Ça y est ! Premier chapitre ! J'ai fini par y arriver ! Oui, vous allez vous dire que si je pense déjà ça alors que je n'en suis qu'au premier, je suis mal barrée pour la suite. Et vous avez en bonne partie raison car, je le reprécise, je découvre toute cette histoire en même temps que vous. J'ai juste une vague idée du pourquoi fondamental des évènements de la préface, mais sans pour autant connaître le comment. Voilà pourquoi il m'est très difficile d'avancer. Je dois me forcer à ne pas penser plus loin qu'un paragraphe d'avance, si ce n'est moins, et surtout, laisser ma plume guider mon récit même si la tournure ne me plaît pas ou que je doive changer d'ambiance assez rapidement. C'est très perturbant, mais très amusant aussi ! Essayez un jour !
Pardon d'avance pour ce chapitre plutôt court, je ne m'en rends compte que maintenant que je le poste.
RAR :
Tout d'abord, merci à toutes celles (et ceux ?) qui m'ont laissé une review, ça m'a fait très plaisir et m'a poussé à me bouger un peu pour la suite, ce qui est une excellente chose.
Talim76 : Merci pour ta review, tu trouveras la majeure partie des réponses à tes questions dans ce chapitre je pense !
Saharuchan : En effet, c'est mon premier Saint Seiya, d'ordinaire je bosse plutôt sur du HP voire même sur des fictions personnelles qui ne s'appuient sur aucun fandom. Presque fantomatique ? Le presque me gêne quelque peu, ça veut dire que je n'ai pas été assez claire et précise en écrivant : c'est bien un fantôme, mais un fantôme personnel.
Hemere : Je suis aussi curieuse que toi ! J'ai essayé (je dis bien essayé) d'être un peu plus drôle dans ce chapitre-ci, à voir si c'est réussi ou pas, mais je crois avoir un peu trop contrebalancé le dramatisme de la préface en partant dans la niaiserie la plus totale... J'attends ton avis, donc.
PerigrinTouque : Alors là, au vu de ma propre préface et me connaissant, je pense que tu peux effectivement t'attendre à de l'Angst, mais aussi du Hurt/comfort, du Drama et une DeathFic avec un D monumental ! :'D Pour le reste, comme pour Talim76, je pense que tu trouveras une partie de tes réponses dans les lignes à suivre...
Disclaimer : personnages et univers blablabla...Kurumada...blablabla !
Rating : T (ou M, mais je ne suis pas bonne écrivaine de situation explicite donc ce ne sera pas en raison d'un lemon mais d'une situation particulièrement horrible si je dois changer le rating)
Chapitre 1 : Réminiscences
Camus ouvrit les yeux dans la pièce baignée de lumière. Il faisait chaud, mais ce n'était pas désagréable, c'était comme être recouvert d'un voile de douceur. Il regarda autour de lui et ne reconnut pas les lieux. Ce fait aurait dû l'inquiéter car il ne se rappelait ni de cette pièce, ni de comment il y avait atterri. Et pourtant, cela l'amusait énormément. Le lit était confortable, les draps de lin grossiers mais agréables et la personne couchée à ses côtés avait le dos le plus magnifique qu'il eût jamais vu. Il savait qu'il le connaissait, ce dos, mais décidément, non, sa mémoire refusait de s'ouvrir. Tant pis ! Il croisa les bras derrière sa tête et observa les imperfections dans le plafond. Il n'avait pas joué à ce jeu depuis bien des années. Il adorait ça, chercher des images à travers les fissures, les variations de couleur et l'usure de la pierre. Il compta trois des douze signes du zodiaques, un œil, et une chose qui ressemblait à la France, la Provence en moins.
Le Verseau avait égaré son sérieux et sa prudence en même temps que sa mémoire semblait-il. Était-il malade ? Ou bien l'état cotonneux dans lequel il se trouvait était-il dû à la dite nuit ? Un sursaut de conscience le prenant, il se redressa brusquement et s'assit sur le bord du lit pour réfléchir.
« Aoutch ! »
Douleur. Il savait ce qu'il s'était passé cette nuit à présent. Enfin en tout cas, son fondement le savait, lui. Alors qu'il allait se décider à regarder qui avait été son « tortionnaire » de la nuit, il sentit deux mains entourer son torse et des cheveux lui chatouiller le dos.
« Aurais-je arraché un cri supplémentaire au grand Camus ? Tu sais que je préfère quand c'est par plaisir, tu aurais dû me dire que je te faisais mal hier. » dit la voix sur un ton faussement désolé.
L'amnésique releva aussitôt la tête pour voir de qui elle provenait. Une ondoyante chevelure indigo, une lueur malicieuse dansant dans des yeux d'un bleu clair, un visage qu'il connaissait par cœur.
Sa mémoire lui revint instantanément en voyant la personne qui partageait son cœur -et son lit, à l'occasion. Milo, chevalier du Scorpion, connu pour son tempérament de feu et ressuscité en même temps que lui après la dernière guerre sainte.
Il était le seul à même de faire fondre l'insensible chevalier des glaces. Plus exactement, il avait été le seul capable de voir derrière cette cuirasse dure et froide, de chercher à la réchauffer pour atteindre ce qui était enfoui derrière depuis bien des années. Personne, pas même lui, ne savait pourquoi le verseau avait un tel besoin de contrôle sur lui-même et sur son environnement. Le chevalier des glaces refusait d'en parler et se braquait lorsque le scorpion essayait de comprendre ce trait de caractère dont il était lui même totalement dépourvu. Alors il détournait subtilement -du moins aussi subtilement que l'arachnide en était capable- la conversation pour chasser au plus vite ces nuages lourds qui menaçaient de couvrir leur ciel ensoleillé.
Camus sourit. La vie qu'ils menaient était si paisible depuis qu'ils avaient tous été ressuscités. Ils s'étaient réveillés dans leur temple respectif au beau milieu de la nuit, sans comprendre ni comment, ni pourquoi ils avaient atterri là. Le dernier souvenir qu'avait gardé Camus avant sa mort ayant été les adieux déchirants à son meilleur ami avant qu'ils ne se sacrifient devant le mur des lamentations, il avait couru, couru aussi vite que son corps douloureux le pouvait jusqu'au temple du scorpion, ne prenant pas garde aux occupants des maisons traversées, à la pleine lune qui illuminait sa traversée, ni même à ses pieds nus qui s'écorchaient contre les marches de pierre, priant pour que le même miracle lui soit accordé...mais l'avait trouvée vide.
L'élan soudain qui l'avait poussé si loin malgré l'atrophie de ses nouveaux muscles s'était essoufflé aussitôt, le laissant retomber à terre comme un pantin auquel on aurait arraché les fils. Milo ne reviendrait pas. Pourquoi quelqu'un comme lui, un traître, un meurtrier, un renégat, avait-il pu revenir et pas lui ? Alors qu'il sentait la fraîcheur de son cosmos l'engourdir, il avait entendu un léger toussotement. Se retournant brusquement il avait pu distinguer un point brillant dans l'obscurité : une lueur rouge flottant dans l'air. Puis deux autres orbes s'étaient ajoutés au premier, moins brillants cependant, et d'un bleu caraïbe. Ses yeux s'habituant à l'obscurité, il avait commencé à voir les fils indigos qui les entouraient, partant en tous sens. Il ne lui en avait pas fallu plus pour reconnaître la silhouette qu'il désespérait de voir et s'était jeté sur lui, l'entourant de ses bras, humant ses cheveux, touchant sa peau pour se convaincre de la réalité du moment. Ç'avait été la seule fois où le scorpion l'avait vu se laisser vraiment aller.
« Milo ! Oh, Milo ! avait-il sangloté en le serrant un peu plus fort, J'ai cru que tu ne reviendrais pas, que tu étais mort, que je t'avais perdu, que...
- Chhht, l'avait interrompu le grec en posant un doigt sur ses lèvres, je suis là, je vais bien, nous allons tous les deux bien, alors calme-toi, et contrôle ton cosmos ou bien je vais finir en esquimau gelé. »
Inspiration, expiration, inspiration, expiration... Doucement, il avait retrouvé son calme. Son cosmos s'était radouci, ses respirations s'étaient espacées, mais les battements de son cœur, eux, ne s'étaient pas ralenti devant l'émotion et la gêne d'une telle proximité. Un silence pesant avait alors persisté entre les deux compères, silence que le grec s'était évidemment senti obligé de briser.
« Camus ? Ce n'est pas que je n'aime pas être comme ça, au contraire, te voir enfin te comporter en être civilisé -j'aurais dû mourir plus tôt pour voir ça tiens- me réjouis au plus haut point, mais pour le bien de ma santé mentale, je crois qu'il vaudrait mieux que tu me lâches et qu'on aille tous les deux enfiler quelque chose ou bien je ne réponds plus de mes actes. À moins que tu aies changé d'avis et que ça ne te gêne pas que je te...Camus ? »
Le chevalier s'était figé, les yeux vides et le visage rougissant à vue d'œil. Il n'avait pas réalisé. Dans son empressement de voir Milo, il n'avait pas réalisé que seuls leurs corps avaient été ressuscités ! Il avait donc été nu comme un ver, assis sur les dalles de marbre froid qui contrastaient avec le corps chaud et aussi peu couvert que le sien contre lequel il s'était appuyé. Milo, inquiet de sentir son compagnon se raidir ainsi, s'était écarté. Et devant son air choqué, il n'avait pu prendre cette réaction que pour un rejet supplémentaire. Quelques années plus tôt, en effet, il avait été avouer ses sentiments à l'homme des glaces qui les avaient alors rejetés, affirmant préférer une relation platonique. Mais le Scorpion n'en était pas resté là et avait continué à insinuer des propositions plus ou moins précises, mais jamais directes pour ne pas avoir à ressentir une seconde fois cette souffrance.
Manqué.
Devant cette scène, il avait senti son cœur se serrer douloureusement, plus douloureusement encore que la première fois, et avait préféré se détacher complètement du corps rigide pour lui tourner le dos, avant d'avoir à essuyer un nouveau refus qui cette fois aurait été sans doute direct et expéditif - du moins l'avait-il cru.
Surpris de ce changement soudain d'attitude de la part de son ami, Camus était resté interdit pendant plusieurs minutes. Cela l'avait...blessé. Mais c'était vrai, après tout, à quoi s'était-il attendu ? À être reçu à bras ouverts alors qu'il avait senti la haine dans les mains qui avaient enserré son cou à l'époque où il n'était plus qu'un fantôme au service de l'ennemi ? Alors qu'il avait lui même rejeté Milo la première fois ? Il l'avait rejeté pour le protéger, pour les protéger, lui et l'amitié qu'ils partageaient. Il avait voulu éviter de tout gâcher avec des sentiments futiles et dangereux...
Pendant ce court dialogue avec lui-même, il avait serré et desserré les poings convulsivement, puis avait recommencé à s'animer, comme s'il reprenait vie une nouvelle fois*, pour se lever, ignorant les tremblements de ses jambes, se détourner et marcher doucement vers la sortie avec autant de dignité qu'il le pouvait encore** jusqu'à ce qu'une voix sonore résonne dans son dos.
« Tu comptes encore fuir c'est ça ? »
Quoi ?
Ce ton plein de reproche avait eu pour effet de l'arrêter aussitôt dans sa progression. Interloqué, il n'avait cependant pas plus parlé qu'il n'avait bougé. Sous la lumière argentée, on aurait pu le croire en pierre, tel une statue antique représentant un être de beauté de la mythologie.
« Que faut-il qu'il se passe pour que tu te décides enfin à me faire face ? avait ajout la voix avec force devant son mutisme persistant. Je ne supporte plus que tu fuies devant tes émotions. Nous sommes morts, j'ai failli te perdre à jamais et tu t'obstines encore à faire comme si tu ne ressentais rien ! »
Comment ? Mais je n'ai jamais...
Le pauvre chevalier des glaces n'y avait rien compris. Son visage était resté figé dans une grimace d'incompréhension, un millier de pensées se bousculant dans sa tête, pendant que Milo continuait à se répandre en reproches.
« Lorsque je t'ai avoué mon amour, tu m'as rejeté, prétextant que tu ne ressentais pas la même chose, mais tu m'as à l'instant prouvé le contraire ! Ton cosmos hurlait pour moi ! Ose, ose me dire que c'est faux !
- C'est vrai, avait-il simplement dit, dans un murmure à peine audible.
- Et je me fiche que tu... »
Il s'était interrompu au beau milieu de sa phrase. Ne s'étant pas attendu à une telle réponse, il était resté bloqué en plein mouvement, coupé dans le monologue qu'il avait tout juste préparé dans sa tête.
« Tu plaisantes, hein ? avait-il risqué, un rictus aux lèvres pour se donner une contenance devant le corps en face de lui qui s'était mis à trembler.
- MILO DU SCORPION ! avait hurlé Camus en le plaquant contre un mur, les yeux brillants de colère. Ne m'oblige pas à me répéter une seconde fois ou tu le regretteras : je suis mort bien avant toi, et plusieurs fois. Je suis revenu sans être vraiment vivant, pour mourir de nouveau dans les bras même de mon disciple ! Et pourtant rien de tout cela n'était comparable à ce que j'ai pu ressentir à l'instant ! »
S'accrochant désespérément aux épaules bronzées du grec, il avait enfouit son visage dans son torse pour masquer ses sanglots, laissant ce dernier pantois. Il n'avait pas su quoi faire, hésitant à le toucher, mais ne voulant pas pour autant se soustraire à son étreinte, alors il était resté droit comme un I, les bras levés sur les côtés comme en signe de reddition.
« Tu n'imagines pas...tu n'imagineras jamais à quel point ça a été dur ! Être obligé de continuer à te faire croire que...que je ne ressentais rien, sentir ta détresse alors que tu maintenais ce faux sourire sur ton visage en ma présence...alors que je n'avais pour seule envie que t'apporter ce bonheur dont tu voulais. avait-il ajouté, sa voix mourant dans sa gorge à cause du trop plein d'émotions.
- Mais...pourquoi ? Pourquoi avoir refusé de...
- J'avais peur, avait-il murmuré, si bas que Milo l'avait à peine entendu. Peur de tout gâcher et de te perdre. Mais je t'ai finalement perdu, et trop de fois pour pouvoir en supporter une de plus ! C'est pour ça que je ne fuirais plus.
Milo en était resté coi de stupéfaction. Ne sachant pas s'il rêvait ou vivait réellement ce moment, il n'avait pas su quelle attitude adopter. Du moins jusqu'à ce que les lèvres fines prononcent quatre mots supplémentaires à moitié étouffés entre les pleurs de l'un, et la chevelure de l'autre.
« Je t'aime, Milo »
Il l'avait alors enfermé dans la cage de ses bras, comme pour qu'il n'en sorte plus jamais. S'ensuivit alors une série de caresses douces et de chastes baisers que les deux chevaliers n'avaient pas tardé à appuyer, depuis trop longtemps en attente du corps de l'autre et de la manifestation de leur désir commun.
Oui, Camus ne pouvait que sourire à ce souvenir . Certes, cela avait failli se terminer d'une manière peu agréable à cause de leurs caractères opposés, mais finalement, tout cela s'était fini d'une manière fort agréable.
« À quoi tu penses ? lui demanda le Scorpion, interrompant le cours de ses pensées.
- Mais à rien ! se détourna-t-il, gêné d'avoir été surpris au moment où il repensait à ce souvenir.
- Camus...Tu le fais encore !
- Quoi donc ? demanda-il avec sincérité.
- Tu mens, répondit-il. Vas voir tes joues dans le miroir, elles sont cramoisies.
- …
- Et ton silence en dit encore plus long, ajouta-t-il en le basculant sur le lit, ses bras encadrant sa tête. J'aimerais vraiment être capable de lire dans les pensées quand tu imagines ce genre de choses...
- Quel genre ? l'interrogea le français, bien qu'il connût déjà la réponse.
- Quelle mauvaise foi ! Attends, je vais te montrer.
Ce fut encore une matinée remplie par l'écho de soupirs et de gémissements langoureux pour le sanctuaire. Tout allait parfaitement bien. Et ils ne voyaient pas quelle ombre pourrait bien noircir leur si joli tableau.
* Non, il faut croire que ressusciter une fois n'est pas suffisante pour notre cher Camus !
** Je l'ai toujours dit : qu'est-ce qu'il s'en va bien !
(pardon, je ne voulais pas mettre d'astérisque à cette fanfic, les ayant moi-même en horreur dans les fics sérieuses, mais je n'ai pas pu m'en empêcher !)
Comme je l'ai dit plus tôt, je trouve que je suis partie dans une fin tellement niaise que j'en rigole encore ! Je vous laisse, moi je vais retrouver une totale liberté des pensées cosmiques, vers un nouvel âge réminiscent... (oui, j'arrive même à écrire des bêtises sur mon titre de chapitre)
