En effet, il fut réveillé à peine deux heures plus tard, par une sensation bizarre au niveau de sa mâchoire. Après avoir pris une bonne minute pour émerger et s'habituer à l'obscurité de la chambre, il comprit que le Geek était à moitié sur lui, en train de... Lui faire des bisous ? What the... ?

- Mais qu'est-ce que tu fous, putain ?

- Baaah ça s'voit paaas ? Ze te bisouille !

Et en plus il était encore dans la gloire de Bacchus. Décidément, il n'en viendrait jamais à bout, avec ce môme ! Il pouvait dire adieu à son demi-cadran de sommeil.

- Merci, j'avais remarqué. Mais qu'est-ce qui te prend ? Pourquoi tu fais ça ?

- Parce que t'es tous douuux... Et puis ze t'aimeee...

- Comment ça, tu m'aimes ? Qu'est-ce que tu baragouines, encore ?

- Bah ze t'aime, quoi ! Du coup te fais des bisous partout partouuut.

Si « partout » s'était limité à ses joues, pourquoi pas, mais là il commençait à descendre dans son cou et ça devenait franchement bizarre ! Mais le pire, c'est que c'était... Agréable. Putain, si en plus il se mettait à apprécier, il ne s'en sortirait pas !

- Arrête et rendors-toi !

Ouais, si seulement c'était si simple... Le fait de le repousser et de parler fermement ne suffisait pas, le gamer revenait à la charge et se jetait dans ses bras pour revenir le couvrir de baisers, encore et toujours dans le cou, puis un peu plus bas. Si bien qu'il commença à déboutonner son kigurumi. Un bouton. Puis deux. Et il continuait de promener ses lèvres sur sa peau, le faisant frissonner malgré lui.

Putain, mais qu'est-ce qu'il faisait, là ? Et pourquoi ça lui faisait de l'effet ? C'était insensé ! Il n'était pas censé réagir à ça, une réaction normale aurait été de partir en courant ! Ou de lui coller une baffe ! Ou n'importe quoi d'autre, mais pas se laisser faire comme une poupée de chiffon ! Et pourtant, il n'arrivait pas à l'arrêter. Parce qu'il aimait ça, tout simplement. Même sa voix se coupait totalement, les mots ne passaient plus sa gorge, c'était comme s'ils restaient bloqués dans son cerveau sans pouvoir être formulés. Il restait immobile, ne bougeant même pas le petit doigt, tétanisé, surpris tant par le comportement du Geek que par le sien.

- T'es tout chauuud, le complimenta la voix mielleuse et encore ivre de l'amateur de jeux vidéos.

Incapable de parler, le concerné le laissait faire. Il continuait joyeusement à l'embrasser partout où son épiderme lui était accessible, soit maintenant presque tout son buste en plus de son cou et son visage. Le chanteur ne savait plus quoi faire, il n'arrivait plus à sortir le moindre son, appréciait ce que son camarade lui faisait, était totalement troublé en plus d'être encore fatigué. Tout cela n'avait plus aucun sens. Il ne pouvait plus réfléchir, d'une part parce qu'il n'avait que très peu dormi, d'autre part parce qu'il était complètement déconcentré par tous ces baisers tièdes qui commençaient à lui faire perdre ses moyens. Putain, c'était bon... Trop bon... Trop, au sens littéral. Le gosse était en train de l'aguicher comme un assoiffé et lui ne résistait même plus, il se laissait emporter, comme une loque. Une loque de chair, une loque de nerfs, une loque qui ne faisait plus que ressentir et avait cessé de réfléchir.

- Mon Pandachou... Fais-moi l'amour.

L'ursidé écarquilla les yeux devant cette proposition insolite et un peu trop directe. Choqué, il ne trouva rien à répondre pendant quelques secondes même pas pour le repousser – bizarrement. Puis il reprit soudainement contenance et tenta de se redresser.

- Non. Allez, dors.

- Mais pourquoiiiiiiiiii ? geignit le gamin d'une voix innocente qui contrastait totalement avec sa curieuse demande.

- Parce que. Allez, maintenant tu dors.

- Je t'excite pas ?

- Mais tu t'entends causer ? Arrête tes conneries, maintenant ! Dors !

Il tenta de lui tourner le dos mais fut coupé dans son élan par deux jambes qui passèrent par-dessus les siennes et le coincèrent en position allongée, en plus des baisers qui reprirent sur son torse et descendirent encore après que le troisième bouton de son habit noir et blanc soit défait.

- S'il te plaît...

- Mais tu te rends compte de... Rha, putain, nan, tu te rends pas compte, forcément, t'as du vent dans les voiles...

- S'il te plaît... Mon Pandamour, j'ai besoin de toiiiii !

- Bah d'accord mais tu peux te contenter d'un câlin.

- Ben ce sera un gros, très gros câlin, alors !

- Mais... Aaah...

Sa protestation fut interrompue par une douce morsure dans son cou et surtout par une sensation particulière à un endroit bien précis de son corps. Plus exactement, le Geek s'était collé contre lui, entre ses jambes, de façon à ce que leurs parties intimes soient en contact, se frottant légèrement l'une à l'autre. C'était déjà trop. Beaucoup trop. Il n'arrivait plus du tout à se raccrocher à la raison, il ne répondait plus que par le désir qui commençait à germer dans ses entrailles suite à tant de contacts sensuels. Même si au départ il voulait dormir. Même si c'était vraiment bizarre de faire ça avec ce gosse tellement mignon et candide – d'habitude. Même si ce n'était pas raisonnable. Il ne se contrôlait plus. C'était fini. Foutu. Complètement. Et il ne s'en rendait même plus compte.

- Mon Pandinounet, tu parles plus ?

- Hnn...

- Ah bah je peux continuer mes bisous alors ! fit-il d'une voix bien trop enfantine pour ce dont elle parlait.

Et il continua. Encore. Toujours plus bas, défaisant petit à petit le vêtement jusqu'au dernier bouton, l'ouvrant ensuite de plus en plus, promenant ses lèvres sur une surface de plus en plus large, provoquant frissons, soupirs et couinements au récepteur qui avait totalement perdu ses moyens. Ses baisers lui faisaient l'effet de petites décharges de chaleur à chaque endroit touché, une chaleur qui se propageait petit à petit dans tout son corps, l'emportant dans une vague de plaisir sans fin qui le submergeait tellement qu'il ne ressentait même plus la culpabilité qui l'assaillait encore quelques minutes auparavant. Il avait perdu toute trace de raison, il n'était plus que l'objet de ses propres envies et de celles de son – désormais – amant.

A tel point qu'il craqua complètement et le poussa sur le côté pour être sur lui. Il glissa directement ses mains sous son T-shirt rouge et longea ses flancs tout en lui dévorant le cou de baisers. Le gamer se laissa faire, soupirant d'aise, sans le repousser une seule seconde. Il entoura même son cou de ses bras et sa taille de ses jambes pour le garder à proximité et laissa partir un petit cri étouffé lorsque leurs bassins entrèrent de nouveau en contact et se frottèrent plus franchement, à l'initiative du mangeur de bambou qui avait entamé un franc mouvement de va-et-vient délibérément insistant.

Plus rien n'avait d'explication logique, il était dépassé par les événements, dominé par son instinct animal et surtout son désir qui ne faisait que croître tant son cadet l'avait attisé de ses baisers enjôleurs. Il remonta ses doigts jusqu'à ses épaules et lui retira son haut, faisant tomber sa casquette au passage, puis s'attaqua aussitôt après à son jeans qu'il défit en des gestes tremblants tant il était devenu fébrile. Amusé, l'ado lui baissa sa capuche, puis son vêtement en entier, progressivement. Et, face à ce qui fut offert à ses yeux, il ouvrit ceux-ci en grand et manqua de s'étouffer avec sa salive. Puis, devant le regard interrogateur un peu gêné de son vis-à-vis, il se reprit et esquissa un sourire mi-innocent, mi-provocant – car oui, avec lui, c'était possible.

- Alors... C'est pas un mythe, tu portes vraiment rien en-dessous...

- Hum... Bah non, comme tu le vois, balbutia le concerné, un peu décontenancé.

Souriant, le jeunot se redressa pour lui reprendre le kigurumi, le poser sur son dos et lui remettre la capuche sur la tête, sous le regard étonné et confus du propriétaire de l'habit.

- Garde-le comme ça... Parce que c'est toi que je veux.

Touché par ces mots et surtout par ce qu'ils sous-entendaient – tous se ressemblaient mais c'était seulement lui qu'il voulait, pour ce qu'il était – Maître Panda lui répondit par un immense sourire attendri et déposa un baiser tendre sur son front en lui caressant la joue de son pouce. Il était vraiment trop mignon, c'était fou.

- Mon p'tit Pandamour n'à moiii !

Et sur ces mots, le Geek l'enlaça en se jetant à ses lèvres pour l'embrasser avec fougue et envie, puis il longea sa mâchoire jusqu'à son oreille qu'il mordit doucement, sans se décoller de lui un seul instant.

- Ze t'aimeuuuh !

- J... Euh... Moi aussi, petit... Enfin... Je...

- Suis pas petiiit ! Tu vas voir !

Avant qu'il n'ait le temps de comprendre où il voulait en venir, il se mordit brusquement la lèvre pour contenir un petit cri en sentant une main tiède s'enrouler tel un doux ruban de soie autour de l'incarnation de son excitation déjà bien amorcée.

- Mais qu'est-ce...que tu fous...putain...

- Rhooo détends-toi un peu, promis ze fais pas mal !

C'était à la fois mignon et extrêmement troublant, bordel il était quand même en train de le...

- Gnn... Ar...rête... tenta-t-il d'une voix éteinte par le désir qui contredisait totalement ses mots.

- Vais pas arrêter si t'aimes bien, ce serait dommageuuuh, hein mon Pandanou chéri ?

Le destinataire de ce sobriquet aussi adorable que ridicule allait répliquer, mais il perdit cette fois complètement pied au moment où son assaillant entamait un lent va-et-vient sur la hampe de chair fragile et si sensible, passant de temps en temps son pouce contre le bout avec délicatesse pour ne pas risquer de lui faire mal. Le semi-animal en devenait fou, déboussolé, emporté inexorablement vers les méandres d'un plaisir qu'il aurait vu comme coupable voire malsain s'il avait encore une once de raison pour y songer.

- Détends-toi mon Pandachou d'amour, lui susurra son partenaire à l'oreille, avant de mordiller celle-ci.

Ces mots semblèrent faire effet, en plus du fait que de toute façon, le concerné ne répondait plus de rien d'autre que ce qui concernait ses pulsions primaires. Aussi se laissa-t-il faire, se laissant glisser contre l'amateur de jeux vidéo qui continuait son attouchement en accélérant petit à petit tout en restant délicat. Joueur, le Panda se décida à lui rendre la pareille et attrapa les deux côtés de son dernier habit pour le lui ôter, sans plus de cérémonie. Puis il se redressa pour revenir à son niveau, prit son visage entre ses mains et l'embrassa fiévreusement, avide de ses lèvres brûlantes qui elles aussi quémandaient les siennes.

Puis, il prit appui sur une de ses mains et fit glisser l'autre le long de son torse déjà moite, qui se soulevait au rythme de sa respiration saccadée et rapide. Lentement, pour marquer chaque centimètre de la présence de ses doigts. Lentement, pour jouer de sa réceptivité accrue. Lentement, pour profiter de chacun de ses soupirs quand il passait sur un point plus sensible. Lentement, pour attiser encore plus les flammes de son désir. Lentement, pour le taquiner et le frustrer un peu. Lentement, jusqu'à s'arrêter au niveau de sa cuisse.

Puis, après de longues secondes, devant le regard embué et suppliant du gamer, il céda et enserra doucement son sexe de sa main, imprimant un mouvement synchronisé avec le sien, décuplant encore leur plaisir à tous les deux. Leurs souffles et leurs soupirs se mêlaient dans l'atmosphère alourdie et réchauffée de la petite pièce, leurs lèvres continuaient à se chercher, se retrouver, se taquiner, s'aguicher, s'amadouer, s'effleurer, se cajoler...

Au bout d'un long moment, alors qu'il commençait à se rapprocher du point culminant de son plaisir, l'ado interrompit leur caresse mutuelle en prenant les mains de son amant dans les siennes qu'il posa sur ses hanches, lui adressant un regard lubrique qui frôlait l'obscénité. Il l'enlaça par la taille et resserra ses jambes pour le rapprocher encore de lui, jusqu'à ce que leurs corps soient en contact presque total, particulièrement aux endroits qui le demandaient le plus. Comprenant sa demande implicite, l'aîné reprit les allées et venues de son bassin contre celui de son amant, doucement dans un premier temps, histoire qu'ils s'y réhabituent, qu'ils s'apprivoisent un peu plus à ce niveau. Mais la petite voix du Geek, troublée par le désir, eut tôt fait de le faire changer d'avis.

- Plus... S'il te plaît... S'il te plaît ! Plus vite...

Les sens affolés par une telle demande, l'ursidé ne résista pas un instant de plus et amplifia son mouvement, touchant à chaque fois plus franchement de son bas-ventre celui de son amant, qui se cambra sous la nouvelle vague de chaleur qui l'envahissait. Et ils passèrent de longues minutes ainsi, sombrant dans les méandres érotiques de leur étreinte charnelle inopinée mais diablement agréable et délicieusement enivrante. Leurs peaux moites coulissaient l'une contre l'autre, leurs bouches se cherchaient encore mutuellement, leurs mains étaient de plus en plus baladeuses et audacieuses au fur et à mesure que le contact intime entre eux faisait grimper leur excitation et leur envie de l'autre. Les battements de leurs cœurs s'affolaient de plus en plus, leurs souffles s'accéléraient, se calquaient sur le rythme de leurs corps ondulant l'un contre l'autre, à la recherche de toujours plus de plaisir et de sensations.

Sensations qui finirent par les mener tous les deux à la jouissance, qu'ils tentaient de ne pas trop extérioriser pour rester un minimum discret, mais qui ne les empêchait pas de laisser partir de longs gémissements, des soupirs saccadés, de s'étreindre encore plus fort, de s'embrasser avec passion et fébrilité. Le chanteur de SLG vint terrer son visage dans le cou de son compagnon, étouffant les couinements qu'il peinait à retenir. Il profita pour y déposer une myriade de baisers tendres et appliqués, le serra encore un peu plus dans ses bras et prit une de ses mains dans la sienne pour entrelacer leurs doigts.

Doucement, ils récupérèrent de leur extase, revenant petit à petit sur terre. L'un contre l'autre, ils profitaient de la vague de bien-être qui subsistait encore, les yeux clos, le souffle à nouveau plus régulier. Puis, le gamer relâcha la main de l'autre pour passer son bras autour de ses épaules et attirer son visage vers lui pour l'embrasser d'abord au coin de la bouche, dans un simple effleurement, puis sur les lèvres, plus franchement, tout en lui caressant la nuque. D'une voix éteinte par l'émotion et la fatigue, il lui susurra quelques mots à l'oreille, simples en apparence, mais qui eurent tôt fait de bouleverser leur destinataire.

- Mon Panda... Je t'aime...

Troublé, le concerné esquissa un sourire à la fois attendri et gêné. Ses mots étaient teintés de son éternelle innocence mais, comme il pouvait le voir dans ses yeux brillants, ils étaient avant tout sincères. Malgré les vapeurs de rhum qui devaient encore embrouiller son cerveau et donc influencer ses paroles. Mais cela ne changeait rien, l'animal en était tout chamboulé, il avait l'impression que son cœur s'était mis à chavirer dans sa poitrine tel un navire en pleine tempête. A cela s'ajoutait la fatigue, l'émotion provoquée par la relation intime dont ils émergeaient tout juste, et probablement des sentiments plus très neutres qu'il avait pour le gamin. En conséquence, il laissa les gouttes d'eau salée perler au coin de ses yeux, sans même chercher à les retenir. Et ces gouttes, à force de s'accumuler, finirent par rouler le long de ses joues légèrement rosies, tombant sur la peau encore tiède de son vis-à-vis. Il craquait. Tout simplement.

- Moi aussi... murmura-t-il, en réponse aux mots qui l'avaient tant perturbé.

- Pourquoi tu pleures ? lui demanda l'ado, attristé de le voir dans cet état.

- Je... J'sais pas... Enfin si, je sais. Je... J'aurais...pas dû... Putain.

- Mais t'aurais pas dû quoi ? Je comprends pas.

- J'aurais pas dû céder... J'ai... J'ai profité de toi, merde ! Tu te rends même pas compte ?

Les yeux humides, légèrement secoué par les sanglots et la nervosité, il avait du mal à ne pas parler trop fort pour éviter de réveiller tout le monde, il s'en voulait d'avoir agi ainsi et était d'autant plus énervé que le Geek semble ne pas réaliser l'ampleur de sa connerie.

- Non, de toute façon tu peux pas, soupira-t-il, démuni. T'es encore à moitié bourré, donc tu peux pas te rendre compte.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? s'entêta le cadet, essuyant sa dernière larme d'un geste tendre.

- Bah... Euh...

Surpris tant par la question que par la soudaine pertinence dont faisait preuve son camarade, il le regarda avec des yeux ronds.

- Tu... T'as dessaoulé ?

- Euh... C'est pas exactement ça.

A son tour, l'amateur de consoles se sentit embarrassé. Mais pas comme l'avait été son ami. L'heure de vérité avait désormais sonné pour lui. Il savait qu'il allait y être amené, mais pas aussi tôt, et ça le troublait. Enfin, de toute façon, il se devait de lui dire, il avait suffisamment culpabilisé comme ça.

- Je... Il faut que je t'avoue quelque chose, bégaya-t-il, se décalant sur le côté.

- De quoi ?

- Est-ce que tu peux me promettre de pas t'énerver ?

- Je suis crevé, comment tu veux que je m'énerve ? soupira le Panda.

- S'il te plaît, implora-t-il en lui faisant ses yeux de chien battu qui mériteraient un diplôme officiel.

- Bon, d'accord, je te le promets.

Le petit le remercia d'un immense sourire, puis il s'installa sur le côté pour être en face de lui et prit une grande inspiration.

- Voilà, en fait... J'ai... Comment dire... Pour l'inversion des bouteilles... Je... J'étais au courant...

- Hein ? Mais de quoi tu me parles ? Je croyais que tu savais rien de tout ça, s'étonna l'animal.

- Ben si... Et j'en suis désolé, tu t'es fait engueuler à cause de moi. Mais j'avais vérifié avant de prendre la bouteille, et j'ai vu que le rhum était encore dans la bouteille de rhum. Alors j'ai changé, encore... Pour pas être bourré, quoi !

- Mais pourtant tu l'étais, t'as passé une demi-heure à planer sur le canapé et depuis tout à l'heure tu... Je pige plus...

- Justement...

De plus en plus perplexe, Maître Panda adressa un regard totalement perdu à son interlocuteur. La fatigue et l'émotion, encore une fois, l'empêchaient de raisonner, il y avait eu trop d'inversions dans ces histoires avec les bouteilles, il n'y comprenait plus rien !

- Pendant tout ce temps, j'étais parfaitement sobre. J'avais pas une seule goutte d'alcool dans le sang. Pas une seule.

Cet aveu eut l'effet d'une claque sur le pauvre ursidé qui n'en était pas moins désorienté. C'était même encore pire.

- Tu... Non, tu me fais une blague !

- Non, je t'assure. C'est pour ça que je t'ai demandé de me promettre de pas t'énerver. Parce que je t'ai menti. J'ai menti à tout le monde, plus exactement. Je suis pas du tout bourré, je l'ai pas été de la journée.

- Mais... Mais... Tu... Pourquoi... ? fit-il simplement, ne sachant que dire d'autre.

Et c'était là que, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, venait la partie la plus difficile de sa confession. Mais il n'allait certainement pas s'arrêter en si bon chemin. Surtout qu'il ne s'était pas – encore – mis en colère, alors ça lui préparait encore mieux le terrain.

- Je... Je savais pas comment te dire... Comment te faire comprendre... Ce que je t'ai dit, là, y a juste quelques minutes.

- Qu...quoi... ? Je... Je suis perdu, là...

- Dans trente secondes, tu vas comprendre.

Il le fixa avec insistance. Trente. Vingt-neuf. Vingt-huit. Vingt-sept. Vingt-six...

- J'en pouvais plus de le garder pour moi, et puis de te mentir...

Il soupira, hésitant encore. Vingt-cinq. Vingt-quatre. Vingt-trois. Vingt-deux. Vingt-et-un...

- Et j'ai trouvé aucun autre moyen de te l'avouer...

Il se tritura nerveusement les doigts, anxieux. Dix-neuf. Dix-huit. Dix-sept. Seize...

- Et... Les bouteilles, ça m'a donné l'idée...

Il se rapprocha un peu plus de lui. Quinze. Quatorze. Treize. Douze. Onze. Dix...

- J'aurais été capable de rien de tout ça si t'avais su que j'étais lucide...

Il prit ses mains dans les siennes, doucement. Neuf. Huit. Sept. Six...

- Mais là je veux être sincère...

Il s'approcha. Encore. Cinq. Quatre. Trois.

- Maître Panda... Je...

Encore un peu plus. Deux... Un...

- Je suis complètement amoureux de toi.

Zéro. Boum. Le décompte lui faisait bel et bien l'effet d'une bombe à retardement qui venait de lui exploser à la figure. Il ne savait même pas quoi répondre. Surtout qu'il avait répondu positivement à sa déclaration quelques minutes auparavant, même s'il pensait encore qu'il le faisait sous l'effet de l'alcool et que sa réponse n'avait pas été très réfléchie. Enfin, entre sentiments et réflexion, il y a tout un fossé... Et comme s'il avait lu dans ses pensées, le gamer esquissa un sourire, les yeux toujours brillants.

- Et... Tu m'aimes, toi aussi, si j'ai bien compris ?

- Ben... Euh...

Avant qu'il n'ajoute quoi que ce soit, le Geek lui caressa la joue, puis s'avança pour l'embrasser tendrement, cette fois pas comme un assoiffé, pas comme en manque d'affection, simplement comme l'amoureux qu'il était. Il avait craqué pour le Panda et n'avait plus peur de l'assumer ni de le lui faire comprends. Certes, il avait eu recours à une méthode pas très honnête pour en arriver là, mais maintenant il n'aurait plus à lui mentir et ne le ferait plus.

- Tu m'en veux pas de t'avoir menti... ? s'enquit-il d'une voix craintive.

- Tu me poses trop de questions d'un coup, là, plaisanta l'animal, reprenant contenance petit à petit.

- Désolé...

- Mais bon, pour faire court, je dirais « oui » et « non ».

- Gné ?

Attendri par sa moue d'incompréhension, il prit son visage entre ses mains et posa son front contre le sien, souriant. Curieusement, suite à ce flot d'informations, il se sentait apaisé. La fatigue devait y aider. Et sans doute les sentiments, aussi. Car oui, il l'adorait, ce gosse. Il le trouvait tellement kawaii, rien que son petit regard candide le faisait totalement craquer, alors ce n'était certainement pas pour rien qu'il s'était laissé aller à une telle relation à peine une demi-heure auparavant. Et pour le reste, tant pis. Son mensonge n'était pas très grave, parfois la fin justifie les moyens, et pour ça il ne pourrait pas lui en vouloir, à sa place il aurait peut-être agi de la même façon, même si c'était un peu lâche. Et puis, il l'aimait, bon sang.

- Oui, je suis dingue de toi, et non, je t'en veux pas, même si je devrais peut-être.

Le cadet laissa alors partir un rire nerveux, tout en ayant à moitié envie de pleurer. Tant d'émotions et d'événements en si peu d'heures, c'était fou... Mais maintenant, au moins, c'était fini, et c'était clair. Ils s'enlacèrent et se pelotonnèrent l'un contre l'autre, ravis que tout ça soit enfin terminé. Toutefois, avant qu'ils ne s'endorment – enfin – l'ado fit une dernière demande.

- Dis... Est-ce que ça pourrait rester entre nous... ?

- Tu crois que j'irais raconter à tout le monde qu'on a...

- Maiiis je parle pas que de ça ! Je veux dire... Par rapport au rhum... Ma petite magouille à deux balles...

- Ah, oui...

Il se laissa quelques secondes pour réfléchir à la question. Le fait qu'ils soient ensemble – car ça semblait aller de soi après de si belles déclarations – allait sûrement se savoir assez vite, surtout avec des commères comme le Patron ou la Fille, mais les histoires avec les échanges de bouteilles étaient déjà assez trop compliquées, rien ne servait d'en rajouter, surtout que le Geek risquerait encore de se faire charrier et gentiment traiter de « trouillard » et autres « couille molle » du même genre. Même si ce n'était jamais méchant, c'était inutile d'en remettre une couche.

- D'accord, ça restera entre nous. Mais à une condition.

- Mais c'est que tu me fais du chantage !

- Pas vraiment, parce que je sais que de toute façon j'ai pas à te forcer pour que tu acceptes.

- Alors c'est plus du chantage.

- T'es en train de saccager tout mon effet dramatique !

- Désolé, je préfère les jeux de rôles en ligne.

Ils rirent en même temps à ces mots, décidément ce gosse était vraiment trop mignon.

- Alors, c'était quoi ta pseudo-condition de pseudo-vilain manipulateur qui fait du chantage à un pauvre innocent ?

- T'es vraiment con, s'amusa le Panda en lui donnant une petite tape sur l'épaule.

L'ursidé se pencha ensuite un peu plus sur lui et l'embrassa doucement au coin des lèvres, taquin. Puis il laissa une ligne imaginaire de petits baisers jusqu'à son oreille avant de la mordiller gentiment pour ensuite y murmurer sa « condition ».

- Je te séquestre ici et donc tu restes dormir avec moi.

Le cadet laissa partir un rire amusé, pas vraiment surpris par cette « condition », surtout qu'il ne comptait pas partir. Il était bien, là, tout contre lui, bien au chaud dans ses bras, même sans ça il serait évidemment resté passer la nuit avec lui. Et son partenaire le savait bien, puisqu'il était lui-même sûr qu'il n'aurait pas reculé devant cette « condition ». Et puis, même sans tout ça ce serait évidemment resté entre eux. Leur petit secret à tous les deux. Même si, il fallait le dire, c'était un peu vache pour les autres qui ne sauraient jamais que le Geek était en fait parfaitement sobre, et pour le pauvre Mathieu qui sur le coup avait complètement paniqué pour le montage.

Souriant, le « séquestré » enlaça son amant et attrapa son menton pour l'attirer un peu plus vers lui et l'embrasser tendrement.

- Évidemment que je vais rester, banane flambée.

Le concerné sourit à son tour et prolongea encore un peu leur baiser, puis il se décala un peu pour qu'ils soient à l'aise pour dormir, tout en restant contre son compagnon. Avant qu'ils ne se laissent emporter par le sommeil, celui-ci émit un sourire amusé et, d'une voix éteinte par la fatigue et le voile du sommeil qui commençait à le recouvrir, il conclut par une cocasse remarque.

- C'est un peu cliché, comme situation. Avec ça, on aurait pu être condamnés à pas mal de shots.

Voilààà ! Bon, cette partie-là est plus longue (2 pages en plus, rien que ça...). Mais j'espère que ça vous a plu quand même ^^

Je sais, je suis vraiment trop bisounours, j'espère que je vous ai pas fait vomir trop d'arcs-en-ciel...

J'attends vos reviews, mes petits profiteroles au chocolat ! =D

Des bisous dans vos oreilles