Chapitre 2 :
La secrète vie passée d'Ulquiorra
Au bout de quelques jours seulement, Orihime parvint à anticiper la venue de la seule et unique personne qui s'occupait d'elle, avec la lune comme moyen de repère, s'il vous plaît. Il faut dire qu'Ulquiorra était aussi régulier qu'une horloge ! Les repas étaient servis à huit heures, midi et demi et sept heures. À la minute près.
Lorsque pour la énième fois elle s'apprêta à manger sous le regard scrutateur de son geôlier, elle n'y tint plus et demanda :
« S'il vous plaît, Ulquiorra-san, pourriez-vous arrêter de me dévisager comme vous le faites ?
– Pourquoi ? Cela te dérange, femme ? »
Elle hocha la tête.
« Et j'aimerais bien que vous mangiez avec moi, aussi. Ça me gêne vraiment que vous restiez là, sans rien avaler alors que je prends mon déjeuner.
– Nous autres Hollows ne mangeons pas de nourriture.
– Ah bon ? Mais vous mangez quoi alors ?
– D'autres Hollows ou des âmes humaines. »
Il la vit frémir et s'en amusa sans pour autant rien en montrer. Elle était aussi facilement impressionnable qu'un chaton. Comment une fille comme ça pouvait être dotée d'un pouvoir aussi puissant ? Voilà qui le dépassait ! Il poursuivit :
« Je trouve étrange de te voir avaler des légumes et de la viande. C'est quelque chose que j'ai perdu l'habitude de voir puisque toutes les créatures qui vivent au Hueco Mundo sont des Hollows. C'est un spectacle que je n'ai pas souvent l'occasion de voir et cela m'évoque quelques souvenirs. »
Elle était surprise qu'il lui fasse autant de confidences. Était-il d'humeur bavarde, aujourd'hui ? Une chance pour elle…
« Quelques… souvenirs ? Mais… vous voulez dire que vous avez été humain ?
– Comme tous les Hollows. »
Orihime prit soudain conscience de la stupidité de sa question. Évidemment que les Hollows avaient été humains ! Comment avait-elle pu l'oublier ? Elle avait vu son propre frère en devenir un.
La curiosité la piqua. Quel genre d'homme avait bien pu être Ulquiorra ? Où avait-il bien pu vivre et à quelle époque ? Avait-il eu de la famille ? Des frères, des sœurs ? Une autre question, choquante, se profila…
Avait-il eu une femme ? Des enfants ? Elle l'imaginait très mal marié, et encore moins père de famille ! À vue d'œil il devait avoir une vingtaine d'années, peut-être vingt-cinq, il était sans doute mort trop tôt pour en avoir. Quoique… Elle se le représenta en kimono, dans une époque lointaine, tenant la femme qu'il aimait à son bras, et un enfant courant derrière eux. Cette image lui parut tellement saugrenue qu'elle rit malgré elle.
« Qu'est-ce qui te fait rire ?
– Rien, rien… C'est juste que… je me suis demandé quel genre de vie vous meniez et je vous ai imaginé en père de famille ! »
Et là, comble du miracle !, elle vit une petite lueur de surprise s'allumer dans ses yeux l'espace d'une seconde. Alors qu'elle désespérait un jour de voir son visage exprimer une émotion, elle avait réussi pendant un instant à percer sa carapace ! Elle ne voulut pas vraiment se l'avouer, mais elle le trouvait mignon avec cette expression sur le visage. Il lui parut déjà un peu moins antipathique et elle entraperçut même la possibilité qu'ils finissent par devenir amis. Bah oui, qui sait ? Et peut-être, oui, peut-être même qu'il l'aiderait à sortir de Las Noches et basculerait dans le camp des Shinigamis (ah, l'imagination tordue d'Orihime…) !
« Alors ? Vous avez vraiment été père de famille ? demanda-t-elle, amusée.
– Cela ne te regarde pas, femme. Finis ton assiette. »
La réponse, sèche et brève, fit retomber son enthousiasme. Tout compte fait, il y avait peu de chance qu'ils finissent par s'entendre. Et c'est impossible qu'il ait un jour été marié. Non mais, quelle femme pourrait supporter un caractère aussi froid et distant ? Pour couronner le tout, elle avait négligé le fait qu'il était un des Arrancars les plus fidèles à Aizen. Il ne trahirait jamais son maître, et certainement pas pour elle, une simple humaine.
En silence, elle mangea sa nourriture, et quand elle eut terminé, Ulquiorra partit sans un mot, avec le plateau (1). Comme d'habitude.
Sauf que cette fois, pendant tout le repas, adossé au mur, il avait regardé par la fenêtre.
À suivre….
(1) Mélusine-chan *en plein délire* : Tadadaaam…. Admirez ce suspens : il partit sans un mot…..avec le plateau ! XD ça ne vous dirait pas d'avoir un serveur aussi mignon juste pour vous ?
Soleney : -_-'
