Voici le chapitre 2, j'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture.


« Que puis-je faire pour toi mon petit génie ? » demanda Pénélope Garcia, la grande prêtresse de l'informatique de leur petit groupe.

« J'ai perdu mon téléphone ce matin, tu penses que tu peux le localiser ? »

Pénélope Garcia remonta ses lunettes sur son nez, cette question était une sorte d'offense à ses capacités ; si elle savait comment pénétrer les ordinateurs du Pentagone ou de la CIA, retrouver un smartphone appartenant au FBI serait un jeu d'enfants.

« Tu insultes mes capacités. Évidemment que je peux le retrouver mais pourquoi ne pas essayer d'appeler ton téléphone, si il a été ramassé, quelqu'un décrochera. »

Reid fit comme si il n'avait pas entendu, l'idée de se retrouver en conversation téléphonique avec un inconnu en possession de son téléphone le mettait mal à l'aise, et il imaginait déjà les scénarios que cela pourrait provoquer.

Dans l'entrebâillement de la porte Morgan lui lança :

« Garcia a raison, peut-être que tu devrais l'appeler, au moins pour voir si quelqu'un répond, comme les gens normaux le feraient. Si il n'a pas été récupéré, nous le localiserons et nous irons le chercher, l'affaire sera close. »

Reid répondit :

« Et si il est tombé entre de mauvaises mains ? Peut-être vaudrait-il mieux le verrouiller à distance, toutes nos coordonnées sont dedans. Et certains dossiers sont dans les e-mails. »

« Raison de plus pour qu'on le retrouve rapidement Reid. » lança l'agent Aaron Hotchner.

Garcia tandis un casque à Reid et lui lança :

« Vas-y, je numérote et tu seras un numéro invisible sur ton propre téléphone, aucun danger. Si ça tourne mal j'effacerai tes données à distance. »

Reid se racla la gorge un instant et Garcia mis le téléphone en connexion. Il sonna une fois, puis deux.

« Vous voyez, il doit encore être sur le... »

« Allô ? » une voix se fit entendre.

L'équipe qui avait investit totalement les locaux de Garcia avait le regard braqué sur Reid qui se sentait étrangement mal à l'aise.

« Allô ? » répéta la voix que Reid identifia comme étant celle d'une jeune fille.

« Je suis le propriétaire du téléphone que vous venez de décrocher. » lança Reid, ayant repris ses esprits et retrouvé ses moyens.

« J'ai trouvé votre téléphone dans le métro. » répondit la voix très calmement.

« Il est tombé de ma poche. » se défendit Reid. « Est-il possible que je le récupère ? »

C'était étrange de demander la permission de reprendre un objet qui vous appartenait à la base.

« Bien sûr. Souhaitez-vous que je vous le dépose ? »

Reid regarda ses amis, il ne savait trop quoi répondre mais amener une inconnue près des locaux semblait relativement dangereux, si elle n'avait pas elle-même fouiné dans son téléphone pour le savoir, en venant ici elle découvrirait certainement ce qu'il faisait dans la vie ; alors il opta pour la solution de sécurité pour chacun, aussi appelée l'échange d'otages sur un tronc d'arbre au dessus d'une rivière, chacun viendrait à un lieu de rendez-vous donné, par excellence, un lieu neutre.

« Je vais passer le prendre. »

Ils convinrent d'un lieu de rendez-vous et ils raccrochèrent. L'équipe regarda Spencer qui finit par dire :

« Quoi ? » en les regardant les uns après les autres comme pour chercher à découvrir ce qu'ils pensaient tout au fond d'eux-mêmes.

« Reid a un rendez-vous. » plaisanta Morgan. « Si ça se trouve elle est mignonne. »

Reid se sentit encore plus mal à l'aise. Il n'avait jamais été très à l'aise avec l'autre sexe malgré le fait qu'il se considère comme étant attiré par les femmes. Il avait toujours eu beaucoup de mal à aborder une fille, même une amie, et devoir se rendre à un rendez-vous, même pour un téléphone, avec une jeune femme qui lui était étrangère ne le mettait pas à l'aise du tout.

« Morgan » Hotch le rappela à l'ordre. « Tu prendras sur la pause déjeuner pour accompagner Reid. Maintenant vous retournez tous à vos bureaux, il me semble que certains ont des dossiers à terminer. »

Reid le remercia d'un regard, Hotch savait que Morgan avait tendance à le titiller et que parfois cela pouvait ne pas être drôle pour lui. Si ça n'avait rien de méchant, à la longue cela devenait difficile à vivre pour le petit génie du groupe.

La matinée passa tout doucement pour Reid qui avait terminé relativement vite sa paperasse administrative à propos de la dernière affaire qu'ils venaient de boucler. Un enlèvement d'enfants résolu en quarante huit heures et sans « casse » pour les enfants. C'était le principal, ça ne finissait pas toujours aussi bien. Il regardait sa montre, puis l'horloge, puis sa montre. Ses doigts s'agitaient sur le bureau comme si il jouait du piano dessus, faisant un bruit régulier.

« Reid ! » Prentiss s'agaçait. « Prends dans mon sac de la monnaie et vas te payer un café. Ramènes en à l'équipe, mais par pitié, arrêtes. »

Il s'arrêta, s'assit dans le fond de sa chaise, une moue d'excuse sur le visage.

« Désolé Emily. »

Il se leva et prit la monnaie dans le sac de l'agent Prentiss avant d'aller à la machine à café. Il regrettait le temps où les coupes budgétaires ne les avaient pas encore privés des cafés gratuits, désormais ils devaient payer à chaque fois qu'ils voulaient boire ce « jus de chaussette » comme l'appelait l'agent David Rossi, italo-américain pur arabica... Reid se demanda à quoi pouvait bien ressembler le café en Italie et se promit de faire des recherches dessus.

« Ne stresses pas Reid. » lui dit Morgan. « Elle va te rendre ton téléphone, rien de plus. »

Spencer Reid avançait sur le parking de Quantico près de son ami, les mains dans les poches, la tête inclinée vers ses pieds, il réfléchissait. Comme la plupart des grands timides Reid ne savait jamais vraiment faire face à une situation que sa tête n'avait pas rejoué dans sa tête plusieurs fois. Il subissait les imprévus et, même si au travail il arrivait à cacher son anxiété derrière des litres de connaissances, dans la vie cela restait très problématique.

Morgan ouvrit la voiture et s'assit derrière le volant, Reid à la place du passager. Ils bouclèrent leurs ceintures et Morgan mit le contact, essayant de ne pas aborder le sujet de la conduite. Il savait que Hotch préférait l'envoyer avec Reid au cas où ça tournerai mal, après tout, une inconnue avait le portable d'un agent du FBI et ça pouvait aller très vite mais il voulait éviter de basculer dans la psychose et misait encore sur les bons côtés des êtres humains. Pour Morgan Hotch était autant un modèle qu'un mystère. Il ne savait pas comment il avait pu se reconstruire depuis la mort de sa femme, tuée par un psychopathe qui s'amusait à faire souffrir Hotch, laissant un petit garçon orphelin de mère. Mais, comme conditionné à attraper les méchants, Hotch était revenu et il croyait encore à ce que l'humanité pouvait avoir de bon. Morgan l'enviait.