Chapitre 2 – Le Terrier

Un timide rayon de soleil perçait derrière les nuages le samedi matin.

Mon sac à dos à mes pieds, je triturai nerveusement mon écharpe, tout en regardant d'un œil distrait les dessins animés.

Mr Weasley était censé venir me récupérer à onze heures à la maison, mais j'ignorais comment : par poudre de cheminette ? Transplanage ? Portoloin ? Bizarrement, Charlie s'était montré silencieux sur le sujet.

Soudain, la sonnerie de l'entrée retentit longuement : ma mère, sur le qui-vive toute la matinée, fut prompte à réagir et alla ouvrir. Derrière se tenait Mr et Mrs Weasley, ainsi que Charlie, légèrement en retrait, avec un ébauche de sourire sur les lèvres quand il me vit.

Papa s'avança vers son collègue de travail, et lui serra affectueusement la main. Je pris grand soin de ne pas regarder Charlie dans les yeux, au risque de flancher. Déjà que mes jambes me soutenaient à peine…

- Mon très cher Callum, permets de te présenter ma femme, Molly, et notre grand garçon, Charlie.

Papa les salua, complimenta Mrs Wesley, et ajouta qu'il se souvenait d'avoir vu Charlie lors du match de Quidditch opposant l'Ecosse à l'Angleterre. Maman observait ce dernier, les lèvres pincées, et, si je fus surprise de son comportement, ce n'était rien comparé au regard flamboyant que me réservait Mrs Weasley.

A cet instant précis, je compris que nos mères respectives n'étaient pas dupes de notre petit manège, et qu'elles savaient pertinemment que Charlie et moi étions plus que des « amis ».

- Charlie nous a beaucoup parlé de votre fille, dit Mrs Weasley, et nous sommes très heureux de faire enfin sa connaissance.

Elle décrocha enfin son regard perçant de moi, et sourit à ma mère :

- Elle sera entre de bonnes mains, vous n'avez aucune inquiétude à avoir.

Traduction : votre fille respectera une distance de sécurité de cinq mètres autour de mon fils, j'y veillerais personnellement.

- Je n'ai aucune crainte à avoir, répondit maman, tout sourire. Je fais entièrement confiance à votre jugement – ainsi qu'à votre fils, naturellement.

Comprendre : si votre fils touche à un cheveu de ma fille, j'en fais du saucisson de dragon.

Seuls nos pères ne firent pas attention à l'échange houleux et plein de menace. Quant à Charlie, il trouva nettement plus intéressant d'étudier le papier peint de l'entrée.

- Je ramènerai votre petite dimanche en un seul morceau ! s'engagea Mr Weasley, qui ne cessait de loucher vers le téléviseur que j'avais oublié d'éteindre. Parce qu'avec les jumeaux, on ne sait jamais… Je plaisante, évidemment !

J'allai chercher mon sac à dos, avec l'impression qu'il s'agissait là d'une très mauvaise idée : jamais je n'aurais dû accepter d'aller en week-end là bas !

Je serrai un peu plus mon écharpe pour me donner du courage.

- Je suis prête, murmurai-je.

Papa me tira le lobe de mon oreille, et me souhaita un bon week-end. Maman, elle, me recommanda d'être sage.

Que pouvait-il bien se passer ? On m'avait commis d'office un gardien des bonnes mœurs en la personne de Mrs Weasley ! Car il était clair que ni moi, ni Charlie ne pourrions nous frôler la main sans qu'elle ne soit dans les parages…

oOo oOo oOo

A ma grande surprise, les Weasley étaient venus en voiture, dans un Ford Anglia bleue.

- Elle te plaît ? demanda fièrement Mr Weasley en voyant mes yeux écarquillés. Je viens tout juste de l'acquérir ! Bon, il faut que j'y apporte encore quelques modifications, mais sinon, elle roule du tonnerre !

Je remarquai le regard furibond de Mrs Weasley, et jugeai plus sage de ne faire aucun commentaire. Charlie m'ouvrit galamment la portière et je m'y engouffrai. Mais, quand il voulut me suivre, sa mère le stoppa net.

- Monte devant, mon chéri, que je puisse faire plus amples connaissance avec Polly, dit-elle.

Charlie fit une espèce de grimace, mais obtempéra. Les portières claquèrent, Mr Weasley fit tourner le moteur, et nous partîmes.

J'ignorai où se situait le Terrier, mais je devinai que ce n'était pas la porte à côté. Et je savais aussi par expérience que le samedi matin était généralement réservé aux embouteillages, aux concerts de klaxons, et aux rues barrées pour le marché.

Alors, comment expliquer que vingt minutes après notre départ, nous roulions déjà sur l'autoroute ?

- Alors, Polly, s'exclama Mrs Weasley, apparemment désireuse de faire la conversation, Charlie m'a dit que tu étais Capitaine de l'Equipe de Quidditch des Poufsouffles ?

- Oui, madame, répondis-je poliment, tout en caressant doucement mon écharpe qui regardait par la fenêtre le paysage défiler.

- Et que penses-tu faire comme travail après Poudlard ?

- Je vais m'inscrire à l'Université de Bretagne pour passer mes DRAGON (Diplôme Relativement Agaçant, mais Généralement Obligatoire et Nécessaire) d'Archéomagie.

- Ah ! C'est très bien tout ça…

Mais je savais pertinemment que je ne trouvais pas grâce à ses yeux, quoi que je dise. Aux regards qu'elle me lançait, je savais qu'elle désapprouvait ma tenue, mes cheveux et mon écharpe. J'eus la furieuse envie de demander à Mr Weasley de faire demi-tour.

Au bout d'une heure de trajet, la Ford Anglia s'arrêta enfin devant une maison biscornue. A peine posai-je un pied dans la cour qu'un grand cri résonna dans toute la maison :

- ILS SONT LA !

La fratrie Weasley se posta alors sur le perron, et me dévisagea longuement, me faisant rougir.

- C'est rare de vous voir tous debout à cette heure-ci ! plaisanta Mr Weasley. Polly, tu connais sans doute Percy, Fred et Georges…Et voici Bill, notre aîné, Ron, et la petite dernière, Ginny.

- Salut, dis-je d'une minuscule voix, terriblement gênée.

Fred donna un coup de coude à son jumeau, et ils pouffèrent de rire. Non loin de moi, Charlie rougit, et je le devinai aussi mal à l'aise que moi.

Ce n'était sans doute pas ainsi qu'il avait imaginé les présentations !

Mrs Weasley demanda à Ginny de me montrer sa chambre, là où je dormirais cette nuit. La petite, intriguée par mon écharpe qui ne cessait de bouger en proie à une grande agitation, me fit signe, et je la suivis à l'intérieur de la maison, jusqu'à un étroit escalier.

La chambre de Ginny était vraiment celle d'une petite fille de huit ans, avec ses poupées et ses nounours rangées un peu partout. Dans un coin, j'aperçus néanmoins un balai miniature, et ne pus m'empêcher de sourire. Un lit de camp avait été dressé sous la fenêtre qui donnait vue sur le jardin. Je posai mon sac à dos au sol, toujours sous le regard attentif de Ginny.

- C'est une vraie écharpe ? finit-elle par demander, curieuse.

- Oui. Tu veux la caresser ? Elle ne mord pas.

Elle avança sans crainte sa main, et mon écharpe ronronna de plaisir. Ginny éclata de rire.

- Tu veux la porter ? proposai-je.

Elle hocha la tête, ravie. Je débobinai la laine turquoise de mon cou, et la plaçai sur celle de la petite.

- Elle me chatouille ! gloussa Ginny. Tu l'as eu où ?

- C'est un cadeau de mes grands-parents avant que je n'entre à Poudlard. Je ne voulais pas d'un hibou, et je suis allergique aux poils de chat, alors, ils m'ont ensorcelés cette écharpe.

Quelqu'un toqua à la porte, et Bill passa sa tête dans l'entrebâillement.

- Ginny, on va passer à table. Dis à maman que Polly arrive dans deux minutes, le temps qu'elle se lave les mains.

Ginny me demanda si elle pouvait garder mon écharpe pendant le déjeuner, et j'acquiesçai. Puis, elle disparut, filant entre les jambes de son grand frère. Je restai seul avec Bill, ce qui ne me rassura pas.

- Polly McBee… Sais-tu que l'annonce de ton arrivée à bouleverser notre mère ?

- C'est ce que j'avais cru comprendre, en effet, maugréai-je.

- Ce n'est pas contre toi, personnellement. C'est juste qu'il s'agit d'une première pour notre Charlie : il a invité une fille ! En revanche, je préfères te prévenir tout de suite : notre mère va t'avoir sous sa vigilance constante durant tout ton séjour ici ! Donc, si tu comptais passer un petit moment en euh… comment l'as dit Charlie ? Ah oui, en « parfaite amitié », tu peux faire une croix dessus !

- Ca s'annonce bien tout ça, soupirai-je. Mais pourquoi me dire ça ?

- Parce que je ne suis pas dupe, et j'ai vu la façon dont il te dévorait du regard.

- Oh ! m'exclamai-je en rougissant. Et tu vas m'annoncer maintenait que la situation de ton frère te désespère, et que tu feras tout pour qu'on ait un moment en « parfaite amitié » ?

- Qui moi ? tu parles ! Je vais bien me marrer ce week-end à suivre vos tentatives désespérées à essayer de vous toucher ne serait-ce que le petit doigt ! ricana-t-il. Allez viens, on va passer à table.

Les épaules basses, je le suivis dans l'escalier, puis dans la cuisine.

La table avait été dressée et une bonne odeur se dégageait des fourneaux. Comme je m'y attendais, Mrs Weasley me plaça de force entre son mari et Percy, et garnit aussitôt mon assiette de carottes râpées. Mr Weasley fut évidemment ravi de m'avoir ses côtés, et me bombarda de questions ayant attrait à la vie moldue (me demandant ainsi à quoi servait exactement une boîte à meuh).

L'ensemble du repas se passa relativement bien, si on mettait de côté le fait que Ginny renversa de la sauce sur mon écharpe qui s'affola, que les jumeaux improvisèrent un sketch avec des quignons de pain, que Percy pérorait sur un sujet dont je ne compris pas exactement le sens, et que Mrs Weasley insista lourdement pour que je prennes deux fois du ragout de lapin, menaçant de faire craquer les coutures de mon jean.

Finalement, seul le petit Ron se tint assez tranquille, fixant d'un air maussade son assiette, tandis que Charlie boudait au bout de la table.

Lorsque la dernière part de tarte eut disparut, chacun débarrassa la table, et Charlie fut de corvée de vaisselles. Les jumeaux proposèrent une partie de « Bavboules au prisonnier façon Weasley ». Bill déclara là qu'il s'agissait d'une idée lumineuse, et entraina la fratrie dans le jardin.

- On te retrouve dehors, Charlie ! lança-t-il avant de poser familièrement une main sur mon épaule.

Ce pauvre Charlie rougit de colère et menaça de briser la pile d'assiette qu'il tenait entre les mains.

J'entendis Bill murmurer « trop facile », avant de m'escorter dans le jardin.

- Alors, en quoi consiste exactement les Bavboules au prisonnier façon Weasley ? m'enquis-je, pas trop rassurée.

Les jumeaux m'expliquèrent que c'était là une de leur inventions (je l'aurais parié !). Le concept était simple : il s'agissait d'une balle au prisonnier moldu, combiné aux Bavboules sorciers, ayant subi une potion d'enflure.

- Un produit 100% Weasley ! m'assura fièrement Georges en me gratifiant d'un clin d'œil.

C'était justement ce qui me faisait peur : pour avoir eu la malchance d'avoir été en colle avec les deux phénomènes, je connaissais leur propension à semer la destruction autour d'eux.

Les Weasley procédèrent à la répartition des équipes : Ginny tint absolument à être dans la mienne, tout comme Ron. Bill se proposa aussi, et il ne resta plus que Percy, Fred et Georges.

- Tu arrives trop tard, Charlie, plaisanta Bill quand il vit son frère nous rejoindre. Pas de chance !

Puis, il m'expliqua rapidement le règlement – que je ne compris pas – et le jeu commença.

Sans doute avait-il omis de me dire certains détails : les Weasley se liguèrent contre moi et m'envoyèrent un peu trop de Bavboules à mon gout : je me retrouvai bien vite couverte de liquide puant des pieds à la tête.

Profitant d'une pause, je me retirai discrètement au Terrier pour me doucher et me changer.

- Vous me le paierez, grommelai-je en essorant mes cheveux pour retirer l'excèdent de liquide.

En redescendant, je vis Mr Weasley occuper à trifouiller sa Ford Anglia. Curieuse, je m'approchai de lui.

- Je serais vous, je ne toucherais pas à ces fils : c'est le carburateur.

- Le Quoi ?

- Le machin qui permet à la voiture d'avancer. Enfin, je crois.

Mr Weasley se redressa et s'essuya les doigts pleins de cambouis sur un large mouchoir rouge à pois verts.

- Je suis tellement fasciné par les inventions moldues ! me confia t-il. J'essaye du mieux que je peux de comprendre comment fonctionnent leurs engins… On dirait presque… de la magie !

- Comment avez-vous acquis une telle voiture ? lui demandai-je.

- Oh, c'est le père d'un ami de Charlie qui me l'a cédé ! Les Swann, les connais-tu ?

Je grimaçai : évidemment que je connaissais cet imbécile de William Swann ! Je ne le portais absolument pas sur mon cœur, et c'était réciproque.

Mr Weasley m'emmena ensuite voir son atelier où s'entassait un monstrueux bric-à-brac moldu, à en faire pâlir un brocanteur. Parmi ce capharnaüm, je trouvai une boîte de lego, une cafetière datant d'une autre époque, une caisse remplie de clou, une Dictée Magique, un casque colonial, un téléviseur cassé, un radiateur en fonte, un mange-disque, et une pile de cassette vidéo poussiéreuse.

- J'essaye de savoir à quoi servent chacun de ces objets, mais ce n'est vraiment pas facile tout seul…

Je souris : Mr Weasley était vraiment un mordu des moldus !

- Vous devriez rencontrer mon Papi Moustache, dis-je. Il adore notre monde. Je suis sûre que vous vous entendrez à merveille !

oOo oOo oOo

Le dîner fut aussi pantagruélique que le déjeuner, à tel point que je dus desserrer un cran de ma ceinture. Si Mrs Weasley avait eu l'intention de me faire prendre des kilos en plus, elle était en bonne voie !

La soirée qui suivit fut paisible : Bill et Percy lisaient dans un coin, Charlie enseignait les échecs à son jeune frère Ron, les jumeaux complotaient, et Ginny jouait avec mon écharpe.

Quand à moi…

Mrs Weasley s'était décidée à me faire passer un interrogatoire de police. Elle voulut savoir ce que je comptais faire de ma vie future, si je songeais à fonder une famille, quel métier faisait mon papa, et ma maman…

- Elle est écrivain ! finit par lâcher Charlie, exaspéré.

Catastrophée, je lui lançai un regard furibond : il m'avait promis de ne rien dire!

- Vraiment ? s'exclama Mrs Weasley, vivement intéressée. Un auteur que je connais ?

- Elle a écrit quelques bouquins, bafouillai-je, un peu mal à l'aise.

- C'est l'auteur d'Amour sur un Balai, et Mordu par Amour – entre autres, me coupa aussitôt Charlie.

Sa mère, stupéfaite, se tourna vers moi, sa bouche ouverte en un O parfait. A cet instant précis, j'aurais voulu disparaître très très loin.

- Mary Blythe ? dit-elle d'une voix chevrotante. Celle qui au écrit le Maître des Potions ? C'était elle que j'ai vue ce matin ? Mais, mais… Pourquoi ne m'avoir rien dit ?

Elle se tourna vers moi, les yeux brillants, et m'agrippa la main.

- C'est un auteur tellement formidable ! J'ai lu tous ses romans et ils sont tellement… fabuleux ! J'attends son prochain avec beaucoup d'impatience ! Est il en projet ? A-t-elle écrit les premiers chapitres ? Quelle en sera l'histoire ?

Charlie planta son regard dans le mien et hocha discrètement la tête. Je réprimai un soupir et m'efforçai de répondre à Mrs Weasley :

- Je ne sais pas trop, ma mère a tendance à cacher son travail. Je sais qu'elle écrit en ce moment, il y a des brouillons partout dans la cuisine, mais j'ignore le sujet. Mais, si vous voulez, je pourrais lui demander de vous faire parvenir un roman dédicacé.

Il n'en fallut pas plus à Mrs Weasley pour être aussi excitée qu'un Serpencendre devant un feu de cheminée, à tel point que Mr Wesley décréta qu'il était l'heure d'aller se coucher en voyant que Ginny s'était lovée sur le canapé et s'était endormie. Les Weasley se levèrent un par un, baillant et je les imitai, trop contente d'échapper à l'éloge des romans sentimentaux de leur mère.

- Ginny dort, me prévint Mr Weasley quand je rejoignis le troisième étage. Ne fais pas trop de bruit !

J'entrai dans la chambre, et il me demanda si j'avais besoin de quelque chose en particulier, et je le remerciai.

- Bonne nuit, chuchota-t-il en fermant la porte.

Je l'entendis redescendre les marches et gronder les jumeaux au passage. A tâtons, je trouvai et enfilai mon pyjama, puis me glissai sous les couvertures. Le lit de Ginny craqua un peu sous mon poids, mais tint bon. J'écoutai sa respiration paisible, et les mille bruits de la maison. Au bout d'une demi-heure, tout était paisible.

Pour un citadine comme moi, la campagne me paraissait reposant : aucun bruit de circulation, nul exclamation des fêtards du samedi soir, seulement le son des crickets dans le jardin, du vent soufflant sur les murs de la maison…

Je fermai les yeux et somnolai, mon esprit ricochant d'une pensée à une autre. Je songeai à l'anniversaire de mon grand-père : est-ce que Domhnall serait aussi présent ? Je l'espérai sincèrement, l'épreuve serait moins dure à supporter… Si seulement Charlie pouvait aussi venir ! C'était quand même frustrant de le savoir si près de moi et de ne pouvoir échanger deux mots avec lui ! Demain, je trouverais un moyen de…

Soudain, un cri terrifiant résonna dans toute la maison, et je me réveillai brutalement :

- Qu'est ce que c'est ? bredouillai-je, paniquée.

Ginny marmonna dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Je restai de longues minutes à contempler l'obscurité, m'attendant à me faire assassiner à chaque instant.

La campagne ? Tranquille ? Quelle idée ridicule !

Je ne trouvai absolument pas le sommeil, à l'affut d'un moindre bruit suspect : ça grinçait, couinait, grattait, reniflait, ronflait de toute part. Et je crus ma dernière arrivée quand, vers minuit, quelque chose cogna à la porte.

- Qui est là ? murmurai-je d'une voix blanche.

- Polly, c'est moi !

- Charlie ?

Sur la pointe des pieds, j'allais jusqu'à la porte et l'ouvrit. Derrière se tenait Charlie, les cheveux en bataille et en pyjama. Il ne me laissa pas le temps de dire quoi que ce soit : ses mains enveloppèrent mon visage et il m'embrassa avec ferveur, me laissant pantelante.

- Je suis désolé, Polly, chuchota-t-il en appuyant son front contre le mien. Ce n'est pas du tout ce que j'avais imaginé.

- Ca va aller, le rassurai-je ne me blottissant dans ses bras. Pour toi, j'affronterai une armée de Mrs Weasley.

- Hé ! C'est de maman qu'il s'agit !

- Oui, bon, tu as compris ce que je voulais dire…

Il rit doucement, et me serra un peu plus fort. Je me laissai aller contre lui, en toute quiétude.

- Tu m'as manqué, finis-je par soupirer.

- Toi aussi. Vivement Poudlard pour qu'on soit enfin un peu tran…

- Tu n'as pas entendu du bruit ?

Charlie tendit l'oreille : « ma mère ! » Paniqua-t-il. Il me déposa un baiser sur les lèvres, et je fermai doucement la porte avant de rejoindre discrètement le lit.

- Que fais-tu debout à cette heure ci ? demanda la voix suspicieuse de Mrs Weasley.

- J'allais au petit coin, maman, ronchonna Charlie. Franchement, qu'est ce que tu vas t'imaginer ?


Ca ne rigole pas au Terrier! Pauvre Polly... En même temps, pas touche aux enfants Weasley!

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre! Le prochain sera moins festif (quoique...): vivement que Polly retourne à Poudlard!

Encore une fois, je tiens à vous remercier du temps que vous prenez pour me lire et pour poster un commentaire. Vos messages d'encouragements me touchent toujours énormément, et, même si je ne répond pas dans l'immédiat, j'ai toujours une pensée pour vous (surtout durant les phases d'écriture: "est ce que ça va plaire ce que j'écris?").

Comme toujours, merci aussi à AppleCherry Pie pour ses corrections apportées et ses conseils ! (si vous voulez rire un bon coup, je vous invite à lire sa fic Amelia Greenwood, si vous voulez pleurer, misez plutôt sur de Neige et d'Aulne).

Sinon, les Nullos ont adorés le dernier Star Wars. Si vous souhaitez partager votre point de vue avec eux, merci de me faire parvenir votre hibou, je leur transmettrais avec grand plaisir (et je me demande toujours si je ne devrais pas écrire une fic sur eux... J'ai déjà le titre: Les Nullos ou le Guide des Geeks à Poudlard. Mmmh, ce serait intéressant... Qu'en pensez-vous?)

Je vous souhaites à tous un excellent week-end, et je vous dis à très bientôt!

Citrouille