COMING BACK FOR YOU

Quand j'avais 10 ans, Emmett a fui de la maison de nos parents en me laissant derrière, en me promettant de revenir me chercher. Douze ans plus tard, je ne l'ai toujours pas revu, mais j'ai appris à gérer seule. Jusqu'à ce que je le retrouve à l'endroit où je m'y attendais le moins.

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Se sentant observé, le batteur se retourna, avant que j'aie l'occasion de leur adresser la parole.

Nos regards se croisèrent un instant, alors que mes yeux examinaient son visage.

Je poussai une exclamation de surprise en reconnaissant Emmett, mon grand frère… que je n'avais pas vu depuis plus de 12 ans.

Emmett fronça les sourcils alors que je le dévisageais toujours, figée sur place.

« Est-ce que je peux vous aider ? » demanda-t-il, l'air désintéressé. Il devait être habitué aux groupies qui rougissaient ou paniquaient en les rencontrant.

Pendant un instant, j'eus peur d'avoir fait une erreur, au point où je reculai d'un pas, prête à fuir. Mais non, pensai-je en tentant de me ressaisir, cet homme ressemble beaucoup trop à mon frère et il y a cette chanson… Il ne pouvait s'agir d'une coïncidence.

Je pris mon courage à deux mains, m'avançai à nouveau d'un pas vers lui.

« Emmett… c'est moi, c'est Bella, » parvins-je à murmurer d'une voix rendue rauque par l'émotion.

Je vis alors ses yeux s'écarquiller lorsqu'il comprit qui j'étais. Son visage se fendit en un large sourire, probablement identique au mien.

Sans hésitation, je fonçai dans ses bras qui s'ouvrirent juste à temps pour me recevoir dans son étreinte. Ma tête se réfugia sur son épaule alors que je serrais mon frère contre moi de toutes mes forces. Sous le coup de l'émotion, je sentis un sanglot me secouer et me forçai à prendre une grande inspiration. Aussitôt, l'odeur rassurante de mon grand frère me parvint et me réchauffa l'âme. Pour la première fois depuis plus d'une décennie, je me sentais enfin à la maison.

J'ignore combien de temps nous sommes restés ainsi, mais après un certain temps, Emmett me prit par les épaules et me fit reculer de quelques pas. Je pouvais lire l'incrédulité dans ses yeux et je pense qu'il y avait ce même reflet dans mon propre regard. Même dans mes rêves les plus fous, jamais je n'aurais pu imaginer le revoir dans de telles circonstances.

« Bella ! Belly-Boo ? Est-ce que j'hallucine ou je t'ai bien sous les yeux ? » fit Emmett, en mettant les mots sur ce que je ressentais également.

« C'est bien moi, Emmy-Bear », dis-je en utilisant le surnom que je lui avais attribué quand j'étais enfant. Mes yeux parcoururent ses traits, sa chevelure noire, les muscles proéminents sous son tee-shirt. Je ne pus m'empêcher de noter le changement chez lui, quand je comparais avec mes souvenirs datant de 12 ans. « Je peux voir que tu as vieilli, mais tu ne me sembles pas plus adulte pour autant ! Et tes muscles ? Tu me semblais déjà fort et musclé quand j'étais jeune, mais c'est encore plus flagrantaujourd'hui. »

« Et toi, tu ressembles tellement à notre mère que je ne comprends pas pourquoi je ne t'ai pas reconnue aussitôt. Je pense que j'étais trop étonné de te voir ici, » avoua-t-il, en essuyant discrètement ses yeux larmoyants. Je grimaçai à l'idée de ressembler à notre mère.

Un raclement de gorge attira notre attention. Je détournai mon attention d'Emmett pour découvrir une superbe rousse qui nous observait avec curiosité. En fait, je remarquai que la plupart des gens dans la salle nous regardaient avec intérêt et que quelques fans avaient sorti leurs téléphones.

« Que diriez-vous d'aller poursuivre ceci ailleurs ? » demanda la femme rousse. Puis, plus bas, elle ajouta : « Je crois que vous avez déjà suffisamment attiré l'attention, Emmett. »

Emmett acquiesça et me guida dans ce qui semblaient être les coulisses de la salle de concert jusqu'à une petite salle avec des sofas et des murs ornés de posters de différents groupes. Mon cœur sauta un battement lorsque je reconnus Midnight Sun sur l'un deux. Emmett s'y trouvait, affichant son sourire caractéristique. J'avais du mal à croire que, durant toute la soirée, je n'avais pas porté attention suffisamment aux tee-shirts, aux albums et aux posters du groupe partout autour de moi pour y voir Emmett.

Mon frère me fit signe de m'asseoir et me tendit une boîte de mouchoirs. Alors que le silence s'étirait et qu'il faisait les cent pas devant moi, j'en profitai pour me calmer et essuyer mes larmes.

« J'imagine que tu as plusieurs questions, n'est-ce pas ? » fit enfin Emmett pour briser le silence. « Moi aussi, j'en ai plusieurs, considérant que je ne m'attendais pas du tout à te trouver à Chicago. Comment t'es-tu retrouvée dans cette ville ? »

« C'est… une longue histoire. Longue de 12 ans, je dirais. Je pourrai te raconter, mais pas ce soir s'il te plaît. Nous avons eu une soirée suffisamment chargée en émotions. »

À ces paroles, Emmett perdit son sourire et je vis apparaître sur son visage une profonde tristesse pour la première fois depuis qu'il m'avait reconnue tout à l'heure.

« Oui, j'en connais une partie et tu as raison : c'est une discussion qu'on peut garder pour une autre fois. Cependant, je veux que tu saches que j'ai tenté de te retrouver quand j'ai appris que les services sociaux étaient intervenus, » m'assura mon frère, sa voix trahissant sa douleur. « Il n'y pas une journée où je n'ai pas pensé à toi, en espérant que tu allais bien et que tu étais heureuse. »

L'émotion me bloqua la gorge et, incapable de parler, je ne fis qu'acquiescer. C'était une question qui m'obsédait parfois la nuit. Mon frère pensait-il à moi ? Me cherchait-il encore après toutes ces années ? Et la plus importante d'entre toutes : durantles quatre années que j'avais passées à Forks après son départ, pourquoi n'était-il pas revenu ?

Il vint s'asseoir à côté de moi sur le sofa et prit mes mains entre les siennes.

« Tu n'es pas prête à me raconter ce qui s'est passé, mais j'aimerais te raconter mon côté de l'histoire. Maintenant si ça te va ? »

« Oui, vas-y. »

« J'ai appris ce qui s'était passé quand j'ai eu une petite mésaventure avec la police parce que je cherchais à obtenir un passeport quand j'ai atteint les 21 ans. J'étais horrifié… Je m'en suis tellement voulu de t'avoir laissée là-bas quand j'ai appris pourquoi les services sociaux étaient enfin intervenus, » m'expliqua-t-il de sa voix douce. De mon côté, je fermai les yeux et serrai les paupières pour bloquer les larmes, espérant du même coup empêcher aux souvenirs de remonter à la surface. « Après mon dix-huitième anniversaire, j'ai regardé les lois pour obtenir ta garde légale. Je me suis senti tellement idiot quand j'ai réalisé que c'était pratiquement impossible… Après tout, c'était la raison pour laquelle je suis parti quand j'avais 16 ans. Je me suis dit que je pourrais me trouver un emploi et mettre suffisamment d'argent de côté pour demander officiellement ta garde une fois majeur. En plus, ton père me détestait tellement que j'ai commencé à craindre pour ma vie, mais aussi la tienne, si je restais. Je pensais que mon départ te protégerait du même coup. »

J'acquiesçai doucement encore une fois et serrai sa main pour lui assurer que je comprenais. J'étais trop jeune pour comprendre la raison de son départ lorsque ça s'était produit, mais j'en avais déduit qu'il s'agissait sûrement d'une raison similaire. Il ne m'aurait jamais simplement abandonnée sans avoir une bonne raison de le faire.

Quant à mon père, il n'avait jamais apprécié Emmett, au point où la simple vue de mon frère pouvait entraîner chez lui une rage impressionnante. Je m'étais souvent demandée si c'était parce qu'Emmett ressemblait beaucoup à son propre père, l'ancien mari de ma mère, décédé dans un accident de voiture et qu'elle n'avait jamais complètement oublié. Mon père détestait particulièrement qu'Emmett se montre aussi protecteur envers moi, et tentait de me viser spécifiquement dans ses attaques verbales et physiques pour cette raison. J'avais la conviction que mon père aurait fini par foutre Emmett à la porte, à le bannir de la maison, s'il n'était pas parti de son propre gré.

« Évidemment, les choses ne se sont pas produites comme je le pensais. Je me suis rendu à Seattle pour commencer, mais ça m'a déjà pris quelques jours. Une fois à Seattle, peu de gens étaient motivés à offrir un emploi à un adolescent qui ne pouvait pas donner une adresse fixe ou même un numéro de téléphone pour le joindre, qui n'allait pas à l'école. Ils se doutaient que j'avais fugué et craignaient que je ne sois recherché par la police. Sans parler du fait que je n'avais pas un accès régulier à une douche, alors je ne te raconte pas à quoi je ressemblais après un moment. » Emmett laissa échapper un petit rire et secoua la tête. « Je rêvais en couleur quand je suis parti de chez notre mère, à penser que tout allait se mettre en place facilement et en deux temps, trois mouvements. J'ai compris rapidement que ça serait plus difficile que je ne le pensais. »

Il poussa un soupir et se leva. Je compris qu'il avait luiaussi plusieurs souvenirs difficiles qui lui revenaient en tête alors qu'il me racontait ce qui s'était passé depuis son départ. Il alla dans une autre pièce pendant quelques minutes et revint avec deux bouteilles d'eau, dont une qu'il me tendit.

Il but longuement dans sa bouteille avant de reprendre la parole.

« Je vais t'épargner quelques détails, mais j'ai changé plusieurs fois de ville en cherchant du travail, en espérant trouver mieux. Je faisais plein de petits emplois qui ne me rapportaient presque rien. Je dormais dans des refuges ou parfois chez des gens que j'avais rencontrés dans ces boulots. Lorsque j'ai enfin eu 18 ans, c'est devenu plus facile de trouver un emploi. Ironiquement, le lieu où je me suis établi avant de partir pour Los Angeles i ans, c'est ici, à Chicago, » avoua-t-il à ma grande surprise. « À Chicago, j'ai été engagé dans un magasin de disques. C'est là que j'ai rencontré Edward. On est rapidement devenu de bons amis et ses parents m'ont beaucoup aidé. Tu vas certainement rencontrer Esme et Carlisle un jour et tu verras par toi-même : ce sont des personnes géniales. Je louais une chambre dans un appartement crasseux avec 5 autres locataires, dans un mauvais quartier de la ville. Ils m'ont offert une chambre dans leur maison. Je suis resté là pendant trois ans avant de partir à Los Angeles avec Edward, Jasper et Jake. »

À ce point de son histoire, il se leva et recommença à faire les cent pas devant moi.

« Ils semblent très gentils, en effet, » murmurai-je, ne sachant pas trop quoi dire ni quoi penser de ces gens qui avaient eu le cœur sur la main en aidant mon frère… J'avais rencontré très peu de gens qui agissaient ainsi, hormis peut-être mon amie Angela.

« Ils habitent encore ici. Mais bon, comme je te le disais, nous sommes partis tous les quatre pour Los Angeles. On était un groupe depuis un certain temps et on avait fait des petits concerts ici et là et les gars étaient convaincus qu'on pourrait percer à LA. J'étais sceptique, mais je les ai suivis parce que j'étais le seul batteur qu'ils connaissaient – tu te rappelles, c'était mon instrument au lycée ? – et je me disais que ça me rapprochait de l'état de Washington. » Il s'arrêta un instant, perdu dans ses pensées. « À ce moment-là, je savais que tu étais dans un foyer ou une famille d'accueil, mais j'ignorais où. J'avais beau contacter les services sociaux, ils refusaient de me donner des informations. Jane, ta tante, qui avait reçu l'autorité parentale, ne me disait rien non plus. J'étais dévasté… Jane a fini par bloquer mon numéro de téléphone. »

« Je ne suis pas étonnée, » ajoutai-je, amère. J'étais bien heureuse que les décisions quotidiennes de ma vie ne soient plus prises par la sœur de mon père. « Elle t'a toujours détesté. Elle a toujours pensé que tu étais la cause de tous nos problèmes. Même après que… mon père ait fait ce qu'il a fait… elle a continué à le défendre. Je n'arrive pas à croire qu'elle ne m'ait jamais dit que tu me cherchais. »

« Je ne suis pas surpris. Où en étais-je ? Ah oui, je savais un peu ce qui s'était produit à Forks, que tu n'y étais plus… et les services sociaux et Jane refusaient de me dire où tu étais… J'ai fait une visite à Forks, mais personne ne savait rien là-bas. Finalement, une femme dans les bureaux de l'aide à l'enfance de l'état de Washington a eu pitié de moi et m'a révélé que tu te trouvais à Seattle. Malheureusement, elle ne pouvait pas m'en dire plus, parce qu'elle avait peur de perdre son emploi. J'ai fouillé et fouillé dans la ville, mais c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin géante ! C'était tellement frustrant… Puis, j'ai finalement trouvé un foyer que tu avais fréquenté… Mais tu avais eu tes 18 ans quelques semaines avant. Ils m'ont dit que tu avais quitté le centre sans laisser d'informations sur où tu allais, mais ils étaient certains que tu avais quitté Seattle. Je ne savais plus quoi faire… »

Ma gorge se serra et je me levai d'un bond pour aller me réfugier dans son étreinte.

« Tu dois me détester, Bella, » fit-il, la culpabilité qu'il ressentait transcendant sa voix. « Tout ce qui s'est produit est de ma faute ! Si je n'avais pas été aussi stupide… Si je ne t'avais pas laissée là-bas… »

« Arrête, Emmett, ne dis pas ça ! » répliquai-je au travers des larmes. « Si tu étais resté, je ne crois pas que cette histoire se serait mieux terminée. Il aurait pu te tuer et… »

« Quand le groupe a percé, j'ai même engagé un détective privé pour te trouver, mais sans succès… »

« Je ne t'en veux pas, Emmett. Je me posais beaucoup de questions, mais je savais que tu aurais été là si tu avais pu… » Je reculai de quelques pas et essuyai les larmes sur ma joue.

Après un instant de silence, je décidai de changer de sujet. « Tu ne m'as pas encore dit la fin de l'histoire. Comment vous êtes devenus aussi populaires, je veux dire. »

« Tu dois sûrement la connaître ! » s'exclama-t-il avec un sourire, comprenant que je n'avais plus envie d'en parler. Devant mon expression un peu coupable, il ajouta : « Tu n'es pas venue au concert parce que tu m'avais reconnu ? »

« Euh… Avant la semaine dernière, quand mes amies m'ont invitée au concert, j'ignorais que Midnight Sun existait, » avouai-je avec un sourire gêné. « J'ai travaillé beaucoup cette année avec l'université et tout… Je n'ai pas vraiment eu le temps de découvrir de nouveaux artistes. »

« Donc tu m'as reconnu quand ? »

« Je suis vraiment embarrassée de l'avouer, mais c'est seulement tout à l'heure, quand j'ai vu ton visage dans l'autre pièce. J'y suis allée parce que j'ai reconnu la chanson vers la fin du concert. Je voulais parler à quelqu'un du groupe pour savoir comment ils avaient obtenu la chanson. »

Au moment où il s'apprêtait à me répondre, la porte s'ouvrit et le reste du groupe entra, accompagné par la rousse. Le chanteur, Edward, s'approcha de nous et m'observa avec intérêt. Jasper et Jacob, le bassiste et le guitariste, restèrent un peu en retrait, mais je voyais qu'ils observaient attentivement. La femme rousse s'installa sur un sofa, les bras croisés.

« Eh bien, qui avons-nous là, Emmett ? » demanda Edward.

« Edward, je te présente ma petite sœur, Bella. Bella, voici un de mes meilleurs amis, Edward. »

« Enchantée, » dis-je en tendant la main vers lui. J'en profitai pour observer son visage. Il était encore plus beau vu d'aussi près que lorsque j'avais aperçu son visage sur les écrans pendant le concert.

« Oh, Emmett m'a tellement parlé de toi que j'ai déjà l'impression de te connaître depuis longtemps. »

Avant de savoir ce qui se passait, je me retrouvai dans l'étreinte d'Edward Cullen. Avec un peu d'hésitation, je fermai mes bras autour de sa taille, étonnée de sentir les muscles de son abdomen se contracter contre les miens. J'inspirai profondément, surprise de détecter un parfum de café et de cigarette. Lorsque je reculai d'un pas, je ne pus m'empêcher de rougir légèrement, espérant que personne ne le verrait. J'avais du mal à comprendre pourquoi je me sentais aussi attirée par Edward. Baisser les yeux sur ses bras couverts de tatouages ne m'aida pas, puisque j'avais toujours été attirée par les hommes tatoués. En plus, avec la proximité, je parvenais à distinguer quelques images.

Emmett détourna ensuite mon attention en me présentant à Jasper, Jacob et à la rousse, qui s'avéra être leur manager, Victoria.

Je pris le temps de discuter un peu avec Emmett et les autres membres du groupe jusqu'à ce que je commence à me sentir vraiment épuisée. On aurait dit que l'excitation de la soirée, l'émotion des retrouvailles, la fatigue et le stress de mêler le travail et les études m'avaient rattrapée d'un coup et j'avais du mal à tenir debout.

« Il commence à être tard… Je devrais te raccompagner chez toi, Bella, » me dit Emmett, en remarquant ma fatigue.

« Non, ça va, » fis-je en secouant la tête. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas dormir même si mes yeux se fermaient presque tous seuls. Je savais que je n'étais pas raisonnable. Au fond de moi, j'avais peur d'aller dormir et de me réveiller demain matin pour constater que tout cela n'était qu'un rêve. Ou qu'Emmett était parti de Chicago pour une autre ville sans m'avertir. Je savais que c'était irrationnel, que mon frère ne ferait pas ça, mais c'était difficile de m'en convaincre.

« Allez, Bella, je te raccompagne. » Emmett se montra plus ferme et je finis par accepter. Il me faudrait affronter mes peurs, puisqu'Emmett m'apprit qu'il quittait Chicago le lendemain soir pour poursuivre la tournée de Midnight Sun.

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Emmett me serra fort dans ses bras avant de me suivre jusqu'à la porte de mon appartement. Il insista pour revérifier que nous avions bien échangé nos numéros de téléphone et s'assura de chaque chiffre pour être certain qu'il n'y avait pas d'erreur. Malgré son insistance pour me raccompagner chez moi, je compris qu'il était hésitant à partir. Je me sentis un peu rassurée que nous ayons des peurs similaires.

« Bonne nuit, Bella et euh… Appelle-moi demain matin et nous irons prendre le déjeuner ensemble, ça te va ? »

J'acquiesçai, me sentant encore un peu à fleur de peau. Je n'osais pas parler de peur de me remettre à pleurer. Emmett semblait aussi un peu ému. Il se racla la gorge avant de me serrer dans ses bras encore une fois.

Je refermai la porte doucement derrière moi et m'adossai dessus après l'avoir verrouillée, ayant du mal à réaliser ce qui venait de se produire.

J'avais retrouvé mon frère. J'avais retrouvé Emmett à un des endroits où je m'y attendais le moins : dans un concert, parce qu'une de façon ou d'une autre, mon frère faisait maintenant partie d'un groupe de musique populaire et connu partout au pays. Et dont le chanteur était foutrement attirant.

Il me faudrait un certain temps pour bien le réaliser, ainsi que tout ce que ça impliquait.

L'appartement était silencieux et j'en étais soulagée. En me rendant à ma chambre sur la pointe des pieds, je réalisai que je n'étais pas prête, ce soir, à raconter à mes amies tout ce qui s'était produit ce soir. Je savais par contre qu'Angela et Jessica me questionneraient demain sur mon comportement plutôt étrange à la fin de la soirée. Et Angie saurait sûrement que j'étais rentrée tard et voudrait savoir pourquoi.

Pour le moment, cependant, j'allais juste dormir. Et dans le noir, une fois couchée dans mon lit, je ne pus empêcher un large sourire d'apparaître sur mon visage.

Demain, j'allais passer du temps avec mon grand frère.

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Je crois que ce chapitre a répondu à certaines de vos questions…

J'ai été très heureuse de la réponse positive à ce premier chapitre. J'espère que vous continuerez à me suivre avec ce chapitre et les prochains ! Merci à tous ceux qui ont lu et commenté, mis en favoris ou à suivre.

Et encore un merci spécial à Stella !

Petite note sur Mea Culpa : suite à une review d'un « guest », je veux juste préciser ce que je dis depuis un long moment. Je n'ai pas mis cette histoire complètement de côté et j'ai en tête ce que j'aimerais en faire, mais je ne suis pas à un point où je pense travailler dessus. Mais j'aimerais définitivement terminer cette histoire un jour.

N'oubliez pas d'envoyer une review pour me dire ce que vous en pensez !