Salut, salut ! Ce chapitre vous verrez, ne bouge pas beaucoup, mais je trouve qu'il était nécessaire de la faire de cette façon. Le prochain sera plus animé, mais je vous laisse lire ce chapitre 2 en toute décontraction )
Je remercie: Gigi, Guest, GilmoreGossip que je retrouve avec joie !, Mebd et nightmare2054 = )
Bonne lecture !
2-Changements
You know what's weird ? Day by day, nothing seems to change, but pretty soon… everything's different. -Bill Witterson.
« Oh non… chut... »
Belle roula sur le côté, cherchant à tâtons l'affreux réveil qui l'empêchait de profiter de son sommeil, et sa main heurta la table de chevet en faisant tomber la pile de livres qui y était posée. Elle continua malgré tout à tâtonner, et finit par trouver le bouton qui fit taire l'objet maudit.
Belle revint sur le flanc un peu trop vite, et sa tête se cogna à quelquechose de dur. Rouvrant faiblement les yeux, elle réalisa que s'était l'épaule nue de Rumple que son front avait heurté, mais ça ne l'avait pas fait bouger d'un pouce. Elle l'observa dormir quelques instants, s'arrêtant sur ses paupières closes, sa respiration douce et ses traits détendus qui lui donnait un air paisible rare.
Elle ferma les yeux et enfouit son visage contre sa peau nue, faisant glisser sa main sous les couvertures en effleurant son ventre, et le serrant un peu plus contre elle. Elle se sentait bien. A sa place. Si cet instant de calme pouvait durer éternellement…
Elle sentit Rumple remuer légèrement, signe qu'il se réveillait. Il était étrange d'avoir les souvenirs de ces vingt-huit dernières années à Storybrooke, et de réaliser qu'elle connaissait bien plus Rumple grâce à la malédiction. Il n'entendait jamais le réveil sonner lorsqu'il dormait, mais il avait le don de se réveiller toujours au moment où il le désirait afin d'être à l'heure pour ouvrir sa boutique.
Une main vint lui caresser les cheveux, et elle releva un peu le menton pour qu'il puisse déposer un léger baiser sur ses lèvres en guise de bonjour.
« Quelle heure il est, chérie ? » demanda-t-il d'une voix ensommeillée, relevant la tête pour tenter d'apercevoir ce qu'indiquait les chiffres digitaux de leur vieux réveil matin.
« Sept heure-et-demi… »
Belle ouvrit enfin les yeux pour le dévisager, et vit un léger sourire étirer ses lèvres. « Alors il faut se lever. »
« Tu n'ouvres que dans deux heures, aujourd'hui… » protesta-t-elle en tentant de replacer sa tête contre son torse.
« Mais aujourd'hui va être un jour particulier. » affirma-t-il d'un air mystérieux. « Je veux être aux premières loges pour voir ce qui a amené notre sauveuse ici, et les premiers changements qui vont opérer dans la malédiction. »
Etre aussi organisé et calculateur une fois les yeux ouverts ne devrait pas être autorisé. Belle soupira en lissant inutilement une des mèches en désordre de Rumple, et l'observa sortir du lit à la recherche de ses vêtements.
« Où est ma veste ? » grommela-t-il en faisant le tour de leur chambre avec un boitement plus prononcé que d'ordinaire, boutonnant une chemise sombre qu'il avait prise dans leur placard, son pantalon noir impeccable lui donnant un drôle d'air avec ses pieds nus.
« Sur la chaise. Rumple, j'aimerai que nous parlions avant. »
Il finit de nouer sa cravate autour de son cou et vint s'asseoir au bord du lit, tout prêt d'elle. Belle s'était assise, un oreiller dans le dos et les draps remontés sur sa poitrine pour se préserver de l'air froid qui entrait par la fenêtre entre-ouverte.
« Qu'y-a-t-il ? »
« Je me demande ce qu'il va se passer maintenant. Qu'est-ce que l'arrivée de cette étrangère implique ? Si j'ai bien compris, le simple fait qu'elle soit là n'a pas rompu la malédiction… Enfin… » Elle regarda Rumple dans les yeux. « Pas vraiment. Pourquoi nous nous souvenons de tout, et pas les autres ? »
Rumple soupira, et attrapa sa main qu'elle avait abandonné le long du corps. « Les choses vont être plus compliquées qu'elles n'y paraissent... J'ai créé la malédiction de telle façon qu'il y est un seul moyen de la briser, et ce moyen, c'est cette Emma Swan, la fille de Blanche-neige et du Prince James. »
« Pourquoi elle en particulier ? »
Rumple eut un petit sourire en coin. « Parce qu'elle est le produit du véritable amour, et rien n'est plus puissant. Tout le monde n'est pas capable de briser une malédiction. »
Il se pencha et déposa un baiser sur ses lèvres avec affection, la faisant rire. « Mais la malédiction a l'air de n'être qu'en partie brisée, non ? »
Rumple resta silencieux quelques secondes, réfléchissant à sa question. « Je ne sais pas, très honnêtement. Je suis certain d'une chose, c'est que la sauveuse va devoir agir si on veut voir le sort noir brisé. »
Il regarda un instant par la fenêtre puis reporta son attention sur elle. « Pour nous, je ne comprends pas trop ce qu'il se passe. J'ai retrouvé mes souvenirs quand elle a donné son nom à Mme Lucas. Puis toi… »
« Quand tu m'a embrassée juste après avoir retrouvé tes souvenirs. » termina Belle en faisant des petits cercles avec son pouce sur le dos de la main de Rumple. « Mais comment expliques-tu que l'on soit déjà réunis, avant même l'arrivée d'Emma ? Tout le monde est séparé, pourtant. »
Rumple haussa les épaules. « Je ne sais pas si on peut dire que tout le monde est séparé. Regarde les Lucas, la grand-mère et la petite-fille vivent sous le même toit. »
« Et tu as d'autres exemples à part Ruby et Granny ? » marmonna sombrement Belle.
« Nous. »
« Et tu ne te demandes pas pourquoi ? » tenta de le secouer Belle. « Nous avons des années piégés ici ensemble, et j'ai l'impression de n'avoir jamais été aussi heureuse pour nous que durant cette malédiction. Je crains que des choses horribles nous arrivent, Rumple… »
Ses doigts se serrèrent dans sa main avec force, et il pencha son visage au-dessus du sien, prenant délicatement son menton. Ses prunelles chocolat brulaient d'une lueur déterminée. « Nous y feront face ensemble, Belle. Ne me dis pas que ces vingt-huit ans n'ont été que des moments de plaisirs. Beaucoup de drames sont arrivés. Mais tout comme toi, je suis heureux de ce qu'elle nous a permis d'avoir.»
Il déposa un baiser sur son annulaire gauche, où luisait une bague en or. « Nous avons pu nous marier… Nous avons emménagé ensemble, même si ce n'est pas une première… » Belle rit doucement et récupéra sa main pour prendre son visage.
« Nous avons pu avoir une vie ordinaire… » continua-t-elle en le regardant dans les yeux. « Et nous avons pu nous souvenir de qui nous sommes réellement. De Rumplestiltskin et de Belle, tout en étant Ruben et Isabelle Gold. »
« Exactement… » souffla-t-il avant de l'embrasser tendrement, la renversant dans ses oreillers. « Mais ne t'inquiète pas, Belle. Nous sommes ensemble, et c'est ce qui a fait que beaucoup de choses ont tourné à notre avantage. »
Il se rassit, et Belle le scruta intensément quelques secondes. « Est-ce que Baelfire est ici ? »
Il se figea un instant quand il entendit le nom de son fils, ses yeux semblant s'assombrir. « Non. La malédiction a emmené des personnes qui se trouvaient dans la Forêt enchantée, or Bae est déjà dans ce monde depuis un certain temps. J'ignore encore où, mais dès qu'il sera possible de quitter la ville… » Une flamme d'espoir s'alluma dans ses prunelles, les faisant pétiller. « J'irai à sa recherche, et je le trouverai. »
« J'en suis certaine. Il n'y aura plus longtemps à attendre. »
Il sourit brièvement avant de tapoter son genou et de se lever, récupérant sa canne. « On dîne ensemble chez Granny ce soir ? »
Belle acquiesça avant de rabattre les couvertures au-dessus de sa tête. « A plus tard, Monsieur-veut-être-aux-premières-loges. »
Elle n'eut pas de réponse, et découvrit sa tête pour jeter un coup d'œil à ce qu'il faisait. Rumple était devant la fenêtre, plissant les yeux pour mieux voir ce qu'il observait.
« Qu'y-a-t-il ? »
Il se détourna en secouant la tête, un sourire aux lèvres. « Tu verras quand tu iras à ta future librairie. »
Belle se redressa d'un coup. « Qu'est-ce qu'elle a, ma librairie ? »
« Je ne te le dirais pas. »
Et sur ce, il quitta leur chambre en fermant la porte avec un sourire moqueur, laissant Belle tourner vivement la tête vers la fenêtre.
« Si jamais Regina l'a faite repeindre en rose… » grogna-t-elle en se levant.
…
Rumplestiltskin traversa la rue avec bonne humeur, observant les gens autour de lui d'un œil neuf. Il reconnaissait quelques personnes à présent que ses souvenirs étaient revenus. Il observa la voiture du shérif Graham passer et se remémora les liens qu'ils avaient tissés pendant la malédiction. S'engageant sur la chaussée, il traversa le passage piéton et salua le Dr Hopper qu'il croisait en sens inverse avec son dalmatien. Il lui jeta un coup d'œil plus pointilleux. Non, il réalisait que c'était le criquet. Là-bas le loup garou… Et Graham. Le chasseur.
Il l'observa saluer le loup-garou et Granny avant d'entrer dans le restaurant. Rumple baissa la tête et continua son chemin. Il était ami avec le chasseur.
Ami. Avec. Le. Chasseur.
Ils avaient bu des verres ensemble, avaient aidé Belle à se protéger de son père ensemble, ils s'étaient même battus une fois sur un malentendu. Graham avait été témoin à son mariage… Et aujourd'hui il réalisait qui il était réellement. L'homme aux loups, qui avait tant plu à la reine… La reine qui avait gardé son cœur pour faire de lui son prisonnier.
Rumple redressa la tête vers l'horloge au-dessus de la future bibliothèque de Belle. Les aiguilles avaient recommencé à tourner. Le temps reprenait son cours.
Fixant l'horloge quelques instants, il songea à nouveau à Humbert Graham, et prit une décision qu'il estimait juste : il le remercierai comme il se devrait un jour. Il rendrait sa liberté à Graham.
« Nouvelle édition du Mirror ! » s'écria quelqu'un, le sortant de ses pensées. Il tourna la tête vers l'homme qui brandissait un journal, s'étant installé sur un coin du trottoir avec un carton remplis de journaux à ses pieds.
Souriant d'un air sinistre, il s'approcha de l'homme qui se tut en l'apercevant. « M-Mr Gold… » balbutia-t-il en laissant retomber le bras qui tenait un exemplaire du journal.
« Quelle est donc le gros titre de la nouvelle édition ? » demanda-t-il au coursier.
« Un… Une étrangère détruit un monument historique, monsieur. »
Il sourit légèrement, ce qui accentua le malaise de l'homme devant lui. Ainsi les roses vendaient des journaux… « Intéressant, n'est-ce-pas ? »
« Heu… Oui. Il n'arrive pas souvent ce genre de choses à Storybrooke… »
Rumple s'appuya des deux mains sur sa canne, le dévisageant avec amusement. Gaston l'observa pendant quelques secondes en ayant l'air d'être sur le point de détaler avant de lui tendre l'édition du Mirror qu'il tenait toujours à la main.
« Tenez, je vous l'offre. »
Amusé, Rumplestiltskin attrapa le journal qu'il lui tendait et prit son temps pour lire le titre, et analyser la photo d'Emma Swann. A peine arrivée et la sauveuse faisait déjà la une du journal.
« Bien dearie, je vous reverrai pour le loyer. » dit Rumple en reprenant son chemin en direction de la boutique, sans un regard en arrière, laissant Gaston complètement désemparé sur le trottoir.
Il entra dans sa boutique et étala l'édition sur la table, lisant attentivement ce que Sydney Glass avait écrit.
Passée de famille d'accueil en famille d'accueil, Emma Swann avait eu le temps de faire des siennes durant sa jeunesse, étant connue par les services de police pour divers vols. Elle avait ensuite beaucoup changé de domicile, ne gardant jamais le même travail plus de quelques mois.
Une jeune vie bien mouvementée, songea-t-il en refermant le journal. Il se leva, le gardant tout de même avec lui et sortit de sa boutique, décidant qu'aller déjeuner chez Granny ce matin lui donnerait des informations bien plus fiables et intéressantes que le bavardage inutile de Sydney Glass.
Il poussa la porte de Bed and Breakfasts, faisant tinter la cloche et s'attirant des regards effrayés de la part de certains clients et défiants de la part des Lucas.
Il s'avança dans l'allée et repéra la nuque familière du shérif avant de se glisser dans son box, en face de lui, posant sa canne à ses côtés. Graham baissa son journal et lui lança un bref coup d'œil avant de l'abaisser complètement, sourcils fronçés.
« Qu'est-ce que tu fais là, à une heure pareille ? »
« Je viens déjeuner. » répondit Gold en haussant les épaules.
Graham le dévisagea, suspicieux. « Je ne t'ai jamais vu ici avant midi depuis… » Il plissa les paupières réfléchissant. « Depuis longtemps. »
Rumple leva la main en l'air comme s'il chassait quelquechose. « Des choses qui arrivent. Tu as lu le nouvel article de Glass, je suppose. » dit-il avec un geste vers le journal que Graham lisait avant qu'il ne l'interrompe.
Graham baissa les yeux, évitant son regard. « Ouais. »
« Tu as donc rencontré cette Emma Swann. » en conclut-il.
Ils furent interrompus par le loup-garou qui vint prendre sa commande avec froideur, le dévisageant avec arrogance.
« Oui… La mère d'Henry. Regina est folle de rage. » avoua Graham quand elle fut partie.
Rumple hocha gravement la tête, silencieux. « Ah, Regina, Regina… Elle va vouloir supprimer tout ce qui se trouve en travers de son chemin. » soupira-t-il.
Graham finit son gobelet de café et le reposa sans un mot, approuvant silencieusement ce qu'il venait de dire. « Cette Emma… Elle a l'air d'être une des rares personnes qui pourraient pourtant tenir tête à Regina. C'est l'impression qu'elle me donne. »
Rumple réprima un sourire. C'est le moins qu'il attendait de leur sauveur. « Alors souhaitons-lui bonne chance. »
Graham haussa les sourcils. « Oh oui, elle en aura besoin. Et je pense que la chance ne suffira pas si elle a vraiment l'intention de revenir dans la vie de son fils. Je sens que c'est encore une affaire qui va me donner la migraine… »
Rumple ne put s'empêcher de sourire d'un air moqueur. « Il y a du progrès si on considère qu'apprendre le code la route à Isabelle était ce qui t'épuisais le plus dernièrement… »
Graham grimaça. « Ne me parle plus jamais de ça… »
Rumple secoua la tête avec amusement en repensant à la dernière fois que le shérif avait clamé ne pas pouvoir assurer de leçon de code avec sa femme qui le bombardait de questions jusqu'à lui donner mal au crâne. Belle avait toujours été de nature curieuse, mais quand il s'agissait de la logique du code de la route, il avait pu assisté à ses constantes remises en questions de certaines réponses et son air dubitatif quant aux explications du shérif.
« D'ailleurs, Isabelle avance avec la bibliothèque ? »
Rumple chassa une miette sur la table avant de répondre. « Petit à petit. On devrait bientôt recevoir un nouveau camion d'étagères. »
« Je viendrais donner un coup de main. » proposa Graham.
Rumple inclina la tête, sans dire un mot. Il trouvait toujours cela tellement étrange. Qu'on ne le craigne pas. Que cette vie ordinaire puisse continuer encore un peu.
Une sonnerie retentit, et Graham sortit son téléphone, observant le numéro s'afficher. « Excuse-moi, il faut que j'y aille. »
« A plus tard. »
Il regarda Graham partir avant que Ruby ne lui pose sa commande sur la table avec hostilité, et songea que sa vie avait pris un tournant bien inattendu.
…
Il était déjà tard quand Belle passa la porte de la boutique de Rumple, fermant brusquement la porte derrière elle en faisant tinter la cloche.
« Qu'est-ce que tu fais ? » aboya-t-elle en l'apercevant passer la tête entre les rideaux tirés, l'air perplexe.
« Je… fais l'inventaire ? »
Belle s'avança dans la pièce, lançant son sac sur le comptoir avec mauvaise humeur. « Tu étais censé venir me chercher pour dîner, je te rappelle. »
Rumple s'immobilisa, sa bouche formant un Ah. « Désolé, j'ai… »
Belle croisa les bras, l'observant avec sourcil levé. « Je n'ai pas vu le temps passer… Désolé. Allons-y maintenant, si tu le souhaite encore ? »
Belle fit mine de réfléchir, puis décroisa les bras en récupérant son sac. « Très bien. Mais c'est moi qui conduis. »
Il la dévisagea comme si elle avait perdu l'esprit.
« Tu m'as oublié, alors je demande le droit de conduire. »
Belle réprima un sourire. Il avait toujours protesté quand elle lui avait demandé de lui donner des leçons de conduites au volant de sa précieuse Cadillac.
« La dernière fois, tu as faillis écraser Pongo, ce n'est pas une bonne idée. » refusa-t-il en mettant la main dans sa poche, où Belle savait qu'il gardait précieusement les clefs.
« Si le Dr Hopper évitait de lâcher sa laisse, Pongo ne risquerait rien. » rétorqua-t-elle.
L'animal avait déboulé sur la route comme s'il avait le diable à ses trousses, la faisant paniquer et appuyer sur l'accélérateur plutôt que le frein. Ce n'était pas sa faute non plus.
« Cet animal avait même le bon sens de traverser sur le passage piéton, et si tu écrasais vraiment quelque chose, cette fois ? »
Il attrapa sa canne sur le rebord du comptoir et la dépassa, ouvrant la porte pour la laisser passer.
« Je ne vais pas faire la même erreur deux fois. » dit-elle en levant les yeux au ciel, consentant à le suivre au dehors.
Ils marchèrent jusqu'au restaurant sans cesser de polémiquer, Belle s'accrochant au bras que Rumple lui avait offert. « Je ne peux pas prendre le risque de te laisser conduire, tu pourrais renverser la sauveuse, et alors, nous serions tous perdus. » soupira Rumple avec un air affligé.
Belle lui frappa l'épaule et s'installa dans un des box, faisant un salut de la main à Ruby qui lui souriait depuis les cuisines. « En parlant de sauveuse, il s'est passé quelque chose d'intéressant aujourd'hui ? »
A sa grande surprise Rumple éclata de rire. « Oh oui. Et cette Emma Swann a du potentiel. »
Belle plissa les yeux. Pour le mettre de si bonne humeur, elle voulait bien le croire. « Arrête de me faire mariner, Rumple… »
« D'abord, Regina l'a emprisonnée. »
Belle lui fit les gros yeux.
« Sa majesté veut se débarrasser de la mère biologique de Henry. Mais attends… Mlle Blanchard a payé sa caution, et Miss Swan a couru jusque chez Regina, une tronçonneuse à la main… »
« Une tronçonneuse ? » s'exclama Belle, ses yeux agrandis par le choc. La sauveuse était une psychopathe ?
«… et elle est allé tailler en pièces une partie du précieux arbre de sa Majesté. » termina fièrement Rumple, tout sourire.
Belle n'en revenait pas. Les gens craignaient Regina presque autant qu'ils craignaient Rumplestiltskin. Elle était le maire de la ville, celle qui dirigeait cette ville, et qui pouvait vous attirer des ennuis d'un revers de main. Elle aimait rendre la vie impossible aux gens, asseoir son autorité. Son règne était de retour, à Storybrooke.
« Qu'a fait Regina ? »
« Elle lui a hurlé dessus, mais je pense que le petit numéro de Miss Swann avait pour but de montrer à Regina à qui elle avait affaire. »
Ils dînèrent en discutant à voix basse des derniers évènements, avant de regagner la voiture. Belle finit par abandonner son idée de prendre le volant, et laissa Rumple les conduire chez eux. Lorsqu'il prit une rue différente de celle qu'ils devaient suivre, elle lui lança un regard interrogateur.
« Où allons-nous ? »
« J'aimerais passer dire bonsoir à Madame le Maire avant de rentrer, si cela ne te dérange pas. » répondit-il avec un sourire carnassier.
« Rumple… » protesta-t-elle. « Je ne veux pas que tu ailles chercher les ennuis avec cette femme. »
« Je veux simplement la remettre à sa place, en lui rappelant une vieille conversation. » se justifia-t-il en se garant devant le portillon du maire.
« Tu ne vas quand même pas lui montrer qu'on a retrouvé nos souvenirs, on pourrait s'en servir à notre avantage ! »
« Je n'ai pas l'intention de faire ça ! Chérie… » Il détacha sa ceinture, se tournant vers Belle. « Je vais lui faire une proposition concernant la sauveuse. Fais-moi confiance. »
Belle le regarda dans les yeux, et y lut cette même détermination qu'il avait quand il pensait à son fils. Il était question de Baelfire. Il avait toujours été question de Baelfire. Elle voyait dans ses yeux se mettre en place un plan pour que cette malédiction dans laquelle ils étaient piégés depuis des années soit brisée au plus vite.
« Vas-y. »
Il l'embrassa rapidement, ses lèvres ne s'attardant qu'une seconde sur les siennes et sortit de la voiture en s'engageant dans l'allée du maire, Belle le suivant des yeux. Elle craignait tant que le quotidien qu'ils menaient dans ce monde ne se renverse comme un château de carte, au moindre coup de vent. Ils jouaient un jeu dangereux avec la Reine, ou du moins, Rumple jouait ce jeu dangereux sans avoir l'air de se soucier de ce qu'il se passerait s'ils perdaient.
Elle poussa un soupir, observant la rue éclairée par les réverbères. La vérité était qu'elle avait peur. Peur de quoi ? Pour la première fois, Belle réalisa qu'elle avait peur du changement, et de ses conséquences, après avoir passé une grande partie de sa vie à courir après… A rêver d'aventures, comme ceux de ses livres, à ne pas suivre le chemin tout tracé qu'elle avait de par sa naissance. Mais maintenant que sa vie avait radicalement changé, qu'elle avait vécu tant de choses en ne sachant pas qui elle était entièrement, et qu'à présent tous ses souvenirs se bousculaient dans sa tête… Elle avait envie que les choses s'arrêtent là où elles en étaient. Elle ne voulait pas payer les conséquences d'un changement qu'elle n'aurait pas choisi. Comme le disait si souvent Rumplestiltskin, tout a un prix. Et ce prix effrayait Belle aujourd'hui.
We live our lives afraid of change and if we were to just embrace it instead, it wouldn't seem like such a big deal when it hit us. – Nicole Williams, Up In Flammes.
Une Ptite review svp, ça fait toujours plaisir, en esperant que ça vous ait plus = )
