Auteur : Selsynn

Titre : Malédiction de Swann

Résumé : "Je te maudis, Isabella Swann, toi qui as mené à la mort celle que j'aimais. Je te maudis et jamais tu ne connaitras la paix. Jusqu'à la fin de tes jours, la malchance sera ta seule compagne...". IS/EC/BS. Isabella/Bella DIFFERENTE !

Note : Ceci est une vieille fanfics qui traine dans un coin de mon bureau. La seule pure Twilight que j'ai jamais écrite. Ce deuxième chapitre entre plus dans le coeur du sujet. Toujours pas de Cullen, mais des Quileutes...

Faites attention aux coupures de chapitres, Ffnet ne permet pas de les mettre trop en avant, mais il s'agit réellement de scènes différentes !


Chapitre 2 : Surprise

L'ombre de la cape noire s'avança parmi les flammes rouges orangés. Ses yeux rougeoyaient mais semblaient en même temps morts. D'un coup sec, l'homme cassa le sac qu'il apportait, et versa ses détritus au centre du brasier.

Il s'éloigna prestement, avant d'être à son tour incommodé par la chaleur et les odeurs. Derrière lui, il laissa brûler le pavillon de banlieue.

Phœnix, 3h38 du matin, qui s'intéresse à un incendie dans une maison, dont les propriétaires sont en lune de miel ? Personne, assurément.

L'ombre capuchonnée ouvrit ses mains puis s'absorba dans la contemplation de la photographie qu'il serrait si fort. Une femme aux cheveux roux, aux épaules, des yeux verts, un charmant sourire à son compagnon, un homme d'une vingtaine d'année, qui porte des lunettes de soleil, arbore des cheveux légèrement bouclés et bruns, et des yeux marrons. Ils ont l'air si heureux, que dans les yeux morts du voyeur, des fantômes de larmes perlèrent. Et sa voix, cassée par la fumée qu'il a inhalée, ou autre chose, murmure :

« Tu me manques, Célia. »

Puis, il regarde à nouveau le filet de fumée violette.

« Pardonne-moi. Je vais devoir revenir là où nous nous sommes rencontrés. Je visiterais ta tombe. Je veillerais sur Isabella, ne t'inquiète pas. »


Mon père conduisit en respectant les limitations de vitesse. Après tout, un flic se devait d'agir ainsi, n'est-ce pas ? Nous arrivâmes à la maison en quelques heures. Mon père me laissa m'installer, je connaissais la maison, et passa commande à la pizzeria. Je me souvins alors que mes deux parents avaient la même compétence désastreuse dès qu'il s'agissait de concocter un repas mangeable. Depuis qu'il s'en était rendu compte, mon père faisait la fortune des traiteurs et restaurants à emporter. Quand à ma mère… Phil avait rapidement appris ! Il cuisinait comme un cordon bleu maintenant. Je ne m'inquiétais pas du tout pour la santé de Renée.

Quand je pénétrais dans ma chambre, un flot de souvenirs m'envahit, me laissant pantelante et nostalgique. Nous avions faits la bringue, partagés des secrets, conclus des pactes. Tout ça pour quoi ? Quand j'arrivais enfin, elles, elles s'enfuyaient.

Rachel avait raison de profiter de l'occasion, mais je ne pouvais m'empêcher de sentir le vide. Qui partagerait avec moi ses rêves d'enfants ? De princesses et de princes charmants. De dragons et de combats épiques. De vampire et de loups garous. Tout ça à cause des histoires de Billy, qu'il nous racontait depuis notre enfance. Nous avions rapidement ajoutés nos mythes personnels. Et me voilà seule, en train de rire en voyant ces plumes de hiboux censés repousser les démons, ces carcasses d'engrenages de montres capable, soit disant, de pacifier l'atmosphère. D'ailleurs, pensais-je en me saisissant des débris, j'ignore comment je pouvais trouver la moindre foi… Peut-être avais-je à l'époque besoin de me rassurer ? De me dire qu'il existait ailleurs de pires monstres que moi. Et des fillettes qui avaient beaucoup plus de problèmes immédiats que moi.

Dès que je fermais les yeux, je voyais les visages d'Elise et de Rachel, extatiques, yeux fermés, allongés sur des matelas de fortunes, tandis que moi, vautrée sur mon lit, je prenais une voix mystérieuse et leur racontais mes histoires. Puis, lors de la journée du lendemain, Elise nous entraînait sur des chemins tortueux, Rachel et elle veillant sur mon sens si inné de l'équilibre. Rachel nous entraînait ensuite à voir un film, ou à bricoler quelques rouages. Quelques fois, Jacob, leur petit frère, nous accompagnait. Mais jamais il n'avait eu le droit de pénétrer dans ma chambre. Il ne fallait pas exagérer non plus.

Je souriais à la plupart des souvenirs qu'évoquait ma chambre. Finalement, l'horloge indiquait neuf heures quand la sonnerie retentit, et que mon père hurla « Pizza ». Je descendis les escaliers quatre à quatre en me tenant à la rambarde.

La soirée se passa sans incident. Charlie fut ravi quand je lui expliquais que je comptais prendre les directions de la cuisine dès le lendemain.


« Vous vouliez me voir, monsieur Swann ?

— C'est exact. Vous vous occupez bien de ma fille, j'ai cru comprendre.

— Je me doutais que vous ne veniez pas discutez de mon régime alimentaire. Votre présence est très importante pour Isabella. Sûrement plus que ce qu'elle imagine.

— J'aimerais qu'elle me pardonne. Je n'étais pas assez présent dans son enfance…

— J'essayerai de faire ce que je peux. Mais si vous me parliez d'elle, je saurais peut-être à quoi m'attendre... Il y a de nombreux sujets que nous n'évoquons jamais. »


Je rêvais à un chaos lumineux. Paradoxalement, une fois arrivée dans un endroit où tout est terne, mes rêves semblaient plus vivant, plus vivaces. Je me levais tandis qu'un spectacle assez unique s'offrait à moi : du soleil ! Ici, à Forks ! Je devais encore être en train de rêver.

« Eho, la marmotte ! »

Je devais dormir. Aucune autre explication n'était possible. Non, Elise ne frappait pas à ma porte. Et puis il ne manquait plus que Rachel.

« Bellaaaa ! On est debout depuis sept heures du matin ! »

Qu'est-ce que je disais ? Que j'avais l'impression d'être retombée en enfance, non ?

« Naaan, je veux rien savoir. Trop tôt. Puis entrez. »

Qu'avais dit là ? Une tornade n'aurait pas pu faire plus de dégâts. La porte s'ouvrit sur le visage réjouit de mes deux amies. Je me jetais dans leur bras, en pyjamas, sans y prendre garde. Rachel me repoussa à l'intérieur et referma la porte derrière moi. Elise ouvrait des yeux effrayés autour d'elle.

« Bon dieux Bella ! T'aurais pu t'installer un peu mieux que ça en sachant qu'on arrivait.

— Et minute ! Comment ça 'en sachant qu'on arrivait ?' Tu veux dire que c'était prévu ? »

Élise battit dans ses mains et adressa un grand sourire à sa jumelle.

« Ah ! Charlie a tenu sa promesse !

— Quoi, vous aviez tout manigancés dans mon dos ? »

Je tentais de leur faire croire que j'étais furieuse, mais je mentais, et elle le devinèrent rapidement.

Je m'habillais puis je jetais mon oreiller sur Elise. Après tout c'était elle qui avait hurlé en premier. Elle rétorqua par un immense cri de guerre, et nous nous disputions allègrement avec traversins, oreiller et même couette quand mon père entra dans la chambre.

Je râlais, car il me privait de ma position de force, moi, debout sur le lit, tenant fermement la couette et faisant valser tous les objets autour de moi. Pour une fois que mon sens de l'équilibre ne m'embêtait pas, il fallait que ce soit mon père.

« Billy vous attends, les filles. Vous ferriez mieux de vous dépêcher. »

En quelques mouvements, le champ de bataille repris l'apparence trompeuse d'une chambre de lycéenne. Je dévalais les escaliers à la suite de mes deux tortionnaires. Billy et Jacob nous attendaient à la fin des escaliers. Ils m'adressèrent de grands sourires et Billy prit la parole. Sa voix bourrue m'avait manqué.

« Bella, ça te dirait un tour pour tester ta nouvelle voiture ? »

Ma. Nouvelle. Voiture ? Comment était-ce possible ? Les quatre Black s'amusaient manifestement de ma surprise. Je distinguais mon père dans la cuisine. Je fonçais sur lui, sans un regard pour ces indiens de malheur qui ne savaient pas ce que signifiait « grasse matinée ».

Il m'accueillit avec le sourire, comme je l'avais rarement vu. Ma colère s'effrita.

« Alors ? Ton premier jour à Forks ?

— Mais papa ! Pourquoi vous avez fait tout ça dans mon dos ?

— C'était pour te souhaiter la bienvenue chez toi, Bella.

— Et t'a fait un chèque à la météo aussi ?

— Non, mais j'ai payé Billy. Si la voiture te va, tu l'as. »

Ah oui, c'est vrai. J'avais possiblement une voiture, maintenant. Je sortis de la cuisine avec ma mimique d'énervement maximum. Mon père savait pourtant que je haïssais les surprises. Alors pourquoi m'infligeait-il ça ? Mon regard tomba sur la famille des Black au complet. Ou du moins, comme je l'avais toujours vue.

Billy, en chaise roulante, sa peau toute ridée, sa voix bourrue, ses grandes mains agiles, et fortes, maintenant que ses déplacements en dépendait. Jacob, grande perche, qui devait bien mesurer un mètre quatre-vingt ou quatre-vingt-dix, les cheveux noirs longs et attachés en queue de cheval, un grand sourire sur le visage, sa peau mate comme un soleil d'intérieur. Elise, sa silhouette élancée, ses cheveux noirs et fins coupés à la garçonne, ses yeux noirs ressortant sur sa peau mate. Vêtue d'un simple jogging, je me demandais toujours comment elle était capable de rester autant féminine. Sa sœur, Rachel, s'habillait plus volontiers de robes et de jupes longues, se maquillait légèrement et semblait beaucoup plus douce. Mais pour la connaître, je savais qu'elle n'était pas tendre avec ses ennemis. Je plaignis un moment ses concurrents aux MIT. Elle savait ce qu'elle voulait, et je ne l'avais jamais vu renoncer. Jusqu'à présent.

Je leur souriais à tous, et pour pardonner ma mauvaise humeur, je leur dis :

« Vous savez pourtant que je déteste les surprises !

— Bella ! On part demain ! Qui sait quand on se reverra ?

— Et bien à tes prochaines vacances, Rachel. Tu vas bien revenir à la réserve, non ?

— Mais toi, tu ne vas pas rendre visite à ta mère ?

— Non, déjà je ne suis pas sûre qu'ils aient terminés leur voyage de noce. Et surtout… Je ne suis vraiment pas pressée de retrouver Phœnix.

— Comment ça ?

— J'ai hum… eu des problèmes là-bas, l'année dernière. Et… j'ai passé mon été au Mexique, où nous avons fêté le mariage de Renée et Phil. Je ne suis rentrée qu'à Phœnix pour prendre des affaires, et attraper mon avion. »

Élise s'approche de moi et me prit dans ses bras. Je crois qu'elle a deviné ce que je n'osais pas dire. Jacob me dévisageait avec curiosité, Billy avec compassion. Rachel vint se joindre à sa sœur et moi.

C'est sûr, elles me manqueront.

« Bon, et cette voiture ? On a pas toute la journée, les enfants. La fête est censée commencer dans une heure, et nous avons encore plein de choses à préparer à la réserve. Alors, allons faire un tour en voiture, Bella, et n'en parlons plus. »

Mais ce n'est pas son fauteuil qui s'avança vers la porte d'entrée, mais Rachel et Elise qui m'emmenèrent, sans que je ne puisse résister ou protester. Une fois dehors, j'observais l'antiquité qui m'avait été réservée. Certes, elle ne semblait pas récente, mais j'eus un agréable sentiment de sécurité en montant dedans. Rachel me donnait quelques consignes pour bien s'en occuper. Je l'écoutais avidement, puis je les invitais toutes deux dans mon bolide. Elles se serrèrent sur l'unique siège passager avec de grands sourires en direction de Charlie.

Et nous partîmes.


A Suivre... (Les jumelles ne sont pas du tout canon, évidement. Mais ma Bella non plus, comme vous vous en rendrez de plus en plus compte).

J'espère que ça vous plait toujours ! On va rester avec les Quileutes encore quelques chapitres avant la rentrée...