Ce n'était peut-être pas utile mais j'ai eu envie d'ajouter un chapitre.
Disclaimer : je n'ai pas inventé Kuroshitsuji, ni rien qui s'y rapporte, et cette fic ne m'apporte pas un centime.
Bonheur
L'après-midi tirait à sa fin. Dans le fond du jardin de la résidence Phantomhive, Angelina Durless et son futur mari se promenaient en silence. Celle qu'on appelait déjà Madam Red pensait que dans quelques semaines, elle serait Madame Charles Barnett. Quel drôle de changement ! Mais elle pensait vraiment qu'elle avait fait le bon choix. La timidité de Charles l'avait d'abord déroutée mais elle avait vite découvert qu'il cachait de grandes qualités humaines derrière son attitude discrète. Evidemment, elle se sentait un peu coupable de l'épouser sans être vraiment amoureuse de lui mais il lui avait dit qu'il acceptait très bien cette situation, après tout. Il ne lui restait plus qu'à lui rendre son affection et à se montrer particulièrement gentille envers lui.
« Dites-moi… » avança-t-il d'un ton embarrassé. « J'aimerais vous demander quelque chose. »
« Moi aussi, j'aimerais vous demander quelque chose ! » répondit Ann de son éternel ton énergique. « Je crois qu'il est temps que nous passions au tutoiement. »
Charles hocha la tête. « C'est ce que j'allais vous… te suggérer. »
Angelina éclata de rire. « Tant mieux ! Tu imagines quand on aura des enfants, s'ils nous entendent nous dire vous ! »
« Oui, nos enfants… » murmura Charles rêveusement. Ils se trouvaient alors sur un petit pont qui enjambait un ruisseau et pouvaient entendre Ciel et Elizabeth, qui jouaient bruyamment un peu plus loin. « J'aimerais avoir un garçon, et toi ? »
« Moi, j'aimerais bien une fille ! Oh, je sais : on en fera un de chaque ! »
M. Barnett se mit à rire à son tour. « Ou plutôt, on prendra ce qui se présentera et on en fera les enfants les plus heureux du monde. »
Il se tût soudain et regarda pensivement sa future femme. Le soleil déclinant jouait dans ses cheveux roux, avivant encore leur couleur feu. « Tu es si belle », murmura-t-il presque malgré lui. « Tes cheveux ressemblent au soleil couchant. » Et il avança la main vers son visage, puis se ressaisit et recula brusquement. Un lord anglais ne se permet pas ce genre de gestes !
Mais elle hocha doucement la tête. « Si, vas-y », murmura-t-elle. Elle avait deviné que son fiancé était sur le point de l'embrasser et elle était prête. Après tout, perdre sa virginité avant le mariage aurait été une honte mais un baiser comptait beaucoup moins. Et ce serait son premier baiser. Ici, sur ce petit pont, avec le soleil couchant qui inondait le paysage de lumière. Elle n'aurait pas pu rêver mieux.
Alors il la prit doucement dans ses bras et posa ses lèvres sur les siennes. C'était un peu différent de ce qu'Angelina avait imaginé, mais c'était… c'était tellement doux, tellement agréable et il émanait une telle tendresse des bras protecteurs de Charles qu'elle en était totalement bouleversée. Angelina ne pensait plus à rien, rien qu'à cette étreinte et à ce baiser. Elle aurait voulu que ce moment ne se termine jamais.
Puis elle sentit qu'il s'écartait d'elle, un peu trop vite. « Ann, non… » murmura-t-il. Et elle réalisa que des larmes coulaient sur ses joues. Son visage à lui exprimait le désarroi : il n'arrivait pas à croire qu'il l'avait fait pleurer. « Ann, je ne voulais pas… » murmura-t-il, complètement désemparé. « Je ne pensais pas que… »
Elle passa de nouveau ses bras autour de lui. Il ne la repoussa pas mais n'esquissa pas un geste pour l'attirer vers lui, et ses traits avaient pris une tristesse déconcertante. « Je te demande pardon », dit-il enfin. « Je ne pensais pas que ce serait si dur pour toi. On trouvera un moyen de leur dire que nous rompons nos fiançailles. »
Angelina eut l'impression de recevoir une gifle. Comment pouvait-il suggérer une chose pareille ? « Rompre nos fiançailles ? » s'écria-t-elle. « Mais pourquoi, Charles, pourquoi ? »
« Tu m'avais bien dit que tu avais des sentiments pour quelqu'un d'autre, non ? » s'enquit-il en essayant de réprimer le tremblement de sa voix. « Tu viens de penser à lui et c'est pour ça que ce baiser t'a fait pleurer. Je ne peux pas t'imposer de vivre avec quelqu'un qui est… qui n'est pas lui. »
Et là, Madam Red réalisa qu'un miracle venait de se produire. Au moment où son fiancé l'embrassait et même après, elle n'avait même pas pensé à Vincent. Donc elle n'était plus amoureuse de lui ! Elle allait pouvoir mener une vie heureuse et sans regret, auprès d'un mari qui l'aimait.
Sauf que Charles la regardait avec une telle tristesse que cela lui faisait mal au cœur. « Je pleure de joie », protesta-t-elle. « Je pleure parce que ce baiser… c'était le plus beau moment de toute ma vie et parce que tu es l'être le plus adorable que j'ai jamais connu et que… et que c'est avec toi que j'ai envie de faire ma vie, et d'avoir des enfants, et… »
Elle baissa les yeux, à court de paroles. Sans dire un mot, il tira un grand mouchoir de sa poche et lui essuya le visage. « Tu en es bien certaine ? » insista-t-il au bout d'un moment, croyant à peine à sa chance.
« Quand bien même l'autre homme me ferait des avances maintenant, je le repousserais. C'est avec toi que j'ai envie de faire ma vie. »
Elle omit de préciser que le fait que l'homme en question était marié avec sa chère sœur était l'une des raisons pour lesquelles elle le repousserait. De toute façon, elle ne voulait plus de lui. Elle se sentait parfaitement heureuse avec ce qu'elle avait. Pour la première fois de sa vie, elle n'enviait même plus Rachel.
Le cœur de Charles battait à tout rompre. Il n'osait pas dire que cette déclaration dépassait de loin ses rêves les plus fous. Sans dire un mot, il enlaça de nouveau sa fiancée et la laissa appuyer sa tête contre son épaule. Ils restèrent un long moment ainsi, enlacés face au soleil couchant, puis Ciel et Lizzie déboulèrent sous leur nez en riant bruyamment. Ils s'arrêtèrent brusquement en voyant Ann et Charles et les fixèrent avec des yeux ronds. Gênée, Madam Red se dégagea et se racla la gorge. « Eh bien, les enfants, on ne joue plus ? »
Elizabeth s'était mise à dévisager sa tante, médusée. « Pourquoi tu pleures, Tata Ann ? » demanda-t-elle avant de se précipiter pour lui faire un gros câlin. « Tu as du chagrin ? »
« C'est pas toi qui a fait pleurer Tata Ann, au moins ? » ajouta Ciel en dévisageant son futur oncle avec méfiance. « Ce serait vraiment très, très méchant ! »
Et Angelina éclata de rire. « Ils sont adorables, n'est-ce pas ? Non, j'avais… une poussière dans l'œil et votre oncle Charles m'aidait à l'enlever, c'est tout ! »
« Notre oncle ? » s'étonna Lizzie.
« Oui, il le sera bientôt ! Et il va falloir vous habituer à l'appeler comme ça, sinon, panpan cucu ! »
Lizzie dévisagea pensivement son futur oncle, puis décida de lui faire un câlin à lui aussi, et Ciel, qui ne voulait pas être en reste, alla ajouter ses bras à l'étreinte. Emu, monsieur Barnett leur ébouriffa les cheveux, puis se pencha pour leur parler à l'oreille. « Vous voulez jouer avec nous, les enfants ? »
« Oui, on veut jouer ! » répondirent Lizzie et Ciel ensemble.
« Le premier au manoir a gagné ! »
Les enfants partirent à fond de train. Attendrie, Madam Red jeta un coup d'œil de côté à son fiancé. « Tu t'y prends très bien avec les enfants », fit-elle remarquer. « Vivement qu'on en ait aussi. »
Il lui prit la main et la serra tendrement, trop ému pour parler.
La fin !
Note de l'auteur : même en cherchant bien, je n'ai pas trouvé le prénom du mari de Madam Red, alors j'en ai inventé un. Désolée si je me suis trompée…
