Bien le bonjour à tous ! :D
Me voilà de retour avec un second chapitre, un chtouille plus long, qui lance tout doucement notre histoire.
Version à peine corrigée, les anciens lecteurs n'y découvriront rien de nouveau, seulement quelques dialogues remaniés.
Merci à ma Rukie-Chan préférée, à araaih et Melior pour leurs reviews !
Sur-ce, bonne lecture, on se retrouve plus bas ! :)
Une journée dans la Lórien
Quand Elewë se réveilla, la lumière du jour filtrait à travers le toit de feuillage. Quelques rayons tombaient sur son visage, l'aveuglant tandis que ses yeux d'Elfes s'habituaient à la nouvelle luminosité. L'Elfe de redressa, tanguant dans son hamac, et réussit à s'en extirper. Ses vêtements étaient froissés et humides, et elle se souvint que, trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, elle s'était directement couchée la veille.
Elle s'étira, tel un grand félin, et se dirigea lentement vers la petite salle de bain. Elle remplit un bac d'eau fraîche, et s'immergea. La sensation de fraîcheur finit de la réveiller, et elle put enfin réfléchir normalement, les vapes de la nuit quittant son esprit : elle devait se dépêcher, elle avait rendez-vous avec Lindir aujourd'hui.
Elewë sortit du bac, se sécha, enfila rapidement une tenue adaptée à l'équitation, coiffa tout aussi rapidement ses longs cheveux bruns, les attacha, sortit de la salle de bain et se dirigea vers l'échelle de bois menant à l'étage inférieur. Quand elle descendit, une douce odeur de galette de pain l'accueillit. Son père venait d'en faire une fournée toute chaude, et la déposa dans une grande assiette sur la table, à côté d'une corbeille de fruits frais.
« Bonjour ada » , lui dit la jeune fille en l'embrassant, « avez vous bien dormi ? »
« Bonjour Elewë » lui répondit celui-ci
La jeune Elfe n'insista pas, s'assit à table, accompagnant le pain et les fruits d'eau. Quand elle fut rassasiée, elle se leva, récupéra sa cape et son carquois, ainsi que l'épée posée contre le mur, et se dirigea vers la porte.
« Que fais-tu aujourd'hui, ma fille ? »
« Je pars avec Lindir chevaucher dans la forêt. »
« Ne rentre pas trop tard. » Lui conseilla-t-il
« Ne vous inquiétez pas ada, je ferais attention » lui répondit-elle en accrochant la cape sur ses épaules.
Elle sortit, puis referma la porte derrière elle. Elle accueillit avec plaisir la brise d'air frais lui soufflant au visage, le soleil dégageant une chaleur étouffante. C'était l'été en Lórien, et le soleil faisait subir sa présence chaque jour. Une fois qu'Elewë fut habituée à la chaleur ambiante, elle se dirigea d'un bon pas vers les zones déboisées de la cité, là où les Elfes avaient installé de grandes prairies pour leurs chevaux, afin qu'ils puissent paître en liberté durant les mois chauds de l'année. En hiver, ils les rentraient dans les grandes écuries situées à la limite de Caras Galadhon.
Elewë sortit de la cité en passant par un des pontons franchissant le fossé et la palissade faisant tout le tour de la ville. Celles-ci étaient surveillées par les Gardes, et étaient ouvertes jusqu'à la tombée de la nuit. L'Elfe avait eu de la chance de ne pas avoir traîné hier soir, sinon elle aurait dû passer la nuit dans la forêt. Rien qu'à cette idée un frisson lui parcourut le corps. Après quelques minutes de marche, Elewë approcha enfin de la prairie. L'herbe ondulait avec le vent, se parant de reflets d'or sous l'effet du Soleil. De nombreux chevaux paissaient tranquillement, d'autres jouaient et galopaient dans la grande étendue. Tout était calme et paisible. Des barrières de bois délimitaient la surface de la prairie. Elle grimpa dessus, puis émit un long sifflement, aux tonalités variées. Au bout de quelques secondes, un hennissement lui répondit au loin, et elle aperçut un cheval aux reflets argentés galopant dans sa direction.
Quelques instants plus tard, une jument grise s'arrêta devant la barrière, dans un soulèvement d'herbes. La robe de l'animal, assez rare chez les chevaux elfiques, était gris pommelé : un fond gris argenté, et des reflets gris clair et blanc, s'étalaient sur toute la surface de son corps, en particulier sur sa croupe. Une tache blanche en vague forme de fleur se dessinant sur son front lui avait valu le nom de Ninqueloté, Fleur Blanche en sindarin. La jument, de petite corpulence, était faite pour la course, avec une croupe fine et des membres musclés. Son corps dégageait puissance, légèreté et grâce. Sa petite tête fine et ses grands yeux bleus doux la rendaient gentille et amicale. Elle dégageait une aura de douceur et de pureté. Elle balança son encolure de haut en bas en poussant un hennissement de joie à la vue de sa cavalière. Celle-ci lui avait manqué.
Elewë sourit. La jument était sa seule amie depuis des siècles – les chevaux elfiques ayant la particularité de vivre aussi longtemps que le cavalier auquel ils s'étaient attachés - bien avant qu'elle ne connut Lindir. Son père la lui avait offerte pour ses 100 ans, alors qu'elle refusait de monter et de tenter tout contact avec les chevaux de la ville. Elles ne s'étaient depuis jamais quittées.
La jeune Elfe lui demanda de se rapprocher de la barrière, et sauta d'un mouvement gracieux sur le dos de la petite jument. Dès que sa cavalière fut sur son dos, celle-ci poussa un petit hennissement d'impatience. Elewë lui flatta l'encolure, souriant de plus belle en sentant la jument trotter sur place.
« Tout doux ma belle, sois patiente, tu pourras courir plus tard »
Ninqueloté se calma au son de la voix de sa maîtresse. Celle-ci la dirigea au petit trot vers l'extrémité de la plaine, vers la cabane faisant office de sellerie. Arrivée à la barrière, elle mit pied à terre, l'ouvrit pour laisser passer la jument, puis rentra dans la cabane. Elle en ressortit avec un tapis brun, une selle légère, un collier pour maintenir la selle, et un licou de corde. Elle la harnacha rapidement, accrocha l'épée au collier de cuir, mit le pied à l'étrier, et prit la direction des bois.
Elle avait rendez-vous dans une clairière près de la cité. Elewë dirigeait la jument les deux rênes dans une main, les laissant flottante, n'ayant nul besoin d'avoir un contact ferme avec la bouche pour le faire. L'animal avançait donc d'un bon pas, choisissant elle-même les chemins à emprunter. Au bout de quelques temps, elles atteignirent le point de rendez-vous.
La clairière était illuminée par les rayons du soleil, et un parterre de fleurs et de trèfles se répandait sur sa surface. L'Elfe descendit de sa monture, la laissant brouter à son aise. Elle s'assit sur une souche, et se mit à observer les reflets du soleil jouant sur l'herbe.
Elewë sortit de sa torpeur quand elle entendit un roulement de sabots. Elle se redressa, et regarda dans la direction d'où venait le bruit. Tel un éclair, un étalon noir déboula dans la clairière. Il fit une glissade et s'arrêta d'un simple mouvement des rênes de son cavalier. Celui-ci le caressa, lâcha les rênes, et mit pied à terre. L'animal se dirigea tranquillement vers Ninqueloté, et se mit à brouter à ses côtés. Lindir marcha vers Elewë, et s'arrêta devant elle, avant de s'asseoir. L'Elfe le dévisagea. Il avait encore changé depuis qu'elle l'avait vu. Il avait à présent l'apparence d'un jeune Elfe adulte. Bien qu'elle soit de grande taille, son ami la dépassait de près d'une bonne tête à présent. Elewë se rassura en se disant qu'il avait cessé de grandir depuis longtemps.
Ses longs cheveux blonds coiffés à la manière elfique encadraient un visage beau et souriant. Ses yeux verts pétillaient de malice. Une mâchoire fine et un visage rond finissaient de compléter ce charmant portrait. Typé comme tous les Elfes, il n'avait pas une très grande carrure, avec des épaules courtes, mais malgré sa tenue, on apercevait le renflement de ses muscles. Le jeune homme faisait parti d'une caserne de la cité, et s'entraînait donc très souvent. C'est ce trait de caractère qui avait en parti rapproché les deux Elfes. Elewë s'extirpa de ses pensées, et lui adressa un sourire.
« Tu sais qu'un jour Nuruhuinë se blessera avec tout ce que tu lui fais faire
« Ne t'inquiète pas, il est aussi intrépide que moi, et réussit toujours à en sortit vivant, quoique … » dit-il en plaisantant
La jeune Elfe rit. Le fier étalon portait bien son nom. Ombre de la Mort. Dressé pour être un cheval de guerre, celui-ci n'avait peur de rien, sauf peut-être de lui-même. Son cavalier et lui formaient la paire, un véritable duo intrépide.
Elewë sourit en repensant à la fois où Lindir avait voulu faire sauter une rivière à son étalon. Celui-ci avait pilé net en voyant son reflet dans l'eau. Son cavalier avait volé par dessus l'encolure, et avait fini la tête la première dans la rivière pendant que Nuruhuinë prenait la fuite. L'Elfe dut penser à la même chose qu'elle, car il se mit lui aussi à rire.
Après avoir échangé quelques banalités, les deux amis se relevèrent, montèrent sur leurs chevaux respectifs, et se mirent en marche. D'un même accord, ils mirent leurs montures au grand galop, et les laissèrent filer. Ceux-ci courraient à une allure folle, et l'ivresse de la course faisait rire la jeune Elfe.
Ninqueloté dépassa l'étalon noir, galopant à une allure vertigineuse. Elle esquivait les obstacles avec facilité, et sa cavalière se laissait porter, s'immergeant dans le plaisir de la chevauchée. Le vent décoiffait Elewë, faisant claquer ses cheveux, mais elle n'en avait cure. Tout ce qui comptait, c'était continuer cette course. La végétation de la forêt défilait sous ses yeux, et la jeune Elfe reçut parfois des branches dans le visage. Prises dans l'ivresse de cette galopade, les deux amies parcoururent une grande distance, jusqu'à ce qu'en se retournant, Elewë n'aperçut plus Lindir et son étalon derrière elles. A regret, elle demanda à la jument de ralentir, et elles marchèrent en les attendant. Elles atteignirent rapidement un petit bassin d'eau, et Elewë mit pied à terre. Ninqueloté alla s'abreuver, fatiguée par l'effort qu'elle avait dû faire, et elle fit de même. Quand elle se redressa, une jeune Elfe brune la contemplait en reflet.
Ses longs cheveux bruns cascadaient jusqu'au milieu de son dos. Quelques mèches étaient retenues à la hâte, et d'autres s'échappaient de la coiffure improvisée, encadrant un visage fin. Le reflet avait des yeux bleus couleur du ciel. Fin et élancé, son corps avait été taillé au fil des siècles d'entraînement, et sa tenue de cavalière laissait deviner le léger renflement de ses muscles sous le tissu. Elewë sourit. Elle n'était pas sublime, mais possédait un certain charme, et cela lui suffisait.
Le duo infernal finit par arriver au pas, l'air exténué et la jeune Elfe remonta à cheval en riant devant la mine déconfite de son ami.
« Ninqueloté est vraiment rapide. Je crois bien qu'elle surpasse le plus rapide destrier de la cité. »
« Sûrement, je n'ai jamais vérifié. »
Ils continuèrent leur promenade, en parlant de tout et de rien, de leur entraînement, de ce qu'ils avaient fait depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Le soleil brillait au haut dans le ciel à présent, et sa chaleur faisait suer les deux Elfes, bien qu'ils soient sous le couvert des arbres.
Au bout d'une heure de chevauchée, Lindir, comme tout jeune homme qui se respecte, raisonnant avec son estomac, déclara à Elewë qu'il devraient peut-être commencer à chercher à manger. Celle-ci acquiesça en souriant, et ils mirent pied à terre, guidant leurs chevaux près d'un grand tronc d'arbre tombé à terre. Ils les laissèrent là, tendirent la corde de leur arc, vérifièrent l'état de leurs flèches, et partirent en chasse. Plus silencieux que le vent, les deux Elfes se déplaçaient dans la forêt en quête d'un gibier. Elewë fit signe à son compagnon quand elle entendit des bruits. Ils virent apparaître un jeune lièvre dodu, sortant des fourrés. Elewë décocha une flèche, et le trait fila en silence. Il fit mouche, et le lièvre s'étendit sur le sol, raide mort. Elle récupéra sa flèche, Lindir l'animal, et ils retournèrent là où ils avaient laissé leurs montures.
Pendant que ce dernier s'occupait de préparer la viande, la jeune Elfe partit en quête de fruits ou autres végétaux à ajouter à leur frugal repas. Elle découvrit un pommier sauvage. Elle revint au camp les bras chargés de sa trouvaille et s'assit sur le tronc.
L'odeur qui montait du feu était alléchante, et son ventre émit un grondement. Le pain et les fruits étaient déjà loin. Elewë attendit donc patiemment que le lièvre soit cuit, puis mordit à pleine dent dans la chair. En temps normal, les Elfes respectaient toutes formes de vie. Mais ils ne pouvaient aller contre les besoins du corps, bien que plus résistant par leur sang elfique. Ils devaient donc se nourrir comme tous les autres de viande, bien qu'ils favorisaient les végétaux.
Durant leur repas, Lindir aborda un sujet auquel il pensait depuis quelques temps.
« Elewë, tu es au courant pour le grand tournoi qui va avoir lieu à Imladris ? »
« J'en ai vaguement entendu parler. » Répondit-elle entre deux bouchées.
« Sais-tu que les Elfes les plus aguerris des trois Royaumes vont s'y retrouver ? »
« Ah. » Fit-elle en mâchant sa viande
« Allons, un peu d'enthousiasme ! Comment réagirais-tu si tu savais que les 50 meilleurs seront sélectionnés s'ils le souhaitent pour faire partie de l'Armée qui partira, d'ici un mois, porter secours dans le Royaume d'Arnor ? »
A ces mots, la jeune Elfe releva la tête.
« Ah, je savais bien que ça t'intéresserais », dit-il en souriant
« Comment sais-tu cela ? »
« Si tu allais un peu plus en centre-ville tu remarquerais qu'il y a des affichettes placardées un peu partout ».
« Donc tu ne me fais pas une mauvaise blague ? » Demanda-t-elle, dubitative, ayant déjà subi de nombreuses fois ces fameuses blagues dont il avait le secret
« Mais non, je n'oserais pas ! » Fit-il en levant les yeux au ciel, avec un petit sourire
« Très bien, j'irais » répondit fermement Elewë.
« Je me doutais que tu répondrais cela. Mais je me suis renseigné, seuls les hommes peuvent y participer ».
« Bien évidemment, il fallait s'y attendre ... » répondit-elle dans un soupir, un peu douchée dans son enthousiasme, et il faut bien le dire, légèrement agacée. « Les femmes n'ont peut-être pas les mêmes aptitudes que les hommes, mais elles ont tout autant de courage et de bravoure. Leur interdire ce tournoi est ridicule ! ». Elle fit une pause, plongée dans ses pensées, puis se redressa, une détermination nouvelle se lisant dans ses yeux. « Mais cela ne m'empêchera pas d'y participer, mon rêve est à portée de main, je ne peux abandonner si près du but ! »
« Mais c'est que tu es plus têtue que Nuruhuinë quand il s'y met, et c'est pour dire ! Au risque de me répéter, ce tournoi est réservé à la gente masculine !
« Et bien je serais homme. » Lui répondit-elle fièrement, soutenant farouchement son regard.
« Tu n'as quand-même pas l'intention de … »
« Si. » Ce seul mot dégageait tant d'autorité qu'il n'osa rien dire. Il aperçut dans son regard une lueur de défi, et se dit que ce n'était même pas la peine d'essayer de la faire changer d'idée.
Et voilà, chapitre terminé !
Qu'en avez-vous pensé ? Comment trouvez-vous Elewë et Lindir, leur amitié ?
A bientôt dans le prochain chapitre, et n'oubliez pas de laisser une petite review si celui-ci vous a plu ;)
Bises,
Mimi70 :)
