Bonjour mes amours ! :D
Merci à tous-tes pour vos reviews la semaine passée, ça m'a vraiment fait plaisir de revoir certains pseudos d'OD. :D
Vous avez été plusieurs à souligner que le prologue est court ; j'en ai conscience. C'est surtout qu'il y avait trop d'années d'écart entre le prologue et le chapitre 1 pour les relier, et une mise en contexte me paraissait nécessaire.
J'ai reçu plusieurs théories (ça m'avait vraiment manqué ça) et je suis en joie de lire votre enthousiasme. Tout ça, même si vous étiez content-e-s de l'arrivée de nouveaux OS, je m'aperçois que ça me manquait vraiment. Je suis donc plus que ravie de commencer cette nouvelle aventure avec vous ! :D En plus, plus les jours sont passés, plus le nombre reviews a augmenté, et j'ai l'impression qu'il y a plus de reviewers que pour OD. Wow ! Je vous jure, ça me fait chaud au cœur, surtout pour un prologue aussi court. Vous êtes merveilleux-ses.
Je réponds aux reviews anonymes et je vous laisse avec le premier chapitre.
Margaux : Je suis désolée que le prologue ait soufflé l'enthousiasme provoqué par le résumé ! C'était une mise en contexte nécessaire, j'espère que tu oublieras vite ta déception. Merci beaucoup pour ta review et tes encouragements en tout cas !
Anonyme : Eh ben alors, comme ça on change de pseudo ? :p Ahah Déjà que tu manges tout le temps, alors si je te laisse sur ta faim, tu vas grossir des oreilles avec ma fic... (a) Vilaine Serpy, comme toujours. Va écouter tes podcasts !
Jasmineetaladin : Ton idée n'était vraiment pas mauvaise ahah Bon après, faudra pas compter sur moi pour que ça soit le cas chaque semaine, parce que j'ai subi ma vie sur la journée du vendredi après... qui est la plus grosse de ma semaine. J'espère que tu as bien dormi du coup ! Et j'espère que la suite te plaira tout autant.
I'm staring out into the night
Je baisse les yeux dans la nuit
Trying to hide the pain
Tentant de cacher la douleur
I'm going to the place where love
Je vais là où l'amour
And feeling good don't ever cost a thing
Et les sentiments de bien-être ne coûtent rien
And the pain you feel's a different kind of pain
Et la douleur que tu ressens est une sorte de douleur différente
.
Well I'm going home
Bon, je rentre à la maison
Back to the place where I belong
Je retourne à cet endroit où j'appartiens
And where your love has always been enough for me
Et là où votre amour a toujours été suffisant pour moi
I'm not running from
Je ne fuis pas
No, I think you got me all wrong
Non, je pense que vous vous trompez
I don't regret this life I chose for me
Je ne regrette pas cette vie que j'ai choisie
But these places and these faces are getting old
Mais ces endroits et ces visages sont lointains
.
So I'm going home.
Et donc je reviens à la maison.
Home, Daughtry.
OoOoO
Chapitre 1 : Home (A la maison)
Appuyée contre le plan de travail de sa cuisine, Hermione buvait son breakfast tea, les yeux perdus dans le vide. En cet instant, elle se sentait bien, bien que quelque peu tendue. Ce matin, elle avait rendez-vous au Ministère de la Magie pour signer son nouveau contrat en tant que Manitou suprême à la Confédération internationale des sorciers elle y rencontrerait ses nouveaux collègues.
Elle venait en effet de quitter son poste d'avocate attachée au Magenmagot du Ministère de la Magie français, poste qu'elle avait occupé ces sept dernières années. Elle y avait trouvé sa place, mais rentrer au pays lui faisait le plus grand bien.
La brune porta la tasse à ses lèvres, profitant du goût corsé du liquide et de la douce chaleur qui se dispersa dans son thorax alors qu'elle en avalait une nouvelle gorgée. Lorsqu'elle abaissa une nouvelle fois la tasse, ses yeux se posèrent sur l'enfant qui venait de se planter devant elle, dans le silence le plus absolu.
Élia Granger ne se faisait pas beaucoup remarquer. Elle avait eu onze ans en mai dernier et possédait le sourire le plus adorable qu'il était donné à Hermione de connaître. Sa fille était l'incarnation de la gentillesse et de l'intelligence. Chaque fois que le regard d'Hermione tombait sur elle, son cœur se gonflait d'un amour incommensurable. Elle n'était sans doute pas des plus objectives à penser qu'elle était magnifique, avec ses longs cheveux bruns et lisses et ses yeux d'un gris perle extraordinaire, pourtant c'était bel et bien ce qu'elle ressentait.
« Je suis prête, maman », lui dit-elle, la sortant alors de ses pensées.
Hermione sourit. Elle portait une petite robe en coton absolument adorable, mais pas du tout adaptée au climat anglais. Elle avait été habituée aux températures clémentes du sud de la France.
« Va chercher un gilet et on y va », lui indiqua-t-elle.
Élia acquiesça, revenant quelques secondes plus tard avec son gilet sur le bras. Entre temps, Hermione avait terminé sa boisson et posé sa tasse dans le lave-vaisselle. En 2010, plus aucun sorcier ne se passait de la technologie moldue, et encore moins de l'électricité. Hermione songea que cela devait être pour le plus grand bonheur d'Arthur Weasley.
Elle attrapa ses clefs de voiture, prête à partir, quand elle vit sa fille, captivée par la lettre aimantée au frigo. C'était la première chose qu'elle avait faite en arrivant dans leur nouvel appartement : mettre en évidence sa lettre d'acceptation au Collège de Poudlard. Hermione en était tellement fière. Élia en était toute excitée.
« Prends-la », lui dit Hermione, attendrie par l'émotion de sa fille.
Élia la regarda avec de grands yeux, ayant à la fois peur d'abîmer l'objet de ses désirs et en même temps, réjouie à cette perspective.
« Tu…tu crois ? Je peux ? », lui demanda-t-elle, incertaine.
Hermione confirma d'un hochement de tête.
« Je sais que tu meurs d'envie de la montrer à tes grands-parents. »
Le pétillement dans les yeux d'Élia attestait ses propos. Hermione rit doucement.
« Allez, prends-la. Et on y va, sinon je vais être en retard au travail ! », la pressa-t-elle.
Une dizaine de minutes plus tard, mère et fille arrivèrent dans le quartier londonien où résidaient les époux Jean et Henry Granger. La porte d'entrée s'ouvrit, et Hermione n'eut pas le temps de dire « ouf ! » qu'elle fut étouffée dans une étreinte collective.
« Mes chéries, je suis tellement contente de vous voir ! », s'exclama la grand-mère alors qu'elle les libérait de son emprise. « Hermione, ma chérie, tu entreras bien prendre un thé ? Un café ? »
Hermione secoua la tête.
« Je n'ai pas le temps, je dois aller au Ministère. J'ai rendez-vous dans une demi-heure. Mais promis, je reste un peu en revenant chercher Élia. »
« Au Ministère… », commença sa mère. « C'est aussi là que travaille Harry, n'est-ce pas ? »
Hermione fronça les sourcils, ne sachant pas où voulait en venir Jean.
« Oui, il y travaille comme Auror… Pourquoi, maman ? », lui demanda-t-elle d'un ton qui laissait entendre qu'elle n'avait pas de temps à perdre.
« Est-ce que tu comptes lui parler…bientôt ? », risqua-t-elle tout de même.
Hermione soupira.
« Ce n'est pas le moment, maman ! »
« Ca fait douze ans que ce n'est pas le moment, ma chérie… »
Le reproche était clairement perceptible dans la voix de sa mère. Voilà qu'Hermione était énervée maintenant. Sa mère ne perdait jamais une occasion de remettre la conversation sur le tapis, qu'importe combien cela agaçait Hermione. Mais ce n'était vraiment pas le moment, elle devait d'abord s'occuper de son rendez-vous professionnel.
« Plus tard, maman ! », lui répondit-elle sur un ton exaspéré.
Et Hermione transplana devant le regard contrit de sa mère, fuyant toute nouvelle tentative d'aborder le sujet épineux.
OoOoO
« Bonjour, Hermione », l'accueillit le Ministre de la Magie en personne, qui était à cette époque Kingsley Shacklebolt, l'ancien Auror.
Les deux sorciers se serrèrent la main dans le couloir, avant que Kingsley ne lui présente une porte de la main. Sur celle-ci était inscrit en toutes lettres « Maître Granger, Grand Manitou britannique de la Confédération internationale des sorciers ».
« Nous t'attendions avec impatience. Je t'en prie, entre découvrir ton espace de travail. »
Bien que tremblante, Hermione ne se fit pas prier. Quelques secondes plus tard, elle ouvrait la porte qui donnait sur son bureau. Ou pour être exact, sur une salle de réunion où siégeait au centre une gigantesque table en bois d'acajou. Le bureau en tant que tel était dissimulé dans une autre pièce, derrière une seconde porte dont l'écriteau ne présentait cette fois que son titre abrégé en « Maître Granger ».
Le reste de la pièce n'était qu'étagères de dossiers et autres textes de Loi divers, laissés par son prédécesseur Maître Malone Gaffney. Enfin, sur la table de réunion se trouvait un parchemin, qu'Hermione devinait être son contrat de travail, et un Brasiator portable (1) dernier cri.
D'un mouvement de tête, lui souriant, Kingsley l'invita à s'asseoir. Il s'assit également, en biais par rapport à elle.
« Comme convenu », commença-t-il, « voici ton contrat de travail. Il contient diverses clauses dont je vais te laisser prendre connaissance à ton aise, mais dans les grandes lignes, il décrit les compétences et les tâches qui sont attendues pour ton poste. Ton contrat est à durée déterminée pour un an dans un premier temps, et qui sera ensuite reconduit pour cinq ans et renouvelable autant de fois que ta présence sera appréciée et souhaitée. »
Il s'arrêta, tournant les pages jusqu'à atteindre celle qui l'intéressait.
« Ton salaire s'élève à 29 032 Gallions et 2 mornilles bruts par an. Tu organises ton temps de travail comme tu le souhaites et tu n'es pas tenue d'être présente au bureau chaque jour, tant que le travail est accompli et que tu restes disponible en cas de besoin. »
Hermione acquiesça, en proie à un sentiment indéchiffrable : c'était une somme conséquente, mais surtout, ses responsabilités démontraient de la confiance que le Ministre lui témoignait, alors qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de faire ses preuves sur le sol anglais. La suite du discours lui confirma cette déduction.
« Une dernière chose : tu es totalement autonome. Je suis ton seul supérieur hiérarchique. Les autres Grands Manitous sont tes collègues, vous êtes égaux. Tout autre professionnel avec lequel tu pourrais être amenée à travailler est un collaborateur. »
Il se leva alors, rapidement suivi par Hermione, à qui il tendit une nouvelle fois la main.
« Je te laisse maintenant prendre connaissance du document dans son intégralité. » D'un coup de baguette, il fit apparaître plume et encrier. « Lorsque tu auras terminé, ta signature te liera magiquement au Ministère. Si tu contestes n'importe quelle clause du contrat, viens me trouver dans mon bureau. Tu as ton premier rendez-vous professionnel avec les autres Grands Manitous dans quarante-cinq minutes. »
Hermione acquiesça une nouvelle fois, comprenant alors l'intérêt du Brasiator portable.
Une vingtaine de minutes plus tard, alors qu'elle scellait son engagement professionnel dans un faisceau de lumière bleue, la sorcière prit une grande inspiration. Sa nouvelle vie commençait officiellement.
OoOoO
Après sa première journée de travail, Hermione transplana directement jusqu'au domicile de ses parents. Elle avait été très stressée à la perspective de la réunion avec ses nouveaux collègues mais, en définitive, tout s'était très bien passé. Ses homologues semblaient relativement sympathiques, autant que pouvaient l'être des Manitous. Elle avait d'emblée été considérée par eux, comme si elle n'avait plus à faire ses preuves. Ce qui n'était pas vraiment le cas.
En effet, le ton avait tout de même été donné dès le départ : il était attendu d'Hermione qu'elle présente une vision nouvelle, innovante, bien à elle, des valeurs britanniques. Que voulait-elle mettre en avant dans sa pratique au sein de la Confédération internationale des sorciers ?
En vérité, et personne n'en aurait douté, son choix était déjà tout désigné d'avance : ce que voulait Hermione, c'était œuvrer pour la reconnaissance et l'égalité des moldus et des né-moldus. Supprimer tout privilège en raison de son statut et de son sang. Ce n'était pas gagné, mais la brune croyait en l'intérêt de son combat.
Mais pour l'heure, elle avait un autre combat à mener : un dîner en famille. Ce qui signifiait qu'Hermione allait devoir supporter les sempiternelles questions et pressions de sa mère concernant son secret.
Jean Granger n'avait d'ailleurs pas attendu le dessert pour amener le sujet sur la table. Aussitôt le plat servi, elle avait dit ce qui lui brûlait la langue.
« Tu as vu Harry aujourd'hui ? Il serait peut-être temps… »
Hermione soupira. C'était toujours la même rengaine, mais au moins, quand elle vivait en France, elle ne subissait pas cela quotidiennement. Elle venait à peine de revenir en Angleterre qu'elle en faisait les frais. Même si elle savait que sa mère avait raison. Douze ans étaient passés…
« Non, mais je comptais lui écrire. Pour qu'on se retrouve quelque part et qu'on en discute de vive voix », lui répondit Hermione, avant de prendre une bouchée du gratin aux endives que sa mère avait préparé.
C'était en effet ce qu'elle avait prévu. Elle avait beau être une Gryffondor, elle n'en restait pas moins un chapeau flou, et son côté Serdaigle l'incitait à la prudence. Il fallait donc qu'elle y aille par étapes : elle ne pouvait pas avouer de but en blanc à son meilleur ami qu'elle était mère…et d'une enfant en âge d'aller à Poudlard, qui plus est.
« Hum ! », fit sa mère. « Et Ron ? Il s'est marié, non ? Tu… »
« Je rien du tout », la coupa Hermione. « Ca fait douze ans, maman. Douze ans. Il ne me reste pas l'ombre d'un sentiment amoureux pour lui. »
Jean regarda dans son assiette, mal à l'aise. Hermione se sentit un peu coupable de lui avoir parlé de cette manière. Elle allait ouvrir la bouche pour s'excuser, mais sa mère la devança.
« Ecoute maman, je… », commença-t-elle sur un ton d'excuse.
« Non, non, Hermione, tu as raison. Je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Tu n'es plus une enfant, tu vas avoir trente et un ans. Tu es une femme et, même si je suis ta mère, tu mènes ta vie comme tu l'entends. »
Hermione se sentit encore plus coupable d'avoir parlé ainsi sa mère. La vérité était qu'elle n'assumait pas totalement ses choix, même si elle avait ses raisons…
« Tu es ma mère, et ton avis m'importera toujours », s'excusa-t-elle. « Je suis désolée de t'avoir parlé ainsi. C'est juste que…je gère, d'accord ? »
Jean sourit doucement, avant d'acquiescer. Évidemment, elle n'en voulait pas à sa fille. Elle avait confiance en elle. Mais elle était sa mère, et elle s'inquiéterait toujours pour elle. Toujours.
OoOoO
Hermione était donc résolue à écrire à Harry. Il était temps. Mais comment s'y prendre ? Ce n'était pas facile.
La plume en suspension au-dessus d'un parchemin, jouant nerveusement avec sa lèvre inférieure du bout des dents, Hermione sursauta lorsqu'Élia s'adressa à elle.
« Pourquoi tu as si peur de la réaction de tes amis, maman ? S'ils t'aiment, ils comprendront. »
Hermione soupira. Sa fille était beaucoup trop intelligente, mais aussi beaucoup trop optimiste. Beaucoup trop intelligente parce qu'elle avait tout compris de la situation, alors qu'Hermione n'avait jamais affirmé à voix haute, en sa présence, que son existence était un secret pour tout le monde. Beaucoup trop optimiste, parce qu'elle pensait que tout était tout beau dans le meilleur des mondes, et que l'amour ressortait toujours vainqueur. Élia pensait toujours que tout était facile dans les relations, à condition d'aimer. Et à sa connaissance, Élia aimait tout le monde…
C'était à se demander si elle allait être répartie chez les Serdaigle ou les Poufsouffle. Mais l'un ou l'autre, Hermione serait de toute façon très fière d'elle.
« Pourquoi j'ai si peur ? Parce que tout ne se passe toujours comme on le veut dans la vie. »
Hermione s'arrêta sur cette phrase lourde de sens. Elle signifiait tellement de choses…ce jour-là, quotidiennement, mais également dans sa vie passée.
« Est-ce que tu regrettes ? », lui demanda Élia d'une petite voix.
« Quoi donc, ma chérie ? »
Élia fit une moue désolée, comme si elle se sentait coupable de quelque chose.
« De m'avoir eue… »
Ces quelques mots eurent pour effet de briser le cœur de maman d'Hermione. Elle ne voulait pas que sa fille souffre de quoi que ce soit, et encore moins de sa faute.
Elle se leva, serrant sa fille contre elle.
« Jamais, jamais, jamais. Au grand jamais. Tu es ce que j'ai fait de plus beau dans ma vie, et je t'aime tellement. Jusqu'à la Saint Merlin. Plus que je ne pourrais jamais te le dire ou te le montrer. Alors n'en doute jamais. »
Élia n'ajouta rien, mais elle acquiesça. Leur étreinte s'éternisa, mais, lorsque mère et fille se séparèrent, Hermione vit une lueur d'intelligence briller dans les yeux de sa fille. À n'en pas douter, elle venait de penser à autre chose.
« Pourquoi tu ne lui dirais pas simplement que tu aimerais le voir sur le quai 9 ¾ ? Comme ça, il me verrait, il comprendrait. Et moi, je serai là pour te protéger si tu es triste. »
Ces dernières paroles eurent raison d'Hermione, qui ne put empêcher ses larmes de couler. C'était le monde à l'envers : sa fille la protégeait d'un mal dont elle-même souffrait par sa faute.
Et le pire dans tout cela, c'est que ce n'était pas la première fois. Élia avait toujours été attentive au bien-être de sa mère.
OoOoO
Harry,
Tu en as sans doute entendu parler au Ministère, mais je suis bel et bien rentrée au Royaume-Uni, comme je te l'avais précédemment annoncé. Malgré tout, j'ai un emploi du temps très chargé, et il m'est difficile de me rendre dans ton département pour te dire bonjour. Mais j'imagine que c'est la même chose pour toi, surtout que je te sais très impliqué.
Somme toute…j'aimerais beaucoup que l'on se voie. Je t'avais dit que j'aurais des choses à te raconter et, maintenant que je suis là, le temps est venu. Que penses-tu du 1er septembre ? J'ai pris congé la matinée, on pourrait déjeuner ensemble… Ron peut évidemment venir.
Je t'embrasse,
Hermione.
Le cœur battant, les mains moites, mais, résolue, Hermione envoya donc un hibou à son meilleur ami. Pas à pas, la peur au ventre.
OoOoO
Hermione apprenait tout doucement à développer de nouvelles habitudes. Le matin, elle déposait Élia chez ses parents – il était plus facile pour ses parents de travailler en même temps, Élia pouvant s'occuper à un bureau pendant les consultations dentaires, contrairement au travail qu'elle-même avait au Ministère -, puis elle se rendait à son bureau, où elle se plongeait dans le nouveau texte législatif qu'elle avait décidé de mettre en place.
Pour cela, elle faisait beaucoup de recherches, et elle avait eu l'idée de prendre contact avec le Premier Ministre moldu, dans l'optique de s'inspirer des textes législatifs moldus. Elle avait rendez-vous avec lui ce matin-là.
Travailler lui permettait également d'oublier son anxiété qui grandissait de jour en jour. En effet, quelques heures après avoir envoyé un hibou à Harry, ce dernier lui avait répondu.
.
Hermione,
J'ai le sentiment que ce que tu as à me dire est important et j'aimerais bien être totalement disponible quand tu me raconteras ce que tu as à me raconter. J'ai moi-même pris congé le 1er septembre, pour accompagner Teddy au départ sur la voie 9 ¾. Du coup, je te propose que l'on se retrouve là-bas, ainsi nous pourrons aller déjeuner ensemble directement après. Le train démarrera à onze heures, comme toujours.
Ron se joindra également à nous.
Je t'embrasse,
Harry.
.
Ainsi, Hermione ne pourrait plus reculer ni se soustraire à l'inévitable : Harry et elle ayant tous deux quelqu'un à accompagner au Poudlard Express, qu'elle le veuille ou non, il saurait. Et elle devrait lui expliquer. Elle n'avait plus le choix.
Dans un soupir, elle sortit donc de son bureau après avoir vérifié une dernière fois ses documents explicatifs, ne pouvant toutefois pas s'empêcher de répéter à voix basse les points essentiels qu'elle voulait mettre en avant.
« …personnes ordinaires et différentes…classicisme…plan d'insertion sociale…moyen d'adapter cela en fonction de la présence ou de l'absence de magie… »
Évidemment, elle n'était pas très attentive à l'environnement alentour, et elle percuta un sorcier en sens inverse.
Elle leva les yeux, bredouillant des excuses.
« Pas de soucis, ma chère… Maître Granger ? »
C'était un grand brun, tellement grand que le nez d'Hermione arrivait à hauteur de son torse elle devait étirer la nuque pour voir son visage. Il semblait surpris de la voir ici.
« Mmmh ! C'est bien cela. Et vous êtes ? », lui demanda-t-elle, sceptique. Après tout, elle n'avait pas connaissance de ce qu'il s'était dit sur elle depuis la fin de la guerre. Elle espérait que les journaux s'étaient calmés, mais son retour risquait de changer cela, malgré tout.
« Maître Walden, affaires familiales », se présenta-t-il en tendant sa main, qu'Hermione s'empressa de lui serrer. « Vous avez travaillé sur des affaires internationales avant de revenir au pays, c'est bien cela ? »
Hermione confirma d'un hochement de tête elle avait effectivement travaillé sur des affaires de dirigeants politiques, après avoir été Manitou dans le service public.
« C'est bien cela. Mais sans vouloir être impolie, je dois y aller. Je suis attendue pour un rendez-vous professionnel. »
« Je ne vous retiens pas plus longtemps dans ce cas. Au plaisir de vous avoir rencontrée, Maître Granger. »
Le sorcier s'éloigna alors, après un dernier salut de la tête.
Quelques minutes plus tard, Hermione quittait le Ministère de la Magie pour rejoindre Mr Cameron, Premier Ministre moldu.
OoOoO
Hermione sortit du bureau du cabinet, passablement énervée. Ce Premier Ministre moldu…il n'avait cure des relations entre sorciers et moldus. Quand la brune lui avait exposé son projet, il lui avait fait comprendre qu'il était bien loin de ses préoccupations, et qu'il voulait redresser « la situation économique du pays », et pas « s'attarder sur des problèmes qui ne le concernaient pas ». Il lui avait même fait comprendre que si les sorciers voulaient rester discrets sur leur existence – ce qu'il jugeait opportun -, il serait bon de commencer par le laisser tranquille avec les tracasseries du monde magique.
Le moins que l'on puisse dire, c'était qu'Hermione ne s'était pas attendue à un tel rejet. Elle qui pensait qu'après autant d'années, il serait plus facile de faire passer ses valeurs libertaires…
Sur le chemin du retour jusqu'à son bureau, à l'étage du département de la justice magique, elle croisa Kingsley Shacklebolt, qui lui sourit.
« Tout va comme tu veux, Hermione ? »
Hermione soupira.
« J'ai eu une rencontre assez infructueuse avec le Premier Ministre moldu… »
Kingsley grimaça.
« Il n'est pas très commode, en effet. Je limite nos contacts au strict minimum. Pour quelle raison tu avais besoin de le rencontrer ? »
Hermione lui expliqua en quelques mots son projet, son explication étant ponctuée par des hochements de tête répétitifs de son supérieur.
« Il aurait pu te donner accès à la législation moldue, tout de même…tu as d'autres pistes pour l'obtenir ? »
Hermione acquiesça, mais alors qu'elle allait répondre, elle fut interrompue par la vision d'un sorcier blond derrière le Premier Ministre. Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour le reconnaître, malgré les années qui étaient passées.
« Granger », lui lança Malefoy. « Alors c'était donc vrai, tu es de retour. »
Hermione ouvrit la bouche, stupéfiée par cette rencontre inattendue. Elle ne le trouvait pas tellement changé, physiquement parlant. Il semblait toujours aussi sûr de lui, à la différence que son assurance avait comme un air de maturité, comme si elle était plus posée, plus réfléchie.
Sans se rendre compte du trouble de la brune, Kingsley se tourna de façon à avoir les deux sorciers dans son champ de vision.
« Oh ! Monsieur Malefoy. En effet, Mme Granger est revenue parmi nous, et occupe dorénavant le poste de Grand Manitou qui avait été laissé vacant par M. Gaffney. »
Malefoy hocha la tête d'un air approbateur, comme s'il appréciait l'estime qui entourait le nouveau statut d'Hermione. Kingsley continua.
« Hermione, tu te rappelles probablement de Monsieur Malefoy. Il est de notre plus grande fierté en matière d'organisation d'événements sportifs. »
Malefoy gonfla le torse, fier comme un paon.
« Monsieur le Ministre, sans vouloir vous interrompre. Nous avions rendez-vous. Mais peut-être préférez-vous le postposer ? »
« Non, non, Monsieur Malefoy. Allons dans mon bureau. Hermione », la salua-t-il avant de la quitter.
Les portes de l'ascenseur se refermèrent sur Kingsley Shacklebolt et Drago Malefoy. Il fallut quelques secondes à Hermione pour recouvrer ses esprits.
Malefoy, au Ministère. Elle aurait dû se douter qu'elle le croiserait un jour ou l'autre, non ? Elle ne savait pas ce qu'il était devenu dans sa vie privée, mais, visiblement, il ne s'en était pas trop mal sorti non plus dans sa vie professionnelle.
La brune secoua la tête. Elle avait d'autres Fléreurs à fouetter pour l'instant que de savoir quelle vie avait mené le grand organisateur d'événements sportifs.
OoOoO
Deux semaines après son grand retour au Royaume-Uni, le grand jour était arrivé pour Hermione et pour Élia. C'était un grand jour, parce qu'Élia allait enfin prendre le Poudlard Express pour la première fois. Et pour la première fois, les amis d'Hermione allaient la rencontrer.
Autant dire qu'Hermione était doublement stressée, et que sa tension était à son apogée.
Elle se rendit dans la chambre d'Élia, qui était tranquillement installée dans son lit, un livre dans les mains.
« Tu as tout ? », lui demanda Hermione, qui commença à vérifier la valise de sa fille avant que celle-ci ne lui réponde.
« Maman, tu as déjà vérifié son contenu quatre fois au moins. En une heure de temps », lui rappela Élia, d'une voix posée de laquelle perçait un brin d'amusement.
Hermione s'arrêta, relevant la tête pour observer sa fille, dont le regard était posé sur elle. Mais son propre regard se perdit rapidement dans le vide, entraîné par ses pensées.
Sa fille rentrait à Poudlard. Elle n'avait jamais été séparée d'elle pendant plus d'un weekend. Comment allait-elle fait pour tenir jusqu'aux prochaines vacances scolaires ? Elle serait seule, ici. Seule pour assumer. Merlin, qu'elle avait tellement peur de la réaction de ses amis…
Elle sentit une main se poser sur son épaule, avant que deux bras ne l'étreignent, suivis d'un visage qui se nicha dans son cou.
« Tout va bien se passer, maman. Je te le promets. »
Hermione referma ses bras autour de sa fille, la serrant contre elle. Comment allait-elle pouvoir se passer de l'amour de sa fille ? Cette enfant était sa merveille.
« Tu vas tellement me manquer, ma chérie », lui assura Hermione.
« Toi aussi, maman. Mais je suis quand même contente d'aller à Poudlard. »
Hermione sourit. De la douceur, mais beaucoup d'honnêteté également. Et elle était contente pour elle. Poudlard allait définitivement être un endroit où Élia se sentirait chez elle : étant aussi intelligente et travailleuse qu'elle-même, les cours l'enchanteront mais à la différence d'Hermione, Élia était très sociable, et elle ne doutait pas une seule seconde qu'elle se ferait rapidement des amis.
« On devrait y aller, non ? Je n'ai pas envie d'être en retard. Ni de trop me dépêcher », proposa Élia.
Hermione acquiesça. Elle avait suffisamment reculé le moment si peu attendu. Il était temps d'amener sa fille vers de nouveaux horizons…et d'assumer ses propres choix.
Mère et fille prirent la voiture jusqu'à la gare de King's cross, avant qu'elles ne se joignent à la foule de navetteurs qui entrait et sortait de l'édifice. Le cœur d'Hermione semblait tenter de fuir désespérément. La main d'Élia se glissa dans la sienne, plus consciente du trouble de sa mère que de l'excitation qui poignait pour elle.
Ensemble, elles traversèrent le mur qui séparait les quais 9 et 10, apparaissant sur le quai tenu secret. Hermione aida Élia à installer ses affaires, avant qu'elles ne redescendent sur le quai. Encore cinq minutes avant que le train ne démarre. Hermione sentait déjà les larmes lui piquer les yeux.
Du coin de l'œil, elle vit Harry et Ron sortirent à leur tour de la barrière magique, la chercher des yeux et s'arrêter soudainement en la rencontrant. Ils échangèrent un regard la bouche de Ron s'ouvrit en grand lorsque son regard tomba sur Élia, et Hermione se crispa. Il voulut avancer, mais Harry le retint d'une main.
D'un mouvement de tête, Harry lui rappela la présence de sa fille, avant de se tourner lui-même vers Teddy, lui faisant comprendre qu'il fallait d'abord s'occuper des enfants. Les discussions entre adultes viendraient ensuite.
Hermione reporta alors son attention sur sa fille, qui lui souriait d'un air compatissant. Elle la serra contre elle, comme pour la garder un peu plus longtemps avec elle, priant pour que cet instant ne prenne jamais fin.
« Tu es prête ? », lui souffla-t-elle. « Tu m'enverras ton hibou pour me dire dans quelle maison tu auras été répartie ? »
Elle sentit Élia acquiescer.
« Dès que je le pourrai », lui promit-elle.
Le regard d'Élia se perdit derrière Hermione, là où se trouvaient Harry et Ron.
« Il faut que tu y ailles, ma chérie ».
Il ne restait en effet plus que deux minutes avant que le train ne démarre. Élia regarda sa mère.
« Courage », lui dit-elle simplement, apparaissant soudainement solide aux yeux d'Hermione, comme pour lui insuffler la force nécessaire. « Je penserai fort à toi quand je serai dans le train. »
Hermione la remercia du bout des lèvres. Harry et Ron s'approchèrent d'elle, sans prononcer un mot, pendant qu'Élia montait dans le train, suivie de Teddy. Elle les vit échanger quelques mots, sans pour autant pouvoir en saisir le sens.
À côté d'elle, Harry et Ron restaient silencieux, et aucun des trois n'ouvrit la bouche le temps que les enfants prennent place dans les wagons et que le train ne se mette en branle dans le brouhaha des au revoir.
Alors, seulement, Hermione se tourna vers eux. Ils s'observèrent, se jaugeant sans oser briser le silence.
Finalement, ce fut le brun qui prit la parole.
« Allons-y. Je pense qu'on va effectivement avoir beaucoup de choses à se dire. »
OoOoO
(1) Pour celleux qui s'en souviennent, il s'agit d'un objet magique que j'avais inventé pour ma première fiction longue Oxymoron desti, et qui permettait à Charlotte de discuter à distance avec son amoureux. Un peu comme un moldu discuterait sur Skype, sauf que cet objet fonctionne comme une cheminée magique.
Tadaaaa ! C'était le premier chapitre.
Vous découvrez enfin qui se cache derrière le prénom d'Élia. Que vous inspire-t-elle ? Je pense que vous l'avez tous-tes deviné mais, à votre avis, qui en est le père ?
On ne sait toujours pas ce qu'il s'est passé pendant douze ans, à part qu'Hermione est devenue maman et que "personne" n'est au courant. Comment pensez-vous qu'Harry et Ron vont réagir ? Et les autres personnages, tels que Ginny ?
Vous pouvez aussi me dire ce que vous pensez du travail d'Hermione, si vous avez des idées sur ce qu'elle a pu faire en France, comment vous envisagez sa relation avec Drago, lâchez-vous ahah Vous avez dit dans mes anecdotes qu'avec mes secrets, j'avais peur de vos réactions, parce que tout va prendre du temps à se justifier. Dans mon esprit, la guerre a eu autant d'influence sur Hermione dans TALYPE que dans OD...
Je suis impatiente de lire vos réactions, pendant ce temps-là, je vais (essayer de) dormir (ce sera avec beaucoup d'impatience de vous lire).
Des paillettes de licornes !
