont le rouquin ne connaissait même pas le nom, tout correspondait ; et ce n'est que lorsque ses yeux arrivèrent à la tête de son interlocuteur que l'humain déchanta brusquement.
Un énorme casque, rond, un peu étiré. A deux couleurs - violet en haut, blanc en bas. Pas le moindre trou pour voir au travers. Et ce qu'il avait au départ cru être une plume se révéla bien vite n'être qu'un ramassis de tiges, de grosses tiges vertes bardées de feuilles non moins vertes.
Tête de navet. C'était un casque en forme d'énorme navet.
« Vous n'êtes pas d'ici, déclara l'homme, l'air sûr – et, soit dit en passant, le fait d'avoir un gros navet sur la tête ne semblait pas l'affecter le moins du monde. Partez.
– Vous vous rendez compte que vous avez un énorme légume sur la tronche ? »
C'était sorti tout seul. Axel aurait dû avoir peur, pourtant, de se retrouver dans un tel monde, où le vent semblait parler tandis que les arbres bougeaient et que les gardiens des villes portaient des navets en guise de heaume ; mais ça lui donnait plutôt l'irrépressible envie de rire, de se marrer comme c'était pas permis.
Le chevalier, en revanche, ne paraissait pas doté de beaucoup d'humour. Sans dire un mot de plus, il se jeta littéralement sur l'enquêteur, de façon à le renverser avant d'appuyer la lame de son épée contre sa gorge ; et ça aurait pu en être fini, tout aurait pu se finir là, mais Axel ne parvenait plus qu'à réaliser l'incroyable ridicule de sa situation. Alors, il rit. A gorge déployée.
Le vent se mit à souffler et le chevalier, désorienté, ne bougea pas.
« Nan, nan, sérieux, se reprit avec difficulté le roux, c'est clair, c'est un coup monté, là ! Ah ah, vraiment, c'est trop drôle... Vous êtes un sacré acteur, ah ah ! »
Toujours aucune réponse. La force du vent augmentait – elle augmentait, augmentait et continuait d'augmenter, même. Bientôt, elle fut si forte qu'elle repoussa légèrement le gardien de la porte en arrière ; celui-ci retira aussitôt son épée mais le vent ne cessa pas. Un bras devant son visage le protégea un instant ; Axel, toujours assis, préféra se laisser décoiffer et se remettre de son fou rire.
« Riku ! Hurla soudain une voix féminine, au loin. Riku, ça va ?
– Riku ! »
Une autre voix avait crié, à son tour – mais plus doucement. Et cette voix-là, Axel ne la connaissait que trop bien. Mélodieuse – juste comme il faut pour faire tourner la tête et perdre les sens. Douce, délicate, féminine – juste un peu grave dans les dernières notes. Sous les yeux du rouquin, le chevalier retira son casque, et une cascade de cheveux d'argent dévala sur ses épaules couvertes de métal ; mais Axel savait que, dans son dos, le dénommé Roxas accourait.
Et voilààà o/
Donc, si on récapitule, nous avons...
1) Roxas qui parle aux citrouilles.
2) Axel qui propose allégrement (mentalement) de l'appeler Courgette.
3) Des feuilles par terre tandis que les arbres n'en portent pas et semblent n'en avoir jamais porté.
4) Un vent qui parle.
5) Des branches d'arbres qui se nouent dans un bruit de fermeture éclair.
6) Riku en chevalier avec un casque en forme de navet.
Moralité : J'ai l'impression que cette fanfiction est une vraie soupe de légumes. Et le pire, c'est que justement, le pire est à venir...
En espérant ne pas vous avoir fait trop peur. =P
Merci de votre lecture ! ^^
Et surtout : encore happy AkuRoku daaaaaay ~
