Disclaimer : Pour faire simple, tout appartient à Kuramada.

Résumé :

Rhadamanthe et Kanon sont en vacances, dans une maison que leur a offerte Poséidon - qu'il est gentil, ce Dieu, quand même. Pendant ce temps, à Vera Cruz…

NdA :

Merci pour vos reviews ! Contente de voir que cette suite vous intéresse. J'espère qu'elle ne vous décevra pas.

Dans le genre nouveautés, j'ai décidé d'essayer de mettre des titres à mes chapitres. Des titres de chansons qui correspondent plus ou moins à l'idée que je me fais de l'épisode. Le lien sera parfois juste une phrase, parfois une ambiance générale, parfois le rapport sera très premier degré, d'autres fois moins… Bref ce sera selon l'inspiration du moment. Holy Holidays, utilisé pour l'épisode précédent, est tiré d'un des albums/B.O. de One Piece. C'est Luffy qui chante (avec la vraie voie de la doubleuse, oui). Et la chanson commence par quelque chose comme « Le ciel est dégagé, le vent souffle doucement… Holy Holidays… Holy Holidays… » et continue avec une description Luffy-esque de l'ambiance sur le Merry (avec un Zoro qui grogne parce que Luffy l'empêche de dormir). C'est joyeux et doux, enthousiaste et débordant de bonheur. Bref c'est du Luffy dans le texte (quand il est heureux, en tout cas). Quant à Un Samedi soir sur la Terre, bah c'est du Cabrel.

Ariesnomu : Ravie que ça te plaise :) J'aime beaucoup écrire au présent, en ce moment. La dynamique du récit n'est pas du tout la même qu'au passé… Comment raconter les souvenirs ? Comment gérer les dialogues ? Ils doivent être plus rythmés, selon moi. Moins coupés, par les locutions du type 'dit-il'. Mais il faut tout de même mettre ces informations. C'est vraiment un travail passionnant, je trouve. Les petits détails… sur ce point, je ressemble un peu à Kanon. C'est ce que je préfère.

Eternyti : ça roxe du poney nain IRL. Ewé. :p Désolée. Les forums de jeux vidéo sont mauvais pour mon esprit… Merci pour ton commentaire, il m'a fait très plaisir. Quand tu m'as dit, dans ta dernière review de Résurrection : contacte-moi, je me suis demandé comment faire, vu que tu es en anonyme… Contente que je n'ai pas eu besoin de trop me creuser les méninges… ;)

Aurelia-love-Saga : Merci pour ton soutien. Et de rien :)

Cylla : ce ne sont pas les chapitres qui ne seront pas construits, mais bien leur succession. Je l'ai dit plusieurs fois, pour Résurrection, j'avais quasiment l'intégralité de l'histoire en tête en écrivant la première ligne (au détail près de l'imbroglio sentimental du Sanctuaire que je n'imaginais pas prendre de telles proportions : Saga ne devait pas embrasser Shion mais juste déprimer). Ici, je navigue, un peu, à vue. Même si, à l'heure actuelle, j'ai plein d'idées pour les chapitres suivants. « Rhooo ! et si je faisais ça ? et puis ça, aussi… ça pourrait être amusant… oui, et puis, tiens ! j'avais oublié un truc… Rhooo ! Oui ! ça va être rigolo !». C'est le boxon… mais c'est très intéressant, justement, de m'essayer à ce genre d'exercice. C'est un peu comme un atelier d'écriture. Je suis vraiment heureuse que tu apprécies autant le couple Rhada/Kanon. Moi aussi, je les aime beaucoup (ce n'est un secret pour personne, je pense :p)… et je les trouve trop craquants.

Et maintenant, le deuxième épisode ! Youhou !


L'entrée d'une boîte de nuit. Quelque part en Grèce. Cinq jeunes hommes attendent d'arriver devant le videur. Ils plaisantent tranquillement, confiants, certains de ne pas être refoulés. Parmi eux, un couple distraitement enlacé : l'un des deux a les cheveux coupés court, et son regard cynique écrase de prestance les quelques personnes aux alentours tandis que son compagnon, aux longs cheveux clairs, arbore un léger sourire, teinté d'ironie. A leurs côtés, trois amis qui discutent de tout et de rien. L'un d'entre eux, aux cheveux châtains foncés, semble moins enthousiaste que ses deux acolytes. Mais le brun et l'homme aux longs cheveux bleus l'encouragent. Les cheveux clairs disent quelque chose. Le châtain rougit furieusement tandis que ses autres amis éclatent de rire. Ils finissent par entrer. Sans problème. Comme prévu.

Ils investissent une table. Et se mettent à hurler.

-Je vous prends quoi ?! Whisky coca, sans coca ?! Pour tout le monde ?!

-Vodka pour moi !

-Milo… accro à la Sibérie jusqu'au bout !

-C'est exactement ça !

Rires. Milo aura sa vodka. Les autres tourneront au whisky. Shura rapporte les consommations. Aphrodite et Angelo sont déjà occupés à s'embrasser et occupent le canapé. Relégués sur les poufs, Milo et Ayoros essaient d'échanger quelques mots, par-dessus la musique.

-Relax, Ayo… ! Seika t'a donné le feu vert non ?

-Ben oui, mais bon…

-Attends, elles font une soirée entre filles là…

-'Lia n'est pas venu, lui.

-Il a la crève. Sérieux… Shura ! Dis lui, toi, qu'on est là pour s'amuser et qu'il n'a pas à culpabiliser !

Le Capricorne sourit en leur offrant leur boisson.

-Bah ! Milo a raison ! Prends exemple sur lui ! Il a un mec à disposition, et il le plante pour venir danser avec nous.

-Je n'ai pas planté Camus !

-Mais bien sûr que non…

-Il ne voulait pas venir ! Je n'allais pas le forcer !

-Tu aurais pu rester avec lui…, constate le Sagittaire.

-J'ai besoin de me défouler un peu…, réplique le Scorpion en lançant un regard aiguisé sur la foule.

Il boit son verre d'un trait et laisse ses deux amis.

-Il est intenable…, soupire Ayoros.

-Tu crois vraiment ? Il est pire que ça…, réplique Shura en tendant la main vers la piste.

Effectivement. Milo a grimpé sur une des petites estrades et se déhanche sur la musique, deux ou trois jeunes filles se rapprochant de lui. Le Scorpion leur sourit, les invite à le rejoindre, danse avec elles. Sous le regard effaré du Sagittaire.

-Et vous le laissez faire ?

-Il ne fait rien de mal… et puis, je ne suis pas sa mère. Ni son mec.

-Sincèrement, tu supporterais que Rune se comporte comme ça ?

-Rune… on verra Camus ici avant lui. Et puis…

-Ca va pas ?

Le regard de Shura est parti quelques instants dans un autre monde, à l'évocation du Balrog. Durant la fête en l'honneur de la résurrection d'Hadès, l'alcool aidant, ils se sont embrassés. Plusieurs fois. Le lendemain, le Norvégien l'a assuré qu'il ne regrettait rien et ils ont continué leur histoire. Sans que le Spectre n'y mette beaucoup de lui-même, il faut bien l'avouer. Difficile de lui en vouloir : le Capricorne est resté, de son côté, assez distant. Trop peur d'être blessé. Trop peur que ce ne soit pas le bon. Trop peur, tout simplement.

-Si, si…

-Shura… je suis ton meilleur ami, si on enlève les deux zouaves exhibitionnistes sur le canapé…

-Je ne sais pas, Ayo… C'est bizarre. On est très différents, lui et moi…

-Parce que tu crois que Milo et Camus se ressemblent ?

-Au moins, ils bossent au même endroit, eux.

-Tu peux toujours aller le voir.

-Mais bien sûr ! Je vais débarquer aux Enfers, parce qu'on s'est embrassé deux ou trois fois… Si je fais ça, il va mettre quinze jours à s'en remettre.

-Vous n'avez pas fait que vous embrassez !

-Hum… techniquement si, Ayo…

-Ce n'est pas ce que je voulais dire… Vous avez parlé, passé du temps ensemble, quand il est venu au Sanctuaire, la semaine dernière… Tu l'apprécies, non ?

-Ouais… Ce serait plus simple s'il me plaisait moins, pour le coup. Je ne me prendrai pas autant la tête à savoir ce qu'il veut, ce qu'il pense, ce qu'il fait…

-Hé ! Je te rappelle que c'est toi qui es chargé de me convaincre de m'amuser sans penser à ma copine… et là c'est toi qui commence à déprimer !

-C'est vrai… pardon. Hé ! les amoureux, qui pourraient, au passage, avoir la décence de penser aux esseulés, vous venez danser ?

Aphrodite relève la tête.

-Danser ?

-Oui… c'est un peu une des activités de base dans ce genre d'établissement, explique doctement Shura.

-Shushu… tu n'y connais rien. Mais bon… Angie ! Allons montrer à la jeunesse de Rodario ce que sont de véritables dieux des dancefloor.

-Je crois que Milo a déjà fait des adeptes, constate, amusé, le Cancer.

Le Scorpion danse avec une jeune fille absolument magnifique, à la tenue fort suggestive et à la longue chevelure brune. Aucun des gestes du Grec ne paraît vouloir vraiment être ambigu. La musique aux accents latinos le guide, s'alliant à merveille avec son côté charmeur. La jeune femme, en face de lui, semble prendre davantage au sérieux ce jeu de séduction. Mais Milo ne s'en soucie pas. Milo s'en moque. Milo s'amuse. Elle se penche vers lui. Il acquiesce. Ils descendent de l'estrade et se dirigent vers le bar. Milo en profite pour saluer Aphrodite et Angelo qui mettent le feu à la piste, depuis un moment déjà.

-Des amis à toi ?, demande la brunette.

-Yep.

-Gays ?

-Définitivement, j'en ai peur…, répond Milo dans un sourire.

-Dommage. J'ai une amie… le brun lui plaisait bien.

-Elle ferait mieux d'aller voir ailleurs. Aphro est extrêmement possessif, même s'il n'en a pas l'air. C'est probablement le plus jaloux des deux, et quand on connait Angie, c'est pas peu dire. Et puis, personne ne pourrait venir s'immiscer entre eux.

-Je vois. Tu m'offres quoi ?

-Qu'est ce que tu veux ?

-Tequila, fait-elle après l'avoir longuement fixé.

Très longuement.

-Une tequila, et une vodka, commande Milo au serveur.

-Vodka ? Je t'imaginais dans des ambiances plus chaudes…

Milo rigole en prenant les deux verres, et en donnant un billet au serveur. Qu'il garde la monnaie.

-La vodka, ça peut être très chaud, je t'assure… !

-Vraiment ?

Son ton se veut innocent, tandis qu'elle le regarde par-dessus son verre. Milo se perd, lui, dans le liquide qu'il fait lentement tourner, sans regarder sa partenaire d'un soir. Il sourit. Un sourire rêveur.

-Vraiment.

Elle se rend compte qu'elle a loupé le coche. Hors de question de capituler. Quelques instants plus tard, elle entraîne à nouveau Milo sur la piste. Un Milo qui se laisse faire. Tout sourire. Un Milo dont la danse devient plus lascive à mesure que l'alcool embrume son esprit. A la faveur d'une légère bousculade, la jeune fille se retrouve contre le torse musclé du Scorpion. Il l'interroge du regard. Tout va bien, oui. Elle se colle à lui, et fait passer ses mains jusqu'au cou de Milo. Elle veut planter son regard noir dans les yeux bleus. Mais il les a fermés. Et il sourit, le visage levé vers les spot-lights. Elle sourit aussi, une lueur de désir et de satisfaction illuminant ses pupilles.

Une heure passe. Peut-être plus, peut-être moins. Aphrodite et Angelo sont retournés sur leur canapé. Shura et Ayoros discutent au bar.

-Je vais peut-être m'acheter un portable. Et en offrir un à Rune.

-Pourquoi ?

-Pour qu'on puisse se téléphoner, tiens…

-Vous pouvez passer par vos cosmos.

-Et être espionné par tous les Chevaliers et les Spectres… pas trop envie, tu m'excuseras.

-Je comprends. Pourquoi tu hésites, alors ?

-Je ne veux pas qu'il croie que je m'incruste… ou que je suis accro…

-Rhaaa… ! ça fait deux heures qu'on est là, et tu n'as quasiment parlé que de lui ! Regarde la vérité en face ! Je ne sais pas ce que tu lui trouves, mais tu ES accro…

Shura ouvre de grands yeux. Et baisse la tête, affligé.

-T'as raison…

-C'est pas un drame, tu sais.

-Tu le connais pas… il est complètement asocial, il déteste le bruit, faire la fête… Même Camus et Shaka paraissent « cool et funky » en comparaison…

-Mais il te plait…

-Ouais… Quand on s'est embrassé, c'était juste… Et merde.

Shura se prend la tête à deux mains. Ayoros le regarde, légèrement inquiet.

-Quoi ?

-Je suis amoureux.

-Par l'Olympe. Tu as raison, c'est terrible.

-J'ai pas besoin que tu te foutes de moi, Ayo… Tu n'as pas idée de la galère dans laquelle je suis.

La jeune fille et Milo ont quitté la piste. Le Scorpion a les yeux qui brillent. Un peu trop. Désir. Excitation.

-Je crois que je vais y aller, fait-il, rêveur.

-Déjà ?

Elle a l'air un peu déçue. Mais elle se ressaisit et joue avec les boutons de la chemise de Milo.

-Et tu comptes aller où ?

-Chez moi. Finir la nuit avec la plus belle créature qui soit au monde.

Elle se rengorge. Elle fixe les yeux bleus du Scorpion, un sourire suggestif aux lèvres.

-Et c'est qui ?, minaude-t-elle.

-Mon homme.

Elle reste interdite un moment.

-Tu… te fous de moi, là ?

-Pas du tout.

-Attends ! Tu m'allumes toute la soirée pour m'apprendre que…

-Je ne t'ai pas allumé. On a dansé, passé une excellente soirée… La prochaine fois que tu veux mettre un mec dans ton lit, renseigne-toi avant. Pour savoir s'il est intéressé. Moi, je ne le suis pas. Pas plus que mes potes.

-J'y crois pas ! J'y crois pas ! Mais merde ! Casse-toi, connard ! Va te faire foutre !

-J'y compte bien. Bonne fin de soirée, ma belle.

Et Milo la plante là, tout sourire. Il salue de loin Shura et Ayoros. Et file au Sanctuaire. Aussi vite qu'il le peut... A la vitesse de la lumière.


Camus est allongé sur le flanc, dans le canapé, la tête posée sur une de ses mains, sa paire de lunettes, fine, sur son nez, un livre ouvert devant lui. Camus lit. La lumière de la lampe se reflète dans ses cheveux. Il ne sourit pas. Il est juste détendu. Calme. Jusqu'à ce qu'une tornade bleue entre dans le salon du temple du Verseau. Et fonde sur lui. Baisers enflammés, et deux mains qui déboutonnent sa chemise, sa ceinture, son pantalon.

-Serais-tu pressé, Milo ?

-Tu me connais, quand je rentre de soirée…

-A se demander ce que tu y fais, pour que ça te mette dans un tel état.

-Je danse. Je bois. Et je pense à toi.

Milo ne ment pas. Toute la soirée, il a pensé à son Camus. Quoiqu'il fasse, de toute façon, il pense à son Verseau. Quand il dansait avec la fille, une part de lui s'imaginait dansant avec son Français. Il imaginait ce que ces ballets sensuels pourraient donner entre eux. Quelque chose de torride. Il en était sûr. Torride. Oui. Et plus encore.

Camus retire ses lunettes, et pose son livre sur la table basse.

-Qu'est ce que tu fais ?, demande le Scorpion, le souffle court, perdu dans le cou du Verseau.

-Tu le vois, je range mon livre.

-Non.

-Comment ça, non ? Je t'assure que c'est ce que je fais, Milo.

-Fais-moi la lecture, pendant que je te fais l'amour.

-Tu es sûr que c'est ce que tu veux ?, demande le Français, dubitatif.

-Oui… Je veux savoir qui tu préfères de ce…

Milo attrape le livre.

-Cyrano de Bergerac… ou de moi.

-Tu crois vraiment qu'il peut faire le poids face à toi ?

-Non. Mais je veux savoir à quel point je suis meilleur que lui. Et puis, tu sais que j'aime ta voix… Allez, s'il-te-plait… Tu lis et je t'aime. J'en ai envie.

Milo ne ment pas. Milo dévore son Camus des yeux. Le désir dans les prunelles océanes… Le désir contre le corps du Verseau. Qui sourit, récupère ses lunettes et son livre. Le Scorpion soupire de plaisir.

-Ce que tu es sexy, mon amour… ce que je t'aime…

Camus passe un bras derrière sa tête, et reprend sa lecture. Acte 5. Scène 5.

-« Roxane, adieu, je vais mourir !…

-Tout haut ?

-C'est pour ce soir, je crois, ma bien-aimée ! J'ai l'âme lourde, encor, d'amour inexprimé, Et je meurs ! »…

Milo lui a retiré ses vêtements, à l'exception de sa chemise, qu'il s'est contenté de déboutonner. Camus sent les mains sur son corps. Camus sent les baisers sur sa peau. Camus frissonne et essaye de se concentrer sur sa lecture. Tâche ardue, s'il en est. Les caresses de Milo. Le souffle de Milo. Les lèvres de Milo. La bouche de Milo. Il n'y a pas que Cyrano qui meurt en cet instant…

-« Mon cœur… ne vous quitta jamais une seconde, Et je suis… et serai… jusque dans l'autre monde… Celui qui vous aima sans mesure, celui…

-Comment… pouvez-vous lire… à présent ?... Il fait nuit. »…

Il fait nuit, oui. Camus n'arrive presque plus à lire. Sa vue se brouille, les lignes dansent. Son esprit se perd dans les brumes du plaisir indicible que lui procure Milo. Milo qui ne dit rien. Milo qui reste étonnamment silencieux. Milo qui s'enivre des mots de Camus. Le Verseau le sent. Le Verseau le sait. Il n'a pas besoin de le regarder.

-« Les lettres… c'était vous !

-Non !

-Les mots… chers et… fous… c'était vous…

-Non !...

-La voix… dans… la nuit… c'était… vous…

-Je… vous jure… que non… !

-L'âme… c'était la… votre…

-Je… ne vous aimais pas… !

-Vous… m'aimiez !

-C'était… l'autre…

-Vous m'aimiez !

-Non…

-Déjà… vous… le dites… plus bas…

-Non… non… mon cher amour… je… ne vous… aimais… pas… »…

Le livre tombe. Et Camus crie.


Milo a porté son Camus jusqu'au lit. Ils sont là, dans les bras l'un de l'autre, peu désireux de se laisser glisser dans le sommeil.

-Tu as eu des nouvelles de Hyoga ?

Camus acquiesce.

-Ils devraient rentrer dans deux ou trois jours. Ils vont faire étape aux Enfers.

-Aux Enfers ?

-Shun voulait voir Hadès et Perséphone… et il y a une histoire avec Poséidon… Je n'ai pas tout compris. Ils parlaient en même temps et semblaient… trop émus tous les deux, pour pouvoir expliquer clairement de quoi il retournait.

-J'imagine que ça concerne Pandore.

-J'imagine, oui. Mais Hyoga devrait se contrôler davantage.

Milo a un sourire tendre.

-Tout le monde ne peut pas avoir autant de maîtrise que toi, mon Camus.

-Tous les Saints des Glaces le devraient.

-Tu ne comptes pas lui laisser ta place, si ?

-Evidemment que non.

-Bon, alors… ? C'est un Cygne, pas un Verseau.

-C'est mon élève.

-Et tu aurais voulu qu'il mette dix ans à avouer ses sentiments à Shun ?

-C'est mesquin, ça, Milo.

Le Scorpion embrasse tendrement le cou de son Verseau.

-Je ne vaux pas mieux. Je ne te l'ai jamais dit, non plus.

-Parce que tu pensais que je ne t'aimais pas. Que je ne serais pas capable de t'aimer, constate le Français, clinique.

-Et tu me démontres tout les jours que j'avais tout faux. Peut-être que c'est pareil pour Hyoga ?

-Je ne vois pas le rapport.

-Peut-être qu'on se trompe… qu'il est plus stable qu'il ne le laisse paraître.

-Euh… Milo. On parle de Hyoga, là.

-Oui, bah, tu croyais l'âme de Shun capable de résister à Hadès, toi ? Peut-être qu'ensemble, ils arriveront à trouver un équilibre. Moins de larmes. Moins de cris. Parce que l'autre est là. Tu vois, le genre…

-Peut-être.

Camus soupire et se blottit un peu plus contre le torse de Milo.

-Ikki les a plantés.

-Hein ?

-Ikki est resté deux jours au Sanctuaire sous-marin et il est parti.

-Il est allé retrouver Shaka ?, demande le Grec, plein d'espoir.

-Sauf si Death Queen Island a été téléportée en Inde, je ne crois pas non…

Milo grimace.

-Ca va mal finir entre ces deux-là… ça me rappelle les Vieux, tiens. Tout le monde sait qu'on s'aime et qu'on est fait l'un pour l'autre, mais on arrive quand même à faire foirer notre relation.

-Je me fais du souci pour Shaka…

Milo sert un peu plus Camus contre lui.

-Tu n'es pas le seul. J'espère qu'il n'est pas en train de faire une connerie, tout seul, là-bas...

-Mû n'arrive toujours pas à le contacter.

Le ton du Verseau… Il souffre, un peu. Il est soucieux. C'est rare, chez lui, cette légère mélancolie.

-Tu t'inquiètes vraiment pour lui, hein, mon Camus…

-Je viens de te le dire.

-Je veux dire… vraiment.

Le Français se laisse complètement aller dans les bras du Scorpion.

-Je crois que… c'est mon ami.

-Je sais.

-Depuis qu'il est avec Ikki… Je ne pensais pas que Shaka puisse être aussi fragile. Il semble presque… instable.

L'idée d'associer cet adjectif à Shaka a quelque chose de… choquant.

-Et tout ce qui est instable, il faut que tu le stabilise.

-Sauf toi.

-Moi je suis très stable. Imprévisible, surexcité, immature,… mais très stable. Et très fidèle.

-Tu as intérêt, si tu ne veux pas finir dans un cercueil de glace.

-Tu m'enfermerais ? Pour que je reste à toi ?, demande Milo.

-Sans la moindre hésitation.

-C'est gentil, ça.

Il sourit. Oui, il trouve ça gentil. Parce que ça veut dire que son Camus tient vraiment à lui. Il se sent rassuré.

-C'est bizarre…

-Quoi donc ?

Camus a fermé les yeux. Il est sur le point de s'endormir. Mais, il ne veut pas sombrer dans les bras de Morphée. Pas encore. Il veut profiter des bras de Milo. Qui sont tellement plus agréables.

-Je ne sais pas… C'est juste bizarre, tout ça. Ça fait deux mois qu'on est revenus. Pratiquement un mois qu'Hadès est ressuscité. Nous sommes en paix… Mais… les choses restent bizarres. Je ne sais pas trop comment l'expliquer…

Camus regarde Milo. Il l'interroge du regard, le pousse à aller plus avant sa réflexion. Camus sait que Milo est un être instinctif. Ses impressions sont toujours importantes.

-C'est comme… un lac. Un lac dont la surface serait calme mais où on trouverait, tout au fond, des tourbillons, de l'agitation… de l'agitation méchante.

-Méchante ?

Milo hésite. Ce n'est pas le mot exact…

-Mauvaise ? Malveillante ?, tente-t-il, tout bas. Malveillante, oui. Je crois que c'est ça.

-Et tu as ce sentiment depuis longtemps ?

Si Milo ressent de la malveillance, il y a de quoi s'inquiéter.

-Je ne sais pas. Je ne me sentais pas bien après notre retour… alors je n'y ai pas fait trop attention. Mais même maintenant, l'ambiance me paraît bizarre. Pas étrange, hein. Juste bizarre. Un mauvais bizarre. Je crois que Dohko a dit un truc, une fois, à ce propos…

-Dohko aussi ?! Et vous n'avez pas cherché à en savoir plus ?

-Bah… moi je déprimais parce que tu… enfin tu sais pourquoi. Et Dohko était en plein dans ses problèmes avec Shion…

-Et maintenant que ça va mal entre Ikki et Shaka, tu le ressens à nouveau.

-Oui…

-Notre humeur transparaît dans notre cosmos. C'est peut-être à cela que tu es sensible.

-Peut-être, oui… Tu devrais dormir, mon Camus.

Le Verseau baille, en effet. Il se pelotonne contre son Scorpion.

-Tu restes avec moi, hein…

Milo tique. Camus dort presque à présent. Et cette question, il l'a posée presque inconsciemment. Elle ne lui ressemble pas. D'autant que le Scorpion n'a jamais délaissé leur lit, depuis qu'ils sont ensemble. Le Grec passe une main tendre dans les cheveux de son amour.

-Promis, mon Camus.

Le Verseau soupire d'aise. Milo ferme les yeux. Il y a définitivement quelque chose de bizarre au Sanctuaire. Il y pensera demain.