Re ! Je poste ici le second chapitre en vous remérciant de m'avoir suivie et postée une review, ça m'encourage à écrire la suite fainéante comme je suis.
ENJOY !
CHAPTER 2 : Human Again
Liz prit doucement les mains de sa fille dans une vaine tentative à maintenir l'air serein qui régnait dans le vaste appartement. Mais Caroline n'était pas dupe, elle savait parfaitement que sa mère la prenait pour une folle. Elle se leva brusquement, les narines frémissantes et les yeux grands ouverts, alors qu'elle essayait inutilement de garder son calme respectif. Car c'était une chose de devenir un vampire, elle n'était pas prête à dire que c'était facile, et elle ne serait peut-être jamais mais c'en était une autre de se retrouver humaine du jour au lendemain, sans avoir rien demandé.
« Caroline ma chérie, il doit forcément y avoir une explication à tout ça, un vampire ne peut pas redevenir humain… »Commença Liz d'une façon maternelle pour ne pas brusquer sa fille.
« Je ne suis pas folle maman ! » Explosa la principale concernée en plongeant ses mains dans ses longues boucles blondes. « Je ne peux pas me nourrir de sang humain, ni hypnotiser sans oublier que mon ouïe ne s'étend qu'à quelques mètres de moi, et pour couronner le tout, mon cœur bat, maman ! Mon cœur recommence à battre ! » Articula-t-elle.
Liz devait se rendre à l'évidence : sa fille redevenait peu à peu humaine. Elle ignorait si c'était une mauvaise chose, ou la meilleure qui lui soit révélée de bon matin, dans son loft à New York, tout ce qu'elle savait, c'était que revoir sa fille en bonne et due forme était déjà une bonne chose. Ce qu'elle regrettait par contre, c'était que redevenue humaine, Caroline ne pouvait plus user de ses dons surnaturels pour avoir la meilleure des vies, un appartement y compris. Comment sa fille allait-elle se débrouiller maintenant qu'elle n'était plus qu'une adolescente de dix sept ans sans aucune défense ?
« Chérie, tu veux venir habiter avec moi à New York ? » Proposa Liz d'une voix qui se voulait convaincante.
« J'aimerai beaucoup, maman, mais on sait toutes les deux que si je dois vivre ici, tu devras payer toi-même la location et je sais aussi que ton nouveau job ne va pas te le permettre… » Répondit Caroline sur le même timbre de voix, timide mais surtout terrifiée à l'idée de retourner affronter ce vieux riche qui voulait un paquet d'argent qu'elle ne possédait pas.
Le Shérif ne répondit rien. Sa fille avait totalement raison, c'était déjà un miracle qu'elle ait pu trouver un travaille où le patron payait lui-même le loyer de ses agents, même si cette nouvelle résidence était moins luxueuse que celle de Mystic Falls, n'empêche que c'était avec une difficulté déconcertante qu'elle arrivait à boucler les mois dans son ancienne ville, elle était même prête à aller remercier Katherine qui avait transformée sa fille pour ainsi économiser les frais de la nourriture humaine. Donc non, Liz Forbes ne savait pas comment elle pouvait faire vivre sa fille sous le même toit qu'elle, dans une ville telle que New York, trois fois plus difficile que Hampton ou Mystic Falls. Elle soupira d'agacement et reporta son attention vers Caroline qui, elle, la jaugeait d'un air suppliant, interrogatif.
«…Et aussi, t'as de quoi me payer trois mois de location pour un appart' qui coûte les yeux de la tête ? » Fit-elle d'une manière tout à fait désespérée et déplacée en plissant les yeux.
« Caroline, qu'est-ce que tu as encore fait ? » Soupira Liz en roulant péniblement les yeux. « Je t'avais demandé de trouver un appartement normal, pourquoi diable es-tu allée au plus cher ? »
« Arrête de me faire culpabiliser ! » Hurla-t-elle presque en se mordillant la lèvre inférieure. « Disons que j'ai trouvé ça plus « approprié » si j'usais de mes pouvoirs, pour une fois qu'ils me servent à quelque chose »
« Tu vas avoir des ennuis, Caroline » Souffla Liz en se grattant l'arrière du crâne, à la recherche d'une issue convenable à tout ça.
« J'ai déjà des ennuis » Admit-elle finalement en fuyant le regard désapprobateur de sa mère.
« Comment ça ? » Demanda le shérif Forbes, craignant déjà le pire connaissant sa fille.
« Bah, en faite, avant de venir ici, le proprio de l'appartement m'a rendu une petite visite amicale où il m'a pratiquement menacée de me mettre en prison si je ne lui payais pas ce que je lui dois aujourd'hui » Avoua Caroline, braquant les yeux bleuâtre penchant au vert au sol.
« C'est pas vrai ! »
« Je sais, je sais, j'ai commis une grosse connerie et…Et je sais pas comment me débarrasser de lui…A moins que je parte en Alaska et que je change d'identité, ce qui n'est pas mal du tout d'ailleurs lorsque j'y pense… » Bafoua-t-elle, confuse mais surtout horrifiée à l'idée de se retrouver en tunique orange derrière les barreaux.
C'était la dure réalité à laquelle devait Liz Forbes se rendre : sa fille était une dégénérée de première. Et le plus horripilant dans toute cette histoire, c'est qu'elle ne possédait absolument pas la somme demandée par ledit Frank Cavanaugh et que par conséquent, elle n'était d'aucune aide à sa fille. Tout en comprenant le verdict de sa mère, Caroline se leva lentement et enfouis ses mains dans la poche arrière de son jean avant de les ressortir pour cacher son visage avec ces derniers. Elle était dans de beaux draps et désormais éloignées de touts ses contacts, elle n'avait aucun moyen pour se sortir de ce pétrin.
« Peut-être que je pourrai me trouver un job à Hampton… » Commença Caroline avec la lueur d'espoir à laquelle elle s'accrochait depuis quelques heures déjà.
« Même si tu te trouvais le travaille de patron d'entreprise, Caroline, tu n'arriveras absolument pas à boucler ce que tu dois à Cavanaugh » Répondit Liz péniblement en suivant le geste de sa fille.
« Bien alors, il ne me reste plus qu'une seule option » Marmonna la jeune blonde pour elle-même.
« Ce serait trop te demander de me dire laquelle ? » L'interrogea l'adulte en plissant les yeux.
« C'était dans mes intentions. » Débuta Caroline en rassemblant tout son courage dans un énième souffle. « Je vais aller négocier avec Cavanaugh, s'il peut me laisser un délai, je ne sais pas, je vais me débrouiller ! Si j'ai été capable de distraire Klaus pendant qu'on essayait de l'entuber, je pense pouvoir convaincre un vieux coincé qui porte un costard comme personne » Railla-t-elle faussement, dubitative.
Aussitôt cette phrase sortie de sa bouche involontairement, Caroline se mordit la lèvre jusqu'au sang. S'il y avait bien quelque chose qu'elle avait su maintenir aussi bien humaine ou vampire, c'était cette mauvaise manie d'avoir la langue bien pendue, même dans les extrêmes et cette fois-ci, elle allait peut-être en payer les frais.
« Tu as beaucoup de choses à me dire une fois que tu seras débarrassée de cet homme, Caroline » En déduisit Liz en fronçant les sourcils face à la déclaration involontaire dont venait de lui faire part sa fille.
« Tu m'en diras tant » Marmonna la concernée péniblement en rejoignant la sortie. « Bon, je pense que je devrais partir, sinon je risque de me faire coincer dans les embouteillages, je t'appellerai lorsque tout sera réglé…Ou pas » Conclut-elle en claquant la porte, non sans avoir déposé un furtif baiser sur la joue de sa mère.
Liz se contenta de sourire faiblement. Sa fille était redevenue humaine. Redevenue humaine, c'était difficile à dire, pratiquement aussi difficile à avouer que l'époque où elle devait admettre que cette même fille devenait vampire. Comment était-ce possible ? Comment un vampire peut-il redevenir humain du jour au lendemain ? C'était un mystère. Un mystère qu'elle ne chercherait d'ailleurs pas à résoudre car ce qu'elle avait toujours rêvé se réalisait là, sous ses yeux, le rêve de toute mère qui voit sa fille se transformer en poupée en porcelaine figée dans le temps, pour l'éternité…
Caroline claqua avec humeur la portière de sa voiture avant de rejoindre précipitamment les escaliers de l'immeuble. Elle les dévala quatre à quatre et se retrouva devant la porte, pour une seconde fois en deux jours de suite, celle-ci était ouverte. Tout en poussant un soupir d'agacement, elle entreprit de mettre les choses au clair avant même de pénétrer l'appartement.
« Ça va, ça va, j'ai compris la leçon M. Cavanaugh, je vais vous… » Commença-t-elle avant de voir une toute autre personne dans sa résidence, du moins, son ancienne résidence.
« C'est Sullivan, Caro' » La corrigea une jeune brune aux mèches de multiples couleurs, un verre à la main.
« Cassie, tu sais que je t'adore mais ne refais plus jamais ce genre de choses avec moi » La menaça-t-elle d'un ton railleur en soupirant de soulagement.
« Qu'est-ce qui t'effarais à ce point ? Je pensais que Care Baer n'avait peur que des gens de la même espèce qu'elle » Ironisa la concernée en s'approchant d'avantage, ayant déjà déposé le verre de sang sur la table. « Nous sommes des vampires, on a pas à avoir peur, sauf bien sûr dans ton cas où, par pure idiotie ou naïveté peut-être, on a gardé notre humanité »
« Je ne suis pas d'humeur à relever tes remarques, Cassie » Souffla-t-elle en s'allongeant sur le canapé.
« Tu viens de le faire, alors dis-moi, qu'est-ce qui te rends aussi…Attends une minute, est-ce que j'ai trop bu ou j'entends ton cœur battre ? » Scanda ladite Cassie en écarquillant les yeux.
Caroline ignorait si ce geste était venant du fait qu'elle soit horrifiée à l'idée que son amie soit redevenue humaine ou par pur étonnement. Mais connaissant cette nouvelle connaissance fraichement débarquée à Hampton et se trouvant unique vampire du coin, accompagnée bien sûr de Caroline, elle choisirait plutôt la première option. Cassie, de son vrai nom Cassidy est un vampire bien plus vieux que Caroline, elle devait avoir plus de deux cents ans, frivole, je m'en foutiste hors paire et plutôt tueuse en série qui ne tente même pas de dissimuler ses crimes, Caroline s'était et pourtant retrouvée plus d'une fois confrontée à cette personne-là, qui, en plus, avait éteint son humanité depuis fort longtemps, du moins, c'était ce qu'elle lui aspirait à chaque fait ou geste ou parole prononcés. Néanmoins, en la fréquentant de jour en jour, elle s'était elle-même surprise à l'apprécier. Elle enviait sa vie résumée à une trainée de cadavre, sans sentiments, sans émotions, sans peines, sans douleurs, juste agir sans réfléchir. Elle voulait le faire, mais contrairement à Cassie, Caroline avait encore ses amis, sa famille ainsi que beaucoup de proches. Cassie, elle, s'était attirée des ennuis deux siècles plus tôt et s'était retrouvée avec un vieux vampire qui voulait sa peau et par conséquent, en ne pouvant pas mettre la main sur elle, avait détruit sa famille, un à un. Jusqu'à présent, plus de deux mois « d'amitié » si on puisse dire, jamais Caroline n'avait pu lui faire cracher le nom de cet homme qui n'avait pas du tout l'air de l'effrayer, juste la faire courir et fuir pour l'éternité s'il le fallait, elle disait vouloir éviter les ennuis mais elle ne semblait pas vouloir assumer le fait que rien de parler de lui la rendait déjà nerveuse. Donc, en faîte non, Cassie Sullivan n'avait pas totalement éteint son humanité, une part d'elle émergeait derrière l'iceberg.
« Nope, tu as tout-à-fait raison, je redeviens humaine » Affirma Caroline après un bref moment.
Mais contrairement à la réaction à laquelle Caroline s'attendait, Cassie éclata d'un rire franc et railleur.
« Tu te fous de moi, n'est-ce pas ? » Voulut-elle confirmer dans un bref froncement de sourcils.
Voyant Caroline hocher de la tête en signe négatif en pinçant le nez, elle poursuivit :
« Oais, tu te fous de moi » Lança-t-elle. « Comment as-tu pu faire pour permettre à ton cœur de battre à nouveau ? » Demanda-t-elle curieusement d'un ton moqueur.
Caroline entrouvrit les lèvres pour répondre de manière franche mais la brunette à côté d'elle la devança et lança d'une manière très peu appropriée à la situation :
« Non attends, je sais, tu as engagé une sorcière, mais oui, une sorcière, elles s'y connaissent en trucs qui servent à rien » En déduit-elle en tapotant son menton du doigt d'un air faussement songeur.
La blonde à côté d'elle fit d'un signe de la tête que non, ce n'était pas du tout ça et encore une fois, la seconde vampire, ou plutôt l'unique vampire dans la pièce, Caroline n'arrivait toujours pas à l'admettre, prit la parole d'une manière déterminée à savoir la vérité, la vérité qui aurait pu être étalée si elle ne devançait pas la principale concernée à chaque fois.
« Non je sais, je sais, tu as une sœur jumelle, en faîte, Caroline est cachée quelque part dans cet appartement et toi, toi tu es sa sœur jumelle qui est restée humaine ! » Fit-elle d'un air fier, fière de son exploit apparemment.
La regardant faire la pause, le nez pincé, droite comme un i et les mains sur les hanches telle une dame de grande société du dix septième siècle, Caroline pouffa d'un rire qui résonna dans toute la pièce avant de reprendre rapidement son sérieux, un sérieux qu'elle avait du mal à garder en compagnie de Cassie.
« Je ne sais pas ce qui devrait me choquer le plus : le fait que tu aille jusqu'à intégrer les sorcières dans une mauvaise blague alors que je n'ai jamais eu de très bonnes relations avec elle, ou alors le fait que tu me connaisse si mal pour aller chercher une sœur jumelle dans tout ça alors que j'en ai pas » S'esclaffa Caroline en se pliant en deux, les mains pressant son ventre.
« Un peu les deux je pense » Avoua Cassie d'un air faussement compatissant.
« Je t'en vois désolée, Cassie »
« J'apprécie ta compassion, Caroline, tu es un modèle que je devrai suivre » S'exclama-t-elle, les yeux rivés au sol comme pour s'innocenter.
Les deux jeunes femmes se lancèrent dans un rire jouissif. Un rire qui paru durer longtemps, du moins, jusqu'à ce que Caroline le rompe.
« Ecoute, ce matin, quand je me suis réveillée, j'avais sentie quelque chose de différent chez-moi » Entama-t-elle finalement. « Au début, je me suis dis que c'était juste la fatigue survenue après avoir cavalé pour préparer la fête que m'avait demandé d'organiser le maire, mais après, je suis allée prendre une poche de sang, quand j'y ai goûté, c'était juste imbuvable, immonde, je n'avais jamais rien bu d'aussi mauvais… »
« Ça devait être une mauvaise poche de sang, quoique je n'étais pas au courant du fait que les poches de sang avaient une date d'expiration » Souffla Cassie.
« J'y ai pensé, mais après, j'ai essayé d'hypnotiser une serveuse et le mec qui est le proprio de cet appart', tu vois mais rien, et le pire, c'est qu'ils n'étaient pas sous verveine… » Poursuivit Caroline, déjà déconcertée par son propre récit.
« Tu sais, j'ai visité de nombreuses villes où les habitants avaient de la verveine dans l'organisme, on l'injectait dans l'eau de la ville ou autre futilités, sur ce côté, je ne pense pas que ce soit une source sûre » Tenta-t-elle de la rassurer.
« Non, je redeviens humaine, Cassie ! » Explosa la blonde. « Je ne peux plus faire sortir mes crocs, ni même entendre à travers les portes, j'arrive même plus à entendre ce vieux couple marié se disputer alors que c'est une litanie depuis que je suis là ! »
Caroline soupira, un peu et elle se serait sans doute étouffée dans son élan ou flot de paroles. Lorsqu'elle leva les yeux vers Cassie, celle-ci semblait pour une fois éluder la question longuement. Rien. C'était juste impossible. Redevenir humaine était une option à laquelle elle n'aurait même pas pensé, sans doute parce que ça faisait tellement longtemps qu'elle ne savait plus ce qu'est d'être humaine, à quoi cela ressemblait, ce qu'elle ressentait autrefois, à l'époque où elle était encore humaine ou encore, à l'époque où elle n'avait pas éteint ses émotions, une époque bien plus que douloureuse et dont elle n'avait aucune envie de se rappeler…Du moins, pas pour l'instant…
« Je vais te parler franchement, Caro', ce qui est très rare d'ailleurs me connaissant, mais pour moi, redevenir humaine ne peut se faire que d'une seule façon : soit il y a un remède dont, mystérieusement, je n'ai jamais entendu parler pendant toute ma longue vie et qu'on t'a fait ingurgité dans le corps sans que tu t'en rende compte, soit on t'a jeté un sort volontairement, ce qui veut dire que quelqu'un veut te tuer, franchement, à quoi ça servirait de te faire redevenir humaine si c'est pour effacer touts les crimes que t'a commis dans la nature, comme par exemple, tuer de pauvres lapins sans défense juste parce que t'as faim, ou pire encore : des écureuils ! » Exagéra-t-elle dans de vagues gestes des mains. « Sérieux, faut vraiment trouver le fin mot de l'histoire, ou alors, tu te trouve une fausse carte d'identité et tu déménage à l'autre bout de la planète et tu t'appelleras Monica StJermain »
Caroline fit une moue faussement boudeuse et croisa obstinément les bras autour de la poitrine. C'était drôle quand-même comment Cassie arrivait à commencer une phrase très bien et la finir sur un ton totalement différent, de façon à la rendre moins tragique et dramatique qu'avait le don de Caroline à faire tourner.
« Qu'est-ce qu'on est sensées faire maintenant ? » S'exclama-t-elle en ramenant sa main droite au niveau de son front.
« Je crois que je viens de le dire » Lança Cassie dans un claquement de langue agacé, irritée par cette situation dans laquelle Caroline la mettait.
La jeune blonde leva instantanément la tête et croisa le regard légèrement sombre du vampire qui lui servait autrefois de locataire. En faîte, Cassie avait tout à fait raison. Pourquoi s'était-elle retrouvée humaine du jour au lendemain ? Comment se fait-il qu'un vampire puisse redevenir humain ? Et surtout, qui venait de lui faire ça et pour quelle raison ? Tant de questions auxquelles elle n'arrivait absolument pas à trouver des réponses convenables.
« Bon, je suis humaine, ça va, je peux encaisser… » Murmura désespérément Caroline en se donnant moralement du courage sous les yeux interloqués de Cassie.
« Non tu ne peux pas ! » Lâcha la brunette en roulant péniblement les yeux. « T'es fauchée, t'as dix neuf ans, un milliardaire veut que tu lui donne son fric, ta mère ne peut même pas s'offrir un plat chinois constitué de nouilles et t'es humaine, sérieusement Caroline, tu penses pouvoir encaisser ça ? »
Mais la principale concernée ne répondit pas. Elle se contenta d'afficher une mine déconfite et de s'assoir brusquement sur la première chaise qui se trouvait devant elle. Cassie était, certes, très brusque mais elle était prête même à la remercier de faire preuve d'autant d'honnêteté. A quoi bon se voiler la face ou espérer s'en sortir si on sait au profond de nous-mêmes que tout n'est que façade ? Elle devait faire quelque chose, quelque chose et vite.
« Si tu sens que t'arriveras pas à gérer, je peux y remédier… » Proposa indirectement Cassie d'une petite voix.
Caroline se leva d'un bond, comme indignée face à la proposition de son amie. Elle la jaugea un instant, et ne remarquant rien de ce qui approchait à la culpabilité ou la peur de ses dires, elle se rassit mollement et dit d'une voix blanche :
« Non. Je n'ai jamais voulu devenir ce que je suis…Huh…Ce que j'étais, j'ai encore du mal à m'y faire » Avoua-t-elle finalement sur le même timbre de voix, serein et posé. « Lorsque j'ai été transformée, à l'époque, j'ignorais tout du surnaturel, même mes amies ne m'avaient pas tenue au courant de leurs cachoteries, tous savaient, sauf moi, la petite écervelée qui ne servait à rien, à part de poche de sang transportable pour le grand et ténébreux Damon Salvatore… » Poursuivit-elle dans un énième souffle.
« T'es pas obligée de me… » L'interrompit Cassie plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu.
« Tout ce que je voulais, c'était de ne pas être le second choix, j'avais cavalé pour atteindre un niveau respectable, alors qu'Elena, elle, n'avait besoin que d'être présente pour me recaler à la deuxième place, j'étais furieuse, je voulais être forte, je voulais être belle, je voulais tout mais jamais, au grand jamais j'avais souhaité devenir un vampire, tu comprends ? » Lui demanda-t-elle dans une plainte inaudible.
Cassie hocha vigoureusement de la tête. Elle avait été elle-même le second choix dans sa famille, trois siècles auparavant, elle avait été la petite sœur de la grande et gentille Amanda Sullivan, généreuse, honnête et sociable. Alors qu'elle, Cassidy Sullivan se carapatait derrière sa carapace d'éternelle adolescente rebelle à la chevelure constamment mal-coiffée, toujours trainant dans les bois, toujours en arrière plan, toujours derrière, un point invisible aux yeux de tous, tous à part ses parents qui, par hasard, ne la voyait que lorsqu'elle commettait des âneries. Oui, Cassie comprenait parfaitement la situation de Caroline, elle était même prête à lui dire qu'elle avait vécu la même chose mais ce serait mentir : contrairement à la belle blonde, Cassie n'avait en aucun cas fait un effort quasi-surhumain pour plaire aux autres, au contraire, elle se refermait constamment contre elle-même et refusait tout contact avec autrui, elle se souvenait jusqu'à aujourd'hui le jour où son père lui avait dit : « Ma chère Cassidy, tu vois ce cheval là-bas ? Il ne veut pas rester tranquille, il cherche sa liberté comme si sa vie en dépendait, son propriétaire l'attache et essai de le dompter mais il continue à se débattre jusqu'à la mort, tu vois, tu es comme ce cheval Cassidy et c'est pour cela que si tu continue à t'acharner à vouloir t'échapper de ton destin, tu finiras ligotée, bâillonnée et enfin tuée, voilà ce qui arrive aux jeunes demoiselles qui refusent de suivre leur destin et font confiance à leur instinct »
Car depuis ce jour-là, Cassie avait prit conscience de deux choses : la première était que le cheval dont son père lui avait parlé le jour de ses dix sept ans s'était finalement enfui le soir du lendemain, la deuxième était que ce serait incontestable qu'elle continue à vivre sous le même toit que sa famille et ainsi, elle était prête à rompre une tradition millénaire chez les Sullivan en s'enfuyant seule…
« La Terre appelle Cassie Sullivan ! Hé oh ! Tu m'entends ? » Hurla Caroline au visage de la brunette qui cligna frénétiquement les sourcils.
« Ça va, ça va, je suis pas sourde ! » Eclata Cassie en levant les mains comme si elle rendait les armes. « Etre vampire ne veut pas dire que je peux passer mon éternité avec mes deux oreilles ! »
Caroline sourit de soulagement. C'était sûr, Cassie était effectivement réveillée de sa transe désormais. Machinalement, elle alla se servir un verre de jus d'orange sur le bar et lui demanda finalement :
« A quoi tu pensais ? » Dit-elle malicieusement.
« Que si t'as envie de mourir dans les cinquante années à venir, je ne serai pas contre » Répondit-elle simplement.
« Arrête de mentir, je sais que tu rêve secrètement que je me transforme, t'en as assez de te retrouver seule » La taquina Caroline.
« Je vais te dire quelque chose, Caro' : je rêve secrètement de me débarrasser de toi depuis que je t'ai rencontré, maintenant que t'es humaine, la tâche va être plus facile à accomplir » Fit Cassie dans un sourire mensongèrement torve alors qu'elle buvait nonchalamment son verre de Whisky.
« Ça me vexe » Bafoua Caroline dans une moue faussement choquée.
« Il n'y a que la vérité qui blesse chérie, crois-moi » Lança la concernée en fixant un point invisible au loin.
Un silence pesant s'installa au sein de l'appartement. Un silence que même Caroline n'osait pas interrompre par peur de dire des conneries dont elle avait le secret. Elle devait bien l'avouer : malgré le fait que Cassie soit une emmerdeuse hors-paire, elle ne pouvait pas dire qu'elle ne l'appréciait pas. Elle possédait ce petit plus qui la rendait pétillante, intrigante, mystérieuse, surtout qu'elle ne parlait que très peu, voir même pas du tout, de son passé, de sa famille, de ses amis, de ses connaissances, comment elle s'était retrouvée ainsi alors que Caroline, elle, lui racontait tout sans hésiter. Elle pouvait dire désormais que Cassie était devenue une véritable épaule, une amie sur laquelle elle pouvait compter pour lui botter les fesses lorsqu'elle mollissait.
« T'attends quoi pour te changer ? » Lança brusquement la brunette en fronçant les sourcils.
« Pour quoi faire ? » Demanda Caroline, soupçonneuse.
« Te trouver un paquet d'argent, un appartement et un job, bien sûr ! » Répondit Cassie en levant les yeux au ciel, comme si c'était une évidence. « Il me semble que tu m'avais dis que tu voulais vivre normalement, alors ? Prête pour un aller simple pour l'Enfer, chérie ? »
Caroline déglutit difficilement mais sous le regard sévère de son amie abandonna et disparu dans sa chambre pour se changer. Cassie, elle, se tourna vers la baie vitrée, un sourire satisfait plaqué aux lèvres.
« On verra si elle réussira à tenir une semaine avec un train de vie comme celui que je lui réserve » Murmura-t-elle pour elle-même.
« Qu'est-ce que t'as dis ? » Hurla Caroline à partir de la chambre au fond du couloir. « Je te signale que je ne dispose plus d'un radar portatif maintenant »
« Habille-toi et ferme-la, Caroline » Lui lança Cassie sans hausser la voix.
N/A : Qu'en pensez-vous pour un second chapitre? Un peu plus long que le premier je trouve. Et le nouveau personnage que j'ai intégré? Cassidy est une vampiresse de trois cents ans frivole qui a, soit disons, éteint son humanité pour ne plus souffrir. Elle ne parle que très rarement, voir même jamais, de son passé et elle a rencontré Caroline à Hampton, cette ville à quelques kilomètres de Mystic Falls. Vous plait-elle ou vous trouvez qu'elle a une mauvaise influence sur notre Care Bear? Vous aimez cette Caroline pétillante et souriante ou vous préférez la vampire moralisatrice qui vit juste pour Elena?
A vos claviers, lovelies !
Xoxo. Aislinn
