Bonjour, Bonsoir !
Il est vrai que je ne viens pas souvent ici (bon je ne poste pas VRAIMENT souvent sur SPW non plus vous allez me dire), mais je suis retombée sur un truc que j'avais écrit y'a un peu de temps déjà et que j'avais oublié. En le relisant, je me suis rendue compte que la thématique me plaisait et que j'avais envie de le poster! Je sais que je devrais écrire pour SPW, mais entre nous, j'ai un premier semestre de fou à la fac (en plus de la RL cela va sans dire), du coup j'ai du mal à m'accorder plus de trois secondes pour moi par semaine. Je l'oublie pas cependant, il y a toujours des choses que j'ai envie d'écrire, et des brouillons de choses et d'autres qui s'entassent ça et là.
Bref revenons à nos moutons! La petite chose que je vous propose du soir, c'est du POV Justin. Concrètement c'est du post 513, mais il raconte un épisode de la période 507-510. Et euuuh... C'est tout public ! (pour une fois ;) )
J'espère que ça vous plaira (et j'espère que j'ai pas laissé trop de coquilles!)
Ah ! une dernière chose. Vous pouvez écouter Creep de Radiohead en lisant ce petit OS. Ce n'est pas vraiment une Songfic, mais c'est une chanson que j'écoute beaucoup en ce moment et dont les paroles me font souvent penser à Brian et à leur relation. Donc au pire, allez jeter un coup d'oeil aux paroles ;)
With no apologies and no regrets,
K.
I wish I was special
Depuis que j'ai rencontré Brian, il m'est souvent arrivé de regarder en arrière. D'avoir une autre vision des choses une fois qu'elles étaient mises en perspective. De comprendre ce qu'alors je n'avais eu ni le recul, ni la maturité nécessaire pour le voir.
Des mois plus tard, j'ai observé les semaines que nous avions passés séparés avant l'attentat du Babylon. C'est à ce moment là que j'ai mesuré la puissance du pouvoir dont j'avais usé contre lui. Un pouvoir que j'avais toujours entre les mains.
Il m'avait demandé sous des tons de supplication de lui laisser savoir où est-ce que j'allais vivre. Jamais je ne l'ai contacté durant mon court séjour chez Michael et Ben. La raison pour laquelle j'avais quitté le mode de vie de Brian Kinney n'était en aucun cas pour me conforter à celui des Novotny-Bruckner.
Moins de quinze jours après mon départ du loft, quand la porte de mon studio s'est refermée sur ma mère, j'ai goûté aux premières secondes de la vie complètement indépendante de Justin Taylor. Seul, chez moi. L'urgence du besoin de vivre par moi-même m'a frappé à cet instant, avec presque autant de violence que s'est manifestée l'absence de Brian, la seconde suivante.
Mon esprit le matérialisa en un instant, la fine musculature de son corps souligné par l'un de ses manteaux longs coupés dans l'une des matières ridiculement luxueuse que sont l'angora ou le cashmere et que Brian affectionne tout particulièrement. Il aurait scanné l'endroit du sol au plafond, les lèvres pincées, avant de lâcher une remarque désobligeante qui ne l'aurait en aucun cas empêché de m'allonger par terre, son corps entre mes jambes, aligné au mien.
La projection de mon esprit se dissipa aussi vite qu'elle était apparue, le silence m'oppressant.
Je m'étais assis sur l'escabeau sur le point de tomber en morceaux qui avait été laissé pour tout mobilier, mon téléphone portable dans la main. Il était aux alentours de midi, et même si Brian prenait rarement de pause déjeuner, il était plus probable de parvenir à le joindre à ce moment-là. Il travaillait le plus souvent seul derrière son bureau, puisque le commun de mortels, lui, a besoin de se substanter normalement.
Et mon doigt avait pressé le premier bouton d'appel rapide sans même que j'ai eu le temps de repenser à mon geste.
Le téléphone avait sonné longuement et je peux parfaitement me figurer aujourd'hui, un Brian hésitant, qui aurait fixer jusqu'au dernier moment son indicateur d'identité téléphonique avant de se décider à décrocher.
«Hey.»
C'était con. A cet instant alors, je savais déjà que c'était con. Lorsque j'avais quitté Brian pour Ethan, j'avais réussi à me persuader que je pouvais poursuivre sans lui, que j'étais passé à autre chose. Mais tout sans son 'Hey' à ce moment – de la chaleur de son timbre, la douceur avec laquelle il s'adressait à moi jusqu'à la fausse décontraction détachée apparente m'avait donné la violente envie de courir me jeter dans ses bras. Je l'avais quitté en ayant parfaitement conscience d'être complètement amoureux de lui et la difficulté d'en rester éloigné était d'autant plus grande. J'avais dégluti, et prudemment j'avais répondu «Hey.»
J'avais attendu une remarque sarcastique sur les raisons de mon appel, mais rien n'était venu. Il avait attendu, d'une patience qui traduisait son réel intérêt pour que j'amorce la conversation.
«Je... J'ai un petit appartement en bas de Liberty.»
L'étrangeté de cet appel m'était apparu à cet instant. Même sans mon coup de téléphone, Brian aurait appris la nouvelle bien assez tôt. Et maintenant que l'information avait été délivrée, je n'avais su quoi ajouter. Que la salubrité de cet endroit était si douteuse que s'il avait dû il aurait probablement préféré vivre dans sa voiture plutôt qu'ici? Qu'il le sache n'aurait rien changé.
«...la lumière est bonne», avais-je ajouté finalement.
Il avait rigolé, doucement. Puis il m'avait demandé l'adresse bien que je sois certain qu'il ne viendrait jamais ici. Sauf en cas d'événements exceptionnels, comme l'avait démontré cette nuit au Babylon.
La conversation n'était pas allée beaucoup plus loin. Et puis il l'avait dit : «Merci, Justin.», tellement doucement. Je n'en avais pas compris le sen et si je lui avais demandé à ce moment là, il n'aurait avancé que mon appel en justification.
Mais j'ai regardé cet instant de ma vie tellement de fois, à l'entendre répéter merci et mon prénom encore et encore, que j'ai fini par comprendre. Que s'il y avait bien un moment où Brian pensait qu'on ne serait plus jamais ensemble c'était bien pendant ces semaines. Plus encore qu'avec Ethan, plus encore que Los Angeles. Parce que cette fois-ci, ça ne dépendait pas de moi, ça ne dépendait pas du peu de scrupules des producteurs d'Hollywood. Ça dépendait uniquement de lui, et Brian était bien la dernière personne en laquelle il croyait.
Alors ce merci, il était pour moi. Pour nos plus ou moins quatre ans, pour lui avoir surtout appris à se laisser aimé, et à se laisser aimer. Je ne crois pas qu'il ait été un jour plus vulnérable qu'il l'a été à ce moment précis, dans le silence qui a suivi ses mots. Pas même pour ses I love you. Pas même lorsqu'il m'a offert tout ce qu'il était, et tout ce qu'il avait, ni même mon dernier soir avant New-York
«See ya'», avait-il finit par dire.
Et même s'il n'y croyait alors pas, je n'avais pu répondre que :
«Later.»
