I - Une dent péteé, un coffre pillé
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Il souleva une page de l'agenda, fixa intensément le chiffre inscrit au stylo rouge entouré de nombreuses fois, insistant sur l'importance du tas. Et deux jours plus tard, il espérait ramener une somme tout aussi colossale. Ils avaient jusqu'au six janvier pour ramener les trois cent milles dollars à leur quémandeur. Aujourd'hui nous étions le vingt-trois décembre. Il soupira de plus belle quand il sut que son réveillon de Noël allait tourner au vinaigre à cause de broutilles pareilles. Miguel le referma d'un coup sec puis se gratta la jambe avec son pied nu. Il ne souhaitait pas se faire plus de mal. Il rangea l'agenda – dans un tiroir de la cuisine, préalablement planqué derrière une plaque en bois faisant office de fond de meuble - qui remplissait confortablement sa tâche de livre de comptes. Soit : l'argent sale qui rentrait, l'argent blanchi, l'argent volé, et enfin l'argent à rendre. Évidemment ce fut la partie la plus délicate et la moins drôle du lot. Ne savait-on jamais si les flics prennent l'idée saugrenue de fouiller l'appartement. Miguel posa ses mains contre ses hanches, contempla l'appartement et se fit le topo de la journée :
« J'aime pas laisser Tulio se débrouiller seul, mais bon après tout il risque rien et si c'est pour que j'attende dans le froid c'pas la peine. »
« J'en ai marre de me shooter à l'ibuprofène, connerie de fièvre ! »
Le trois-pièces était parfaitement clean. Certes, quelques bricoles traînaient toujours par-ci par-là, néanmoins dans l'ensemble tout restait propre. Lors de l'achat, il n'était pas aussi rutilant. De la poussière en veux-tu en voilà, des trous de souris nichés dans la salle de bain – dont le bac à douche fuyait, les joints incrustés de moisissures. La laine de roche pendait lamentablement au plafond, les vitres branlaient à la moindre rafale de vent. Une véritable piaule de junkies. L'ancien propriétaire était parti en dépression. Lorsque Miguel et Tulio avaient fait l'état des lieux pour la première fois, le propriétaire était sorti en poussant un cri faiblard. La dame de l'agence immobilière aurait voulu faire de même, pensaient-ils, compte tenu de sa réaction quand elle respira l'air chaud, poussiéreux et abominable, comme si des vêtements imbibés de lessive avaient moisi dans une machine à laver.
Au départ ils s'étaient contentés de chercher un logement décent. Séville est une destination touristique et majoritairement étudiante. Rien d'étonnant à ce que le marché du logement flambe, les demandes grimpaient en flèche pour atteindre des pics monstrueux. Un appartement deux-pièces classique de cinquante-cinq mètres dans le vieux Séville coûtait autour de cent douze mille pesetas ( par mois en étant locataire ), maintenant il fallait s'imaginer ce même appartement quelques mois plus tard, lorsque les étudiants entraient en fac, universités et autres. C'était effarant de voir que certains augmentaient de quarante pour cent leurs prix en cette saison, et sans parler des cautions qui rimaient avec escroqueries immobilières.
L'appartement miteux qu'ils avaient acquis restait loin d'être onéreux. Question travaux, c'était tout autre chose. De même pour l'ameublement. Pourtant ils s'en étaient sorti avec brio. Retapé grâce à l'argent soutiré d'une famille de viticulteurs plus que fortunée, loué à un montant assez cher, magouillant de droite à gauche, et les voilà propriétaires d'un appartement flambant neuf. Quand ils se réveillaient tous les jours dans une demeure plus que convenable, ça valait la peine de prendre son mal en patience. Avec du zèle ils auraient pu rajouter une baignoire dans la salle de bain. Tulio y montra une certaine réticence que l'on nommait l'éternelle rengaine du budget. Miguel ne trouvant pas la décoration de la chambre à son goût parsema la tapisserie de posters en tout genre. Bien qu'il ait exactement le même âge que Tulio, ce dernier aurait pu croire que son colocataire n'ait pas quitté la phase de l'adolescence. La majorité du temps, il dormait sur le canapé.
Miguel avait un mal de tronche pas possible. Il s'emmerdait ferme. Il se traîna en direction du canapé et alla s'allonger, s'emmitoufler dans sa couette tellement la flemme le possédait. Sa guitare jonchait sur la table basse. Il avait un peu pété les plombs car trois de ses cordes avaient encore lâché aujourd'hui. Évidemment, il aurait été facile d'aller en acheter de meilleure qualité s'il n'avait pas cette foutue fièvre. C'était sans compter sur l'intransigeance de Tulio qui avait affirmé qu'il n'y aurait pas de dépenses excessives avant le remboursement intégral de la dette. Nom de dieu, il envisageait ce qu'il aurait pu cramer avec trois-cent milles dollars. Ah, un si beau paquet de blé...
Dans un élan de simplicité, il empoigna la télécommande et parallèlement le temps à l'extérieur se refléta sur l'écran de la télévision. Neige, neige, et neige !
— Oh nooonnn merde...
À tous les coups cette foutue prise péritel n'était pas branchée. Il se releva à contrecœur, alla chercher les fils derrière le poste tv, débrancha, rebrancha. Rien à faire. Le scotch au bout de la prise ne changea rien. Il fallait la remplacer.
Porte qui claque, clefs retombant sur le meuble, veste posée sur le dos d'une chaise. Le collègue était rentré de la chasse. Il se figea encore instant et s'exclama :
— Quoi, encore cette télé ?
— La péritelle est morte, annonça Miguel la voix pesante comme si cette vérité était intelligiblement évidente.
— C'est bon, on ira en acheter une autre ! déclara Tulio passablement irrité de l'accueil. Son ami devina sans peine, son rendez-vous s'était mal passé.
— Tu t'es fait démasquer ou quoi ?
Il dodelina la tête de gauche à droite, hésitant entre le oui et le non.
— Ils me tenaient vachement la grappe. On n'a même pas pu entamer la partie qu'ils m'ont mitraillés de questions. Ils étaient trop tendus, y avait rien à en tirer.
Il s'assit sur le canapé, les mains couvrant son menton orné d'un fin bouc noir. Il rumina son aigreur tout en réfléchissant à une possibilité de rattraper le coup si elle devait se présenter. À côté de lui Miguel s'en voulait de lui avoir répliqué sur ce ton désagréable, puis lui demanda si tout allait bien en lui tapotant l'épaule. Tulio se frotta les yeux d'une seule main et reprit du poil de la bête. Il se leva et entama une courte gestuelle.
— Bon. Ce n'est qu'un coup tombé à l'eau et alors ? J'ai cette liste de tous les sacs à blé traînant avec ce fichu type. À force, on va bientôt tomber sur le jackpot, non ?
— Ah oui, sûr. […] J'pensais à un truc par contre, c'est que tes jackpots, ils doivent être géographiquement parlant assez loin, non ?
Tulio ne put le contester, son ami lui fit parvenir la conclusion suivante. La distance allait les ralentir salement sur leur projet. Pour seul signe d'énervement, il fit mine de se cogner la tête contre le mur.
— J'en sais rien ! On fera une sorte de road-trip avec à chaque arrêt un pigeon à plumer, ou je ne sais quoi. De toute manière est-ce que l'on a le choix ?
— Non.
— Alors ?
— Okay, fit-il en haussant les épaules, passant du coq à l'âne. On va chercher la prise ?
— Maintenant ?! Il n' y a même pas de match !
— J'ai un stock de cassettes en réserve, et je n'utiliserais pas à l'hésiter !
Court silence.
— Toi, tu as encore de la fièvre.
— Roh, allez ! Ne te fous pas de moi parce que je n'arrive pas à aligner quelques mots dans une phrase, râla-t-il en faisant une moue digne de celle d'un gosse de cinq ans.
— File prendre ta veste avant que je ne change d'avis. Il pèle et mettre le nez dehors à nouveau ne m'enchante guère.
-2-
Parcourir les rues de Séville en des jours frais d'été ravira plus d'un touriste. L'hiver elles combleront les citadins d'un étrange sentiment de nostalgie. De plus la saison des fêtes se faisait clairement ressentir. Les trottoirs étaient bondés de monde, ensevelis d'une sorte de marée humaine toute fébrile diffusant un constant empressement. Le pont Cristo de la Expiracion semblait être tiré d'un décor de conte par la féerie qu'il dégageait, les eaux gelées du Guadalquivir endormi, la poudreuse indolente tombant du ciel et son odeur limoneuse que nous ne vous partagerons pas. Certains auront peut-être la chance même de redécouvrir la titanesque cathédrale de Séville ou encore les jardins de l'Alcazar recouvert d'une épaisse couche de neige. Comme tant d'autres monuments d'ailleurs.
Ce décor si joyeux le faisait soupirer devant tant de niaiserie. Ils risquaient leur peau pour Noël et pour le Nouvel An, pas la peine d'en rajouter. Déjà que les rues espagnoles étaient très étroites, alors accumuler un beau pâté de neige dans leur rue et le traverser, rien à voir ! Ah oui, ça les rues du Quartier de Santa Cruz, l'été, on y était peinard au frais !
— J'ai une question. Elle va paraître stupide mais tant qu'à faire.
Tulio, au volant de la voiture se contenta de hausser les épaules en le laissant dire.
— Il va nous arriver quoi si on rembourse pas cette dette ?
— Ah ! s'exclama Tulio entre le rire et l'exaspération. Et ce n'est que maintenant que tu t'en préoccupes ?
Miguel fit la moue. Il n'avait jamais songé à l'échec grâce à son optimisme récurrent. Il pensait juste que si la situation leur était défavorable autant savoir ce qui les attendait et envisager un plan de secours avant qu'il ne soit trop tard.
— Que veux-tu que je te dise ? Qu'ils vont nous mettre une bonne tape sur le dos et nous dire : « Oh, mais c'est pas grave les gars, de toute manière c'est pas si important que ça ! ». Ces types-là sont aussi amicaux qu'une porte de réfrigérateur blindé. Ne t'attends pas à un quelconque miracle.
— Donc ça urge.
— Oui Miguel, ça urge vraiment.
Le feu passa enfin au vert. Ils purent quitter le vieux quartier historique pour regagner le centre-ville.
-3-
— Mais qu'est-ce que c'est tout ce monde entassé sérieux ? On se croirait en Chine ! râla Tulio excédé de rencontrer au moins sept personnes par mètre carré dans les galeries du centre commercial.
— Je n'sais pas, répondit Miguel en levant les yeux au ciel. Peut-être parce que dans deux jours ça va être Noël.
Tulio se tourna vers son compère surpris : « Ah ben t'as le sarcasme facile toi en ce moment ! »
— Parle pour toi, ricana-t-il.
Les réprimandes de son homologue, il les supportait environ trois cent soixante-quatre jours dans l'année sans retirer le temps où ils dorment, où ils ne sont pas ensemble et encore le résultat reste tout à fait conséquent. Miguel restait ici très fébricitant, alors il pouvait se montrer tout aussi désagréable.
— Bon, cherchons ta foutue prise et partons.
Pas de réponse.
— Miguel ?
Il se retourna, son collègue avait disparu, volatilisé, évaporé. Déjà que Miguel n'était pas grand, il ne se visualisait même pas la galère de le chercher avec cette foule. Malade ou non, il demeurait pire qu'un gosse celui-là. Il se garda de pestiférer sur son compte et le retrouva un peu plus loin devant la vitrine d'un magasin. Presque le nez collé contre la vitre, semblable à un enfant fantasmant s'empiffrer dans un magasin de bonbons. La bave en moins.
Tulio se racla la gorge obtenant ainsi l'attention du blond. Celui-ci détacha son regard des magnifiques guitares sèches et acoustiques présentées dans leur étui. Il dégagea rapidement les mains de la devanture, sourit timidement.
— Il me semble que tu en as déjà une...
— Oui mais les cordes ont pété ! sortit-il rapidement comme si une menace planait au-dessus de lui.
Tulio commença alors à froncer les sourcils, le ton de la voix devenant plus grave. Ce prologue aux reproches poussa Miguel à agir, se décidant à sortir son arme favorite. Il abaissa légèrement la tête et ses épaules, la bouche dessinant un maigre arc, ses grands yeux verts s'humidifiant devenant de plus en plus brillants. L'air totalement abattu lui donnait l'apparence d'un orphelin arpentant les rues. Quoique Tulio s'était habitué à ses caprices, n'importe qui se serait ému de voir Miguel faire ses yeux de chien battu avec sa bonne bouille. De plus sa fièvre lui donnait une physionomie peu assurée, fragile. Le plus grand commença à lever son doigt pour donner signe d'un sermon cependant il hésita à ouvrir la bouche.
Et ils restèrent dans cette même position pendant plus d'une dizaine de secondes. Sans se rendre compte qu'ils étaient réellement ridicules.
Au final, Tulio avait cédé, comme il le faisait toujours du reste. Et encore, Miguel n'avait pas été à fond, il aurait bien pu pourtant. Tulio avait échappé au discours du pauvre gamin qui faisait impasse sur ses présents pour Nöel, il avait laissé Miguel devant le magasin en passant sa main par-dessus sa tête pour montrer qu'il en avait ras la casquette. Une fois qu'il fut parti, Miguel arbora un sourire digne d'un fou joué par Nicolas Cage.
-4-
Quelques mètres plus loin, Tulio passa devant un magasin d'électroménager qui dévoilait une télévision moderne dernier cri, avec toutes les chaînes du câble. Un cercle de personnes s'était agglutiné devant, les yeux rivés sur l'écran. Une femme mit sa main devant sa bouche, visiblement choquée, une mère cachait les yeux de sa fille, un vieux gueulait : « Faudrait tous les descendre ces malades ! » puis vanta les mérites de la peine de mort. Nul doute que cela devait être un fait-divers assez poignant avec à la clef des images plus que gores, ignominieuses. Montrer des corps au public était une chose assez obscène néanmoins il fallait bien faire bouger l'opinion, question que les gens consomment plus de médias. Tulio ne s'en occupait pas davantage. Il estimait qu'il avait assez de problèmes à gérer dans sa vie pour ne pas s'apitoyer sur le sort des autres. Pourtant un détail le fit changer rapidement d'avis. Lui et Miguel avaient acquis une solide expérience de l'instinct et rarement leurs flairs les bernaient quand ils restaient certains d'être sur un bon coup ou ne pas l'être. Tout en feignant de chercher son article dans le rayon, il prêta une oreille attentive à la une des éditions spéciales.
Apparemment ils avaient pêché un très gros sac dans le canal Alfonso. Peu importe, il voulait un nom. Son doute fut bien vite effacé, sa vigilance mise au qui-vive lorsque l'identité de la victime fut diffusée. Dans la vie, il y avait des choses qui ne sentaient pas bon. Et là, il pouvait même dire qu'il humait l'odeur du macchabée découpé en rondelles comme s'il eut été sur place. Son cœur fit un bond, il n'arrivait pas à se sentir en sécurité. Tulio compris désormais que s'il ne récupérait pas l'argent un peu plus tôt que prévu, la sentence deviendrait beaucoup trop lourde à supporter.
Il ne lui avait pas fallu deux minutes pour prendre cette prise, passer à la caisse et partir retrouver Miguel fissa. La foule ne lui facilita guère le travail. Il marchait d'un pas rapide et soutenu. Ce préambule ne lui annonçait rien de bon, et pour cause.
Oh nom de Dieu... !
Ce fut à ce moment précis qu'il le vit. Il espérait d'abord à une hallucination spontanée de sa part, une simple défaillance de ses globes oculaires, la fatigue. Non, c'était bien lui en chair et en os. Tulio s'empressa de se retourner, faire comme s'il n'avait rien vu et se mêla à la foule telle une aiguille dans une botte de foin. Son stratagème, bien qu'efficace au premier abord, ne trompa pas l'œil avisé du gros baraqué dont il cherchait à se dépêtrer. Il se précipita vers un ascenseur et appuya aussi bien qu'un cinglé l'aurait fait à sa place. Bon sang, descends, descends, descends... !
Ses prières ne furent pas exaucées. Une large main carrée recouverte de cicatrices empoigna subitement son épaule, le faisant frémir. Il n'osait même pas le regarder de face.
— Tiens, tu m'évites maintenant ? C'est nouveau. Aurais-tu quelque chose à te faire pardonner ?
— Non, non, dénia-t-il alarmé. Pas du tout, hé, je ne vous avais pas vu dis donc !
Il cessa tout de suite son rire de faux-cul quand l'autre arrêta de sourire.
— Tu nous manques tu sais, on parle souvent de toi.
— Ah mais je n'en doute pas, je n'en doute pas.
L'homme devait avoir la quarantaine, la mâchoire carrée, crâne rasé et brillant, très musculeux, le mètre quatre-vingt aisé, la silhouette rectangulaire épaisse, le costume impeccablement entretenu. Il resserra son étreinte, Tulio prit peur d'entendre son épaule craquer.
— Mais de toute manière tu vas bientôt revenir pour nous donner un beau cadeau. Question de fêter le pot de ton '' départ '' anticipé, n'est-ce-pas ?
— Je n'ai pas oublié.
— On s'impatiente, tu sais. Il faut dire qu'il n'a pas du tout apprécié qu'un petit rigolo s'amuse à vider les comptes de ses associés asiatiques...
Là, Tulio savait où il voulait en venir.
— Et vous pensez sincèrement qu'il s'agit de moi, monsieur Velázquez ?
— Qui y a-t-il à penser d'un magouilleur de la pire espèce ? Je suis certain, oui, que c'est bien toi. Notre liste de compte a disparu depuis que tu t'en es allé, confirma-t-il d'un ton menaçant. Il suffit que tu sortes ton paquet de cartes pour qu'ils te mangent dans la main.
— Est-ce seulement de ma faute s'ils veulent jouer avec moi ? Je n'ai rien à voir là-dedans, se défendit Tulio.
— Ne fais pas le malin.
— Il y a des témoins, n'espérez pas me faire quoi que ce soit.
Le colosse se tut, stupéfait du toupet de Tulio qui tremblait plus qu'il ne mâchait ses mots. Il en profita pour se dégager puis se positionner volte-face en prenant un ton très résolu et hardi.
— Je vous dois de l'argent il me semble et vous ne pouvez pas vous débarrasser de moi tant que je n'ai pas essuyé ma dette de l'ardoise.
Velázquez le fixa droit dans les yeux. Il n'avait pas à s'inquiéter, il gardait un net avantage sur ce point. Tulio était rusé, calculateur et il restait l'un des meilleurs dans son domaine. Pourtant il n'était pas un grand bagarreur. Il préférait fuir avec son butin et se terrer dans son trou pendant une bonne décennie plutôt que de foncer dans le tas. Atteignant le mètre quatre-vingt-sept, il restait assez haut pour jouer dans la cour des grands ; néanmoins il demeurait plutôt fuselé, ce qui lui causait pas mal de désavantages. Et devant le terrible et fidèle allié Velázquez, il ne faisait vraiment pas le poids physiquement. D'ailleurs celui-ci se mit à s'avancer dangereusement. La porte de l'ascenseur s'ouvrit enfin, personne à bord. Il en profita pour pousser Tulio malgré lui, l'isolant de tous avant de grimper lui aussi à son tour.
Démarra alors le terrible moment où il fit craquer ses doigts, celui où Tulio allait amèrement serrer les dents.
— Justement. Je suis venu exprès pour te le rappeler.
