Chapitre 1 - Butterfly fly away
Voilà maintenant un mois que l'accident qui entraina leurs parents dans la mort eu lieu. Un mois jour pour jour, que cette fameuse date si attendue devint un jour si funeste pour Erza et Lucy. Oui il y a de cela un mois, l'avion qui devait réunir les Scarlett et les Heartfillia s'enfonça dans l'océan atlantique, ne laissant aucun survivant. Les deux filles devinrent alors orphelines. Une sorte d'enterrement sans corps fût préparé en hommage aux morts du crash.
Suite aux tragiques évènements et n'ayant nul part où aller, et se retrouvant sans famille à contacter, Mr Muller, leur hôte français décida après mûre réflexion de garder les deux demoiselles. En effet, Erza vivant seule avec sa mère, sans famille paternelle, ses grands -parents étant décédés, la mère n'ayant aucun fraternels, la petite était donc seule. Pour Lucy c'était un peu le même topo, elle vivait avec son père et son grand frère, sa mère était décédée à sa naissance, aucun lien avec la famille maternelle, décès des grands-parents, pas d'oncle ni de tante, elle se retrouvait donc seule elle aussi. C'est fou de se dire, que deux enfants, charmantes comme elles, se retrouvaient frappées par le destin, et étaient désormais seules au monde. Alors que tout ce qu'elles méritaient était d'avoir une vie paisible comme tout le monde.
Adam, lui, vivait seul. Quelque part, lui aussi était un peu orphelin. Depuis sa majorité, il avait quitté le cocon familial. Suite à ça, aucune nouvelle de ses parents ni de sa famille. Il avait dû se débrouiller seul. Il se reconnaissait donc un peu dans la situation des deux jeunes filles.
Il les affectionnait beaucoup, et bien qu'ayant une dizaine d'années de différence et pas les mêmes goûts, ils s'entendaient tous les trois à merveille. Adam vivait dans une immense maison dont il s'occupait seul. Les filles lui étaient donc d'une grande aide. En effet, pendant qu'il travaillait ou s'occupait du jardin, elles ne se tournaient pas gentiment les pouces, ou ne faisaient que de se promener, dépensant leur argent à tout va. Non, elles faisaient le ménage au moins une fois dans la semaine, s'occupaient du repas, de la vaisselle, la lessive etc...
Oui, ils avaient passé un mois merveilleux avant cet accident, qui avait changé la vie à jamais de nos trois compères, mélangeant désormais leurs destins.
Mr Muller avait donc décidé de devenir leur tuteur. Bien sûr, les deux jeunes filles avaient donné leur accord. Après tout, il venait de les sauver en quelque sorte. Elles venaient d'être livrées à elles-mêmes et il leurs avait gentiment tendu la main, sans pour autant être vraiment lié à elles. Elles lui devaient tout désormais.
Dans quelques jours c'était la rentrée. Elles allaient devoir faire face à la réalité et l'affronter. Après ces derniers jours difficiles passés à se morfondre, il fallait qu'elles se reprennent en main. Et la rentrée était un bon tremplin pour leur nouvelle vie. Elles se serviraient de ce jour pour tourner cette page pleine de tristesse. Une nouvelle page blanche, prête à accueillir leur nouvelle histoire pleine de bonnes choses.
-Dans moins d'une semaine c'est la rentrée, dit Lucy.
Erza assise sur le rebord de la fenêtre, le regard perdu, ses cheveux blonds flottant à cause du vent entrant dans la chambre.
-Oui, répondit-elle sans expression.
-Je me souviens de l'année dernière, la rentrée nous l'attendions précipitamment, renchérie Lucy d'un ton quelque peu désespéré.
-Lucy ce n'est pas le moment, on doit faire abstraction de tout ça, sinon on n'avancera jamais.
-Je me souviens de la veille de notre départ. Nous étions si heureuses.
Elle n'écoutait désormais plus Erza, se laissant bercer par ses souvenirs. Rejoint par Erza.
*FLASHBACK PDV LUCY*
Erza était chez moi depuis quelques jours. Elle adore squatter ici, et puis après tout, nous habitons à une centaine de mètre l'une de l'autre.
Nous étions en pleins préparatifs de valises pour le départ du lendemain.
-Alors ma BFF, valises prêtes ? Demandais-je.
-Non, je dois encore la fermer, viens t'asseoir dessus avec moi s'il te plait.
-Attention j'arrive !
Je courais et sautais sur la valise d'Erza. Celle-ci hurlait me voyant arriver comme un char de combat. C'est vrai qu'elle avait une grosse valise ma jolie blonde. A croire qu'elle prenait toute sa garde-robe... Bon je dis ça mais moi c'est pire...
-C'est bon tu arrives à fermer ?
-Lucy, tu bloque la fermeture ! Cria-t-elle.
-Oups, pardon, je me lève.
Une fois debout, je la regardais en train de galérer à fermer, c'était vraiment risible !
La valise bouclée, Erza s'affalait dans le lit.
-Pfiouuuu ! J'en peux plus... Quel sport !
-Toi qui n'as pas l'habitude d'en faire en plus !
Elle me toisait du regard... Je me faisais toute petite... Vraiment toute petite... Minuscule...
Nous éclations de rire.
-Je suis vraiment pressée d'être demain, nous allons enfin partir loin de nos parents, comme si nous étions indépendantes, tu te rends compte ?
-Oui Erza, mais ça ne t'angoisse pas trop de prendre l'avion ?
-Bien que ce soit la première fois, non ça ne m'angoisse pas plus que toi apparemment... Dit-elle d'un ton moqueur.
-N-n-noo-nooon ! Je n-n'ai p-pas p-pp-peur ! Répondis-je
-Je te protègerais grande duduche !
-Mais tu sais ô combien l'avion peut-être dangereux ?!
-Tout comme la voiture, le train, le vélo, la moto et la marche à pied, acquiesça-t-elle.
Je grognais en guise de réponse tandis qu'elle soufflait d'exaspération.
-N'empêche, comme ma mère va me manquer... !
-C'est vrai que c'est la première fois que tu vas la quitter aussi longtemps, pour aller aussi loin.
-Oui mais au moins je me dis que ça va forger mon indépendance, je ne veux pas dépendre d'elle jusqu'à la fin de ma vie, je ne veux pas l'embêter.
-Tu as bien raison, moi aussi !
-Pour toi le pire risque d'être ton frère... dit Erza en rigolant.
-Pas du tout.
-Allez avoue qu'il va te manquer ton frangin.
-Il n'est même pas là pour me dire au revoir.
Il est vrai que j'aurai apprécié voir mon frère avant de partir. Nous avions toujours été ensemble jusqu'à présent. Il avait assisté à tous les moments phare de ma vie... Sauf celui là, qui me semblait pourtant important pour moi. Cependant je ne pouvais pas lui en vouloir, il avait un travail qui lui prennait du temps maintenant.
-Owh tu es triste ! Mais il a dit qu'il allait t'appeler avant le décollage et après l'atterrissage.
-Oui c'est vrai, mais moi je le voulais là, le serrer dans mes bras et lui dire de vive voix qu'il va me manquer terriblement.
-Ben tu vois qu'il va te manquer ton grand frère.
-J'ai jamais dis le contraire.
Je la regardais et lui tirais la langue. Et elle me répondit par des chatouilles. Elle savait que j'étais chatouilleuse, et savait s'en servir contre moi.
-Aaaaaaaaaaah ! Erza arrêtes ! Criai-je
-Non tu l'as cherché !
En bas mon père nous criait de descendre, le repas était prêt.
-Alors vos valises sont prêtes ?
-Oui Daddy, fin prêtes.
-Bien alors après vous me les descendrez, que je puisse charger la voiture. Erza, demain ta maman vient avec nous ?
-Et bien j'attends qu'elle me le confirme, elle doit m'appeler après.
-Bien, tu me diras quoi.
-Oui monsieur.
Pendant le repas nous parlions vaguement du voyage, de ce que nous allions faire, de ce que nous allions visiter…
-Tu sais papa, notre voyage n'est pas fait pour que nous visitions, mais pour perfectionner notre français.
-Oui mais tant que tu es sur le territoire français, autant en profiter non ?
-Ben ça dépendra de nos revenus aussi.
-Comment ça vos revenus ? Vous avez toutes les deux une carte, sur laquelle vous avez largement les moyens de visiter tout ce qu'i visiter.
-Oui mais on voudrait bien travailler un peu, tu sais pour dire de gagner un peu d'argent par nous même.
-Je comprends, mais je te demande juste de faire attention, et de ne pas travailler dans un établissement louche, compris ?
-Oui Daddy... Tu me prends pour qui hein ?
-Pour ma fille, répondit-il en souriant
Erza nous regardait en rigolant. C'est vrai que moi et mon père parfois, nous ressemblions à un duo de comiques.
A la fin du dîner, nous passions à la salle de bain, nous laver et nous mettre en pyjama.
Il était presque neuf heure du soir. La mère d'Erza ne devait pas tarder à appeler.
-Elle appelle quand ta mère ?
Bip-Bip
-Là maintenant, me répliqua Erza tandis qu'elle répondait à son téléphone.
Erza et sa maman n'avait pas énormément le temps de se voir en semaine, car elle travaillait beaucoup. Elle passait donc le clair de son temps chez moi. Ca ne me dérangeait pas, mais je voyais bien qu'elle était souvent triste de ne pas pouvoir être souvent avec elle. Je me contentais juste de lui faire passer le temps, de l'amuser, de la faire rire, pour lui faire oublier ce petit manque...
Au bout d'un petit quart d'heure, elle raccrochait.
-Alors ?
-Ben, elle a beaucoup pleuré comme d'habitude, elle m'a dit aussi que j'allais lui manquer, elle m'a demandé si j'avais rien oublié.
-Mais elle va te voir demain non ?
-Ben, elle ne sait pas en fait, il y a des chances que son travail l'appelle, donc elle préfère rester. Mais elle viendra me dire au revoir avant qu'on parte pour l'aéroport.
-Ouhalala, ça va partir en océan de larmes tout ça... Plaisantais-je
-Et tu sais ô combien je déteste ça Lucy !
-Oui oui ça va, allez ça va aller !
Je rigolais, Erza, elle, me lançait un regard noir. Mais sous mes rires incessants elle se mit à éclater de rire avec moi...
Et oui, nous n'arrivons jamais à nous prendre la tête, ou à s'énerver l'une contre l'autre, ça se finit toujours en éclats de rire.
L'heure du coucher approchait, mais aucune de nous n'arrivait à s'endormir à cause de l'excitation du départ.
Le lever fût donc difficile. Mais en une petite demi-heure nous étions prêtes à partir. Nous attendions encore la mère d'Erza qui ne répondait pas sur son portable. Finalement au bout d'une petite dizaine de minute, nous partîmes, personne ne venait. Nous ne pouvions plus attendre car nous devions être à l'aéroport une bonne heure avant le départ.
Pendant le trajet, Erza et moi écoutions de la musique et finissions notre nuit. Et oui, passer sa nuit à parler, s'extasier sur le voyage et donc au final ne pas dormir... ben ça fait mal !
En une petite demi-heure nous étions arrivés. Il fallait trouver une place pour la voiture, puis enregistrer les bagages... Puis vint le moment de l'au revoir...
-Bon ma puce, je sais que je ne devrais pas te dire ça, mais... Tu es sûre que tu veux partir ? Tu peux encore te résigner...
-Oui papa, j'en suis sûre, j'attends ce voyage depuis quelques mois maintenant.
-Oui je le sais bien, tu en as marre de moi c'est ça ? Me demanda-t-il en plaisantant.
-Oui j'en ai marre, j'en peux plus, je dois m'éloigner, sinon je vais faire une surchauffe ! Ironisai-je.
-T'es bien ma fille toi !
Il se tourna vers Erza.
-Je compte sur toi pour la surveiller et me rapporter toutes ses bêtises, d'accord ?
-Oui monsieur !
-Ne sois pas si officielle, ça fais combien de temps qu'on se côtoie ? Allez, laisse les « monsieur » de côté et appelle-moi Dake.
-Oui papa Dake.
Ils rigolèrent. "J'aimerais vraiment qu'ils se considèrent plus comme père et fille, comme ça Erza aurait un papa, enfin presque..." pensait Lucy, et cela depuis qu'elle était petite…
-Bon, vingt heures de vol. Vous allez tenir ?
-Oui papa, on va dormir surtout ! Plaisantais-je.
-Bon, ben je vais vous laisser, vous devez vous diriger vers l'embarcadère et moi je ne peux pas vous suivre...
Je lui sautais dans les bras... Trop triste de le laisser là... Même si j'avais hâte de partir, c'était mon papa.
Erza lui fit la bise. Et nous partîmes. Je me retournais et lui faisait signe. Il pleurait déjà, il ne me regardait plus. Et j'aurais préféré ne pas le voir comme ça, mais ça montrait bien des choses. J'allais terriblement lui manquer, il se faisait du souci.
Bon, ce n'était pas le moment des regrets ! Nous passions par l'étrange machine qui sert à voir ce qu'il y a dans les sacs à main ou même sur nous. Cette machine qui vous embête au plus haut point, parce qu'il faut enlever tous ses bracelets, son collier, sa ceinture, ses chaussures parfois. Une fois la machine passée, nous allions à l'embarcadère. Il ne nous a pas fallût longtemps avant de pouvoir monter dans l'appareil.
Et une fois assise, nous pouvions souffler.
Voilà, nous étions dedans, prêtes à partir, nous ne pouvions plus reculer.
-J'ai envie d'hurler à plein poumon tout mon contentement... Mais je me retiendrai sinon je vais faire peur aux passagers ! Dis-je.
-Oh oui, ça c'est sûr, enchaîna Erza.
-Nous voilà presque parties.
Bip-bip
-Lucy ton portable, je crois que c'est Léo.
-Allo ?!
[-Oui petite sœur, je suis désolé, j'ai pas réussi à me lever à temps...]
-Pas grave, tu as réussi à m'avoir juste avant que je ne décolle.
[-Ben en même temps si tu me réponds c'est que tu n'as pas encore décollée hein !]
-Ahhh ! Mais t'es obligé de te moquer de moi même maintenant ?
[-Excuse-moi, mais après je ne pourrais plus t'embêter...]
-Ca me fera des vacances tiens !
[-Ouh la menteuse ! Alors qu'hier tu disais que ton grand-frère allait te manquer… !]
Je me retournais vers Erza.
-C'est toi qui lui as dit ?!
-Excuse-moi, mais oui, répondit Erza en rigolant.
-C'est dingue ici, on peut plus rien dire sans que ce soit répété, boudais-je.
[-Allez, boude pas sister, moi aussi tu vas beaucoup me manquer ! Et le fait de ne pas t'avoir vue avant que tu ne partes, ben ça m'attriste beaucoup...]
-Owhh grand-frère ! Pleurnichais-je.
[-Pleure pas s'il te plait, allez on va se revoir vite d'accord ?! Je te laisse, je pense que tu ne vas pas tarder à décoller vu l'heure. Je te fais de gros bisous, on se skype quand tu seras arrivée si tu as les moyens d'avoir un ordinateur d'accord ?]
-O-o-ouii, d-d'ac-ccord...
[-Allez, kiss my princess, I love you sister. You gonna miss me !]
Il avait raccroché. L'hôtesse nous faisait signe de nous asseoir, nous n'allions pas tarder à décoller.
-Alors ?
-Ben il me fait des bisous, et attend avec impatience de pouvoir me parler sur skype quand on sera arrivée. Mais bon je le connais, il va être pris par son travail et on ne se parlera jamais. Mais bon, au moins je l'aurais eu avant de partir... Et c'est tout ce qui compte.
-Bon allez, faut se dire que dans moins d'une journée on sera en France, et qu'on va s'éclater d'accord ?
-Ouais allez, ça va être génial ! On va s'amuser comme des folles !
-Surtout travailler Lucy, surtout travailler !
-Oui Erza je le sais, pas besoin de me le rappeler c'est déprimant !
Elle rigolait, me voyant bouder comme un bébé. Oui je n'étais pas friande du travail, mais bon, tous les jeunes sont comme ça aussi.
Après les explications de l'hôtesse pour les règles de sécurité et tout le tralala, nous décollions pour la France. Enfin, notre rêve allait se réaliser...
J'en avais des frissons…
*FIN DU FLASHBACK*
A ce moment là, nous ne nous doutions pas absolument pas du drame qui allait s'abattre sur nous.
Tous ces souvenirs eurent pour effet d'un coup de massue sur les deux filles. Elles s'effondrèrent alors de chagrin... Comment tous ces moments de joie et de bonheur ont pu s'effacer aussi vite, ont pu disparaitre comme ça ?
La mort avait tout emporté, laissant Lucy et Erza seules, abandonnées, confrontées au monde dur et cruel qui est le nôtre...
« Le souvenir aussi sombre soit-il, n'est présent que pour nous rappeler, que nous humains, sommes aussi fragiles qu'un brin d'herbe, notre vie ne tient qu'à un fil, infime parmi le monde qui nous entoure »
