Zuko, prince de la toute puissante Nation du feu, pleurait. Il pleurait à chaud de larmes dans sa chambre. Et pour cause : il est inutile. Nous sommes en la présence de l'unique prince à ne pas être un maître. Il avait beau tenter tous les mouvements de la puissante maîtrise avec son oncle, rien n'y faisait. Il était inutile, c'était le déshonneur de sa famille. Ses pleurs de tristesse se changèrent en larmes de rage quand le « petit génie » entra dans la pièce.

« Et bien Zuzu, ça fait quoi d'être insignifiant et de s'être mit la honte devant Grand-père ?

_ LA FERME AZULA ! SORS DE MA CHAMBRE !

_Du calme Zuzu. Ça te gène tant que ça que je sois la favorite des parents ?

_Dégages !

_D'accord, à demain l'inutile ! Ah au fait, il y a de l'orage ce soir, mais ce n'est pas comme si tu étais concerné !»

Avant qu'il ne puisse répliquer, sa sœur partit en riant. Un puissant abattement le submergea. Aussi honteux que ce soit, Azula avait raison. Il frappa son riche oreiller de rage et de dépit pendant de longues minutes qui se transformèrent en heures. Il avait besoin d'évacuer toute sa frustration sur quelque chose, et Agni seul sait combien elle était grande. L'oreiller finit par éclater sous les coups répétés du petit garçon. La mort de ce coussin n'était pas suffisante pour le calmer. Il se mit alors à hurler, hurler, hurler ! Soudain plus aucun son ne sortit de sa bouche. Il n'avait plus de souffle. Il s'effondra. Pour une personne royale, le pire déshonneur était de ne pas être un maître. C'était inconcevable ! Il fut sorti de ses sombre pensé par un coup de tonnerre. L'orage éclatait enfin. Zuko se releva alla à sa fenêtre. Il se figea. Dehors, sous la tempête, se trouvait un humain. Un humain qui ne faisait pas partie du palais. Ravi d'avoir quelqu'un sur qui se passer les nerfs, il se dirigea en courant vers les jardins.

Quand il arrivât sur les lieux, il se raidit. C'était une fille de son âge qui se trouvait devant lui. Petite, les cheveux noirs liés en un chignon typique du pays, elle était très richement vêtue avec sa robe rouge et dorée aux longues manches. Mais ce n'était pas la surprise de voir cette fille qui le stoppa. Elle dansait. Avec lenteur, avec passion, avec tant de sentiments entremêlés générés par quelques mouvements. On ne pouvait se permettre d'interrompre cette pantomime proche d'une incantation. Oui. C'était une incantation, mais pas seulement. Cette danse sensorielle était aussi un long poème à l'égard d'un Être grandiose sans que l'on puisse déterminer lequel. Une cérémonie à l'égard d'un Dieu. Cette saltation était remplie de douceur et de tendresse mais également empreinte de force et de violence, de rage et de haine. Ses manches légères dansaient au fil des lents mouvements, donnant une allure aérienne au tout. Mais une seconde plus tard, la rage et la violence revinrent en une enjambée. La pluie tomba sur les deux enfants, soulignant chaque mouvement de la fillette. Un violent éclair zébra le ciel alors qu'elle se courba vers le ciel comme pour lui rendre hommage. Le tonnerre rugit quand elle courba le dos. La pluie que Zuko n'entendait pas redoubla quand Elle se stoppa, arrêtant sa danse hypnotisante. Le temps qui s'était arrêté pour l'admirer osa timidement reprendre son cour. Lentement, elle se tourna vers lui, et unit leurs regards. Le cœur du petit prince se stoppa. Même les larmes du ciel restèrent en suspension, n'osant rompre l'instant et tout bruit avait cessé. Un autre trait de lumière déchira le dôme céleste et un tonnerre du diable éclata. Seules les silhouettes des deux êtres restèrent visibles dans l'intensité lumineuse.

Zuko se réveilla en sursaut. Dans son lit. Dehors, l'orage faisait rage. Il sauta hors de sa couche pour se précipiter à sa fenêtre. Seule la tempête était présente. Un peu déçu, le petit prince se recoucha, sans se rendre compte que toute sa colère avait fondue.


Quand Zuko se leva ce matin, il se sentait comme lavé. Il était calme comme jamais. L'orage de la veille avait emporté sa colère. Il était propre, calme, et serein. Il s'était levé tôt, presque à l'aube et admira un instant la lumière du matin éveiller le monde. Elle faisait luire les gouttes de pluie, seules vestiges calmes de la houle ayant violenté le ciel. Elle luisaient comme des perles, comme milles petits diamants accrochés à la flore du jardin royal. Flore qui s'éveillait à peine, s'étirant paresseusement vers le ciel où passaient quelques vaillants oiseaux. Le petit prince songeait qu'il devrait peut-être se lever tôt plus souvent. Être le seul humain debout, respirer en premier l'air frais du matin, entendre en premier les oiseaux chanter, sentir en premier le soleil sur sa peau... Vivre en premier. Il resta assez longtemps à déambuler dans l'immense palais, le découvrant sous un nouveau jour, d'un autre oeil avant d'aller prendre son petit déjeuner. Il lu un livre sur la maîtrise du feu, un autre sur l'escrime, un recueil d'haïkus... les premières heures de la matinée passèrent agréablement lentement. Jusqu'au réveil d'Azula.

Elle rentra en trombe dans sa chambre pour le réveiller brutalement. Quelle ne fut pas sa déception de le voir déjà levé. Elle fronça le nez, les sourcils et grogna. Puis un sourire sournois s'étala sur son visage.

"Salut Zuzu! Je pensais pas que tu serais déjà debout! Pressé de démarrer une journée d'échec?!

_Je veux pas entendre ça de quelqu'un incapable passer calmement une porte."

Les yeux dorés d'Azula s'écarquillèrent. Pas la moindre trace de colère ne paraissait sur le visage de Zuko. Aujourd'hui, il était calme, il était bien, et Azula n'y changerait rien. Une joute de regard démarra entre les deux enfants. Si semblables mais si différents, une relation désespérément chaotique. Aucun des deux ne baisserait les yeux. Ils étaient trop fiers pour ça. Leurs fiertés, leurs ambitions, leurs caractères, leur éternelle rivalité les séparaient. Ils étaient Ombre et Lumière, mais personne ne pouvait dire qui était qui. La lumière éclairait Azula de milles feux, mais accentuait encore plus l'ombre régnante dans son cœur et quand à Zuko, il planait dans l'ombre de sa sœur mais aujourd'hui, il irradiait d'une douce et calme lumière. Il était bien.

Mais Azula repartit à l'attaque.

"Toi tu ne sais rien faire!

_Perdrais-tu ton calme, petit génie?"

De nouveau, une force tranquille contre une langue de feu. Ils se frappaient tout deux de mots. C'était également une rixe de paroles, un combat d'esprit. Ils se sont souvent blessés, mais une fois l'affrontement commencé, ils ne s'arrêtaient pas. Aucun ne voulait perdre. Cependant, c'était très souvent Azula qui vainquait, comme tout le temps, laissant son frère brisé, comme toujours. Pas cette fois-ci.

Car aujourd'hui, il était bien.


Toute la journée, les serviteurs furent surpris du calme du jeune prince, connu et reconnu pour sa fougue et son caractère. Il retenta infructueusement de maîtriser le feu avec son oncle. Mais il ne se mit pas en colère. Les problèmes et les coup glissaient sur lui comme de l'eau sur un toit. Alors qu'il retournait dans le jardin avec son oncle pour une partie de Paï-sho, la question fatidique fut posée.

"Dis-moi Zuko, c'est rare de te voir si calme. Il s'est passé quelque chose?

_... Dites-moi mon oncle. Avez-vous vu une fille hier soir pendant l'orage? Dans les jardins.

_Non, comment était-elle?

_... Petite, je crois. Les cheveux noirs en chignon, le teint un peu basané, une robe rouge et dorée... de grands yeux dorés.

_... Elle n'est pas du palais?

_Non. Je ne crois pas. Ou alors c'est très récent.

_Je ne sais malheureusement pas qui c'est mais je peux chercher. Si c'est ce que tu veux, évidemment.

_... Merci mon oncle, mais ça devrait aller."

Car aujourd'hui, tout se passerait bien. C'était une journée sereine.


Voilà! Pardon pour ma longue absence, je n'ai aucune excuse!^^ Excusez-moi chers lecteurs et merci à Lala pour son commentaire et à la personne qui a mis cette histoire en favori et qui la suit! Bonne journée/soirée/nuit!