Titre : Entre l'ombre et la lumière: un procès retentissant
Résumé: La rencontre d'un glaçon albinos et d'une panthère sexy en diable, où le plus coupable n'est pas celui qu'on croit... Un cocktail explosif, au goût Yaoi, parfum Lemon! Ulquiorra x Grimmjow
Ohio !
Eh oui, me revoici pour le second chapitre, je suis vraiment contente de voir que le chapitre 1 a eu un bon écho ( 10 reviews et 130 hits en une semaine! yatta !)
Bon, alors je vous livre la suite, mais ne vous réjouissez pas trop vite, il y aura un troisième et dernier opus ...
Je vous retrouve en bas de page, mais avant :
EnJoY !
Chapitre 2 : Rencontre sous la Lune
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Ce furent deux yeux parés de cernes bleuâtres qui accueillirent Orihime en ce vendredi matin à l'agence d'avocats. Celle-ci remarqua avec inquiétude les traits tirés de son patron, qui d'ordinaire était toujours frais, dispo et aussi imperturbable d'une statue de marbre.
Cherchant la raison d'une telle fatigue, la jeune secrétaire se rappela de la personne qui avait accompagné Ulquiorra la veille au soir. Mais avant de pouvoir continuer plus avant ses déductions, d'autres images de la fameuse soirée lui revinrent en mémoire.
Un mélange de sel et de sang emplit sa bouche, elle sentit son ventre se tordre et ses jambes se dérober sous elle.
Ils l'avaient vue ainsi. Ils l'avaient vue ivre, dansant sur une table, et tomber piteusement par terre. Ils avaient pu la critiquer à loisir, elle les imaginait riant (enfin, Grimmjow riant et Ulquiorra haussant un sourcil) de son état. Pour quoi allait-elle passer maintenant ? Elle qui souhaitait tant plaire à cet avocat, et s'en faire remarquer... Bon, pour ce qui était de la remarquer, au moins, elle n'avait pas fait les choses à moitié... Rien n'aurait pu être pire...
Ainsi, lorsque son patron passa devant son bureau, elle ne put s'empêcher de lui parler. Il fallait qu'elle s'explique. Qu'elle excuse son comportement. Qu'elle lui promette que cela n'affecterait en rien son travail. Mais avant qu'elle eut ouvert suffisamment la bouche pour émettre un son :
« Ce n'est pas la peine. » Ulquiorra la prit de vitesse. « Je n'ai pas à critiquer vos activités. Exploitez votre temps libre comme bon vous semble, Orihime ».
Sur ces paroles qu'il pensait apaisantes, il entra dans son bureau. Mais c'était une Inoue toute déconfite qui retourna s'asseoir.
Exploitez votre temps libre comme bon vous semble, Orihime.
Bon, au moins, il n'était pas en colère. Ni agacé. Ni inquiet pour sa santé. Ni moqueur. Non, en réalité, il n'en avait que faire. Vraiment, elle aurait préféré qu'il lui fasse des reproches. Mais elle ne semblait pas suffisamment importante à ses yeux pour cela.
« Quelle vie de merde... » soupira-t-elle, oubliant son principe absolu de ne jamais déprimer.
Elle ne se doutait pas que quelqu'un entendrait ses gémissements.
« Ah, tiens, la rousse d'hier soir! Alors, ça va mieux? Pas trop mal au crâne? » railla gentiment une voix qu'elle avait déjà entendue quelque part...
Se retournant, elle tomba face à face avec Grimmjow. Celui-ci, mi-amusé mi-sérieux, la fixait de ses yeux d'azur. Il était aussi pimpant que la veille, comme si son corps supportait deux ou trois heures de sommeil par nuit. Comme si l'alcool était son propre combustible.
Les souvenirs de sa honte nocturne l'assaillirent à nouveau. Baissant les yeux de honte, elle répondit faiblement « Ça va mieux, merci » avant de se retourner pour cacher son embarras. Mais c'était sans compter sur la perspicacité joueuse et un tantinet perverse de l'homme d'affaires: Celui-ci fit le tour du bureau et, s'asseyant sur le bord de celui-ci, il ajouta d'un air détaché:
« J'espère que ce ne sont pas les remarques colériques de votre patron qui vous ont mis dans cet état »
Devant la réaction de la jeune femme, qui se troublait de plus en plus, Grimmjow crut comprendre que l'avocat était un patron tyrannique et assoiffé de pouvoir... Et qu'il s'en était pris à la pauvre secrétaire pour passer ses nerfs. Était-il encore en colère pour le coup de la veille? Après tout, il était revenu lui apporter les clefs, comme promis... Ou peut être n'était-ce pas la voiture en elle-même qui l'avait dérangé... En y repensant bien, Ulquiorra avait vraiment l'air bizarre. Même s'il ne l'avait jamais vu aussi proche physiquement de quelqu'un, sa réaction l'avait troublé. Il avait eu l'air si mal à l'aise, si agacé que s'il n'avait pas aussitôt cédé à la demande de Grimmjow, celui-ci se serait reculé de lui-même.
...Et puis, il n'avait vraiment pas l'air à l'aise au bar, la veille...
...Bon, il allait tirer cette affaire au clair, historie de savoir ce qui rongeait la petite rousse...
...Ulquiorra gardait en permanence son masque impénétrable, mais il avait cru déceler dans ses yeux un mélange d'ennui et de tristesse...
...Tiens, il aurait peut être racheté du saké aujourd'hui...
Ce furent sur ces pensées décousues que l'homme aux cheveux bleus s'apprêtait à ouvrir les portes du bureau de l'avocat.
« Attendez! Vous n'avez pas pris rendez-vous! » Objecta Inoue
« Je n'en ai pas pour longtemps! » répondit-il « Par contre, en ce qui concerne un rendez-vous, je ne suis pas contre... vous êtes libre ce soir ? »
« Euuuh... » rougit la secrétaire « Je suis absente pour le week end... mais si vous voulez, lundi soir... »
« Parfait, parfait! » Conclut Grimmjow, un sourire jusqu'aux oreilles. « Je passerai vous prendre ici à vingt heures! »
Au moins, j'ai réussit à lui remettre un peu de rose aux joues... Voyons maintenant de quoi il retourne...
Et devant l'air troublé de la jeune secrétaire, il pénétra l'antre de Maître Schiffer
« ...Jaggerjack » dit Ulquiorra, étonné de le voir ainsi débouler dans son bureau.
« Eh, Ulquiorra! Ouh là, t'en tires une sale tête! Dur dur de dormir avec autant de saké dans le sang, hein ? Moi aussi j'ai mis longtemps avant de m'y faire... » répondit-il, son sourire toujours accroché sur le visage.
Mais soudain, il redevint sérieux, et son regard n'avait plus rien de chaleureux.
« Eh, dis moi, je croyais que t'étais un gentleman! C'est pas très sympa d'avoir chamboulé la p'tite rousse comme çà... du coup je me suis senti obligé de l'inviter à boire un verre... »
« ... » Fut la seule réponse que le dit-gentleman offrit à celui qui interrompait son calme olympien.
« Bah, pour un avocat, t'es pas très loquace... tes plaidoyers, tu les mimes, ou quoi? »
il esquissa quelques mimiques visant à ridiculiser le beau brun, s'adressant à lui dans une harangue silencieuse, avec de grands gestes, d'un air totalement ridicule.
Une moue agacée vint se dessiner sur les lèvres de l'avocat, complétant avec les sourcils relevés l'expression la plus parfaite de l'homme blasé mais poli que ces singeries n'atteignent pas.
« Quel rapport avec Orihime? »
Ulquiorra se sentait agacé de voir Grimmjow accorder autant d'attention à sa secrétaire. Elle ne devait pas devenir un obstacle. Le fait qu'elle puisse souffrir de cela avait bien sûr traversé son esprit tel un coup de vent dans les grandes plaines, mais tant que Inoue continuait à faire son travail, il ne s'en préoccupait pas. Les femmes sont faites pour affronter plus d'épreuves que les hommes. Autant qu'elle mette à jour son capital santé... Dans le pire des cas, elle démissionnerait, et elle disparaîtrait de sa vie. Point. Le moment le plus ennuyeux serait ses adieux, et comme toujours il parlerait avant elle, elle acquiescerait silencieusement, et elle s'en irait. C'était aussi clair que de l'eau de roche. Le seul point négatif était donc ses attributs qui englobaient l'attention de Jaggerjack. Il allait devoir ruser. Rien ne l'empêcherait de mener sa vengeance à terme.
Grimmjow avait vu poindre une once de contentement sadique dans les yeux d'Ulquiorra et, se méprenant encore plus à ce sujet, il crut vraiment que le maître avait passé ses nerfs sur la paire de loches qui était sûrement en train d'écouter à la porte. Il s'approcha donc de le grande chaine stéréo et, à son aise, fit démarrer une mélodie pré-enregistrée. Le morceau de Jazz préféré d'Ulquiorra retentit, et celui-ci fut plutôt surpris: c'était la chanson qu'il se passait une fois de retour à son bureau, après chaque expérience, chaque découverte d'un nouveau corps aussitôt suivie de sa disparition. Oui, il n'y avait que ce morceau qui pouvait calmer notre jeune avocat après ses ébats.
L'entendre ainsi, en présence de celui qui allait devenir sa proie le fascinait, et bizarrement il n'était pas si agacé que cela d'entendre ce morceau avant de l'avoir possédé. C'était comme un prélude à ce jeu du chat et de la souris qui commençait. Vraiment, cette partie promettait d'être intéressante...
« En ce qui concerne Orihime, ne te méprend pas » continua-t-il, daignant enfin dépasser le traditionnel sujet-verbe-complément. « Elle était gênée parce qu'on l'a vue hier. Elle attache une grande importance à mes réactions vis-à-vis d'elle. »
Comme s'il était fatigué d'avoir autant parlé d'un seul coup, Ulquiorra se tut, et fixa Grimmjow de ses grands yeux aux reflets de jade.
Celui-ci était étonné de la tournure que prenaient les choses. Alors en fait, c'était seulement la secrétaire qui avait le béguin pour le patron. Ouais, ça se tient. Mais pourquoi cet homme, si froid, si distant, alors que LUI avait été charmeur et drôle dès le début? Ok, il l'admettait, son ego de mâle en prenait un coup. Mais qu'est-ce quelle pouvait bien lui trouver?
Il se rapprocha brutalement d'Ulquiorra, sa tête à quelques centimètres de la sienne, comme la veille au soir, et observa plus attentivement ses traits.
Bon, ok, il avait un visage fin et raffiné. Mais ni son nez aquilin, ni ses joues parfaitement galbées, ni sa peau de lait fendue par deux éclats d'émeraude ne pouvaient lutter contre son propre charisme. Non, ce visage n'était rien. Ce n'était qu'un ensemble harmonieux de traits, sublimé par des cheveux de jais. Son air si glacial, ses prunelles d'un éclat farouche et sauvage sublimaient cet aspect inhumain de sa personnalité. Il en ressortait une beauté... animale? Non. Ce n'était pas le mot. Cette aura qui l'entourait donnait nettement l'impression d'un climat de tension inexpliquée, de danger latent, d'une envie sourde et insoupçonnée. Sa beauté était cannibale.
Ulquiorra le regardait, incrédule, se positionner encore une fois aussi près de lui. Nulle perversité dans ses yeux, enfin, pas plus que d'habitude. Ils étaient seulement animés par une curiosité franche et presque enfantine. Comme un caprice qu'on refuserait à un môme. Bizarrement, il trouvait ça plutôt attirant. Il n'avait jamais vu Jaggerjack confronté à un dilemme. Le résultat était une sensation plutôt plaisante, mélange de satisfaction et de domination, et il se fit violence pour ne pas briser cet échange si peu orthodoxe.
Il pouvait voir chaque détail de son visage, encore plus précisément que la veille. Son air inquisiteur et indécis, encadré par ses mèches d'un bleu marin cascadant sur son front, lui donnait paradoxalement l'air d'un démon des eaux, mi-félin mi-aquatique, et il pensa aussitôt à une espèce mythique de poisson-chat qui se rapprocherait plus du sphinx que du félidé. Oui, un sphinx majestueux, tout-puissant, au regard indéchiffrable. Un ocelot qui mettait mal à l'aise pour peu qu'il vous fixe d'une certaine façon.
Rassasié de son visage, Jaggerjack s'éloigna aussi prestement qu'il était arrivé, et ouvrant brusquement les portes il lança derrière lui les clefs de la voiture, en criant: « sympa l'engin, merci pour la ballade! »
Décochant son plus beau sourire à Inoue qui gisait par terre (elle était tombée de surprise alors qu'elle lorgnait par le trou de la serrure, faute de pouvoir entendre leur conversation) et sortit d'un pas assuré.
Ulquiorra était si profondément plongé dans ses pensées qu'il ne tint pas compte du comportement d'Orihime. Devant la grande baie vitrée qui parcourait son bureau, le regard perdu au loin, un micro-sourire se dessina sur ses lèvres.
Il savait comment faire plonger le chat dans ses eaux et l'y noyer.
Jettant un œil à l'horloge de son PC, il sourit intérieurement. Le procès avait lieu dans quatre jours. C'était plus que suffisant. Mercredi, il aurait ce qu'il voulait. D'ici là... il avait du travail... Le jeu pouvait commencer.
Grimmjow se présenta, avec quelques minutes de retard, au travail d'Inoue: Il comptait bien profiter au maximum de cette soirée. Après ce qui s'était passé la veille...
L'homme aux cheveux bleus fit une grimace devant les pensées qui se bousculaient dans son esprit. Vraiment, il avait eu droit à un drôle de weekend. Qui aurait pu prédire que cet avocat avait une vie sociale, lui aussi ?
Et dire que tout cela avait si bien commencé... Il était parti se balader sur le port avec Rangiku, espérant pouvoir naviguer sur ses flots houleux le plus vite possible, lorsqu'ils avaient croisé l'avocat sur le pont d'un bateau. L'embarcation était à l'image du propriétaire et de ses goûts: fin, racé, rapide, moderne sans toutefois faire cliquant, il inspirait respect et envie aux passants qui se baladaient. Là-dessus, Matsumoto s'était comme il s'en doutait exclamé sur le bateau en question, et lui-même n'avait pu retenir un sourire admiratif. Les apercevant, il leur fit un signe de la main, et après maintes exhortations de la plantureuse rousse Ulquiorra consenti à leur faire faire une petite virée en mer. Ils avaient passé une bonne après-midi, profitant de ce dimanche ensoleillé, riant tous deux à la proue du navire tandis que le brun maniait la barre. Il était comme une ombre qui s'étirait sur ce tableau, refusant de laisser la magnificence de la lumière englober le paysage tout entier. Il était la lune à lui tout seul, face à son éternelle rivale, étoile rouge et brûlante.
Lorsque les deux amants en devenir arrivèrent chez Grimmjow, celui-ci se jeta avec appétit sur les formes de la rousse. Ça faisait presque une semaine qu'elle lui résistait, un record pour son tableau de chasse. Il contempla fièrement sa victoire, assis sur elle, la dominant de toute sa stature, imposant sa marque sur son corps désirable. Mais alors qu'il la serrait contre lui, forçant sa voix à s'échapper de sa gorge dans ces râles bestiaux qu'il aimait tant, il se surprit à perdre en puissance et en intensité. La jeune femme ne s'en rendait pas compte, préoccupée par son seul plaisir, et visiblement cela ne changeait rien aux performances de cet homme qui troublé par son état, ne put suivre sa compagne d'une nuit dans les affres du plaisir.
Au réveil, elle était déjà en train de s'habiller lorsque sa tête émergea de sous les couvertures.
« Dis-moi, tu as du café ici? » demanda-t-elle d'un air absent, fouillant les placards seulement remplis par diverses bouteilles de saké.
« ... Naaan » grogna-t-il pour toute réponse. Depuis longtemps il ne s'était pas senti d'aussi mauvaise humeur au réveil.
« ... Je vais y aller, alors » répondit-elle.
Tournant la clenche de la poignée, la rousse à forte poitrine ajouta une dernière phrase qui fit frémir de rage le bel homme d'affaire aux cheveux bleus:
« Dis... il aurait pas un numéro, ton ami avocat ? Je me disais que je pourrais peut être le revoir... »
Sous le regard diaboliquement courroucé de son ex-amant, elle n'attendit pas de réponse et sortit précipitamment de la pièce.
Cette dernière phrase avait rendu fou de rage notre beau macho qui, pour la seconde fois, se voyait voler la vedette par ce maudit Schiffer. Mais qu'est ce qu'elles pouvaient bien lui trouvé. Il remarqua, agacé, que c'était la seconde fois qu'il se posait la question.
Bah, les femmes ont vraiment de moins en moins de goût... pensa-t-il, dépité.
Non, ce qui le perturbait davantage était le fait qu'il n'avait pas pu profiter pleinement de sa nuit avec la belle plante qu'il s'était dégotée. C'était la première fois qu'une telle chose arrivait.
Alors qu'il prenait une douche, il tenta de se remémorer les instants les plus forts de cette soirée, histoire de constater par lui-même si son manque de plaisir était dû à l'abus de saké. Il se rappela comment elle s'était occupée de lui, avec ses mains puis sa bouche, la douceur de ses cheveux.. des cheveux soyeux qui lui faisaient penser à de la soie... une soie qu'il n'avait jamais vue auparavant... Enfin, si. Il connaissait quelqu'un avec des cheveux du même acabit. Des cheveux qu'il aimerait empoigner avec violence et tirer à lui. Les cheveux noirs et rutilants d'Ulquiorra. A cette pensée, son sang ne fit qu'un tour, et tandis que son cerveau s'évertuait à chasser cette vision de son esprit, son corps faisait tout pour garder le plus longtemps possible cet état qu'il avait attendu depuis la veille. Il revit son visage fin et délicat, duquel il s'était approché si près dans son bureau... ses lèvres fines et rosâtres, au parfum qu'il imaginait sucré, son cou duquel il aimerait arracher sa cravate, et le mordre jusqu'au sang... son torse musclé, svelte, sa peau de lait... d'une blancheur qui donne envie de la souiller... Oui, toutes ces sensations lui procuraient un plaisir nouveau, mélange de frustration et de désir. Alors qu'il succombait aux attentes de son corps, frottant sa chair plus que de nécessaire sous le jet d'eau chaude, il se revit à califourchon sur son avocat, serré contre lui dans la voiture, il revit son air gêné, il pouvait imaginer son pouls battre plus vite, ses mains devenir moites...
Il l'imagina plaqué en arrière sur sa petite table de verre, son reflet dans la baie vitrée, son costume déchiré et éparpillé dans son bureau... il frissonnait contre le verre froid, contre la peau tout aussi froide de son avocat, s'enfonçant toujours plus profondément en lui, cherchant à lui communiquer un peu de cette chaleur qui le brûlait de l'intérieur, cherchant faire résonner sa voix à l'intérieur de son corps...
Une serviette autour des hanches, Grimmjow buvait distraitement un verre de saké sur son canapé. Nul doute, « maître Schiffer » devait être attiré par les hommes. Sa façon de regarder les femmes comme des êtres inexistants et de répudier les contacts physiques lui paraissaient maintenant logiques. Mais lui, Grimmjow Jaggerjack, pourquoi ressentait-il un tel émoi envers ce glaçon ambulant ? Pourquoi, alors qu'il avait toute sa vie côtoyé les plus belles femmes, pourquoi une seule pensée pour un homme l'éveillait plus qu'une nuit avec une femelle ?
Il ne pouvait se résoudre à penser qu'il avait viré sa cuti. Non, pas comme ça. Pas aussi soudainement. Pas avec la reine du bonnet F dans son lit!
S'observant dans sa psyché, il fit fonctionner ses muscles. Non, il n'avait pas une tête de gay. Insultant Kami-sama de tous les noms possibles et inimaginables, il soupira devant l'idée qu'il ne risquait plus d'être traîné en justice...
Chassant ces souvenirs de sa tête en même temps qu'il sortait de l'ascenseur, il tomba nez-à-nez avec celui qui troublait ses pensées depuis quelques jours...
Ulquiorra évita lestement Grimmjow, et s'engouffra dans la machine de fer, jetant un regard vaguement intéressé à son client.
Celui-ci, piqué au vif de ne pas gagner plus d'attention de sa part, ne fit pas attention aux premières phrases de la rousse envers lui. Elle commençait déjà à l'énerver: sa bonne humeur partait en fumée à une vitesse vertigineuse. Il se demandait ce que le brun avait prévu pour sa soirée...
Notre bel avocat s'amusait de la réaction de Jaggerjack face à son manque d'intérêt affecté. Vraiment, les hommes étaient comme des jouets, simples et prévisibles...
Roulant à pleine vitesse, il entendait déjà la musique grave et profonde du Yumichika où il se rendait. Sa soif de chair devenait insupportable, il fallait qu'il l'assouvisse sinon il ne pourrait pas se contrôler d'ici mercredi. Le procès avait lieu le lendemain. Il fallait s'armer de patience...
Peu après avoir commandé un verre, il remarqua un jeune homme qui éveilla un peu son intérêt. Comme à son habitude, il se dirigea vers celui-ci, lui murmura quelques mots à l'oreille, et cet inconnu d'un soir le suivit dans sa voiture.
Lorsqu'ils arrivèrent chez l'inconnu, Ulquiorra le laissa diriger lentement vers la chambre, silencieusement, sans se donner la peine de répondre à la tentative de conversation qu'entretenait le jeune homme. Il ne se souvenait déjà plus de son prénom. Qu'importe.
Quelques minutes plus tard, il était allongé sur les draps, le corps frissonnant d'un plaisir depuis trop longtemps contenu, tandis que l'autre vibrait de fatigue et de jouissance au-dessus de lui. Il l'avait choisi trop jeune, trop inexpérimenté. Déjà il se fatiguait. Il était pire que le précédent.
Ses pensées s'arrêtèrent quelques instants lorsqu'il atteignit son premier orgasme, qui malheureusement pour lui serait le dernier de la soirée. Le jeune homme s'était allongé à ses côtés, et dormait déjà. Dans son sommeil, il avait un air enfantin, bien loin de l'image de l'homme qu'il recherchait. Bien trop loin de Grimmjow. Grimmjow qui passait la soirée avec Orihime.
Agacé de repenser une nouvelle fois à ce client si particulier, le bel avocat aux cheveux de jais prit ses affaires et sortit. Il avait besoin de se calmer. Ses expériences étaient de pire en pire. C'en devenait franchement agaçant. Faisant rugir son moteur, il se rendit au port, bien décidé à oublier en mer ses amères pensées.
Grimmjow raccompagna Inoue chez elle, et en parfait gentleman lui souhaita une bonne nuit d'un chaste baiser sur la joue. Il savait qu'il aurait pu avoir bien plus s'il le souhaitait. Mais Il n'en a pas envie. Seules ses confuses pensées habitaient son esprit, et il ne savait plus en réalité ce qu'il désirait ou non. Résolu à mettre de l'ordre dans sa tête, il marcha distraitement le long des rues, porté par le bruit des vagues qui se faisait de plus en plus fort...
C'est avec une surprise teintée d'ironie qu'il aperçut Ulquiorra sur son bateau. Il hésita quelques secondes et, décidant que la confrontation directe valait mieux que des heures de réflexion inutile, il inspira et posa un pied sur l'embarcation, un sourire indécis sur les lèvres.
« Eh, Schiffer »
Ulquiorra sentit une présence derrière lui, mais il était bien décidé à l'ignorer. Surtout ne pas le regarder. Pas ce soir. Pas si près du but. Que venait-il faire ici, à cette heure ?
« ... »
« Belle soirée, hein! »
« ... Où est Orihime ? »
« Ah, la rousse? Euh, je l'ai raccompagnée chez elle. Mignonne, hein, mais un peu trop fifille à mon goût... »
« ... »
Grimmjow se raidit devant le manque de réaction son avocat. Les conversations épineuses l'ennuyaient au plus haut. En cet instant précis, il ne rêvait que de mettre son poing dans la figure du brun, pour le faire réagir...
« T'es pas beaucoup plus loquace la nuit que le jour, toi... »
« ... »
Trop, c'était trop. Grimmjow était en train de perdre le peu de patience qui lui restait.
« EH TOI, MONSIEUR L'AVOCAT ! »
Ulquiorra se retourna enfin, sous l'insulte, un sourcil relevé, une veine perçant à sa tempe.
« OUI, C'EST A TOI QUE JE PARLE ! TU CROIS QUE TU PEUX TE FAIRE PASSER POUR LA LUNE SI TU BOUGES PAS ? ME PRENDS PAS POUR UN CON ! »
Là-dessus, la panthère s'approcha au plus près du loup blanc, toujours impassible. Leurs visages se touchaient presque. Ce qui n'empêchait pas Jaggerjack de hurler.
Il était magnifique dans la colère, une énergie incontrôlable s'échappait de son corps, traversait ses veines en un feu brûlant, et le rendait diaboliquement désirable.
Les yeux d'Ulquiorra s'animèrent légèrement, et il luttait de toutes ses forces contre sa faim, sa soif, sa volonté de prolonger son interlude avorté. Il ne devait pas perdre maintenant. Il ne devait pas penser à ses lèvres, à son corps, à sa voix, à ses doigts... Il devait le voir comme il voyait tous es autres, un insecte insignifiant, un simple déchet, un microbe inexistant.
C'était sans compter sur la ténacité du fou furieux qui se tenait devant lui. Devant le manque de réactivité déconcertant de cet homme qu'il connaissait à peine, quand il y réfléchissait, mais qui avait changé une chose si importante dans sa vie, il céda à la colère et lui décocha un crochet du droit retentissant. Ou plutôt, il essaya. Car Ulquiorra avait évité le poing, et avec une rapidité pus que soutenue. Mais sous les coups qui pleuvaient, le jeune avocat ne pouvait fuir éternellement. Il tomba au sol, résolu à ne pas frapper cet homme. Car s'il faisait cela, alors il ne pourrait plus revenir en arrière. Il ne pourrait plus se contrôler. Il faudrait qu'il le possède, ici, sur-le-champ. Sur le pont du bateau. Il s'offrirait à lui, et alors il le perdrait quelques heures après. Jamais ce bateau, cette retraite qu'il s'était fabriquée, ce lieu d'évasion, ne devait être souillé par une passade, un de ces hommes d'une nuit. Jamais il ne dérogerait à ses règles.
Il regarda d'un air froid et déterminé Grimmjow qui se tenant devant lui, se pencha en avant et se rapprocha de son visage. Son regard s'était paré d'une nuance qu'il ne lui connaissait pas. Un sourire de sphinx éclairait son visage redevenu grave.
Car l'homme aux cheveux bleus avait eu une idée. Une idée franche et simple, comme il les aimait. Si ni les injures, ni la force brute ne le faisait réagir, alors il ne lui restait qu'une seule option... qui du même coup le fixerait sur ses propres attentes.
Ulquiorra ne comprit que trop tard les intentions de Jaggerjack, et il ne put cette fois esquiver l'attaque de celui-ci, il ne put que céder l'entrée de sa bouche à ces lèvres d'un rouge sang.
Grimmjow entendit son cœur s'accélérer lorsqu'il sentit les lèvres de glace de son avocat sur les siennes. Forçant l'entrée de sa langue, il trouva sa jumelle, chaude et agile, et s'en empara entre ses dents carnivores. Un instant il crut qu'il allait se reculer avec dégoût, et courir chez Orihime, mais rien à faire: il était invariablement attiré par cette peau de neige.
Cependant, dans son beau raisonnement, il y avait une chose que Grimmjow n'avait pas prévu : le refus du gay fauteur de trouble. Il fut donc interloqué lorsqu'il sentit deux mains le repousser brutalement, et deux épées d'un vert flamboyant traverser son âme.
Lentement, les deux hommes se relevèrent, dans un silence presque palpable.
« ... » Ulquiorra ne disait rien, son regard glacial et aussi détaché que possible parlait pour lui.
Sans un mot, Jaggerjack descendit du bateau et disparut dans la nuit.
... niark niark niark, frustrant, non ?
"rire diaboliquement sadique"
Héhéhé... si vous voulez la fin, ou plutôt si ce chapitre vous a plû, une petite review ne fait jamais de mal :-P
Je vous retrouve au dernier chapitre
Avec toute ma perversion xD
Chibi-Kyouki
