Mon père alarmé accourut. Il me prit dans ses bras et me posa sur le lit alors que je pleurais, j'avais besoin d'évacuer tout cela pour réellement être capable de prendre une décision. Ils étaient tous en danger à cause de moi. Il m'avait soigné avant de me prendre contre lui. Je le repoussais, je refusais son aide, sa compassion et même son indulgence. Mais lui n'abandonnait pas, il me serra plus fort contre lui jusqu'à ce que j'abandonne.
Je m'étais endormie dans ses bras. Je fus soudainement projeter dans un vide, un vide profond et étouffant dont je n'arrivais pas à me réveiller. Je voyais une main qui chercher à m'attraper, était-ce la lueur de vie qui me ferait avancer ?
Bien sûre que non. Lorsque j'étais sur le point de l'atteindre, celle-ci s'évanouit à mon contact. Je restais seule dans le cimetière, entouré de vide avec pour seule compagnie les morts. Un vent glacial c'était levée, m'affaiblissant encore un peu plus. Une petite lumière était émise, faible mais pas totalement disparu mais elle était en train de disparaitre.
Je restais sur place, je ne bougeais pas. Alors que je pleurais au milieu de ce cimetière une silhouette m'apparut … Cédric ? Dis-je en levant les yeux
Il était là, avec une épée dans son cœur et du sang qui dégoulinait. Je baissais les yeux, je n'avais pas le courage de le regarder. Je ne pouvais pas le regarder après ce que je lui avais fait. Je ne disposais pas de ce droit.
Pourquoi tu ne me regardes pas ? Demanda-t-il avec une voix assez rempli d'amertume
…, je restais silencieuse, que voulait-il que je lui dise ?
Regarde-moi ! Demanda-t-il
…, je fermais les yeux. Pourquoi me faisait-il
Il me saisit par le col de mon pyjama avant de me hisser à sa hauteur. Il commença à me secouer dans tous les sens
Regarde-moi ! Ordonna-t-il lus sévèrement
Je levais les yeux vers lui tellement désolée, que devais-je lui dire ? Cédric était mon ami mais je l'avais quand même abandonné et se reflétait dans son regard de la rancœur, une rancœur qui me transperçait mais qui pourrait l'en vouloir.
Je suis si désolée Cédric, dis-je avec une voix tremblante
Je t'interdis de pleurer pour moi, c'est à cause de toi que je suis mort, c'est à cause de toi que j'ai servi de sacrifice au réveil de Voldemort, dit-il en resserrant son étreinte autour de mon cou
…, je ravalais mes sanglots comme il me demanda, il avait raison, je n'avais pas ce droit, pour qui me prenais-je
J'avais une vie, une famille, dit-il avec des yeux remplies de larmes, pourquoi Lily ? Pourquoi ? Que t-ai-je fais
Je suis si désolée Cédric, je ne voulais pas te faire ça, si je pouvais je prendrais ta place, dis-je sincèrement avec une voix toujours enrouée
Il est trop tard pour pleurer, dit-il en faisant durcir sa voix alors qu'il serrait de plus en plus fort. Tu vas les tuer, tu vas tous les tuer ! Dit-il en me lâchant précipitamment et de lancer sa main derrière lui
Des images, des sortes de visions apparurent. Il y avait Harry, Ron, Hermione, mon père, les parents de Ron et bien d'autres encore. Je voyais tous un à un se faire tuer et à l'autre de bout de la baguette moi qui lançait un sort … j'étais leurs meurtrières ?
Cela ne me surprenait pas, j'avais osé lever ma baguette contre eux, mais cela n'avait plus d'importance, j'avais perdu mes pouvoirs. Pourquoi est-ce sous le choc ? C'était une vérité que je savais déjà
Même sans magie tu les tueras, tu les conduiras à leurs pertes tu es une menace pour les gens qui t'entourent. Dit-il en faisant apparaitre une épée dans sa main
Je suis tellement désolée, dis-je troublée
Pour leurs biens à tous, dit-il en me brandissant l'épée, disparait ! Ordonna-t-il
Je ne voulais pas … dis-je en sanglotant
Je t'ai dit de disparaitre. Ordonna-t-il à nouveau alors qu'il me transperça l'estomac avec son épée
Une forte douleur me transperça, une douleur jamais ressentit auparavant. Je m'écroulais par terre sentant mon sang. J'avais très mal mais revoir Voldemort transpercer à nouveau alors qu'il me tendait la main, crachant mon nom avec sa bouche qui rejetait du sang. J'essayais de l'attraper, je voulais l'aider mais une nouvelle fois en atteignant sa main il disparut.
Alors l'épée plantée dans mon ventre restait encore en surface, Voldemort apparut avant de la saisir et de sourire
Tout ce que tu mérites c'est de mourir, dit-il en l'enfonçant un peu plus alors que je hurlais de douleur, ce n'est pas ce sang-de-bourbe qui aurait dû mourir mais toi ! Dit-il en terminant de l'enfoncer alors que je sentais la vie me quitter.
Je me réveillais en sursaut, seule comme à mon habitude. J'étais en sueur, je n'en pouvais plus, j'en avais marre. Mon cœur était sur le point de se rompre lorsque Voldemort enfonça sa lame, une vive douleur s'était emparée de moi comme jamais je n'avais ressenti .J'avais beau être dans un rêve, mais la douleur était bien réelle. Je me tenais mon estomac, attendant que la douleur se calme.
Le jour commençait à s'installer. Cette situation ne pouvait plus durer, j'allais devoir moi-même agir puisque personne n'était prêt à accepter la vérité. Aussi dur que cela soit, j'allais devoir me séparer d'eux, et eux allaient devoir apprendre à m'oublier, effacer mon existence maudite de leurs vies.
Je me levais difficilement avant de me poster devant mon miroir tenant mon ventre encore et toujours douloureux. Alors que je m'agenouillais devant lui souffrante, je constatais que mes cheveux et mes yeux c'était assombrit. Cela faisait aussi plusieurs jours que j'étais la seule à voir mon reflet, avec d'un côté des ailes noirs et de l'autre des ailes grises, terni par le temps et sûrement mon incompétence. Si d'un côté les larmes coulaient et que l'on pouvait voir se refléter une profonde tristesse et un désespoir, l'autre on voyait clairement la colère se refléter dans ses yeux ainsi qu'une grande envie destructrice.
Je ne laisserai plus personne pleurer à cause de moi, je ne pouvais plus me permettre de verser du sang. Le prochain à verser sera le mien.
J'étais restée devant ce fameux reflet des heures durant, si j'avais eu le pouvoir de ramener les morts à la vie je l'aurais fait, j'aurais échangé ma vie contre la sienne sans hésitation.
Alors que je descendais dans la cuisine, je vis mon père me dévisager tristement. Il n'avait pas osé me parler ou s'il le faisait, je le rembarrais. Son attitude avait relativement changé depuis le jour où il apprit que je n'étais plus sorcière. Au final c'était mon titre de sorcière qui importait réellement et non pas de savoir à quel point cela me touchait.
Je lui avais demandé des comptes sur son comportement, sa réponse fut assez déroutante. Je ne l'avais pas comprise. J'avais certes un comportement assez solitaire mais au point de changer radicalement … j'avais été déçu.
Flashback
J'étais dans le jardin assis tranquillement sous mon arbre. Je fixais mes mains ne pouvant arrêter de m'imaginer le sang qui les imprégnait. Même si j'étais distante, j'avais mes raisons. Ce qui c'était passé à Poudlard m'avait détruit, je savais que je ne pourrais jamais me relever. Alors qu'il me demandait de venir manger, je n'avais pas bougé, je l'ignorais, je voulais seulement croire que toute ceci était un rêve. Ce jour-là il en avait marre, il pleuvait et il m'avait laissé seul pour la énième fois. Je s'étais assis dans le salon alors que je rentrais tremper du jardin. Je m'étais installée devant la cheminée, appuyant ma tête contre mon genou dégoulinant d'eau.
Vous comptez rester ainsi Evans ? Demanda-t-il
…, je fixai toujours le feu haussant les épaules
Très bien, dit-il en se levant, faites ce que bon vous semble !
Il partit me laissant seule, au moment où j'en avais le plus besoin, il me laissait seul. J'avais laissé passer quelques jours mais j'avais l'impression qu'il n'en avait plus vraiment à faire de moi. Que je n'étais pas vraiment celle qu'il attendait. Peut-être étais-je une meurtrière pour lui, un monstre, une moldue … voilà une vulgaire moldue. J'avais perdu ce pourquoi il m'avait adopté.
L'adversité révélait réellement le vrai visage des gens … je voulais m'expliquer mais j'avais tellement peur de sa réaction. A chaque fois que je le regardais je pouvais entendre Cédric me dire qu'il me détestait, je pouvais l'entendre me rappeler à quel point j'étais une malédiction, que je l'avais tué … qu'il serait toujours en vie sans moi.
Il n'avait pas tort j'avais tout gâché et je n'y pouvais rien … j'avais tout donné pour être normal mais même en tant que sorcière je faisais peine à voir.
Il venait de rentrer assez tard pour la énième fois, il voulait me fuir. Je ne dormais pas, j'avais ouvert la porte de la chambre pour le voir divaguer jusqu'à la sienne. Nos regards c'étaient croisé, il me fixa un moment mais ne dit rien comme d'habitude.
Je l'avais refermé comme si de rien n'était, pour ne pas voir ce regard … ce sentiment qui l'habitait de la haine ou du dégoût peut-être.
Le lendemain, je ne pouvais plus supporter cette indifférence. Il était toujours aussi épuisé mais cette fois déversait ses nerfs sur moi. Il me demandait d'aller jouer ailleurs, de ne pas être dans ses pattes, que j'étais une vraie calamité qui ne faisait rien de ses journées que le fait d'avoir perdu mes pouvoirs ne m'empêchait de faire quelques choses de mes journées …
Je m'étais dressé devant lui pour comprendre
Si je vous gêne autant pourquoi me garder ? Demandai-je énervée
C'est aussi la question que je me pose, répondit-il sur le même ton
Parce que aujourd'hui je suis la cause de tous vos soucis ? Demandai-je en croisant les bras. Dites le si je vous gêne !
Tu me gênes, dit-il en reprenant mes propos
Alors qu'est-ce que je fous encore ici ? Demandai-je insulté
Je n'ai pas le choix, répondit-il énervé, vous m'énervez réellement
Je vois, je vois, dis-je en me levant. Je suis une gêne très bien, récapitulai-je, je ne le serai plus pour très longtemps !
Je me retirais dans ma chambre claquant la porte. J'avais tous fracassé, j'avais démoli ma chambre toute entière. Que faisais-je ici ? Que faisais-je ici ?
Voilà la question que je me posais. Je pense qu'il était grand temps pour moi de partir et de réellement ne plus gêner personne.
A bientôt pour une nouveau chapitre, laissez vos impressions,
Ciao les petits sorciers :)
