Chapitre 2 : Responsabilités.
POV Edward
Quand nous arrivâmes à l'hôtel, Carlisle nous attendait. Bien évidemment, Alice l'avait appelé avant de rentrer. Son regard était rempli de tristesse, sachant que je venais de commettre l'irréparable. J'avais laissé le monstre s'emparer de moi, afin de la posséder. Baissant le regard, mon père vint poser une main réconfortante sur son épaule, avant de reporter son attention sur la jeune fille agonisant dans les bras d'Emmett. L'hôtel était bien évidemment vide à cette heure avancée de la nuit, et nous pûmes monter sans nous faire remarquer. A peine arriveés dans la chambre, je surpris en premier lieu les pensées furieuses de Rosalie.
Espèce d'idiot, voilà que tu nous ramènes une humaine maintenant! Tu n'aurai pas pû te contrôler, tu nous met tous en danger à cause de cette folie!
Un éclair de rage s'afficha sur son visage, et je ne put qu'acquiecscer. Elle avait raison, je n'étais qu'un idiot, comment avais-je bien pu m'attaquer à cette pauvre fille. Le monstre en moi était rassasié, mais je devrai vivre avec sa mort pourissant mon âme, si j'en avais une. Esmée mit une main sur sa bouchez, pour étouffer un cri de surprise. Seuls Jasper et Emmett pouvaient comprendre ce qui m'avait pousser à faire ce geste. Jasper n'était pas sevré du sang humain depuis aussi longtemps que nous, et il luttait constamment contre la tentation des humains. Emmett également avait ressenti ce que je venais de ressentir, mais sa victime n'avait pas survécu. Esmée et Alice n'avait pratiquement pas goûté au sang humain, ainsi que Rosalie, ce qui leur permettait d'avoir plus d'aplomb face à ceux que certains ne considèrent que comme de la nourriture, et rien d'autre.
Emmett déposa la jeune fille sur mon lit, que je n'utilisai bien sur pas, et Carlisle s'agenouilla auprès d'elle afin de l'examiner. Ses pensées étaient très claires, il savait qu'elle deviendrait vampire à ce stade. Le venin avait atteint son coeur, qui avait déjà redoublé d'ardeur. Il lui injecta de la morphine, afin de tenter d'apaiser la brûlure de venin, qui s'infiltrait dans chaque cellule de son corps. Je la contemplais, tandis qu'elle se tortillait, en proie à la douleur de la transformation. Elle hurlait de temps à autre, nous supliant de mettre fin à ses souffrances. La voir dans cet état me dégouta profondément, honteux de ce que j'avais fait. Je sortis alors de la chambre, pour m'enfermer dans le petit salon adjacent. Alice me rejoint alors, s'asseyant à côté de moi sur le petit canapé, alors que je me tenais la tête entre mes mains. Ce sont ses pensées qui m'atteignirent, elle était désolée que je n'ai pas pû m'empêcher de l'attaquer.
Ne t'en fais pas, ce n'est pas ta faute.
« Comment peux tu dire que ce n'est pas ma faute? J'ai assassiné cette pauvre jeune fille. Elle ne méritais pas cette vie de souffrance... »
Elle posa alors sa main sur mon épaule, tentant de me réconforter.
« Edward, cesse de t'infliger cela. Elle ne va pas mourir, elle sera juste... Différente. »
« Damnée tu veux dire. »
« Pas damnée, tu me trouves damnée toi? »
Elle sourit, et sa réaction me fit sourire aussi. Elle avait toujours été comme ça, un petit lutin aux cheveux hérissés qui me faisait oublier ma condition de vampire. Je chérissais de l'avoir comme soeur.C'était une joie de pouvoir la considérer comme telle. Pourtant, sa mine se renfrogna, et elle baissa les yeux.
« C'est plutôt à moi de m'excuser. J'aurai dû t'en empêcher. Je ne pensais pas que tu l'attaquerai. Ce n'est pas ce que j'avais vu à l'origine. »
« Ne t'en fais pas Alice, je ne t'en veux pas. »
« Ce que je veux dire, c'est que j'avais vu que tu l'as rencontrerai, et qu'elle ferai partie intégrante de notre famille, mais pas de cette manière. »
« C'est donc ce que tu me cachais alors... »
Sa main glissa de mon épaule, pour retomber sur ses genoux. Elle plongea son regard dans le mien.
« Je sais, j'espère justeque tu sauras me pardonner... »
« Alice, il n'y a rien à pardonner, c'est ma faute, pas la tienne! Elle est ma responsabilité à présent. »
Sans plus de cérémonie, je quittai la pièce, afin de m'entretenir avec mon père. Je passais devant ma chambre. La porte était close, mais je pouvais entendre clairement les battements frénétiques du coeur de ma victime. Elle souffrait énormément, et un autre de ses cris déchira le calme de l'appartement où nous résidions. Pourtant, je n'aurai pas pensé que Rosalie m'attendait devant, me foudroyant du regard.
« Comment as tu pu faire ça! » me hurla t-elle.
« Tu ne peux pas comprendre Rosalie, tu n'as jamais connu ce que j'ai éprouvé quand je me suis trouvée si proche d'elle. »
« Espèce d'idiot! Tu l'as condamnée! Elle va te haïr maintenant, toi, qui l'a arrachée à ses proches... »
« Je sais, Rose, je sais... »
Je la dépassai alors, sans qu'elle m'ai transmis un autre juron par la pensée. J'arrivai alors devant la porte de mon père, qui me dit alors d'entrer... Sa chambre était bien évidemment très simple, parsemmée uniquement d'un lit, d'une table de chevet et d'un petit bureau. La lumière d'une bougie luisait faiblement, et il me fit signe de m'asseoir sur la chaise libre...
« Edward... » commença t-il. « Raconte moi en détails ce qui s'est produit cette nuit »
Je lui fis alors le récit de la soirée, qui avait commencé comme une soirée normale, puis l'agression de la jeune fille, ma fascination, le fait que je ne pouvais lire dans ses pensées. Et son sang, son sang qui m'avait attiré inexorablement, me poussant à commettre l'irréparable. Je baissais les yeux, laissant mon chagrin m'envahir, bien que je n'étais pas à même de pleurer. Mon père se leva, et posa une main réconfortante sur mon épaule, avant de s'agenouiller devant moi.
« Edward, je sais ce que tu ressens. Mais il ne faut pas te laisser abattre. Elle va bien, si on peux dire. Certes, elle deviendra vampire, mais elle vivra. Il ne faut pas que tu te sentes coupable. Tu t'es arrêté à temps. Si tu l'avais simplement tuée, tu t'en serais voulu. Bien plus, tellement plus! Cependant, maintenant que le venin a atteint son coeur, elle est désormais ta responsabilité. Tu devras t'en occuper. »
« Je sais, je ferais tout pour que la transition se fasse sans souffrance, et sans difficultés. J'espère juste qu'elle survive. Je ne veux pas qu'elle meure par ma faute. »
Je baissais à nouveau la tête, n'ayant plus la force d'affronter le regard paternel de Carlisle.
« Ne t'en fais pas Edward, elle s'en sortira. »
Les jours passèrent comme cela, moi enfermé dans une pièce, à l'écart de tous, tandis que me parvenait les cris de souffrance de la jeune fille agonisant dans ma chambre. Isabella Swan, c'était son nom. Alice s'était permise de fouiller dans son sac, et elle avait trouver son permis de conduire. La pauvre jeune fille venait de célébrer son anniversaire, durant la transformation. Elle venait d'avoir 18 ans, et je venais de lui enlever sa vie... Je ne supportais plus la constante présence de ma famille autour de moi. Esmée m'avait prise dans ses bras, me murmurant qu'elle m'aimait, voulant uniquement que je reste auprès d'eux. Jasper s'occupait de la jeune fille, lui envoyant des ondes de calme, afin d'apaiser sa souffrance. Emmett ne venait pas me voir, probablement car Rosalie lui avait interdit de m'adresser la parole, mais il arrivait quand même à me faire des clins d'oeils, et à essayer de me remonter le moral. C'est Alice que je voyait le plus souvent, venant parler avec moi de l'état d'Isabella.
Le troisième jour, Carlisle revint me voir, seulement pour m'annoncer que la transformation était pratiquement achevée. Je sortis alors de mon isoloir, afin de rentrer à nouveau dans cette chambre, afin de faire mon devoir. Revoir son visage me soulagea. Ses traits étaient paisibles, bien que déformés par la douleur de la transformation. Sa peau était devenue diaphane, et aussi dure et froide que le marbre. Je me concentrai alors sur son coeur. Celui redoublait d'ardeur, montrant que la transformation était bientôt achevée. Ce dernier rata alors un battement, puis deux, avant de s'immobiliser. C'était fini, elle était devenue vampire...
Je contemplai alors le spectacle qui s'offrait à moi. Isabella ouvrit alors les paupières, contemplant l'ampoule au dessus d'elle. Elle était comme fascinée, et moi par la même occasion. Le chocolat de ses yeux avait été remplacé par un rouge écarlate, tandis qu'elle se relevait pour contempler la petite chambre dans laquelle elle se trouvait. Je m'approchai alors, lentement, tandis qu'elle continuait de scanner la pièce. Lorsqu'elle me vit, elle fixa ses prunelles pourpres dans les miennes, avant de bondir à l'autre bout de la pièce. Elle se recroquevilla au sol, prenant sa tête dans ses mains... Elle avait peur, et était déboussolée, ce qui était plus que normal... Je m'approchai à nouveau, levant les main, en signe de paix.
« N'aie pas peur, je ne te ferai aucun mal. »
Elle fixa à nouveau ses prunelles dans les miennes, et se releva en un instant.
« Où suis-je? Qui êtes vous? »
« N'aie pas peur, nous sommes des amis. Je m'appelle Edward, et voici Alice, Jasper, Emmett, Esmée, Carlisle et Rosalie » lui dis-je, tandis que je lui présentais ma famille.
« Tu es à l'abri, on ne te feras aucun mal. »
Elle me regarda, surprise par ce que je venais de lui dire. Elle avait l'air maître de ses gestes, et je fut frustré de voir que je n'arrivais toujours pas à lire ses pensées... Elle s'approcha alors de moi, tendant une main vers moi, qui se posa sur ma joue.
« Je vous connais, j'ai l'impression de vous connaître »
Je me reculais, laissant sa main retomber sur ses flancs. Elle capta alors le reflet du miroir qui avait été placé ici pour qu'elle puisse se regarder après sa transformation. Une exigence d'Alice. Elle s'avança vers le miroir, scrutant la jeune femme qui se tenait devant...
« Isabella... » murmurais-je
« Bella. » reprit-elle froidement. « Je m'appelle Bella. »
Elle contempla à nouveau le reflet dans le miroir, s'apercevant que c'était bien elle. Un sourire se dessina alors sur son visage, et un poids fut libérer de ma poitrine.
« C'est moi... » murmura t-elle. « Je suis un vampire... », avant d'éclater d'un rire cristallin.
POV Bella.
Le feu s'insinuait en moi tel un brasier qui ne faisait pas de quartier. Il pris possession de mon corps, de mes sens, me coupant de toute interaction avec le monde extérieur. Que m'était-il donc arrivé? Comment étais-je arrivée à ce point? Je me souvins alors de l'ange qui s'était penché sur moi, me délivrant de ma souffrance d'un baiser. Du moins, c'est ce que j'avais cru. Avant que le brasier ne s'empare de mon être. Le feu continuait de gagner en intensité, gagnant tout d'abord mes membres, me paralysant au sol, avant de s'infiltrer dans ma tête, et dans mon coeur. Je hurlais, suppliant désepérement que l'on mette fin à mes jours, que l'on me délivre de la douleur du brasier qui s'était insinué en moi. Je voulais que tout s'arrête, même s'il fallait que je meure pour que la douleur cesse enfin. Je sentis alors que me déplaçait, me je ne pus ouvrir les yeux.
Je ne sais pas combien de temps le feu perdura, mais il me paraissait s'être déroulé une éternité avant que je puisse reprendre possession de mes sens. Le feu libéra d'abord mes extrémités, mes doigts, mes mains, mes jambes, mes bras, alors que le brasier brûlait un peu plus mon coeur à chaque battement frénétique de ce dernier. Je continuai à hurler, bien que j'avais senti une poussée de calme m'envahir parfois, ne durant pas plus de quelques secondes cependant. Au bout de ce qui me parut encore une éternité, mon coeur se mit à ralentior dangeureusement, ratant un battement, puis deux, avant de s'immobiliser dans ma poitrine. Toute sensation de douleur avait alors disparu, et j'ouvris les yeux.
Ce que je vis, je ne pus le décrire correctement. Je me mis à fixer l'ampoule qui illuminait la pièce, découvrant une huitième couleur dans le spectre lumineux. Je me redressai alors, apercevant les moutons de poussière courir dans la pièce, où tronait plusieurs personnes, que je ne connaissais pas. J'aperçut alors l'un d'eux s'apporcher de moi, lentement, tandis que je le scrutais du regard. Il s'approcha encore, mais ne sachant pas à qui j'avais affaire, mon instinct de préservation pris le dessus. En moins de temps qu'il ne fgallait pour le penser, je me retrouvais à l'autre bout de la pièce, recroquevillée par terre, ma tête entre mes mains.
« N'aie pas peur, je ne te ferais aucun mal »
Cette voix, elle m'était familière. Je levais alors la tête, plongeant à nouveau dans son regard doré. Il avait les mains en l'air, comme si c'était moi le danger dans cette pièce. Je décidai alors de me relever, surprise de voir que je venait de le faire.
« Où suis je? Qui êtes vous? »
« N'aie pas peur, nous sommes des amis. Je m'appelle Edward, et voici Alice, Jasper, Emmett, Esmée, Carlisle et Rosalie. Tu es à l'abri, on ne te feras aucun mal. »
Je le regardai alors, surprise de sa phrase. Me faire du mal? J'étais perdue, et tentais de me souvenir de ce qui m'était arrivé. Sans succès. Pourtant, j'avais l'impression de le connaître. Je m'approchais alors, levant une main hésitante vers son visage.
« Je vous connais, j'ai l'impression de vous connaître. »
Il se recula, ma main posée sur sa joue douce et chaude retombant sur mes flancs. Je contemplais alors la pièce, et remarquai un miroir entreposé dans le coin de la petite chambre. Je m'avançais alors, curieuse de voir à quoi je ressemblais. Sans savoir pourquoi, je me sentais différente, tout en restant moi même... Ce que je vis me fascina. La jeune femme dans le miroir me ressemblait, mais était bien plus gracieuse que je ne l'étais. Je n'étais qu'ordinaire, quand j'étais humaine.
Humaine... Je n'étais plus humaine. Je me souvins alors : l'attaque, le sang qui avait attiré le jeune homme se tenant derrière moi, la brûlure qui m'avait dévoré les entrailles. Je fermais les yeux, afin de me libérer de se souvenir. Il avait bu mon sang... Mon regard croisa alors celui de la jeune femme dans le miroir, et je compris alors.
« Isabella » murmura le jeune homme derrière moi.
« Bella, je m'appelle Bella » répliquais-je froidement.
Je plongeais mon regard dans le sien, avant de retourner à mon reflet. Que je détestais qu'on prononce mon prénom en entier! Un sourire se dessina alors sur mon visage, heureuse de voir que j'étais devenue bien plus jolie.
« C'est moi... » murmurais-je. « Je suis un vampire »
J'éclatais alors d'un rire cristallin, tintonnabulant comme le son des cloches...
