NVJM, rédigé vers janvier 2016, réécrit le 1/9/2018, complété le 14/10/2018. Publié le 21/12/2018.

Rythme de publication : un chapitre par semaine, toujours le vendredi. Pas d'exceptions prévues.

Une Histoire de temps

Chapitre 2 : la répartition

"Je suis devenu adulte à l'âge de quarante-quatre minutes." Léo.

« - Depuis plus d'un millénaire, l'école de Poudlard est le meilleur établissement magique d'Europe et du monde ! En tant que sous-directrice, je compte sur vous et votre travail pour que nous le restions encore de nombreux siècles ! » proclamait haut et fort la professeure McGonagall en entraînant les élèves dans le hall. « Poudlard est régi par un règlement intérieur très strict, dont une copie sera transmise à chacun d'entre vous, je compte sur tous pour l'étudier avec attention ! » Le sévère regard lancé à ce moment en disait long sur tous les châtiments qu'elle était capable de faire subir.

» Vous allez maintenant participer à la cérémonie de la répartition ! Il s'agit d'un moment très important de votre scolarité, étant donné que vous allez être répartis dans l'une des maisons de Poudlard, c'est-à-dire entre l'un des quatre groupes d'élèves, et que vous y resterez toute votre scolarité durant ! Je compte sur vous pour être exemplaires et faire honneur à vos futurs camarades ! Sachez qu'au moindre écart de comportement, je n'hésiterais pas à infliger des retenues ! »

Sur ces mots, elle les fit entrer dans une petite salle. Celle-ci était visiblement accolée à une autre bien plus grande, du moins à en juger par le raffut tonitruant qui en provenait. Rires, cris et autres discussions semblaient aller bon train parmi les années supérieures. Voilà qui mettait à mal ce que disait la professeure.

« - Veuillez maintenant patienter ici pendant que nous achevons de préparer la cérémonie. Je vous préviens, ne croyez pas être sans surveillance ! Le moindre écart de comportement sera strictement puni ! » Elle s'en alla alors vers la grande salle, et, comme en un ajout à ses dires, tout bruit y cessa dès qu'elle y apparu. Peut-être que ses menaces n'étaient pas que du vent…

« - Pfioulàlà, c'est qu'elle a l'air d'être sacrément sévère ! » dit Harry en se tournant vers Hermione et Neville.

« - Avec plusieures centaines d'élèves, ça vaut mieux je pense, » raisonna Hermione.

« - McGonagall est connue pour en dire bien plus qu'elle n'en fait, » rassura Neville. « Mais je préfère ne pas la contrarier ! Je la trouve effrayante ! » Et il frissonna soudain, comme pour appuyer ses dires.

« - Qu'est-ce que tu en penses Léo ? » demanda Hermione en cherchant son ami du regard. Elle le vit rapidement, la tête toujours entre les mains, accolé contre un mur. « Toi, il va falloir que tu ailles à l'infirmerie dès que possible ! » dit-elle en se penchant vers lui. « Qu'est-ce qui t'es arrivé, tu as mangé trop de bonbons ? »

« - Savoir te faire avoir cauchemars, » répondit-il en lui lançant un regard noir qui la cloua sur place. « Soutiens-moi, » ajouta-t-il en prenant appui sur l'épaule de sa camarade pour se relever tant bien que mal.

Grand bien lui en fit, car la sous-directrice revint sur ces mots et leur ordonna aussitôt de se mettre en ligne deux par deux, garçons d'un côté et filles de l'autre. Respirant à grandes goulées comme pour se donner du courage, Léo se redressa tant bien que mal, et petit à petit, paru ne plus être affecté par le moindre mal. Il ressemblait maintenant à tous ses autres camarades, l'air tendu et appréhensif. Pure comédie.

Un à une, tous les élèves passèrent la petite porte pour se retrouver tout soudain dans une immense salle. Et quelle salle ! Là, disposées dans la majeure partie de la longueur de la pièce, se trouvaient quatre immenses tables, chacune recouverte d'une épaisse nappe brodée des deux couleurs de sa maison. Rouge et or, jaune et noir, bleu et bronze, vert et argent. Au fond de la salle, placé perpendiculairement aux élèves, le buffet des professeurs arborait fièrement un excellent et habile mélange des huit teintes maîtresses.

De l'extérieur, la Grande salle ne mesurait que vingt mètres sur trente, simple structure romane couverte de décorations gothiques. Mais ce qui participait largement à faire sa renommée était l'incommensurable quantité de sortilèges qui la garnissait. Entre autres, des charmes d'agrandissement multipliaient sa taille jusqu'à trois fois, la faisant passer d'une petite bâtisse à un lieu immense. Un magnifique charme d'illusion dissimulait l'incroyable architecture d'énormes poutres de bois avec l'illusion parfaite d'un ciel enchanté reproduisant le temps extérieur… sans ses humides inconvénients toutefois.

Le mur faisant face à l'immense porte d'entrée, juste derrière le buffet des professeurs, était constitué de vitraux merveilleux représentant les quatre fondateurs de l'école, Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard. Chacun d'eux occupait un quart de la largeur de la façade vitrifiée. Au-dessus d'eux, placée dans un vitrail propre et dominant la scène en un geste visiblement protecteur, une paire de mains sertie d'un unique anneau d'or au majeur de la droite les englobait majestueusement. Et en demi-cercle tout au dessus, une phrase gravée dans le verre, visible par la grâce de la lune, semblait légender le tout.

Icié Stótlas, cité té itolatsé. El t'óclisa sta la tsétsoase te tà tifus siì, El été catis ut tatus à sté, Tsé oté lé stocse ès stós t'èl se setotès àfì !

Incompréhensible. Surtout avec cet étrange alphabet latinisé.

Les façades de côté de la salle étaient couvertes de tapisseries d'or et de soie serties de pierres précieuses et mises en mouvement par d'incroyables sortilèges. Les scènes représentaient les grands évènements de l'Histoire de Poudlard depuis le temps autorisé.

Assis à chaque table, surveillés par maintes statues d'antiques personnages de jadis, quelques centaines d'élèves portaient de larges capes noires, des symboles représentant leur maison et leurs couleurs cousus sur la gauche de leur buste. À la vue de tant de petits chapeaux pointus, la plupart des élèves nés-de-moldus entrant dans la salle se retinrent difficilement de s'esclaffer de rire. Que cela pouvait être laid et ridicule !

Très vite, après seulement quelques mètres, la petite procession se stoppa net sur un signe de la sous-directrice. Leur intimant d'un regard l'ordre formel de ne pas bouger, elle s'en retourna par une nouvelle porte dérobée, et en ressorti très rapidement en portant un tabouret, et… un vieux sac de peau ? À l'étonnement des futurs élèves, elle le posa à la place d'honneur, au centre de la salle, et… il s'anima soudain ! Une bouche apparut, suivie de plis ressemblant à s'y méprendre à des yeux ! « Encore un peu et il va se mettre à chanter ! » s'amusa Harry. « Ce serait sûrement horrible ! » Il déchanta bien vite…

Bonjour à tous et à toutes,

Approchez et venez,

N'hésitez pas, prenez la route,

Mettez-moi sur votre tête et allez !

.

Le Choixpeau je me nomme,

A Poudlard, nul ne me conteste,

J'ai ici pouvoir sur tout Homme,

Venez donc pour passer mon test !

.

N'ayez pas peur pour vos cheveux,

Ils repousseront bien vite après la coupe,

Et si vous êtes généreux,

Je vous laisserais une houppe !

.

A Gryffondor vous vous rendrez,

Si vous êtes fort et courageux,

Attention néanmoins à la témérité,

La vie n'est pas un jeu !

.

Chez Poufsouffle vous irez pour sept ans,

Si vous êtes aimable et loyal,

Prenez garde toutefois, niais enfants,

Car certains ici dehors pensent à mal !

.

Avec Serdaigle aucun savoir ne sera tu

Si érudit et patient vous êtes,

Attention toutefois, de préconçus

Il ne faut pas trop remplir votre tête !

.

Pour à Serpentard aller, approchez,

Ambitieux et rusés sont les serpents,

Beaux parleurs et sacrés piégeurs vous deviendrez,

Mais prenez garde à certaines gens !

.

Vous êtes à Poudlard, cité des susnommés,

N'oubliez pas la mémoire de temps qui furent miens,

Vous êtes ici dans une nature en paix,

Mais ôtez le pauvre hère et vous connaîtrez l'ancien !

.

Voilà, telles étaient mes paroles,

Et n'oubliez pas mes enfants,

Venez, que de votre vie je sois la rigole,

Venez m'entendre chanter pour sept ans !

Un tonnerre d'applaudissements envahi la grande salle en réponse à ce chant. Même si le Choixpeau ne cessait de faire des couacs, il savait inventer des textes appréciables. Seule une certaine personne, réfugiant son mal de crâne sous ses cheveux, semblait ne pas avoir apprécié.

« - Allez, qui est-ce que je dois scalper ? »cria le choixpeau.

Ne plus le laisser fumer la poussière d'une armoire, pensa immédiatement le directeur Dumbledore, avant de faire un signe à sa professeure de métamorphose, qui s'écria :

« - Que la mille-quatrième répartition commence ! Abbot Hannah ! »

Une petite fille toute chétive s'avança timidement. « Veuillez vous asseoir sur le tabouret et mettre le chapeau sur votre tête », indiqua McGonagall.

« - Mais je veux pas perdre mes cheveux moi ! » répondit la petite en tenant farouchement ses nattes blondes. Un rire général retentit alors… amusée, McGonagall indiqua :

« - Ne vous inquiétez pas jeune fille, le Choixpeau n'a jamais mangé personne. Et quand bien même aurait-il faim, un sort ferait repousser vos cheveux rapidement. Allons, dépêchez-vous ! » Un peu tremblante, la petite grimpa sur le tabouret, enfouissant sa tête pour se cacher des rires qui peinaient à se calmer.

« - POUFSOUFFLE!» hurla aussitôt le Choixpeau. Elle n'allait pas être scalpée, mais finir sourde…

« - Bones, Susan ! » Une autre fillette blonde s'avança, imitant sa camarade quelques instants auparavant.

» Bien bien, bonjour jeune fille ! Pensa aussitôt le chapeau. Alors, voyons pour toi… hum, tu as une grande soif de connaissances… Serdaigle n'est pas pour toi. Tu es aussi très courageuse. Pas Gryffondor, donc. Tu es suffisamment maligne pour cacher ta passion, bien que ce ne soit pas une très forte qualité… hum, peut-être Serpentard. Oh, mais je n'avais pas vu cela ! Tu as peur de te faire des amis, de crainte qu'ils découvrent ton secret ? Eh bien le choix est vite fait ! Va apprendre la confiance et l'amitié à…

« - POUFSOUFFLE! »

Un second tonnerre d'applaudissements retentit en réponse en provenant de la table des Creusants. Les blaireaux avaient de quoi être contents, deux répartitions et déjà deux nouveaux terriers dans leur sol !

« - Boot, Terry ! » Un haut garçonnet prit à son tour place sur le tabouret.

« SERDAIGLE » ! hurla le choixpeau, déclenchant les acclamations des Planants. Première becquée pour les aigles !

Petit à petit, les noms s'enfilèrent les uns après les autres, à un rythme régulièrement interrompu par des acclamations, parfois plus ou moins fortes si le nouveau avait des frères ou des sœurs dans sa maison. Puis, finalement, vint le tour du premier de nos camarades.

« - Granger, Hermione ! »

« - Bonne chance Hermione ! » lui souffla Harry, accompagné d'un signe de tête de Neville et d'un grognement de Léonard. S'avançant timidement, elle accueillit la pénombre du Choixpeau avec un grand soulagement. Qu'elle pouvait être stressée !

» Alors alors, jeune fille. Dans quelle maison aimerais-tu aller ? Non, ne dit rien. Ta soif de connaissances exclu Serdaigle. Ton courage, Gryffondor. Mais je pense que le mieux pour toi qui a bien besoin d'apprendre à te servir de tes connaissances, ce serait d'aller à…

« -SERPENTARD! »

Dès qu'elle enleva l'auguste couvre-chef, ce fut pour être assaillie… par le froid silence de la table des Rampants. Les serpents ne semblaient pas très enthousiastes à l'idée d'accueillir un œuf né-de-moldus. C'est un peu craintive qu'elle rejoignit sa maison au milieu des sifflements. Seul le regard approbateur d'Harry la rassura un peu.

Encore une fois, plusieurs élèves passèrent… jusqu'à ce que ce soit le tour de notre camarade suivant.

« - Londubat, Neville ! »

» Un Londubat ! Ça faisait longtemps ! Alors, voyons… pour toi mon garçon… hum, tu aurais bien besoin d'apprendre à apprendre… Serdaigle te conviendrait sacrément bien. Mais Poufsouffle aussi, car tu as bien peur d'être rejeté par les potentiels amis que tu pourrais te faire. Gryffondor ne serait probablement pas le meilleur choix, tu as déjà beaucoup de courage, bien que tu n'en n'ais pas encore conscience. Peut-être Serpentard ? Hum… tu n'es pas très malin, en effet… et tu n'as pas une trace d'ambition… mouis, c'est donc décidé !

« - SERPENTARD ! »

Contrairement à Hermione précédemment, il fut accueilli par quelques applaudissements, principalement de la part de son amie… mais resta cloué sur sa chaise, même quand McGonagall lui enleva le chapeau. Lui, un serpentard ?! Sa grand-mère allait le tuer ! Il finit par se lever, avançant tel un zombie, et prit place chez les Crachants avec appréhension…

« - Malfoy, Draco ! »

» Bien le bonjour, jeune homme. Alors…

» Pensez-moi donc avec un peu plus de respect, infidèle ! Pensa Draco.

» Tiens donc, un croyant… Excusez-moi monseigneur, j'ignorais.

» Maudit paysan ! Dépêches-toi !

» Bien, donc… pour vous, Monseigneur, je vois une grande adoration à vos Pères et à vos Mères. Vous avez une grande ambition, une passion sans borne pour les pures légendes de l'ancien temps. Je vous conseille fortement de continuer sur cette voie, Messire, et je vous envoie donc là où vous aurez plus de chances d'en savoir plus et de pratiquer votre croyance.

« - SERPENTARD ! »

Cette fois, ce fut un tonnerre d'applaudissements qui naquit chez les serpents, faisant sursauter tous ceux qui ne s'y attendaient pas. Enfin, les verts et argents avaient droit à un pur d'une pure pureté purement pure ! C'est gonflé d'orgueil que Draco alla prendre place au milieu de ses ch… des siens !

« Il pue le gel à cheveux celui-là ! Dumbledore va encore croire que je fume les souvenirs de sa pensine ! Grumble ! » Pensa le choixpeau pour lui-même dès que le professeur McGonagall le releva.

« - Potter, Harry ! » Le silence s'abattit soudain sur la salle. Comment ? Happy Rotter ? Dévisagé par des dizaines de paires d'yeux, scruté comme une curiosité, notre ami alla immédiatement prendre place, pressé qu'on ne prête plus attention à lui. Mais…

» Oh, un petit Potter ! Vous devenez aussi rares que les Londubat dis-moi… bref, voyons ! Pour toi, je vois une tendance à confondre courage et témérité. Gryffondor te conviendrait bien. Mais tu n'as pas vraiment l'habitude de te faire des amis. Poufsouffle serait tout aussi idéal. Ah, mais je vois que tu n'es pas très assidu dans tes leçons… Serdaigle t'aiderait à y voir clair. Hum, et bien que tu ne sois pas dépourvu de malignité pour échapper à ton cousin et ses amis, tu n'as pas la moindre trace d'ambition. Et que tu auras besoin de ne pas être un suiveur ! Le choix te concernant est vraiment cornélien mon garçon. Tu as peut-être une préférence ?

» Euh… est-ce que je… ?

» Hum ? Là bas ? Mouis, c'est possible. Tu en es sûr ? Vraiment ? Très bien, alors…

« - SERPENTARD ! »

Cette fois, la réaction de la salle fut plus clairement divisée que jamais. Une bonne partie de la table des Sifflants applaudit poliment, Hermione et Neville en tête, alors qu'au contraire… tout le reste de l'école était statique, comme semblant ne pas y croire.

« - Ouf ! » murmura Harry aussitôt qu'il fut installé auprès de ses amis. « Je n'en pouvais plus d'être ainsi le centre de l'attention. » Puis, revenant à la répartition, il remarqua quelque chose d'étrange. « Pourquoi avez-vous une tête aussi étonnée ? »

« - Je pensais que Léonard serait passé depuis un peu, c'est pour ça, » répondit Hermione. « Même si nous ne connaissons pas son nom de famille, je m'étonne… »

Un regard vers leur camarade leur indiqua qu'il se tenait toujours droit… bien que tremblant de plus en plus, à en juger par ses mains qui semblaient faire des allers et retours sur son côté. Il allait vraiment falloir qu'il aille à l'infirmerie celui-là… il sembla toutefois soudainement prendre conscience du regard de ses amis, car il croisa les bras et serra les poings, dissimulant ainsi son trouble. Ils ne purent toutefois penser à lui plus avant, car…

« - Weasley, Ronald ! »

Le roux qu'Harry avait rencontré dans le train s'avança rapidement vers McGonagall, zyeutant la table des lions avec avidité. Quand il passa juste à côté des rampants, notre ami lui adressa un signe de main pour l'encourager… et récolta un regard noir et une grimace. « Eh bien, si tous mes amis sont comme ça… » pensa-t-il, immédiatement refroidi.

« - Monsieur Weasley, veuillez vous asseoir sur le tabouret et mettre le Choixpeau sur votre tête, » indiqua la professeure.

« - Je peux pas aller à Gryffondor ? »

« - Ce n'est pas vous qui décidez. Vous devez être réparti, Monsieur Weasley. Veuillez vous asseoir ! »

Obéissant, Ronald prit donc place… et à peine le chapeau lui toucha-t-il les cheveux qu'il s'écria :

« - GRYFFONDOR ! Ben quoi, » murmura le choixpeau à McGonagall, « il voulait y aller… et il avait les cheveux gras ! Le gel, j'ai rien dit, mais les poux faut pas exagérer ! »

Fort heureusement pour le jeune roux, il ne fut pas entendu… sa voix dominée par deux autres. « Tous ceux qui avaient parié qu'un Weasley n'irait pas à Gryffondor, par ici la monnaie ! » s'écrièrent des jumeaux, eux aussi roux, à la table des Rugissants. Et, au grand amusement de tous, un certain nombre de sixièmes et septièmes années de toutes les maisons se levèrent pour leur donner quelques mornilles.

« - Xenger, Linra ! » cria McGonagall pour mettre fin à leur petit divertissement.

Une petite fillette toute chétive s'avança rapidement, comme semblant vouloir à tout prix s'effacer du regard du monde. Elle y échouait toutefois, ne s'attirant que quelques yeux choqués par sa maigreur maladive.

» Hum, bien, alors, donc, voici… une bien charmante jeune fille, dites-moi ! Alors, mademoiselle, où allons-nous te répartir ? Voyons… Je vois en toi beaucoup de fragilité… houlà oui… mais Poudlard changera tout cela ! Un grand avenir s'ouvre devant toi, crois-moi. Tu iras loin, jeune fille. Et donc…

« - GRYFFONDOR ! »

C'est en tremblant, des larmes au coin des yeux, que la petite alla se réfugier sur sa chaise, s'engouffrant rapidement autant que possible sous la protection de la table.

« - Zabini, Blaise ! »

» Bonjour jeune homme ! Bienvenue à Poudlard ! Voyons donc… Pour ta part, tu as une grande fidélité, un grand amour pour ta mère et une toute aussi grande solitude due, penses-tu, à ta couleur de peau. Tu n'as pas à en avoir honte, bien loin de là. Tu as envie de faire tes preuves, de prendre ta place dans ce monde, alors bienvenue à…

« - SERPENTARD ! »

Achevant sa liste avec ce dernier élève, la professeure McGonagall réenroula son parchemin, se saisit dignement du Choixpeau après une dernière salutation de celui-ci… et s'arrêta, étonnée de ne pas entendre les traditionnels applaudissements de la salle. Se tournant instinctivement, elle vit qu'il restait un élève.

« - Qui êtes-vous, jeune homme ? » s'étonna-t-elle. « Ma liste est pourtant complète. Quel est votre nom ? »

« - Léonard. »

« - PFWARGH ! »

Tous les regards se portèrent instantanément vers l'origine de ce bruit étrange… le directeur Dumbledore semblait s'être étouffé en buvant son jus de citron, et avait tout recraché devant lui, toussant à tout va pour se remettre. Ses voisins les plus proches vinrent rapidement l'aider en lui tapotant le dos.

L'attention revint sur l'oublié de la répartition. Léonard monta à son tour le tabouret, McGonagall installant rapidement le Choixpeau sur sa tête. « Oh… les ordres sont les ordres » pensa celui-ci, et il fut interrompu avant de pouvoir dire quoi que ce soit de plus.

« J'ignore ce que tu es, chapeau, mais tu sembles accepter quand des élèves choisissent leur maison… mets-moi là-bas. »

« - SERPENTARD ! »

Et, encore une fois, alors que la plupart des élèves des autres tables applaudissaient poliment, le silence fut complet chez les Serpents, à l'exception d'Harry, Neville et Hermione. Du moins, si l'on omettait les sifflements de haine qui retentissaient d'un peu partout. Principalement chez les rampants, mais aussi en quelques occasions chez les griffants, les creusants et les planants, des regards de pure haine habitaient un nombre d'élèves étonnement grand.

Faisant fi de ce problème, Léonard s'empressa d'enlever le choixpeau de sa tête, le fourrant impoliment entre les mains de McGonagall, puis se leva pour gagner les siens. Mais à peine fut-il debout qu'il regarda les insignes nouvellement apparus sur sa tenue.

Et les arracha.

« - Je ne porterai aucun symbole aussi pitoyable, » maugréa-t-il assez fort pour être entendu par tous. Il n'en fallu pas plus pour faire exploser McGonagall.

« - Monsieur Léonard ! Comment osez-vous ?! Dix points en moins pour serpentard ! » Et elle jeta un reparo sur l'uniforme maltraité, faisant réapparaitre tout ce qui devrait s'y trouver un temps normal.

Léo les réarracha aussitôt.

« - J'ai dit... » grommella-t-il, avant que lui comme sa professeur ne soient interrompus.

« - Laissez, Minerva, » dit tout bas une voix bien connue. Nombre de regards se tournèrent aussitôt vers le directeur Dumbledore. Celui-ci, penché vers l'avant, regardait le jeune élève avec une attention toute particulière. Plongé dans ses réflexions. « Laissez Minerva, » reprit-il. « Que monsieur Léonard arrache ses insignes si ça lui plaît. » Et il fit signe à tout le monde de continuer la fête.

Il n'en fallu pas plus pour qu'un grognement retentisse, et Léo prit immédiatement place aux côtés de Neville, enfouissant de nouveau sa tête dans ses mains dès que l'attention générale ne fut plus portée sur lui. Mais cela ne fit pas cesser les regards de haine… de nombreux serpents n'avaient plus cure de la cérémonie et ne cessaient de le darder de leur malveillance. Cela mettait bien mal à l'aise ses compagnons, à ses côtés, qui avaient bien du mal à ne pas tenir compte du comportement de leurs camarades. « Eh bien… bon appétit ! » s'exclama malgré tout Hermione dès que le repas apparut.

Nonchalamment installé sur l'une des immenses poutres de bois massif qui constituait la titanesque charpente de la salle, bien dissimulé par le plafond enchanté, un étrange homme avait assisté à la soirée avec un grand amusement.

« Enfin, » se dit-il, « le Destin se met en mouvement ! »

Et, sur ces pensées, il disparut dans un flash de lumière.

Rythme de publication : un chapitre par semaine, toujours le vendredi. Pas d'exceptions prévues.

À propos de la répartition : dans mes fics, elle se fait rationnellement. Càd que vous êtes répartis dans une maison offrant des qualités dont vous êtes dépourvu. Bien sûr, si vous voulez choisir, le choixpeau accepte. Comme le dit justement Dumby, ce sont nos choix qui font ce que nous sommes.