Après le chapitre, vous avez un petit délire relativement ancien qui était sensé être la préquelle de ce récit. Mais j'ai changé d'avis car ça faisait vraiment trop...

J'essaie un minimum de rester dans le plausible, lol.

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La Séduction du Serpent

1 – Des élèves dans un train

Le Poudlard Express filait à travers la campagne, emportant les jeunes sorciers vers une nouvelle année scolaire. Un des compartiments avait été monopolisé par une bande de Serpentard qui entamait leur septième et dernière année.

- Plus qu'un an à être obligés de supporter le vieux cinglé et après... lança Evan Rosier en laissant planer sa phrase sur un rictus mauvais.

- S'ils nous avaient autorisé à les rejoindre, on serait même pas dans ce stupide train, grogna Christopher Wilkes en donnant un coup de pied dans le siège.

- Gamins...

Ils se tournèrent vers la voix basse et sardonique qui s'était élevée, fronçant les sourcils sans oser relever l'insulte.

- C'est vrai ce qu'on dit ? risqua Wilkes.

- On dit beaucoup de choses, lança le garçon aux cheveux noirs dans une exclamation moqueuse.

- Il paraît que ton père ne veut pas le rejoindre, insista son camarade avec un air de défi.

- Monsieur Black bénéficierait apparemment d'un traitement de faveur de la part du Seigneur, intervint Leoden Nott en plaçant une main sur le bras du châtain au sang chaud pour le calmer.

- Un traitement de faveur ? C'est comme ça qu'ils disent ? Vous croyez vraiment que les Black peuvent devenir les sous-fifres de qui que ce soit ? leur demanda l'adolescent avec une moue arrogante. Lord Voldemort... De l'esbroufe.

- Comment oses-tu ? Même ton nom ne peut te protéger de tout, Sirius ! explosa Wilkes.

Les yeux de Sirius Black, qui jusqu'alors s'étaient contentés de regarder fixement devant eux, se tournèrent lentement vers le jeune homme baraqué qu'était Christopher Wilkes. Il le toisa un certain moment qui suffit à faire perdre au Serpentard une bonne part de son assurance.

- Mon nom, dis-tu ? Tu crois encore que je me repose sur lui, Wilkes ? Alors que je vais le porter bien plus haut que mes ancêtres n'ont même jamais pu l'imaginer ? Votre Seigneur ne donne que dans le spectaculaire.

Il avait prononcé le titre avec une déférence burlesque de la plus haute insolence mais même Wilkes ne se serait pas risqué à relever l'insulte alors que l'héritier des Black avait les yeux rivés sur lui.

- Il nous apporte et nous apportera du divertissement, c'est certain, reconnut Sirius avec une certaine indulgence. Mais il n'est qu'un seigneur de guerre pour croire que les combats le mèneront à la victoire à laquelle il aspire.

- Un seigneur de guerre n'est-il pas tout puissant ?

La question posée sur un ton sardonique par Evan Rosier sonnait purement rhétorique.

- Il n'est de puissance qu'au plus haut niveau, répliqua Sirius en se désintéressant de Wilkes, lui permettant de respirer à nouveau.

Les combats ne duraient qu'un temps et la masse ne retiendrait que le vainqueur. Et quand bien même Voldemort triompherait, il y aurait toujours des rébellions, une guerre civile sans fin. Ce mage noir si fameux n'avait visiblement pas compris grand chose au pouvoir. On le prétendait fourbe et manipulateur, l'aîné des Black lui montrerait comment envoûter toute une population.

Il ne lui restait qu'un an à Poudlard mais il avait déjà commencé son projet et, lorsqu'il sortirait officiellement du collège de sorcellerie, c'est une ascension naturelle et assurée qui l'attendait vers la plus haute influence du monde de la magie.

- Au fait Wilkes, ne t'avise plus de m'appeler par mon prénom.

Si l'irritabilité de son condisciple aurait pu suffire à lui faire commettre un acte stupide, il fut sauvé de son défaut par l'entrée soudaine d'un quatrième année de leur maison.

- Sirius ! Elle a dit oui ! s'exclama le garçon en s'élançant vers le jeune homme avec un bonheur non contenu.

- Pensais-tu vraiment qu'elle aurait pu refuser ? s'amusa Sirius en passant une main tendre dans les cheveux de son frère. Je suis heureux pour toi. Même si j'aimerai que tu te comportes de manière un peu plus digne.

Regulus rougit fortement et reprit contenance mais son aîné laissa échapper un rire bref et lui ébouriffa d'un geste ses mèches noires.

- Laisse-moi donc l'élégance et profite de ton adolescence. Je sais que lorsque j'aurai besoin de toi, tu seras là. En attendant ce moment, amuse-toi, c'est un ordre.

Son jeune frère retrouva le sourire, l'attrapa un bref instant dans ses bras puis ressortit comme il était venu. La petite lueur d'amusement et de douceur dans les yeux de Black s'éteignit instantanément quand il se tourna vers Rosier.

- As-tu réuni les noms ? lui demanda-t-il sèchement.

- Quelle n'aurait été ma folie si je ne l'avais fait, répondit calmement son comparse. J'en ai particulièrement trois qui feront la meilleure des gardes rapprochées pour ta chair et ton sang.

- Je l'espère pour toi, car s'il devait arriver quoi que ce soit à Regulus en mon absence, sois assuré que tu serais le premier à en pâtir.

- As-tu donc si peu confiance en ton frère ?

La remarque acerbe était venue du dernier occupant du wagon, qui avait fini par relever les yeux de son manuel de potions pour darder un regard froid sur Black. Sirius ébaucha un semblant de sourire. Il appréciait l'aplomb de Severus Rogue. Nott et Rosier étaient à sa botte, ils lui envoyaient des piques mais sans que jamais son autorité puisse être remise en question, avec Rogue c'était différent. Le garçon ne s'était jamais soumis à lui, pas plus qu'à quiconque d'ailleurs.

C'était un solitaire extrêmement observateur de ce qui se déroulait autour de lui. Il était par exemple bien assez malin pour comprendre qu'il retirait des bénéfices à rester en présence des autres garçons de son année, même s'il ne se mêlait jamais vraiment au groupe. C'était ce que Sirius aimait chez lui, cette attitude ambiguë que lui valait son indifférence lucide. Il ne s'opposait jamais vraiment à lui mais pouvait parfois se montrer provoquant de la sorte. Cela rehaussait la vie scolaire monotone du jeune homme.

- Comme il se doit d'un Black, mon frère n'a pas à craindre les attaques directes, mais en tant que Serpentard, quel tort aurai-je de ne pas penser aux coups en traître. Je présume ne jamais te voir me contredire en cela.

Rogue répondit par une expiration méprisante et retourna à son livre.

- En parlant de s'amuser, c'est la dernière année où tu pourras encore t'accorder un réel divertissement, remarqua Nott. Tu as des projets ? Ne voudrais-tu pas enfin te joindre à nous pour contrer les lionceaux ?

- Ces guerres intestines ne valent pas mon intérêt, répondit Sirius avec dédain. Qu'ils s'évertuent donc avec leurs minables farces, elles ne peuvent m'atteindre.

- Parle pour toi, grommela Wilkes avec colère sans oser hausser la voix.

- Je compte néanmoins relever un défi, reconnut Black sans faire attention à son camarade. Peut-être devrai-je appeler cela de l'entraînement, en fait.

- Tu m'intéresses, dit Rosier dont toute l'attention s'était effectivement focalisée sur son charismatique ami, une lueur malsaine dans le regard.

- Et je pense deviner les tenants de cette idée, confirma Nott. Après tout, il n'y a pas grand chose que tu voudrais mettre à l'épreuve. La question que je me pose, c'est qui sera ta proie.

- Je n'ai pas encore arrêté mon choix mais il reste restreint. Surtout que je compte me lancer un défi qui sied à mon envergure.

- Dans ce cas, tu sais déjà dans quelle maison chercher. Rien n'est plus savoureux que de convertir un de ces si vertueux Gryffondor, ricana Rosier.

- Potter ? proposa Nott, non sans ironie.

- Viendra un jour où je ne relèverai pas le sarcasme dans tes intonations et tu pourras dire adieu au rôle de conseiller auquel tu aspires.

Sirius laissa flotter sa réflexion dans l'air. Personne n'était dupe, il n'avait nul besoin d'un bras droit à ses côtés, mais le titre serait bien réel dans l'avenir et présentait trop de bénéfices pour le laisser passer.

- On ne se rallie pas ses opposants directs, c'est une règle de base, s'amenda Leoden.

- Tu n'as pas tort sur un point, avec une fille, ça n'aurait rien de glorieux, réfléchit Evan, qui se souciait peu de cette position.

- Qu'est-ce que ça changerait ? Il... Black joue sur les deux tableaux, lui fit remarquer Christopher.

- Mais ce ne sera pas le cas de sa cible.

- J'avoue ne pas avoir songé à cette option, nota Sirius. Convertir des idéaux est une chose, invertir des préférences en est une autre. Cela rajoute du piment à l'affaire...

Un sourire d'anticipation s'était esquissé sur son visage mais il fronça vite les sourcils.

- Je ne me souviens d'aucune proie attrayante qui corresponde à ces critères, sinon je l'aurai déjà chassé et attrapé. Il va malheureusement falloir oublier ce supplément.

- N'en sois pas si sûr, le contredit Nott. Tu n'as jamais vraiment regardé nos comparses dans cette perspective. Qui plus est à nos âges, les poussées de croissance ne sont pas rares et il en est un certain nombre qui semblait encore tout droit sorti des seins de Morgane avant cet été.

- Tu n'as pas tort... reconnut lentement Black. Et bien soit, attendons avant de décider, cette perle rare se montrera peut-être.

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Plus loin dans le train se déroulait une conversation d'une atmosphère autrement plus bon enfant, animée d'éclats de rire et d'exclamations joyeuses. Les garçons de Gryffondor septième année se racontaient leurs étés respectifs comme ils n'avaient pas eu la chance de se retrouver durant les vacances.

- C'est à ce moment que maman a décrété qu'un jacuzzi de strangulots était une idée excessivement délirante, même pour elle, termina Peter Pettigrow avec une grimace.

- Ta mère est vraiment impayable, s'esclaffa Terence Hill. J'aurai fui dès l'accueil à coup de billiwig fluorescents, aussi enchantés soient-ils !

- Moi ce qui m'intrigue, c'est que cette auberge existe depuis des lustres, ce qui signifie que certains clients restent, frissonna James Potter.

Terence lui accorda ce point et lui lança une friandise de Bertie Crochue selon un angle compliqué que le capitaine de Gryffondor n'eut pas le moindre mal à rattraper au vol. Il adressa d'ailleurs un sourire moqueur à son ami qui y répondit par un air exagérément blasé.

- C'est étrange de se dire que c'est notre dernière rentrée à Poudlard, remarqua Peter sans pouvoir contenir une certaine nostalgie dans sa voix.

- Faut pas le voir comme ça. Dernière année à Poudlard, plus qu'un an avant que le monde ne nous ouvre les bras ! lança Terence avec optimisme. Et puis, on ne pourra vraiment pas dire qu'on n'en a pas profité !

- C'est certain ! D'ailleurs, j'ai hâte de savoir ce qu'on va faire cette année.

Peter s'était tourné vers James en parlant, tout comme Terence. Leur ami haussa les épaules avec un sourire.

- Je n'y ai pas encore vraiment réfléchi mais on va s'y mettre sérieusement !

- On compte sur toi ! Sur ce, je vous abandonne un moment pour aller retrouver Kelly ! annonça Terence en se levant. Tu veux venir Peter ? Avec de la chance, elle sera avec Valentine et tu arriveras enfin à te déclarer.

Peter rougit jusqu'à la racine des cheveux et marmonna des protestations qui ne l'empêchèrent pas de se lever à son tour et de saluer leur ami avant de sortir.

James resta fixé un moment sur la porte du compartiment avec un sourire amusé, souhaitant à Peter d'effectivement concrétiser ce dont il rêvait depuis l'an dernier. Il baissa les yeux sur le bonbon que lui avait donné le blond, le fit tourner dans ses doigts puis le lança sur le côté, par dessus son épaule, sans regarder.

Une main leste l'attrapa aussi promptement que James quelques instants plus tôt.

- Je savais bien que tu dormais pas ! s'exclama le jeune homme aux cheveux hirsutes.

Remus Lupin lui adressa un regard amusé et s'étira ostensiblement en réponse.

- Dur d'en être autrement avec vos jacasseries. Je serai sûrement plus au calme avec les filles de Serpentard de notre année.

- Je te plains de ne pas l'avoir noté plus tôt, répliqua James sans relever la presque insulte.

- Alors vous récidivez cette année ? demanda le châtain. J'en connais une qui ne va pas vraiment apprécier l'idée.

James observa son ami avec prudence, tournant sept fois sa langue avant de répondre, réflexe qui avait nécessité cinq ans de conversations avec Remus pour se mettre en place.

- Et bien... Ce n'est pas comme si on pouvait tout arrêter brusquement... Tu ne penses pas que simplement généraliser suffira ?

- Si tu y parviens, je suis persuadé que Lily approuvera. Cela étant, j'ai hâte de voir à quel point tu sauras te retenir devant les Serpentards.

Le jeune Potter lui adressa une grimace. Remus employait souvent un ton mi figue mi raisin qui le forçait à reconsidérer pas mal de ses certitudes. Il savait pertinemment que Evans le mépriserait toujours autant s'il ne cessait pas certaines de ses attitudes puériles, et il en était d'autant plus conscient qu'étant en septième année, il tenait là sa dernière chance de la faire tomber dans ses bras.

- Ce n'est pas comme si je n'écoutais pas tes conseils, grommela-t-il.

- Oh non... Comment le formuler ? Tu deviens juste quelque peu sélectif en certaines occasions. Et ce n'est pas non plus comme si j'avais jamais voulu être ta conscience.

- Qu'est-ce que tu t'en acquittes bien pourtant, sourit largement James.

S'il était une personne dans son entourage que le jeune Potter écoutait, c'était bien Remus. Certes, il était sujet à quelques amnésies passagères quant à ses conseils, mais ils finissaient toujours par faire leur chemin dans son esprit de mauvais garçon et il escomptait bien qu'avec l'âge, il les intégrerait plus vite.

Remus Lupin était un être à part. Il s'entendait très bien avec Peter et Terence et certaines autres personnes mais était un solitaire dans l'âme, il aimait la tranquillité et le revendiquait. Il ne les accompagnait jamais dans leurs farces, même s'il pouvait parfois les aider à les préparer, et il n'était vraiment proche que de James. Dans d'autres circonstances, le châtain aurait certainement pu se lier plus aux deux autres, mais Terence et Peter avaient très vite accroché entre eux et dans la mesure où Remus avait été particulièrement difficile d'approche la première année, ils avaient fini par abandonner.

James ne l'avait pas fait. Le jeune Lupin l'avait fasciné dès le départ. Il ne comprenait pas comment la plupart de ses camarades pouvait le trouver inintéressant de prime abord. Il émanait de lui une aura de maturité et, quelque part, de noirceur, qui avait motivé l'actuel capitaine de Gryffondor à le harceler pour le forcer à l'accepter comme ami.

Il ne l'avait jamais regretté, malgré le caractère renfermé si opposé au sien, et lorsqu'il avait découvert sa lycanthropie en deuxième année, cela n'avait fait que renforcer son admiration pour la force de son ami. Non sans mal, il l'avait convaincu de tout raconter à Terence et Peter, qui l'avaient pris relativement bien sans pour autant que la révélation les rapproche outre mesure.

Mais pour James, ce n'était pas suffisant, car lorsque la lune présentait sa face la plus ronde et la plus lumineuse, il culpabilisait de ne pouvoir aider son ami qui souffrait le martyr. Il avait bien tenté de convaincre les autres de devenir des animagi, le jour où il avait découvert que les loups-garous ne pouvaient les blesser, mais personne, pas même Remus, ne s'était rangé de son avis. Trop de risques, trop d'incertitudes, ils l'avaient dissuadé malgré toute la conviction qu'il y avait mis.

Ce projet lui trottait toujours dans la tête cependant. Maintenant qu'il était majeur, il pouvait s'enregistrer auprès du ministère et comptait bien sur l'aide déjà promise par McGonagall dans son entreprise.

- La dernière année... Si ce n'était Evans, j'aimerai qu'elle soit déjà finie. Qui peut savoir où en sera rendu Voldemort dans un an ? Je souhaiterai déjà le combattre.

- Tu es doué James, surdoué même, mais tu ne ferais pas long feu face à ses Mangemorts. Cette année va te permettre de t'améliorer. Et je pense que nous allons avoir droit à un discours bien particulier lors de notre premier cours d'option.

L'option dont parlait Remus était un leurre, un soi-disant cours sur les protections magiques qui dissimulait des leçons avancées de stratégies d'attaque et de défense pour former ceux qui combattraient un jour le mage noir.

- Tu es doué également, remarqua James. Tu ferais un grand Auror.

Remus eut un rire sans joie.

- Nous avons déjà eu cette conversation. Aucune chance qu'ils acceptent un loup-garou. Je te l'ai déjà dit, je n'ai pas été accepté à ce cours pour mes talents mais pour ma nature.

- Et moi je maintiens que Dumbledore voit plus en toi que ce que tu crois, s'agaça James. J'exagère peut-être en parlant d'Auror mais ce n'est vraiment que ton caractère qui ne s'y prête pas. Tu as du talent. Ton esprit d'analyse est extraordinaire, tu es capable de voir les failles d'un plan là où personne ne songerait à les chercher. C'est également quelque chose que tu dois travailler mais je reste persuadé que tu ferais un stratège hors pair.

Le châtain secoua la tête avec un sourire indulgent.

- Non James. Ce que tu dis est vrai, j'en suis parfaitement conscient, je ne pourrais malheureusement jamais le prouver. En supposant que Dumbledore le pense également, il a nettement moins d'influence que ce que tu lui prêtes et il sait pertinemment ce qu'il peut et ne peut pas faire. On m'a choisi pour une tâche que je doute fortement pouvoir accomplir.

Le jeune Potter se renfrogna, agacé. Il n'aimait vraiment pas que ce sujet soit abordé.

- J'ai eu une chance inouïe de pouvoir faire ma scolarité à Poudlard, poursuivit doucement Remus, et je lui en serai à jamais reconnaissant, mais je n'ai aucun avenir, du moins professionnel, en dehors des murs de l'école. Je suis un loup-garou. Le ministère me méprise et la société entière m'abhorre. Pour cela, Voldemort essaiera, à un moment ou à un autre, de me recruter. Et, James, que tu l'acceptes ou non, c'est la seule et unique raison pour laquelle j'appartiens au groupe restreint choisi par Dumbledore.

- Ouais, ben quelle que soit la vérité, ça me fera pas changer ce que moi je pense. Et je ferai tout pour te prouver que tu peux aspirer à un autre avenir que celui-là.

Ils ne revinrent pas sur la question du reste du trajet. Peter et Terence réapparurent peu avant l'arrivée et James se retint de tout commentaire en voyant Remus abandonner sa stature droite pour se replier légèrement, discutant avec eux d'une voix plus basse et effacée que celle qu'il avait lorsqu'ils étaient seuls. Le jeune Lupin était passé maître dans l'art de se rendre insignifiant et comptait bien cette année encore en faire bon usage.

À suivre...

Et voilà pour l'entrée en matière ! On en apprendra plus sur chacun d'entre eux au fil des chapitres évidemment mais j'espère être parvenue à brosser l'esprit général des personnages principaux. Ce chapitre tient surtout lieu d'introduction.

A très bientôt !

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Terence Hill : J'ai un peu hésité à rajouter le personnage de Terence mais j'avoue que ça me laissait quelque peu sceptique de penser qu'il n'y avait que 3 garçons à Gryffondor cette année-là. Après, je me suis rendue compte que c'était possible vu qu'il n'y a que 3 filles durant les années de Harry et Cie mais Terence était déjà là... donc il est resté, lol. (et puis, bon, on peut supposer qu'il y a moins d'élèves à l'époque de Harry parce qu'ils sont nés en pleine première guerre contre Voldemort, ce qui a dû réduire leurs effectifs.)

Peter Pettigrow : Toujours par rapport à ma fic sur les maraudeurs, vous allez le trouver très différent. Je vais tenter d'en expliquer les raisons au fur et à mesure. Vous avez déjà quelques bribes dans les postulats de base mais j'ai en tête les raisons pour lesquelles, par exemple, sa mère est ici totalement saine d'esprit. Bref ! C'est pas le sujet principal mais je vais essayer de ne pas oublier !

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Et enfin le petit délire, qui n'entre donc pas réellement dans l'histoire. Je l'avais écrit pour une autre idée de fic RemusxSirius, toujours en UA, où Remus ne s'était jamais rapproché des autres Gryffondor.

Ça se passe chez Remus juste avant la rentrée et je rappelle que cette scène n'existe absolument pas dans la trame de « La séduction du serpent ». Sa môman et son pôpa l'aiment :-P

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Une porte claqua à l'étage de la maison, puis une autre, un bruit de fouille, un fracas et un cri de douleur agacé.

- Tu es sûr que ça va ? interrogea Mme Lupin du rez-de-chaussé, hésitant à monter.

- Oui, oui, ne t'inquiète pas, répondit la voix assourdie de son fils. J'ai juste perdu... PAR LA BARBE DE...

Un bris de verre retentit.

- C'est bon, je gère ! assura Remus.

John Lupin sortit de la cuisine et sourit à l'air angoissé de sa femme.

- D'habitude, il est toujours si... commença-t-elle.

- Non, ton fils ne nous fait pas une crise d'adolescence en retard, la rassura son mari. Il n'est juste pas habitué.

- On ne le serait pas à moins, soupira Théia.

Elle retrouva soudain son sourire et adressa un regard surexcité à son mari.

- Allons bon, dit-il en retenant un rire, si j'avais su que tu étais si intéressée par le physique... Je vais finir par m'inquiéter de mon sort.

- Mais vous êtes magnifique, John Lupin ! s'insurgea la femme. Et puis ça n'a rien à voir, c'est de la fierté maternelle, déclara-t-elle en s'accrochant à son bras. Vous n'avez pas un truc assimilé, vous les hommes ?

- Nous savons mieux nous contenir ? suggéra-t-il.

Sa femme lui donna une petite tape réprobatrice et ils s'embrassèrent en rigolant.

- Je vois vraiment pas ce que ça a de drôle...

La voix lasse de leur fils les fit se détacher et Théia Lupin laissa échapper un gémissement ravi.

- Que tu es beau ! Mais que tu es beau ! Hein John, que notre fils est beau ?

- Maman... grimaça Remus. Je vais finir par croire que tu n'en avais rien à faire de moi avant.

- Avant tu étais adorable, le rassura sa mère, maintenant tu es... tu es... magnifique ! D'ailleurs... De qui a-t-il pris ces gènes ?

Elle se mit à réfléchir sérieusement et son mari poussa un soupir dépité.

- Tu sais bien que ça n'a rien à voir avec ça, lui rappela son fils.

- Quand même, on a beau savoir que les lycanthropes ont tendance à faire de subites poussées de croissance, ça surprend... remarqua son père en fixant Remus de haut en bas.

- Je m'inquiétais d'avoir toujours le gabarit d'un gamin à seize ans, je regrette un peu maintenant, avoua l'adolescent en grimaçant. Grandir autant en deux mois, ça fait un mal de chien. Ça a l'air d'être fini mais je sens encore les courbatures.

- S'il n'y avait que la taille, gloussa sa mère.

Ses deux hommes lui lancèrent un regard en biais qui la fit hausser les épaules.

- Vous n'êtes pas drôles tous les deux. Pourquoi je ne serai pas heureuse ? J'ai un fils intelligent, qui me ramène d'excellents résultats scolaires et qui, de surcroît, va faire tourner les têtes de toutes les demoiselles de l'école.

- Et loup-garou... lui rappela Remus.

Cela lui valut une tape à l'arrière de la tête de la part de sa mère.

- Interdiction de sombrer dans le pessimisme. On a bien la preuve que tout n'est pas négatif là-dedans, alors souris un peu, d'accord ?

Son visage s'était un peu assombri et attristé et Remus s'en voulut un instant de ne pas avoir compris pourquoi sa mère réagissait ainsi à l'excès.

- Pardon. Mais ne t'attend pas à ce que je te ramène une fiancée aux vacances de Noël, la taquina-t-il.

- Cela étant, en toute objectivité, Remus est certes joli garçon, il n'est pas non plus une gravure de mode.

- Comment ça il est pas beau mon fils ? s'indigna sa femme.

- Je n'ai pas dit ça mais tu exagères un peu, et puis il n'a pas tant grandi que ça. Quoi qu'en parlant de gravure de mode...

- Euh... Papa ? Tu te souviens que tu parles de moi ? Tu commences à me faire peur.

- Il faut au moins reconnaître à ta mère que cette... évolution t'a admirablement sculpté, tu en conviendras.

Remus regarda ses deux parents tour à tour et laissa sa tête tomber sur son torse.

- Je veux aller m'enterrer sous mes draps et je ne veux surtout pas aller à Poudlard demain, déclara-t-il d'un ton désespéré.

End ;-)