Chapitre 2
Ce fut la sonnerie stridente de son réveil qui tira Ventus des bras de Morphée ce matin-là. Le blond eut tôt fait d'arrêter cette machine du Diable d'un geste fort peu délicat, puis passa les trente secondes qui suivirent à se demander pourquoi il devait se lever à 7h du matin un mardi.
« Ah oui c'est vrai, la rentrée des classes... »
Cette simple pensée faillit renvoyer l'adolescent se terrer sous la couette, mais des coups secs portés à sa porte achevèrent définitivement de le réveiller.
« Dépêche-toi de descendre Ventus, je te rappelle que je ne t'emmène plus en cours cette année, l'appela Xehanort avant de s'éloigner d'un pas tranquille de la chambre. »
Ces paroles firent aussitôt bondir Ventus hors de son lit.
Mais oui bien sûr, enfin ! Pour la première fois depuis qu'il vivait avec son oncle, lui et Vanitas ne fréquenteraient pas le même établissement scolaire, son cher cousin se rendant dans l'un des lycées privés de la ville tandis que lui devrait se contenter du lycée public de son quartier.
Il en aurait presque dansé de joie.
« Je peux savoir pourquoi tu souris comme un imbécile ? demanda Vanitas d'un ton cassant une fois que le blond eut rejoint les deux autres pour le petit-déjeuner.
— Pour rien, pour rien du tout ! lui répondit Ventus d'un ton enjoué, ce qui porta l'agacement de son cousin à son comble. »
Il ne doutait pas que Vanitas avait très bien compris ce qui lui passait par la tête, et ça le mettait d'excellent humeur de savoir qu'il avait participé à rendre sa journée de rentrée un peu plus pénible.
« Arrêtez de vous chamailler et dépêchez-vous, je t'emmène d'ici une demi-heure, Vanitas, déclara Xehanort d'un ton sec avant de se replonger dans la lecture de son journal. »
Le brun poussa un profond soupir mais ne répondit rien, tandis que Ventus engloutit le reste de son bol de céréales en quatrième vitesse afin de pouvoir quitter la maison le plus vite possible. Après tout, marcher tranquillement dans les rues paisibles du Jardin Radieux serait toujours plus agréable que de devoir encore supporter l'atmosphère somme toute pas franchement agréable qui caractérisait si bien ses matinées ici.
C'est donc un court quart d'heure plus tard que le blond ressortit de sa chambre lavé, habillé et son sac de cours sur le dos, et qu'il se glissa à pas de loup jusque dans l'entrée où il enfila ses chaussures le plus vite possible.
Une fois tout ceci accompli, Ventus ouvrit la porte d'entrée et lança un sonore « Je m'en vais, à ce soir ! », puis détala avant que Xehanort ait pu dire quoi que ce soit.
Il parcourut encore deux rues au pas de course avant de ralentir son allure, jusqu'à adopter une démarche tranquille qu'il conserva le reste du trajet qu'il lui restait à parcourir.
Il ne lui fallut pas plus qu'une vingtaine de minutes pour rallier l'endroit où il allait rester enfermé les neufs mois à venir, et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'établissement fraîchement repeint de blanc et déjà rempli adolescents bavardant et riant lui fit une bien meilleure impression que le lycée gris et froid dans lequel il avait du passer l'année précédente.
Un rapide coup d'œil à sa montre lui apprit ensuite qu'il lui restait cinq minutes pour se trouver devant sa salle de classe afin d'être accueilli par son professeur principal avec les autres élèves, aussi s'engouffra-t-il sans plus attendre dans le bâtiment à la recherche de la classe de Première L.
Oui, L. Une raison de plus pour son oncle de le mépriser, mais passons. La salle 113 donc, s'il avait bien lu la liste placardée à l'entrée de l'établissement.
La salle ne fut à son grand soulagement pas trop difficile à trouver, et c'est même avec deux minutes d'avance que Ventus se retrouva à attendre entouré d'une vingtaine d'autres personnes de son âge. La plupart avait l'air de bien se connaître et discutait avec animation des vacances qui venaient de se terminer, et le blond passa le peu de temps qu'il lui restait à attendre et à écouter d'une oreille distraite parler de plages, de montagnes et de pays à l'air tous plus fabuleux les uns que les autres.
Bah, avoir passé son été au milieu des cartons ne l'avait pas non plus tué.
C'est au moment précis où il se fit cette réflexion que la cloche retentit dans tout le couloir, et qu'il vit un homme à la longue chevelure blonde et flanqué d'une blouse blanche marcher d'un pas vif dans leur direction. Monsieur Even Fowler, à n'en point douter.
« Un peu de silence je vous prie, vous n'êtes pas des animaux à ce que je sache ! s'exclama l'adulte une fois au niveau de ses élèves. »
Si son intervention avait contribué à faire baisser le volume sonore, une certaine agitation était toujours présente dans l'air. Le professeur Fowler ne sembla pourtant pas trop s'en formaliser et ouvrit la salle sans faire d'autre commentaire.
Le flot d'élèves s'engouffra aussitôt dans la salle, les plus rapides se ruant sans attendre sur les places qu'ils convoitaient.
« Je croyais vous avoir dit quelque chose, jeunes gens ! Tous debout devant le tableau, c'est moi qui vais vous placer. Et inutile d'espérer vous retrouver à côté de Monsieur Dyster, Monsieur Carter. J'ai déjà assez donné de ma patience l'année dernière, déclara sèchement l'enseignant en s'adressant à un rouquin aux yeux verts flamboyant. »
Ventus l'entendit distinctement lâcher un « fait chier ! » de courtoisie à leur professeur principal, qui lui fit comme s'il n'avait rien entendu et le regarda se séparer à contre-coeur d'un garçon aux longs cheveux bleus.
« Bien, maintenant ce petit détail réglé, je vais pouvoir procéder comme je l'entends. »
Even sortit alors le trombinoscope de la classe et commença à y piocher des noms au hasard, indiquant en même temps aux élèves désignés où est-ce qu'il étaient censés s'asseoir.
Lorsque Ventus fut enfin appelé, ce fut pour être placé au deuxième rang en partant du tableau, un peu trop proche du bureau professoral à son goût mais il tâcha de relativiser : il aurait pu se retrouver encore un rang devant.
Le blond en était encore à ses pensées lorsqu'il entendit soudain la chaise sur sa gauche racler le sol et quelqu'un s'y affaler en poussant un profond soupir de dépit.
« 'Tain, l'a vraiment décidé de bien commencer l'année le vieux, marmonna le roux de tout à l'heure, avant d'enfoncer son visage dans ses bras croisés et de s'affaler sur la table. »
Pendant environ dix secondes de flottement, Ventus se demanda s'il devait dire quelque chose ou bien laisser son nouveau voisin de classe tranquille, jusqu'à ce que ce dernier ne décide pour lui en se redressant brutalement et en s'exclamant d'un ton joyeux :
« Enfin bref, la vie continue ! Ah au fait moi c'est Lea, Lea Carter ! Et toi, comment tu t'appelles ? »
Ventus fixa deux secondes la main qui lui était tendue avant de fermement ma serrer et de répondre :
« Ventus, Ventus Strife.
— Ok Ventus, on dirait bien qu'on est partis pour passer un bon bout de l'année ensemble !
— On dirait, oui, répondit le blond en souriant. »
Décidément, ce Lea avait l'air d'être un sacré numéro.
Le roux sembla ensuite vouloir poursuivre leur petite conversation, mais fut discourtoisement devancé par Even qui après avoir réclamé à nouveau le silence commença à leur déballer tout le côté administratif qui caractérisait inévitablement tous les jours de rentrée scolaire.
Ventus écoutait le tout d'une oreille distraite, prenant des notes quand c'était nécessaire mais passant au final plus de temps à griffonner dans son agenda qu'à vraiment s'intéresser au programme de Sciences de cette année. Il en entendrait parler bien assez tôt de toute façon, alors au fond, où était le mal ?
C'est en tout cas ce que semblait penser la plupart de ses camarades, qui comme lui supportèrent courageusement les deux longues heures qui suivirent avant que la cloche ne les libère enfin pour la récréation.
Le blond fut aussitôt emporté par le flot d'élèves se ruant vers la sortie, et en fut heureusement rapidement tiré par son cher voisin de classe maintenant accompagné de son ami aux cheveux bleus et d'un autre garçon dont les cheveux couleur ardoise couvraient la moitié de son visage.
« Ahlala, quelle bande de sauvages vraiment, déclara Lea d'un ton faussement blasé.
— Tu peux parler, Lea. Tu ne vaux pas beaucoup mieux qu'eux à l'heure du déjeuner, commenta l'adolescent aux cheveux ardoises avant de sortir un volumineux livre de son sac de cours.
— Oh Ienzo, tu me brises le cœur ! s'exclama dramatiquement le roux en portant les mains à sa poitrine.
— Au lieu de déblatérer des âneries, tu pourrais avoir la décence de nous présenter, Lea, rétorqua le second garçon d'un ton parfaitement mesuré. Ton ami a l'air à deux doigts de partir en courant.
— Non pas du tout, je...»
— Ne fais pas attention, cet imbécile n'a pas vraiment conscience de ce qui est politiquement correct ou non, répondit le premier d'un ton plus léger avant de refermer son livre d'un geste sec et de lui tendre la main droite. Je suis Ienzo, Ienzo Drage, et lui c'est Isa Dyster. »
Ventus serra tour à tour la main de ses deux nouvelles connaissances, et Isa enchaîna aussitôt :
« Tu es nouveau, non ? Je ne me rappelle pas t'avoir vu l'année dernière.
— Oui, on vient juste d'emménager avec ma... Famille, répondit Ventus en tâchant de ne pas perdre le sourire.
— Et où est-ce que vous viviez avant ? poursuivit Ienzo d'un air intéressé.
— À Illusiopolis.
— Ouch, jamais pu supporter cette ville ! Je suis obligé d'y aller une fois par an pour voir de la famille, et je peux te dire qu'on ne rate pas grand chose ! s'exclama Lea.
— Ça, c'est sûr... »
Le silence retomba progressivement entre eux, silence qui fut cependant rapidement brisé par la voix énergique de Lea :
« Bon, trêve de bavardage, je veux pouvoir profiter de l'air libre au moins dix minutes avant de devoir retourner m'enfermer avec cette vieille peau de vache ! »
Les autres le suivirent de bonne grâce, et le reste de la pause passa au fil de leurs conversations jusqu'à ce qu'il soit temps de retourner en classe pour le reste de la matinée.
Une fois tous les élèves à nouveau assis à leur place, Even prit le temps d'examiner chacun d'entre eux d'un regard perçant avant de déclarer avec un sourire tout aussi malsain :
« Bien, j'ai le plaisir de vous annoncer que vu la vitesse avec laquelle nous traitons toute la partie administrative de cette journée, nous pourrons entamer le programme de Sciences cet après-midi même ! »
Le profond soupir de dépit de Ventus vint s'ajouter à celui de tous ses condisciples. Décidément cette journée promettait d'être longue, très longue...
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Une semaine avait passée depuis la rentrée, et une tranquille routine commençait à s'installer dans la vie de Ventus.
Ses professeurs étaient dans l'ensemble plutôt accueillants, l'ambiance de classe plutôt bonne et, surtout, pour la première fois en cinq ans, il se rapprochait vraiment de plusieurs personnes qu'il n'avait plus peur de considérer comme ses amis.
Amis avec qui il se trouvait assis au milieu de tous les élèves de Première rassemblés dans le gymnase d'ailleurs, occupés à écouter depuis dix minutes à présent les trois professeurs d'EPS parler des différentes possibilités de cette année. De toute façon son choix était fait depuis longtemps : il n'aimait pas particulièrement nager et rien que d'imaginer monter l'immense mur d'escalade du lycée lui donnait le vertige, aussi se rapatria-t-il d'office sur le groupe qui proposait trois sports pratiqués sur la terre ferme.
« Bien, vous avez donc choisi pour cette année l'Athlétisme, l'Ultimate et la Course d'endurance, et avant d'aller plus loin dans mes explications, je rappelle que les frisbees sont censés atterrir dans les mains de vos coéquipiers et non dans le visage de vos adversaires, Monsieur Carter, déclara le professeur Highwind d'un ton sévère. »
Le groupe entier partit d'un immense éclat de rire tandis que Lea se passa une main dans les cheveux, l'air à la fois fier et gêné.
« Enfin bref, tout le monde dehors, je veux voir la piste prête pour des courses de relais d'ici dix minutes ! s'exclama ensuite l'adulte en tapant dans ses mains. »
Les quelques trente-deux élèves que le groupe comprenait eurent tôt fait d'installer les plots marquant l'endroit où le témoin devait être passé, aussi Cid les soma-t-il sans attendre de former des équipes de quatre.
« Eh Ventus viens par ici, tu seras pas de trop rattraper ces deux catastrophes ambulantes ! s'exclama joyeusement Lea en désignant Isa et Ienzo.
— Fais attention à ce que tu dis, Lea. Tu pourrais bien le regretter, déclara posément Ienzo d'un ton mesuré qui sonna pourtant comme menaçant aux oreilles des trois autres.
— Allez dépêchez-vous les jeunes, on a pas toute la journée ! Quatre équipes sur la ligne de départ, et que ça saute ! »
Les élèves les plus proches de l'endroit désigné s'exécutèrent aussitôt, et eurent à peine le temps de se mettre en place avant que Cid ne donne un bruyant coup de sifflet et que Lea ne se mette à déblatérer à toute vitesse :
« Bon alors écoutez, ça va pas être compliqué : Ienzo, tu pars en premier, ensuite Isa, Ventus, puis moi. Des questions ? Parfait, moi non plus ! Allez venez, ça va être à notre tour ! »
Le professeur Highwind leur ordonna en effet pour la troisième fois en dix secondes de se « bouger un peu le cul » et chacun prit la place que Lea lui avait désigné, non sans une certaine appréhension pour Ventus.
« Arrête de penser n'importe quoi, c'est juste cent malheureux mètres à courir. Ce n'est quand même pas le bout du...»
L'adolescent n'eut pas le temps d'aller au bout de sa pensée que déjà Isa arrivait sur lui, talonné de très près par trois autres garçons de leur classe. Il sentit à peine le témoin lui être donné, et se rendit encore moins compte de ce qu'il faisait jusqu'à passer le bout de bois dans la main tendue du roux et revenir à la réalité la respiration saccadée et les jambes douloureuses.
Il trouva quand même le moyen de rendre son salut enthousiaste à Lea lorsque celui-ci franchit la ligne d'arrivée avec cinq bons mètres d'avance sur ses concurrents.
Le blond entreprit ensuite de retourner près de la ligne de départ, mais ne s'attendait certainement pas à devoir réceptionner un projectile de soixante bon kilos.
« La vache, tu nous avais pas dit que tu courrais si vite ! Tu les as littéralement soufflés ! s'exclama joyeusement Lea en rejoignant le reste du groupe.
— Ah oui, peut-être... marmonna Ventus, embarrassé. »
Être le bouc-émissaire de toute une école apprenait beaucoup de chose, en particulier à courir pour échapper aux ennuis. Et de préférence vite.
« L'autre porc-épic a raison, gamin. Dis-moi, ça te dirait de passer les sélections du club d'athlétisme ce soir après les cours ? On aurait bien besoin d'un peu de chaire fraîche dans l'équipe ! intervint soudainement Cid.
— Euh, je ne sais pas si...
— Allez viens, au moins juste pour tester ! Et puis j'y vais aussi alors comme ça, tu ne seras pas trop perdu ! renchérit Lea en passant un bras autour de ses épaules.
— D'accord, mais...
— Alors c'est entendu. Et soyez à l'heure tous les deux, sinon je peux vous garantir que ça va chauffer pour votre matricule ! »
Le roux éclata franchement de rire, tandis que Ventus poussa un profond soupir de dépit.
Mais dans quoi venait-il encore de s'embarquer ?
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Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce fut bien moins pire que ce à quoi Ventus s'était attendu.
Lea et lui avaient en effet passé sans aucun problème tous les tests auxquels Cid les avaient soumis, et c'est donc ainsi que le blond se retrouva titulaire dans l'équipe et fut tenu de se présenter deux heures les mardi et jeudi soir à 17 heures précises.
« Et pas de retards, sinon je m'occuperai personnellement de votre cas ! »
Bah, ça ne pouvait pas être une mauvaise chose, n'est-ce pas ? Après tout, c'étaient toujours quatre heures de moins à passer en compagnie de son oncle et de son cousin.
« Ah au fait Ventus, j'ai des potes qui s'entraînent à l'intérieur du gymnase, ça te dirait de les rencontrer ? lui proposa Lea alors qu'il s'apprêtait à partir.
— Oui, pourquoi pas ? accepta de bon cœur le blond avant de demander : au fait, à quoi est-ce qu'ils s'entraînent ?
— Au Kendo ! Tiens regarde, sont justement en train de s'en donner à cœur joie. »
Ventus observa avec attention ce qui semblait être deux garçons un peu plus âgés que lui échanger de violents coups, aucun ne semblant vouloir céder du terrain à l'autre.
Pourtant, au bout de cinq minutes d'affrontement acharné, le plus grand des deux commença à montrer quelques signes de faiblesse, et le combat eut tôt fait de virer à son total désavantage.
« Ben alors Braig, on se ramollit ? lança Lea lorsqu'un ultime coup de sabre désarma le combattant. »
Les deux jeunes hommes se tournèrent aussitôt et retirèrent simultanément leurs masques, et Ventus profita du fait que ''Braig'' commence à se chamailler avec Lea pour mieux pouvoir détailler ces deux inconnus.
Le premier avait de longs cheveux noirs retenus en une fine queue de cheval et des yeux marrons lançant présentement des éclairs à son interlocuteur, tandis que l'autre possédait des cheveux châtains légèrement en bataille et de grands yeux bleus. Des yeux bleus qui le fixaient avec autant d'intensité qu'il devait être en train de le faire, réalisa-t-il soudain.
« Eh bien Lea, tu nous présentes ton ami ou tu continues à te disputer comme un gamin ? demanda tranquillement une jeune femme aux cheveux et aux yeux bleus assise à quelques mètres de là pour pouvoir profiter pleinement du combat. »
Le roux s'interrompit immédiatement dans sa joute verbale et déclara :
« Alala, je manque vraiment à tous mes devoirs ! Les gars, je vous présente Ventus. Ventus, le gamin avec qui je discutais précédemment s'appelle Braig, cette délicieuse créature sur le côté s'appelle Aqua et le type qui te fixe depuis deux minutes non-stop, c'est Terra. »
Le dénommé détourna aussitôt les yeux à la remarque de Lea, ce qui eut pour effet de bien faire rire ses deux condisciples. Quant à Ventus, il ne pouvait se départir de l'impression qu'il avait déjà vu ce Terra quelque part.
« Enfin bref, quitte à t'être ramené ici avec de la visite, que dirais-tu d'un petit affrontement amical ? demanda Braig avec un sourire qui rappela l'espace d'un instant celui de Vexen à Ventus.
— Désolé, je passe mon tour aujourd'hui, mais je suis sûr que Ventus se fera un plaisir de t'accompagner sur ce coup-là. »
Le temps que le blond enregistre ce que Lea venait de dire, Braig lui avait déjà fourré une arme dans les mains et s'était mis en position de combat. Une furieuse envie de tenir son arme à l'envers prit soudain Ventus à peine ses doigts entrèrent-ils en contact avec le bois, mais il refoula bien vite cette pensée dans un coin de sa tête et se prépara mentalement à subir une fantastique humiliation.
Quoi qu'il ait pu penser précédemment, il ne s'attendait certainement pas à être capable de tenir tête à son adversaire pendant plus de cinq minutes avant que celui-ci ne finisse par le désarmer.
« C'était pas mal du tout, petit. Tu es sûr que t'as jamais pratiqué avant ? demanda finalement Braig.
— Non, mais mon cousin en faisait beaucoup au collège : j'ai pas mal du le regarder pratiquer pendant des tournois.
— Ah, ça doit être ça. Enfin bref, c'est criminel de te laisser partir chez le vieux Highwind avec un potentiel pareil ! T'es sûr que tu ne veux pas plutôt rester dans le camp des vainqueurs ?
— Eh pas touche, il est en athlé et il y reste ! s'anima brusquement Lea.
— Oh la derme Poil de carotte, on t'a pas sonné !
— Répète un peu pour voir ?! »
Et c'est ainsi que les deux adolescents reprirent leur ''conversation'' précédente, sous le rire amusé d'Aqua et les soupirs consternés de Terra.
« Je ne vois pas pourquoi tu soupires, je pensais que tu t'étais habitué à l'idée qu'on ne les changerait pas, depuis le temps.
— Je sais je sais, quel imbécile d'avoir pensé qu'à 16 et 18 ans ces deux-là évolueraient enfin ! »
Le rire de Ventus vint s'ajouter à celui d'Aqua, et c'est seulement à ce moment-là que le blond réalisa que c'était la première fois que le châtain ouvrait la bouche en sa présence.
« Il a une voix plutôt agréable, pensa-t-il alors qu'au loin retentissaient six coups à l'horloge de la ville. »
Attends une minute, six coups ?!
« Faut que je rentre, mon oncle va me tuer ! s'exclama soudain le blond en ramassant précipitamment son sac. »
Les autres le fixèrent quelques instants avant de tous lui dire au revoir à leur manière, puis Ventus quitta en courant les lieux dans l'espoir que Xehanort ne lui passerait pas un trop gros savon s'il arrivait à rentrer chez lui d'ici un quart d'heure.
Une pensée trouva pourtant le moyen de se faufiler dans son esprit paniqué, un souvenir qui remontait à la fin de son année de Troisième et qui expliquait subitement cette impression de déjà-vu qu'il avait eu en regardant Terra.
Ce jour-là, il avait une fois de plus été forcé par Xehanort à assister à l'un des tournois auxquels Vanitas participait régulièrement, et il se souvint ensuite de l'adversaire qui l'avait éliminé en quart de finale, l'adversaire qu'il n'avait cessé d'encourager en pensées seulement pour ne pas risquer d'ennuis.
Il se souvenait maintenant parfaitement du regard meurtrier de Vanitas, auquel Terra n'avait répondu que par un air parfaitement neutre. Il lui sembla ensuite que leurs regards s'étaient un instant croisés, mais Ventus n'y prêta pas plus attention que cela.
« De toute façon, il ne doit sûrement pas se souvenir de moi, raisonna le blond avant de poursuivre sa folle course dans les rues du Jardin Radieux. »
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N'avais-je point prédis que cela serait plus long ? Enfin bref, je vous laisse, je dois retourner lutter contre la crève en matant la fin du premier Anime de Fullmetal Alchemist. Bonne fin de journée les gens !
