Désolée pour le temps que j'ai mis à poster ce premier chapitre. J'espère que ça vous plaira. J'ai déjà la fin de la fic en tête (oui je sais j'ai à peine commencé xD) mais je pense proposer une "fin alternative", pour ceux à qui ça ne conviendrait pas. Je verrais peut être à ce moment là en faisant un petit sondage ... Enfin on en est pas encore là. Sur ce, j'avais des choses à dire en introduction, mais je ne me souviens plus donc : bonne lecture


Chapitre 1 :

[ She Means Hope ]

Sur l'hôpital encore endormit planait une ambiance de mort, comme si la rumeur s'étant déjà propagée un peu partout avait eu raison de la bonne humeur de tous ceux qui y vivaient, en particulier des médecins et infirmières. Personne n'osait en parler, de peur de s'attirer les foudres d'une patronne déjà remontée contre la mère biologique de sa progéniture, aujourd'hui si proche de mourir. Pourtant, plus que la peur d'envenimer les choses, l'affection qu'ils portaient à leur doyenne les empêchaient d'alimenter les commérages qui auraient pu s'étendre dans le bâtiment de béton. Bien sûr, certains ne l'entendraient pas de cette oreille, et elle savait que, si House l'avait laissée tranquille toute la matinée, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne rapplique pour lui exposer son point de vue sur la chose. Wilson et les deux "équipes" de House seraient également au rendez-vous, cherchant à lui apporter un réconfort qu'elle n'était pas sûre de vouloir. Bien sûr, elle était touchée par ces marques d'attention, mais supportait mal les sentiments de pitié et de compassion qu'elle pourrait lire dans les regards. Autour d'elle, tout lui semblait fade et dénué de couleur, l'annonce de sa maladie ayant fait retomber toute la joie apportée par l'adoption de cette petite poupée qui dormait non loin d'elle. Elle l'avait installée à ses côtés dans le bureau sombre, réquisitionnant un lit d'enfant appartenant à l'hôpital. On avait eu beau tenter de la dissuader, elle avait voulu conserver sa fille à ses côtés, et non la laisser derrière des cloisons de verre épais, au service maternité. On lui avait proposé de prendre quelques jours de congés, mais elle n'avait rien voulu entendre, sensible à la bonne marche de son hôpital. Elle ne voulait pas partir en laissant tout derrière elle, parce que sa fille était malade. Non pas qu'elle n'eut pas conscience de la gravité de la situation, mais elle pensait pouvoir gérer les deux. Plus que tout, elle voulait leur prouver qu'elle en était capable ... Se prouver ?
Quelque part, ce travail sur lequel elle s'acharnait constituait une forme d'exutoire pour elle, lui permettant d'oublier les problèmes qui ne tarderaient pas à surgir dans son quotidien. Car si ceux-ci avaient déjà commencé, ils restaient encore au stade de gestation, lui permettant de rassembler ses esprits avant la grande bataille.
Elle se remémorait avec douleur les quelques instants où on lui avait dit que sa fille était atteinte du syndrome. L'information était parvenue à son cerveau d'un coup, comme un choc électrique qui avait tenté de la paralyser brutalement. Au début, elle s'était approchée du berceau avec tristesse, songeant à ses rêves envolés, à sa nouvelle vie de mère brisée. Mais bientôt, l'instinct maternel avait repris le dessus, lui faisant comprendre qu'elle se trompait sur toute la ligne : ce n'était pas sa vie qui avait été détruite, mais celle d'une enfant d'à peine quelques mois. Et elle avait beau savoir que ce syndrome pouvait se développer avec quelques verres seulement, elle ne pouvait empêcher une colère sourde et aveugle de monter en elle. Quelques geignements attirèrent son attention, la poussant à se lever de son siège pour se diriger vers le berceau improvisé de sa petite Esperanza. Lorsqu'elle fut au dessus d'elle, elle ne put s'empêcher de sourire. L'enfant la regardait avec ses petits yeux curieux, comme si elle reconnaissait en elle sa sauveuse. Et c'était ce que Cuddy se promettait d'être. Car peu lui importait les difficultés qu'elles devraient surmonter, ensemble, elles construiraient quelque chose, elle en était persuadée. Elle approcha sa main, offrant un doigt chaleureux à sa fille, que cette dernière attrapa de sa main minuscule. Elle resta là quelques instants, la contemplant de son air attendri de mère. Puis, au bout de quelques minutes, elle retira délicatement son doigt et se pencha pour soulever l'enfant, la maintenant un peu au dessus de sa tête.

- Tu vas voir, on va s'en sortir toutes les deux. Pas vrai ?

La mère et sa fille échangèrent un regard et Cuddy ramena l'enfant contre elle, la serrant doucement contre sa poitrine tandis que sa tête venait se loger dans le creux de son épaule. Les yeux embués d'émotion, elle berçait doucement son bébé lorsque quelques coups frappés lui firent relever la tête vers la porte vitrée de son bureau.

- Wilson ... Murmura t-elle comme pour elle-même.

Lentement, elle le regarda et hocha la tête, lui faisant signe d'entrer. Ce dernier ouvrit la porte et salua Cuddy d'un sourire.

- Vous allez bien ?

Ce fut la première question qu'il lui posa, une question qu'elle accueillit avec amertume. Elle savait pourtant que tous ne manqueraient pas de lui en parler, mais elle voulait juste qu'on la laisse tranquille, elle et sa fille. Pourtant, elle savait qu'il ne pensait pas à mal. Wilson avait toujours été un bon ami pour elle, là pour écouter lorsqu'elle allait mal. Mais cette question remuait le couteau dans la plaie béante qui s'était ouverte en elle. Les minutes qui suivirent se passèrent en silence, ses yeux parlant pour elle. Son attitude et les larmes qui s'accumulaient dans ses pupilles bleues ne manquaient pas de démontrer tout son désarroi, et Wilson ne réclamait pas davantage de réponses, comprenant le bouleversement qui s'opérait dans la vie de sa supérieure et amie. Pourtant, peu sûr que son état d'esprit serait suffisant pour la maintenir opérationnelle, il s'autorisa une dernière question.

- Vous allez tenir le coup ? Demanda t-il avec le plus de tact dont-il était capable

La question, à première vue, pouvait paraître insultante, induisant qu'elle n'en était pas capable. Sa première réaction fut de s'en défier, comme si avouer ses faiblesses à l'oncologue pourrait lui porter préjudice. Mais elle répondit après quelques instants, optant pour la sincérité.

- Je ne sais pas trop ... Je pense oui. Je lui dois bien ça, acheva t-elle plus bas en tournant son visage vers sa fille.
- Si vous avez besoin d'aide ... ou même de parler ...

Elle acquiesça, souriant à sa proposition amicale. Wilson tourna les talons en souriant, prêt à partir. Mais elle le retint, mue par une volonté soudaine de mettre les choses au clair.

- Euh ... Vous pourriez ...
- Oui ?
- Vous pourriez la surveiller quelques minutes ? J'aimerais m'assurer de quelque chose avant de rentrer.

Il regarda la pendule : 17 heures. Accédant à la demande de Cuddy, il tendit les bras vers l'enfant et la réceptionna, remplaçant la jeune femme pour quelques minutes. C'est avec étonnement qu'il la vit alors partir d'un pas décidé, l'interrogeant du regard sans obtenir de véritable réponse. Il se doutait de ce qu'elle était partie faire, et des conséquences que cela pourrait avoir sur son moral. Mais il ne chercha pas à l'en dissuader, persuadé d'échouer dans cette entreprise.
Dans les couloirs de l'hôpital, la doyenne marchait vite, se dirigeant vers les chambres des patients, où une jeune mère allait devoir répondre de ses actes devant Cuddy. Elle emprunta de nombreux couloirs, bifurquant régulièrement sans faire attention aux membres de l'hôpital qu'elle manquait souvent de percuter de peu. Bien sûr, beaucoup se demandaient ce qu'il arrivait à leur patronne, qu'ils n'avaient que rarement vue aussi agitée. Après avoir parcouru l'hôpital d'un bout à l'autre, elle arriva enfin à destination, déboulant dans la chambre sans discrétion. Deux occupants se tournèrent vers elle avec étonnement, ne comprenant pas ce que cette inconnue venait faire ici. Cuddy eut beau regarde dans tous les sens, elle ne voyait pas la personne recherchée, comme si cette dernière s'était subitement volatilisée. Décontenancée, elle se dirigea vers l'accueil, où elle exigea des explications.

- La patiente de la chambre 527 ... vous l'avez bougée ? Demanda t-elle d'un ton agressif.

La jeune secrétaire la regarda avec des yeux ébahis, peu habituée à un ton aussi peu amène de la part de sa patronne. Effrayée par le regard noir de Cuddy, elle se précipita sur une pile de dossier, fouillant dedans en en faisant tomber quelques uns.

- Euh ... attendez Dr. Cuddy, je vais vérifier ça ...
- Faites une recherche informatique, ça ira plus vite, soupira t-elle, excédée par la maladresse de la petite nouvelle.
- O... Oui pardon !

Après quelques manipulations un peu gauches, la jeune femme trouva le nom demandé parmi les registres, sous le regard impatient de Cuddy. Elle reconnaissait ne pas être très indulgente vis à vis de cette femme qui débutait dans le métier, mais n'avait ni le temps ni l'humeur de s'accommoder à ses difficultés d'adaptation.

- Oh ... Je l'ai trouvée ...
- Hé bien ? Elle est dans quelle chambre ?

La jeune femme la regarda, gênée, puis balbutia sa réponse.

- Elle ... Elle est morte tôt ce matin. On l'a transportée à la morgue.

La nouvelle ébranla Cuddy, qui recula brutalement, sous le choc. Elle marmonna un remerciement vague puis s'en fut, plus calme qu'à l'arrivée. Elle reparti lentement vers son bureau, assaillie par de mauvaises pensées. Encore une fois, elle arrivait trop tard. Elle aurait voulu discuter avec elle, avoir la certitude du mensonge dans lequel la défunte s'était enfoncée auprès d'elle. Mais jamais elle n'obtiendrait ses réponses, jamais elle ne saurait la vérité. Et elle conserverait le goût amer de la trahison, sans preuves pour disculper la morte de cet affront odieux. Après quelques couloirs passés, elle capta la présence d'une salle de garde vide, dans laquelle elle se glissa discrètement. Une fois à l'intérieur elle s'enferma à clé dans la pièce et s'écroula dos à la porte, enfouissant son visage dans ses mains. Tout était tellement injuste. Elle était venue pour soulager ses peines, pour obtenir des réponses. Et au lieu de cela, elle repartait avec ses questions, sans que sa colère eut disparu, un sentiment d'un travail inachevé en plus. Quelques larmes coulèrent, qu'elle avait pourtant tenté de réprimer. Mais bientôt, elle se laissa aller. Jusqu'à présent, elle avait montrer sa force à tout le monde, se mentant à elle-même sur l'état dans lequel les récents événements la mettaient. Non, elle n'allait pas bien. Sa fille était malade, la mère était morte sans apporter les réponses qui auraient pu la rassurer, sans qu'elle puisse connaître la gravité de la situation de son enfant. Et surtout, elle venait de perdre la seule occasion de déverser sa colère sur la responsable de son malheur. Pourquoi tout devait-il toujours se dérouler ainsi ? N'avait-elle pas droit à un peu de bonheur ? Pourquoi lui refusait-on la joie d'être une mère comme les autres ? Ce qui était sûr, c'est qu'elle aimait déjà cette petite fille plus que tout au monde. Mais malgré ce qu'elle affirmait haut et fort devant les autres, elle savait que rien ne serait facile, et qu'elle devrait surmonter bien des difficultés pour construire son avenir avec elle. Après quelques minutes de larmes, où la tension se relâchait peu à peu dans son corps, elle essuya les derniers vestiges de sa tristesse et se releva, inspirant et expirant profondément pour reprendre une contenance. Une fois qu'elle se sentit prête, elle sorti de la petite chambre et se dirigea vers son bureau, où elle retrouva Wilson, Esperanza dans ses bras.
La voyant approcher, Wilson lui tendit sa fille, qu'elle reprit dans ses bras, la gratifiant d'un sourire aimant, pourtant à mi chemin entre la tristesse et l'angoisse.

- Vous allez bien ? Demanda l'oncologue, inquiet.
- Je ...

Elle avait beau tenter de le cacher, son visage parlait pour elle, le trouble et les sentiments néfastes s'y étalant avec facilité. Et elle savait que Wilson y lisait comme dans un livre ouvert, rendant le déni impossible.

- La mère de la petite est morte ce matin ...

Wilson émit un "oh" compréhensif, ne sachant quoi répondre, et comprenant le désespoir dans lequel cette découverte avait jeté Cuddy. Il posa sa main sur son épaule en un geste amical, lui adressant un sourire chaleureux.

- Vous allez vous en sortir. Vous n'êtes pas toute seule ...

Il s'écarta un peu pour donner plus de poids à ses mots, tandis que Cuddy portait une main à son épaule, tentant de palper le fantôme d'un geste amical qui lui revenait en mémoire. House aussi lui avait pressé l'épaule en prononçant des paroles du même acabit. Son visage s'assombrit en songeant qu'il n'était même pas venue la voir aujourd'hui. Pourtant, même si il l'avait accablée de sarcasmes, elle aurait aimé qu'il soit là pour la soutenir, lui aussi. Elle se ressaisit, pour ne pas inquiéter Wilson davantage. Sans doute viendrait-il plus tard ... Demain peut être ...

- Vous voulez que je reste ce soir ? Proposa t-il avec bienveillance.
- Non, je vais m'en sortir, vous l'avez dis vous même ... Et puis ...
- Et puis ?

Il guetta la réponse avec beaucoup d'attention, attendant pour collecter l'assurance qu'elle jouerait parfaitement son rôle, sans s'effondrer une fois rentrée chez elle.

- "Esperanza", ça signifie espoir !

Oui. Elle signifiait espoir, son espoir. Elle tourna la tête vers lui, souriant chaleureusement. Il lui rendit son sourire, et parti, confiant, tandis qu'elle tournait ses iris d'azur vers sa fille en souriant.

- Tu vas voir, Esperanza Cuddy, on va y arriver toutes les deux.

Esperanza Cuddy ... Ce nom résonna doucement dans la pièce, comme une évidence qu'il n'était plus besoin de prononcer. Désormais, elle faisait partie de sa famille. Et ce nom lui allait à merveille, quoiqu'on en dise.

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