DANS UNE CAGE, OU AILLEURS
Chapitre 2
Ballade de Melody Nelson
Hé bien, quel accueil, mes amis ! Je suis ravie par les réactions positives à mon incursion dans l'univers de Twilight (pardon d'avance aux puristes), merci encore…
La ballade de Melody Nelson est une chanson de Gainsbourg, je vous en propose un remix sur ma page FB
On m'a tout mis dans les mains
J'ai pas choisi mes bagages
En couleur
Je cours à côté d'un train
Qu'on m'a donné au passage
De bonheur
William Sheller
Nous nous installons dans les fauteuils en cuir vert du Bar Hemingway, l'un des meilleurs bars au monde. Le meilleur, d'après certains. Heureusement la clientèle est riche et âgée, personne ne nous prête attention. Nous sommes dans le genre d'endroit où on ne reconnaît personne, entre gens bien élevés. Mon regard frôle celui de l'homme politique que j'ai reçu ce soir, en galante compagnie. L'esquisse de l'esquisse d'un sourire fend ses lèvres -non, ce n'est pas ce que je pense, et pas ce qu'il pense non plus à mon sujet- sa jeune compagne rit bruyamment, un peu trop pour l'endroit.
- Qu'est ce que vous buvez ? me demande mon hôte distraitement en lisant les messages de son portable.
- Un bloody mary, ça s'impose.
Il hoche la tête sans sembler entendre, puis soudain relève la tête :
- Why ?
- Comment ? Vous ne connaissez pas la légende ?
- No. Quelle légende ? fait-il en tapant un message à toute allure, d'une main, sans regarder l'écran de la tablette.
Impressionnant. Ou pathétique, je ne sais pas.
- Vous savez que ce bar s'appelle Hemingway parce qu'il était un client assidu, n'est-ce pas ? dis-je tout en sachant parfaitement qu'il l'ignore. C'est à sa demande que le barman a créé ce cocktail, car il est totalement inodore –vodka et jus de tomate- et permettait à Hemingway d'échapper à la surveillance de sa 4ème épouse, Mary. Qu'il surnommait « bloody Mary » -satanée Mary. Amusant, non ?
Il me fixe avec admiration, je prends un air faussement modeste. Hé oui mon vieux, je n'ai pas appris ça à Sciences Po, mais c'est ce qu'on appelle de la culture.
Quand le serveur vient prendre notre commande Edward lance d'un air désabusé « Two bloody marys of course », je souris. Il apprend vite, le bougre. Je me carre dans le fauteuil profond, ça fait longtemps que je ne suis pas revenu, c'est vrai qu'on est bien ici. Confortable, diraient les anglais.
Je le regarde continuer à tapoter sur sa tablette avec un agacement croissant, je décide de me taire. Quand le serveur nous dépose deux verres agrémentés d'une branche de céleri il lève enfin les yeux et semble s'apercevoir de ma présence.
- Je vous dérange peut être ? dis-je négligemment.
- What ? Oh no, no, dit-il. Sorry. Just a mistake with a friend, you see…
- Je peux vous laisser, j'ajoute en faisant mine de me lever. Il ne fallait pas vous sentir obligé de m'inviter…
- Comment ? Non, mais ça me fait plaisir. C'est juste que j'avais un petit truc à régler… you know ? fait-il avec une petite grimace contrite. Je le range.
J'opine, favorablement impressionné par ce bel effort. Je ne suis pas sûr que sa conversation soit à la hauteur de sa renommée sur le net mais voyons. Il paraît jeune et paumé, sans sa tablette, fatigué peut-être. Sa jambe tressaute, il a encore les cheveux en pétard après le casque. Bah, ça doit sûrement être sexy pour les gamines.
- Vous voyagez beaucoup en ce moment ? je demande avec sollicitude –du moins ce que je peux faire de mieux dans le genre.
- Oh yeah. A lot. C'est… épuisant, vous savez. Le film sort en Europe ce mois-ci, hier j'étais en Allemagne et la semaine prochaine je serai en Angleterre. Et entre-temps je passe en Espagne et en Italie, je crois. Tout est noté dans mon BlackBerry, sans lui je suis perdu.
- Oui, je vois ça.
Nous buvons une gorgée du breuvage que j'ai agrémenté de sel et divers épices, il le boit nature, visiblement sans grand plaisir. Il se gratte la tête à plusieurs reprises, j'espère qu'il n'a pas de poux. Je me souviens fort à propos de cette rumeur sur sa saleté –légende ou vérité ?- difficile de savoir s'il est juste mal rasé ou pas clean. Evidemment ce n'est pas le genre de question à poser.
Comme il ne relance pas la conversation –pourquoi m'a-t-il proposé un verre, bordel, s'il n'a rien à me dire ?- j'improvise :
- Vous êtes bien logé ?
- Hum ?
- Votre chambre est belle ?
- Yes. Great.
Le regard confus qu'il me lance me fait peur, qu'est-ce qu'il s'imagine maintenant ?
« Vous savez que c'est un hôtel qui a été fréquenté par tout le gratin, surtout ce bar. Des écrivains comme Joyce, Greene ou Sartre venaient souvent boire un verre, après guerre » j'enchaîne rapidement, pour chasser toute ambiguïté. « Et puis bien sûr toutes les têtes couronnées de l'époque, les Rois d'Espagne et d'Angleterre, et les stars. Rudolph Valentino, Marlène Dietrich, Greta Garbo, Coco Chanel. Et puis bien sûr Hemingway et Scott Fitzgerald. »
Je devrais me reconvertir en guide spécialisé dans les hôtels, moi. Si jamais on me flanque à la porte du JT il me restera au moins ça. Sauf que mon auditoire n'a pas l'air passionné. Ou alors il est complètement idiot, ce qui n'est pas impossible. Il hoche la tête comme un brave toutou à l'arrière d'une voiture, je me demande s'il a saisi un seul mot de ce que je viens de dire.
- Je ne connaissais que l'histoire de Lady Di et Dodi Al Fayed, ici, avoue-t-il en baissant les yeux.
- Et puis un jour on parlera de vous… on vous citera parmi les hôtes célèbres, j'ajoute avec un brin de cynisme.
- Oh no, no. I'm nobody, you know, répond-il en secouant la tête. I'll never be a star.
Son trouble –réel, j'en jurerais- me fait sourire. Un vrai gamin. Je comprends mieux pourquoi il est si mal à l'aise, si gauche. Il sait qu'il n'est personne, il n'est pas dupe de sa célébrité, contrairement à certains people américains. Il est anglais, ça change tout. Il me serait presque sympathique, ce pauvre garçon, s'il ne gagnait pas plusieurs millions de dollars pour jouer dans des navets. Des dollars qu'il doit claquer en conneries, alcool, drogues et autres joujoux. Il a déjà des cernes sous les yeux et ses doigts tremblent, je ne lui donne pas 2 ans avant sa première cure de désintox. Les châteaux construits sur du sable s'effondrent toujours, surtout s'ils ont été montés vite et haut.
- Vous venez souvent ici ? demande-t-il en grignotant sa branche de céleri.
- Moi ? Non. Presque jamais. C'est plutôt un lieu pour les touristes, vous savez. Moi je travaille à Paris mais j'habite en banlieue, et je ne sors pas le soir. Je ne suis pas très mondain, par rapport à bon nombre de mes collègues.
- Oh… fait-il, désappointé.
S'il espérait que je lui parle des endroits et gens à la mode, c'est raté. Il s'est trompé d'interlocuteur. Peut être m'a-t-il confondu avec mon confrère de l'autre chaîne, qui adore les rubriques people. Je regarde ma montre, je pense que la plaisanterie a assez duré.
- Vous n'aimez pas Paris ? interroge-t-il avec naïveté.
- Si, j'aime Paris. Mais je n'ai plus votre âge, vous savez. En fait je crois que je n'ai jamais vraiment déconné, j'ai toujours bossé pour m'en sortir, depuis mes études. Il faut avoir du temps et de l'argent pour sortir à Paris, le soir. Je ne suis pas Serge Gainsbourg.
- J'adore Serge Gainsbourg, enchaîne–t-il avec un regard triomphant. Surtout l'album « Melody Nelson ».
- Vous connaissez « Melody Nelson » ? dis-je, impressionné. C'est un concept album pas si évident pour un anglais, pourtant. Mais vous parlez très bien le français.
- Non, non. Mon accent est horrible et je fais plein de fautes. Pire que Jane Birkin… ajute-t-il en grimaçant.
- C'est ce qui fait le charme de Jane Birkin… vous aimez la France ?
- Oui ! fait-il en se redressant soudain. J'adore la France. Je venais souvent en France avec mes parents quand j'étais enfant, sur la Côte Basque.
Son enthousiasme soudain le rajeunit, on dirait un gamin qui va battre des mains. Il se met à me raconter ses souvenirs de plage, je l'écoute patiemment, un peu engourdi par l'alcool. Il va falloir que je rentre, mais j'ai l'impression qu'il me faudra une grue pour sortir de ce fauteuil trop moelleux. Si ça continue il va m'absorber, on me retrouvera par terre demain matin, complètement digéré par le monstre en cuir.
J'écoute d'une oreille amusée ses anecdotes, il dépense beaucoup d'énergie pour me prouver qu'il connait mieux mon pays que moi. Soit, admettons. Je pourrais le dégommer en deux phrases mais c'est mon jour de bonté. Ou de fatigue. Six directs en trois jours, ça vous bouffe une énergie surprenante. Le refrain de « Melody Nelson » me trotte dans la tête, obsédant.
Melody Nelson, aimable petite conne, tu étais la condition sine qua non de ma raison…
Un autre homme politique vient d'entrer, il échange trois mots discrets avec mon interviewé, en souriant. Tiens, je croyais qu'ils se détestaient, ces deux là. Il passe la main dans la chevelure de la conquête blonde qui se trémousse, visiblement une bonne copine à lui aussi. Je parie que je la retrouverai à la météo sous peu, celle là. C'est comme ça, c'est le jeu à la télé. Coucheries et copinage, rien de neuf sous le soleil.
- Vous aimez vous aussi ? me demande mon vis-à-vis, avide de ma réponse.
Flûte. J'ai dû rater un truc, j'ai décroché un moment. De quoi il me parlait déjà ? Du Mont St Michel, et après ?
- Pardon ? dis-je, contrit.
- « Bel ami », vous aimez ? Maupassant ?
Oui, je sais que c'est de Maupassant, merci. Comment diable en est-on arrivé là ? J'ai zappé combien de temps exactement ?
- Oui, j'aime beaucoup. Mais je l'ai lu il y a très longtemps…
- J'ai vraiment adoré tourner ce film, you know. C'est un livre que j'ai toujours adoré, et tourner ça c'était… so fun !
Une petite ampoule s'allume dans mon crâne. Bien sûr. Il vient de tourner dans Bel-Ami, j'en avais entendu parler. Faut que je raccroche les wagons, vite, c'est mon honneur de journaliste, là.
- Ca vous a plu de tourner ça ? Le tournage s'est passé à Paris ?
- Hummm… no. Hungary, Hongrie, you know. France was too expensive, trop cher.
- Ah, d'accord, fais-je un peu déçu. Et qu'est-ce qui vous a plu dans cette histoire ?
« Well. Everything. Les décors, l'histoire, les personnages. Bon, je sais ce que vous allez me dire, oui, on l'a tourné en anglais, c'est pas le vrai texte mais c'était génial, j'ai adoré » fait-il d'un ton définitif en passant la main dans ses cheveux pour la dixième fois de la soirée, tic énervant.
Les décors ? Les personnages ? Et pourquoi pas les costumes et les perruques, tant qu'on y est ? C'est ça pour lui Maupassant, un truc glamour sur grand écran ? Un spectacle pour américains ?
- Mais en quoi vous vous êtes reconnu dans l'histoire ? C'est qui Georges Duroy pour vous ?
Mon ton est un tout petit peu agressif, il recule dans son fauteuil, effarouché. On va voir ce qu'il a dans le chou, s'il y a quelque chose chez lui à part sa moue lippue et ses yeux verts. On ne me la fait pas, à moi.
- Well, hummm… I mean… Georges Duroy c'est un arriviste, l'arriviste absolu. Il est prêt à tout pour réussir, non ? répond-il comme un élève un peu laborieux. Il couche avec les femmes dans ce but, beaucoup de femmes.
- D'accord. Tout le monde sait ça. Mais la critique politique et sociale de l'époque, vous la voyez comment ?
Ses pupilles s'élargissent, je sens qu'il n'aura pas la moyenne à cette épreuve là. C'est bien de vouloir faire le malin, mais il faut assurer un peu plus que ça, mon coco. Je sirote les dernières gouttes de ma vodka avec délice, l'air de rien.
Il se rembrunit, cherche un paquet de cigarette dans sa poche avant de réaliser qu'il ne peut pas fumer, et maugrée :
- OK. You win. Je n'ai pas fait d'études et puis vous les journalistes français vous êtes tellement…
- Tellement quoi ?
- Supérieurs, you know. Vous avez fait tellement d'études que vous savez tout sur tout, et nous bien sûr on passe pour des imbéciles. Moi en tout cas. Je ne suis pas comme vous, sorry.
- Je… je ne voulais pas vous blesser, dis-je en réalisant ma gaffe.
- Shit, quand on joue dans des films grands public vous nous méprisez et quand on joue des classiques vous nous méprisez aussi parce qu'on n'a pas écrit de thèse dessus ! Merde à la fin…
- Ah, ça c'est très français, comme expression. Bon, Edward, je vous prie de m'excuser si je vous ai vexé, ce n'était pas mon but, dis-je en me redressant en posant ma main sur son genou. Vous savez, à mon âge, on n'a plus que ça, la culture. Ou la cuistrerie, même. On ne peut plus compter sur l'élasticité du tissu, c'est sûr, comme disait Souchon.
- C'est quoi le cuistrie ?
- Le fait de se la péter. La vanité. Désolé.
Edward fait la moue, il a une bouche faite pour, il est parfait en petit garçon boudeur. Un rouge délicat lui est monté aux joues, dommage que les jeunes filles ne soient pas là pour le voir. Je me rends compte un peu tard qu'il a essayé de m'épater, j'aurais dû jouer le jeu, comme le gentil journaliste que je suis, pendant les heures de travail. Mais là c'est de l'extra et je suis fatigué, je n'ai plus envie de faire semblant.
- Edward, il est tard et je vais rentrer. J'ai été ravi de discuter avec vous et rassurez-vous, vous n'avez rien d'un imbécile. A votre âge je n'en savais pas beaucoup plus que vous mais je n'en étais pas aussi conscient. Connaître ses limites est une preuve de maturité et d'intelligence, si je peux me permettre, sans passer pour un monsieur je-sais-tout. Je suis sûr que vous irez loin, et pas seulement à cause de votre belle gueule. Sur ce, bonne nuit, mon ami.
Je commence à me lever quand il demande avec brusquerie, sans prendre la main que je lui tends :
- Jusqu'où ?
- Pardon ?
- Vous pensez que j'irai jusqu'où ? Loin, c'est jusqu'où ?
La plaisanterie –ou pas- me fait largement sourire, mais je réponds avec le plus de sérieux possible :
- Vous irez au moins jusqu'à votre lit, ce soir.
- Oh ! Et vous ? fait-il en remontant le menton.
- Moi, jusqu'au mien. Je vous souhaite une très belle soirée, une bonne semaine de marathon d'interviews, et à une prochaine, peut être…
Je tourne les talons quand j'entends « Attendez ! C'est quoi la bonne réponse ? »
- La bonne réponse à quoi ? je demande en soupirant, éreinté.
« La critique politique et sociale de l'époque » récite-t-il avec un faux accent français. C'est quoi la bonne réponse ? Que je sache, pour la prochaine fois…
Putain, il se fout de ma gueule, ou quoi ? Je cherche dans ses yeux, je ne trouve rien, qu'une naïveté de bon aloi, et des pupilles dilatées. Ca m'apprendra à faire l'idiot, à l'avenir.
Je soupire :
- Ecoutez, il est tard, là, et j'ai comme un vieux mal de tête. Il y a de très bons sites sur le web qui analysent l'œuvre de Maupassant, ou au pire je vous enverrai un e-mail avec ce qu'il faut savoir sur le sujet, à l'occasion.
Ses yeux s'assombrissent et je vois les commissures de ses lèvres trembler, comment on en est arrivés là, bordel ? J'ajoute plus doucement :
- Merci pour le verre et l'ambiance, ça m'a rappelé ma jeunesse. Bonne nuit, Edward .
Il ne répond pas, visiblement mécontent, et détourne la tête.
Merde, je ne voulais pas ça. Un peu gêné je ressors par les portes battantes, la nuit est parfaitement calme, on n'entend que le glissement des grosses voitures, sur l'avenue. Ma moto démarre au quart de tour et je rejoins les grands boulevards déserts, les tempes vrillées par un mal de tête. Je m'en veux de cette sortie un peu lamentable, j'aurais préféré ne pas le revoir, rester sur la bonne impression de l'interview, tout à l'heure.
Mais le journal me paraît tellement loin déjà, dans une autre vie. Et la vie à la télé n'est pas la vraie vie, jamais. On a joué au con et je ne sais pas qui a gagné pour le coup, mais je sais que c'était une mauvaise idée. Ca me conforte une fois de plus dans l'idée que je ne dois pas fréquenter ces gens-là, ni politique ni show-biz, nous ne sommes pas du même monde, ils ne m'intéressent pas et n'arrivent pas à m'impressionner. Je n'achète pas, non merci. Pas à moi.
La route est pratiquement vide, à part quelques taxis ça et là. Je me demande si j'ai des rendez-vous le lendemain –ce matin plutôt, il est minuit passé- mais je ne me souviens de rien. Heureusement tout est inscrit dans mon I-phone, et au moins je ne serai pas réveillé par Esmée ou les filles, tout à l'heure.
En me garant dans mon garage je reviens à la vraie vie, la seule. Ma maison avec le jardin et la piscine bien cachée par le bois de Clamart, la balançoire pour les filles et ma femme que j'aime. Une vraie femme, pas un porte manteau ou une pute qui veut passer à la télé, à tout prix. Pas de paillettes dérisoires pour cacher la misère.
J'erre dans les pièces désertes, un peu paumé. Je prends une aspirine avec un grand verre d'eau, au loin les néons de Paris clignotent, la fête bat son plein au Ritz.
Ou pas.
A suivre….
Voilà, ce n'est qu'un début, rassurez-vous. Je vais essayer d'updater sans trop vous faire attendre, peut être une semaine sur deux ou mieux, si je peux, promis. Merci à ceux qui lisent et reviewent, vous avez été nombreux pour le premier chapitre, j'espère vous retrouver pour les suivants ! Un grand merci à Nico, toujours au poste !
Je réponds aux non inscrits :
Fat : merci, je continue !
Em : Rohlala, quelle review ! Ca fait du bien, tu sais ? J'espère que la suite te plaira toujours autant, mille mercis !
BISOUS A TOUS
