Vous l'avez voulu ? Le voilà ! Tout d'abord, merci pour vos commentaires, pour avoir mis cette histoire en favori, pour vous être abonné ; vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai été heureuse à chaque fois que je jetais un coup d'oeil à mes mails.

Voici donc la conclusion, bien plus courte, de cette histoire, du POV de Kida ! [Et bien sûr les personnages ne m'appartiennent pas :p]


Chapitre second : Vérités.

La foule fixa le bâtiment sans bouger un court instant, puis se mit à courir, prise de panique. Comme si vous alliez éviter le drame maintenant qu'il était fait ! Je n'avais pas cessé de courir, il était hors de question que j'arrête maintenant. Collant mon oreille au téléphone, je n'entendis plus rien. La déflagration devait avoir réduit en poussière le sien. Et peut-être même son corps, par la même occasion...

Je secouais la tête. Hors de question que je me laisse aller à de telles pensées. Pas maintenant. La porte, enfin.

De toute évidence, le rez-de-chaussée avait été en partie épargné. J'entrais par la porte que mon... Qu'était-il pour moi ? Qu'importe. Qu'Izaya avait laissée ouverte et je gravis l'escalier en toute vitesse.

Comme souvent après une explosion, les flammes dévoraient l'endroit. Et quoi de mieux qu'une bibliothèque pour brûler ? Des années d'ouvrages faisaient office de combustible, attisant le feu encore et encore. La fumée me piquait les yeux, me prenait à la gorge. A quelle fenêtre avais-je aperçu la lueur de son écran ? Encore un peu plus loin... Plus loin...

Les yeux noyés de larmes à cause de la fumée, je tentais de repérer Izaya. Quelqu'un à l'extérieur cria « Appelez une ambulance ! Regardez ! Il y a quelqu'un dans le bâtiment ! Il va se tuer ! » J'eus un léger sourire. Comme si ma mort importait.

Soudain, un bruit attira mon attention. Une bibliothèque avait basculé le long du mur, et les livres glissaient un à un, causant ce bruit qui m'avait fait sursauté. Et ils s'entassaient tous sur...

Voyant soudain le bras dépassant de cette pile de papier, je me figeais. Un filet de sang descendait le long du membre jusqu'à la main, crispée sur un téléphone à clapet dont l'écran avait été arraché.

Soudain, mes jambes répondirent de nouveau. Je dégageai tant que possible le corps.

Sa tête avait été heurtée par l'étagère et il saignait abondamment, mais de toute évidence, il n'avait pas été directement touché par l'explosion. Entendez par là qu'il était en un seul morceau.

-Izaya... San ?

Ma voix n'était qu'un murmure. La peur me tordait l'estomac. Encore une fois, j'allais perdre quelqu'un qui m'était cher... Et tout ça par ma faute.

-Masa..O...Mi...

Ses yeux s'étaient entrouverts et les commissures de ses lèvres s'étiraient en un faible sourire. Le visage noyé de larmes, ma main enveloppant la sienne, je lui murmurais, comme si je ne voulais pas être entendu.

-Tiens bon. Une ambulance va arriver d'ici peu, ne t'inquiète pas, tout va bien. C'est de ma faute, je suis désolé, je savais très bien que ça allait exploser, pardonne moi...

-Alors... Quittes... M'interrompit-il doucement dans un souffle très faible.

Il parvint à soulever son bras jusqu'à poser ses doigts sur ma joue, et, vaincu par la toxicité de la fumée, je perdis connaissance.

Lorsque j'ouvris les yeux, tout ce que je vis était blanc. Le plafond était blanc. Les murs étaient blancs. Les habits de la personne à côté de moi étaient blancs.

-Ah, vous êtes réveillé ? Vous nous avez fait une belle frayeur, hier soir ! Un peu plus et vous inhaliez trop de vapeurs pour qu'on puisse vous sauver. Une chance que les secours soient arrivés à temps...

La machine à côté de moi émettait régulièrement des bips agaçants. Soudain, alors que je me remémorais les événements de la veille, elle s'emballa et l'infirmière se tourna vers moi, inquiète.

-Et... L'homme qui était avec moi ? Où est-il ? Est-ce qu'il... Non, il ne peut pas... Il allait bien, il était vivant ! Où est-il ?

-Calmez-vous ! On se calme ! Doucement... Il est vivant. Il a même été autorisé à sortir après avoir été en observation toute la nuit. D'ailleurs...

Elle sembla hésiter un instant. Les battements frénétiques de mon cœur s'apaisèrent peu à peu. Alors il était vivant... Je ne pouvais y croire. J'avais réussi...

-Il y a un problème ?

Elle semblait encore torturée pour une raison que j'ignorais, mais j'étais curieux.

-Et bien... Il m'a demandé de vous donner cette lettre, mais... Je devais attendre au moins deux heures après son départ pour vous donner ça... Il a dit « Pour être sûr qu'il ne me rattrape pas. »

Voyant l'enveloppe qu'elle me tendait, je pris peur une fois de plus. La même enveloppe que celle de Saki... Il l'avait probablement choisie volontairement. L'écriture ressemblait d'ailleurs à celle de Saki, même si je pouvais voir que quelques traits différaient. Ce type avait un sens de l'humour tordu. Il s'était arrangé pour que je devine le contenu de la lettre sans même la lire.

Dès que je pris le papier, l'infirmière s'en alla pour me laisser lire en paix.

« Masaomi-kun,

Si tu lis ceci, je ne suis plus là. Haha, bon, tu as déjà lu quelque chose comme ça, alors je passe les détails.

Tu voulais des réponses, non ? Je ne suis qu'un lâche alors je préfère les coucher sur papier plutôt que de les dire en face. En plus, ça me laisse une certaine marge de temps...

La raison pour laquelle j'ai aidé Saki-chan est un peu ridicule... Elle m'a surpris dans un moment de faiblesse (bon, d'accord, j'étais totalement saoul) et m'a imploré de l'aider. Elle disait que c'était pour ton bien... J'ai trouvé le principe de l'éloigner de toi plutôt intéressant, et je dois reconnaître que oui, j'étais même vraiment heureux de la savoir à l'autre bout du pays. Cela dit, si tu veux toujours savoir où elle est, tu trouveras cette information au bas de la lettre.

Tu dois te demander pourquoi je me suis toujours attaqué à toi plus qu'aux autres (Shizu-chan étant la seule exception). En réalité, tu étais le plus divertissant de mes pions... Il arrivait même que je ne puisse prédire ce que tu allais faire. Et puis peu à peu, tu es devenu mon jouet préféré... Ne le prends pas mal, mais j'ai toujours entretenu une relation étrange avec les humains. Je m'étais juré de ne pas avoir d'intérêt pour un individu particulier, mais on dirait bien que j'ai failli. Et je dois bien admettre que tes expressions énervées quand je me mêlais de ta vie y sont pour quelque chose.

Avoir laissé Saki-chan se faire blesser fut ma plus grossière erreur. A partir de cet instant, je sus que je ne jouerais plus de la même façon. Je considère donc que nous sommes désormais quittes, alors tu n'as pas à t'en vouloir. Saki-chan avait raison – ton air désespéré est la chose la plus difficile au monde à confronter. Je te connais assez pour savoir que tu te sentiras encore coupable même si je ne t'en veux pas, et je refuse à mon tour de voir ces yeux bouleversés.

Le message est plutôt clair, non ? Ce n'est pas un au revoir, Masaomi-kun, mais bien un adieu. Prend soin de toi.

Ton informateur préféré

Izaya.

PS : L'adresse de Saki-chan : 060-8611 Sapporo-shi Nishi-ku 8-52

PPS : Merci d'être venu me sauver, ça m'a touché bien plus que tu ne pourrais l'imaginer. »

Alors Saki était à Sapporo... Oui, une ville assez grande pour elle qui aimait le monde. Mais ce n'était pas ce qui me préoccupait le plus. Cet enfoiré s'enfuyait... Il me laissait seul, une fois encore. Je refusais de me faire abandonner deux fois en deux jours. Débranchant les appareils mesurant ma pression et mon rythme cardiaque, j'ouvris la porte et courus en direction de la sortie avant qu'une infirmière ne réalise que je m'échappai. Je manquais une marche et donc de m'effondrer, mais je me rattrapai à la rampe. Mon cœur battait à tout rompre et je ne savais si c'était dû à la course ou à autre chose.

Poussant des deux mains le battant de la porte qui menait vers l'extérieur, je pris une grande bouffée d'air.

Mais à peine eus-je fais deux mètres que des bras m'enserraient pour m'empêcher d'aller plus loin. J'allais me débattre, mais...

-Alors comme ça, Masaomi-kun cherche à rattraper quelqu'un ?

Je me retournai, les yeux écarquillés. Emmitouflé dans son habituel manteau à col en fourrure, Orihara Izaya me regardait avec un air amusé.

-Où cours-tu donc comme ça ?

-Mais... L'infirmière a dit... La lettre...

-Oh, ça ? Disons qu'elle a accepté de jouer à mon jeu...

La surprise était telle que mes jambes cédèrent. Étouffant un rire, celui qui fut mon pire ennemi raffermit son étreinte pour me garder debout.

-Tu es peut-être sorti un peu trop tôt... Viens, je te ramène à ta chambre.

-Izaya-san ?

-Pitié, Izaya suffira, tu n'aurais qu'à prétendre que c'est du mépris(1).

-Iza...Ya. Tu... Tu vas rester à Ikebukuro, hein ?

Il eut à son tour un hoquet de surprise, et ses joues rosirent un peu.

-Qu'est-ce que c'est que ces questions ? Bien évidemment, je ne compte pas quitter ma cour de récréation si vite ! Et puis j'ai une attache à cette ville que je ne peux abandonner. Une idée de qui ça peut-être ?

Et il se pencha soudain vers moi, posant ses lèvres sur les miennes. Cette fois-ci, ce fut à moi de prendre des couleurs, mais je me contentais de sourire et répondit avant de lui rendre son baiser.

-Je crois que j'ai ma petite idée sur la question, oui...


1.L'absence de titre honorifique tel que san, kun, chan, etc. est une très grande familiarité qu'on ne s'autorise que si on connait très bien la personne (ami d'enfance, petit frère/soeur) soit quand on traite la personne avec mépris (donc sans titre élevant la personne au dessus de soi)

Et voilà qui se conclut bien ! Bien que je n'ai jamais été une grande fan de ce couple, j'ai pris grand plaisir à écrire cet fic. Pour la petite anecdote, ce chapitre est POV de Kida car j'ai commencé à l'écrire... Et ai ensuite réalisé que le chapitre 1 était à la 3è personne -_-' mais bon...

Si vous avez une idée d'histoire et que vous voulez que je l'écrive (ce sera un one ou two shot), n'hésitez pas à poster une review ! Après tout, c'est ainsi que cette histoire est née...

Matta ne !