Bonjour tout le monde !
Je veux déjà remercier les personnes qui ont mis cette fic dans leur favori et qui m'ont laissé des review. Vous n'êtes pas nombreux, et je le comprends. J'espère au fil du temps que mon style vous conviendra mieux pour apprécier ma vision de cette histoire.
Réponses :
Jenny Tesson : j'espère que tu continueras à me laisser des messages. mais j'ai appris que le traducteur revenait avec de nouveaux chapitres, donc à suivre.
Diana : heureux de te l'entendre dire. en espérant que tu continues ainsi.
Lover87 : ouais mais je crois que je vais changer certaines choses
Saw-v1 : déjà lu mais ce sera différent. tu verras par la suite
voilà. je n'ai pas grand chose à rajouter. j'espère juste que plus de personnes liront ce nouveau point de vue.
Bonne lecture
TWILIGHT - DESTIN RENOUVELE
2 – Quand le cœur parle
Edward avait passé le samedi à chasser et à respirer le parfum de Bella. La chasse lui avait permis de s'éclaircir les idées et de penser à ses différentes options. Mais il lui manquait l'essentiel, rencontrer sa chanteuse. Le soir, il s'était rendu chez le sheriff Swan. La voiture de police était garée dans l'entrée. Avec son ouïe, il entendit le peu de conversation entre le père et la fille. Entendre la voix de la jeune femme lui procurât un sentiment de bonheur. La vérité prenait forme. Il ouvrit la portière de la voiture de police et huma l'air. Le parfum de Bella stagnait encore dans l'habitacle cloisonné. L'odeur de la jeune femme le frappa avec une force plus violente que celle du t-shirt. Il respira encore quelques secondes afin de s'habituer à ce parfum qui le torturait. Ensuite il repartit en direction de la forêt pour s'éloigner de sa drogue. Il était déjà intoxiqué. Il savait qu'il ne pourrait plus se passer de cette odeur si succulente. Il ne rentra pas chez lui.
Il erra le reste de la journée hors de chez lui, se demandant comment agir. Plus que l'odeur maintenant, il avait envie de contempler Bella. Mais serait-il assez fort pour ça ? Il avait pourtant déjà pris sa décision. Il se nourrit d'un puma avant de repartir en direction de la maison de Bella. La nuit était tombée. Fixant la fenêtre, il remarqua que la fenêtre était ouverte et qu'une lumière était allumée. Qui était assez fou pour laisser une fenêtre ouverte ? Il n'eut pas besoin de chercher bien loin pour le savoir. La question était maintenant de savoir pourquoi. Pourquoi Bella avait-elle laissé la fenêtre ouverte ? D'après les livres, elle avait pris cette habitude après leur première véritable rencontre, après la découverte de la vérité. Edward jugea impensable ce qu'il envisageait. A moins que par inadvertance elle n'ait oublié. Bella pouvait se montrer distraite. Le jeune vampire sourit à cette idée. Il patienta sous un arbre, attendant qu'elle finisse de se coucher. Pour passer le temps, il se concentra sur les battements de cœur de la jeune fille. Il remarqua à quel point le rythme des battements du cœur de sa chanteuse variait souvent. Il entendait les pages d'un livre qu'elle tournait avec fébrilité. Edward s'interrogea sur la nature du livre. Il savait que Bella adorait lire. Et même relire des livres qu'elle possédait déjà. Puis le mouvement de tourner les pages cessa pour laisser place à des pleurs silencieux. Edward resta interdit. Qu'est-ce qui avait pu bouleverser sa Bella ? Mû par la curiosité, et résistant difficilement à sa curiosité, il grimpa à l'arbre qui donnait sur la chambre. Et là il la vit. Bella en chaire et en os. Bella avec son sang appétissant. Sa Bella à peine couverte pleurant. Edward en ressentit des frissons de plaisir. Il resta figé sur place. Et soudain l'inconcevable se produisit. Elle regarda dans sa direction. Aussitôt leurs regards s'accrochèrent.
Bella retint son souffle. Edward ne pouvait plus penser. Leurs yeux ne pouvaient plus se détacher l'un de l'autre. Bella cessa de pleurer. Inconsciemment, Edward eut un sourire en coin. Bella leva sa main comme au ralenti pour l'inviter à entrer. Edward n'en croyait pas ses yeux. Il crut que la jeune fille faisait signe à quelqu'un d'autre. Il se retourna pour regarder derrière lui. Interprétant mal son geste, Bella l'appela d'une petite voix.
- Edward …
Le son figea une nouvelle fois le jeune vampire. Le simple fait que son nom soit prononcé par Bella suffit à le faire fondre. Si son cœur s'était mis à battre, il aurait eu des palpitations. Il aurait senti un feu intense lui parcourir l'échine. Son simple nom prononcé lui faisait ressentir déjà tout l'amour qu'il éprouvait envers sa chanteuse. Bella s'était levé de son lit et l'invitait une nouvelle fois à venir. Edward était fasciné par le courage de la jeune femme. Il sauta de sa place pour s'accrocher au rebord de la fenêtre. Bella eut un hoquet de surprise et recula. Mais elle n'interrompit pas le contact visuel. Elle contemplait enfin son ange. Celui qui la ferait vibrer pour des siècles. Aucune parole ne fut échangée, les deux amoureux se contemplant mutuellement. Puis Edward parla le premier.
- Puis-je ? demanda-t-il galamment.
Le son de la voix du vampire fut comme une décharge électrique pour la jeune femme. Elle cessa automatiquement de respirer. Edward souriait, sourire en coin et yeux pénétrants.
- Respire Bella, s'amusa le vampire. Nous venons juste de te rencontrer, et tu prends déjà de mauvaises habitudes.
Les mots réveillèrent Bella de sa stupeur. Et elle répondit tout aussi rapidement à la blague.
- Arrête de m'éblouir comme ça. Je sais que tu fais ça naturellement, mais pense à mon pauvre cœur.
- Ton cœur est la seule chose qui m'importe en ce moment.
- C'est étrange, nous nous rencontrons à peine, et nous discutons comme si nous étions déjà ensemble.
- Comment ? demanda Edward.
Et il s'engouffra avec la grâce d'une panthère dans la chambre. Prudemment il se recula de Bella car son arôme était encore plus puissant en cet instant.
- Bien que je me sois rassasié de ton odeur depuis hier, j'avoue que je suis encore … troublé. Mais ça ira avec le temps. Tu n'as pas répondu à ma question.
Bella continuait à fixer le vampire. Elle ne concevait pas encore qu'un homme aussi parfait puisse s'enticher d'elle. Elle le contemplait, fasciné. Les battements de son cœur étaient erratiques. Elle se posa une main dessus pour retrouver son calme. Une fois de plus, il l'éblouit.
- Tu … m'éblouis encore, dit-elle difficilement.
- Pardon, je ne le fais pas exprès. C'est un truc intrinsèque à ma condition de vampire. Je suis un prédateur, ne l'oublie pas.
- Non tu es mille fois mieux que ça. Et je n'ai pas assez de mots pour le décrire. Bien que l'auteure des livres que j'ai lus ne te rende pas assez hommage.
- Comment ? Toi aussi tu as reçu des livres décrivant notre histoire ? demanda Edward, surpris.
Bella lui désigna les quatre livres posés sur la table de chevet. Lentement, le vampire contourna le lit et s'empara des livres. Comme pour lui, les livres étaient désormais vierges. Il reporta son attention sur la jeune humaine.
- Incroyable. Tout a disparu comme pour moi, précisa-t-il.
- cela ne peut signifier qu'une seule chose, nous venons de changer notre histoire. Puis-je ? demanda-t-elle.
Edward renifla et l'autorisa à s'approcher. Bella était bien consciente que son Edward était encore fragile à cause de sa présence. Lentement, elle fit le tour de son lit, s'approcha et s'arrêta à quelques centimètres de son vampire. Elle posa juste sa main sur le visage parfait du jeune vampire. Celui-ci se laissa faire. Le contact contre la peau froide du vampire surprit la jeune fille. En même temps un feu violent s'empara d'elle qui la fit frissonner. Edward s'empara doucement que la main de jeune femme et la renifla copieusement. Même si un grognement s'échappa, Bella entendit ce doux murmure qui ressemblait à un ronronnement.
- Je pensais que ce serait plus difficile que ça. Mais je ne veux pas brûler les étapes. Il faut que nous avancions à notre propre rythme.
- Je suis d'accord, approuva Bella. Cependant, et pour être certaine qu'il n'y aura pas de malentendu, Edward, tu es la plus belle âme que je connaisse. Et quoi qu'il se passe, je n'appartiens qu'à toi. Pour toujours et à jamais tant que nous vivrons tous les deux.
Si le jeune vampire avait pu pleurer, il aurait fondu en larmes. Bella venait de lui renouveler ses vœux de mariage. Edward resta sans voix, et le sourire éclatant de son âme sœur l'éblouit. Bella rit.
- Ca change, c'est moi qui t'éblouis maintenant. Au moins je progresse. Maintenant je suis irrévocablement et inconditionnellement amoureuse de toi.
- Moi de même.
Edward se pencha pour poser ses lèvres sur celles de Bella. Le simple contact des lèvres du vampire sur celles de la jeune fille coupa le souffle de celle-ci. Elle cessa de respirer. Edward interrompit leur timide premier baiser pour se reculer. Bella dut faire appel à toute sa volonté pour se remettre à respirer à nouveau. Edward dut lui-même reprendre son souffle pour contrôler sa soif. Son venin était sur le point de jaillir.
- Il faut … que … nous prenions notre temps, dit-il dans un souffle.
Bella hocha la tête. Son corps était en feu. Son esprit était en ébullition. Elle ne désirait en cet instant que recommencer à embrasser son vampire. Elle porta le bout des doigts de sa main droite à ses lèvres pour ressentir encore le contact glacé des lèvres du vampire. Edward trouva ce geste d'une sensualité à couper le souffle. Si son esprit ne tardait pas à trouver une occupation, il ne se donnait pas longtemps pour perdre le peu de contrôle qu'il exerçait encore sur ses instincts.
- Bella, comment envisages-tu l'avenir maintenant que nous le connaissons ? Il faut te protéger, mais aussi protéger notre famille.
Bella eut du mal à revenir dans la réalité. Elle flottait sur un petit nuage où plus rien n'existait que le baiser qu'ils venaient d'échanger. Le vampire dut se racler la gorge pour la sortir de sa rêverie. Et il renouvela sa question.
- Heu, jusqu'à maintenant je n'y ai pas réfléchi. Il me semble que le plus important est que nous évitions la rencontre avec James, Victoria et Laurent. De cette rencontre découle toute une série d'évènements qui nous mettront en danger. Cependant, il faut que nous ayons le clan des Quileute de notre côté pour ma transformation. Et plus particulièrement de Jake puisqu'il est le véritable Alpha.
A l'évocation du nom du jeune indien, Edward ne put s'empêcher de grogner. Bella devina facilement la cause du mécontentement de son ange adoré.
- Edward, nous savons tous les deux que je te choisirais. Et toujours.
- Ce n'est pas ça qui m'agace. C'est le fait qu'il s'imprègne de notre fille. Et qu'elle-même semble aussi répondre à cet amour. Je trouve ça … déstabilisant et gênant.
- Je t'avoue que je partage ton point de vue. Moi aussi j'ai été choquée que l'amour de notre fille se partage entre nous et Jake. Je peux t'assurer que quand cela arrivera, je mettrais une distance plus que raisonnable entre ces deux là. Je veux profiter de notre fille, pas la partager.
- Tu oublies mes sœurs, mon amour. Alice ne te laissera pas agir à ta guise. Et Rose promet d'être une tante surprotectrice. Mais là c'est de ta faute.
- De ma faute ? s'emporta Bella. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, ce n'est pas toi qui voulais expulser cette chose – et j'insiste sur le terme – de mon ventre pour que je puisse vivre.
- D'accord, tu marques un point. Mais reconnais que nous n'étions pas préparés à une telle éventualité. Et tu souffrais tant. J'ai eu peur pour toi durant tout le long de cette partie de l'histoire. Mais je te jure que nous agirons mieux. Savoir que notre fille sera si merveilleuse.
- Et si exceptionnelle, termina la jeune fille. J'ai hâte de la porter en moi. Mais je me demande si ta théorie était vraiment la bonne. Que son don est l'inverse du mien. Je suis certes un puissant bouclier, mais le fait qu'elle communique en montrant tout ce qu'elle voit me fait plus penser à ton don ou à celui de Aro.
- Je ne le pense pas. Bella, tu es une personne si renfermée alors que notre fille sera si expressive, affirma avec fierté Edward.
- A t'entendra parler comme ça, je vais finir par croire que tu ne m'aimes que dans le but de donner naissance à notre enfant.
Edward éclata d'un rire silencieux. Bella fut abasourdi par la beauté de ce rire cristallin qui la chamboula. Une incontrôlable envie d'embrasser son vampire monta en elle. Son cœur battait la chamade. Edward entendit le cœur affolé de sa belle. Il retrouva immédiatement son sérieux. La peine se dessina sur le visage de la jeune fille.
- Bella, tu agis vraiment comme une enfant.
- A qui la faute. J'ai un Adonis dans ma chambre qui me fait perdre tous mes moyens. Je réagis en simple humaine.
- Et tu agiras comme telle jusqu'à ta transformation. Mais avant d'envisager tout ces problèmes, nous devons savoir comment nous comporter auprès de ma famille. Et comme tu ne sais pas jouer la comédie ou mentir, je te parie que tu leur sauteras dessus lundi quand tu les verras.
- Maintenant que je vous connais, tu ne peux pas me demander de les ignorer.
- Et surtout ils ne risquent pas de comprendre comment une humaine n'a pas peur de nous, soupira Edward.
- Il ne te reste plus qu'à préparer le terrain, indiqua la jeune femme. Et à ce propos, je me suis rendu compte d'un truc en lisant le livre. Ca concerne Jasper. Sans méchanceté, vous dîtes toujours de lui qu'il ait celui qui a le plus de mal à se contrôler à cause de ce qu'il a vécu. Mais vous ne pensez pas que ça peut venir de son don d'empathie. Mets-toi à sa place. Vivre en permanence avec six vampires qui luttent contre leur nature profonde. Vois-tu où je veux ne venir ?
Edward analysa la remarque de Bella. Jasper, avec son don d'empathie, pouvait faire ressentir à n'importe qui les sentiments qu'il désirait. Mais à l'inverse le frère d'Edward ressentait les sentiments des autres. Et chez les vampires, la soif cumule tous les sentiments. Soudain, le vampire comprit le raisonnement de sa chanteuse. Lui-même n'avait jamais envisagé ce don sous cet angle. Il trouvait le don de son frère agréable pour détendre parfois des atmosphères surchargées.
- Bella, tu as compris mon frère mieux que nous alors que nous vivons depuis si longtemps. Il faudra que nous lui présentions des excuses. Nous étions tellement obnubilés pour notre protection par rapport à lui que nous n'avons jamais songé à prendre en compte son don. Et son histoire est tellement sanglante et désespérée. Il faudra que j'en touche deux mots avec Carlisle.
- Attends que je sois là, supplia Bella. Il faut aussi qu'il s'habitue à mon odeur comme toi. Et pas la peine de m'objecter que je mets ma vie en danger. Le fait de te connaître est déjà un danger. Un danger si tentant.
- Le lion s'éprenant de l'agneau, indiqua Edward.
- Quel idiot cet agneau, quel masochiste ce lion ! cita Bella. C'est du déjà vu. Nous n'avons pas besoin de reprendre notre histoire depuis le début.
Edward eut un sourire en coin à cette pensée. Bella fit de même. Ils se souriaient tous les deux en repensant à leur première véritable discussion dans les bois, d'après le livre. Cependant tout était différent. Bella s'approcha et posa ses lèvres chaudes sur celles glacées d'Edward. Leur baiser dura un peu plus longtemps que le premier. Edward y mit fin comme pour reprendre son souffle. Il illuminait de plaisir.
- Je parviens de mieux en mieux à supporter à ton odeur. Ma soif n'est pas encore totalement calmée, mais j'y parviens. Et nous venons de nous rencontrer.
- Ne t'inquiète pas mon amour, nous avons tout le temps pour nous entraîner, dit-elle malicieusement.
Edward réagit instinctivement. Connaissant sa Bella, il savait que l'utilisation de ce terme dans sa bouche avait plusieurs significations. Il se devait de réagir.
- Bella, je ne serais pas aussi vertueux que dans le livre, et je m'autoriserais peut-être quelques écarts, mais je ne te ferais pas courir le moindre risque, l'avertit le vampire.
Une moue de tristesse apparut sur le visage de la jeune femme. La lecture du livre lui avait appris combien elle pouvait se montrer enthousiaste et entreprenante quant à leur future intimité. Et là Edward venait de lui bouder son plaisir.
- Tu n'es pas drôle du tout, bouda Bella. J'ai toute confiance en toi.
- Bella, nous ne sommes qu'au début de notre relation, et tu veux déjà discuter de ça. Attends un peu que je me sois totalement désinhibé de ton odeur. Et je te promets de faire des efforts dans ce sens.
La jeune fille eut un sourire triomphant. Tout d'un coup, Edward eut la désagréable sensation de s'être fait piéger.
- Donc nous avons un accord. Et comme je ne veux pas que tu te sentes lésé, je t'accorde le droit de m'offrir un cadeau par mois. Je sais que Alice ne va pas me lâcher, et que je vais être une poupée entre ses mains, mais je ne tiens pas à ce que tu en rajoutes.
- Bella, Bella ! souffla de désespoir Edward.
Au moins n'était-il pas tout à fait perdant dans ce compromis, songea le jeune vampire. Bella avait retenu certaines leçons de sa lecture. Elle comprenait mieux les intentions de sa famille derrière les cadeaux. La jeune femme ne put empêcher un léger bâillement étirer sa mâchoire.
- Il est temps pour l'humaine de dormir. Cela fait presque trois heures que nous parlons. Et le soleil ne va pas tarder à se lever, d'ici quatre heures.
- Non, ne pars pas, supplia la jeune fille. Je veux encore parler. Je peux tenir.
Malencontreusement pour elle, par habitude, elle se frotta les yeux pour essuyer toute trace de fatigue. Edward sourit d'amusement. Bella était une femme passionnée. Sans un mot, Edward la prit dans ses bras, la souleva et la posa avec délicatesse dans son lit. Bella voulut protester mais il l'en empêcha avec un baiser.
- Dors mon amour. Je serais là ce soir dès que Charlie sera endormi. Nous aurons tout le loisir de discuter.
- Tu promets ? demanda-t-elle anxieusement.
Pour toute réponse, il la recouvrit de sa couverture, lui caressa les cheveux et déposa un baiser sur le front de la jeune femme. Avant même qu'elle ne s'en aperçoive, Edward était sur le rebord de la fenêtre, prêt à s'élancer. Il se retourna avant de disparaître.
- A ce soir mon ange. Tant que nous vivrons tous les deux.
Et sur ces dernières paroles, le vampire disparut dans la nuit. Bella ne l'entendit pas bondir et courir dans la forêt. Pour sa première nuit, et malgré une lutte acharnée, elle s'endormit avec joie. Elle savait que sa destinée était en marche et que plus rien ne pourrait la faire reculer. Elle n'avait plus peur d'affronter l'avenir. Elle dormit d'un sommeil paisible et réparateur.
Dans les bois, Edward courrait à perdre haleine si cela lui était possible. Il était fou de bonheur. Il venait de rencontrer sa Bella et il avait tenu. Il avait réussi. Il savait désormais qu'il ne pourrait plus vivre sans elle. Quand il rentra chez lui, il rayonnait. Il était euphorique. Les Cullen étaient présents au grand complet. Carlisle était installé dans son fauteuil avec une revue médicale. Esmée lisait un magazine de décoration d'intérieur. Emmet et Jasper jouaient à un jeu vidéo sur la télé géante. Rosalie, nonchalamment posé à côté de son compagnon, lisait une revue de grand couturier italien. Alice était au téléphone à discuter avec le comptable de la famille pour fructifier la fortune déjà importante de la famille.
A l'entrée d'Edward, jasper s'interrompit car il ressentit l'extrême euphorie de son frère. Le jeune vampire flottait encore sur son petit nuage et faisait abstraction des interrogations silencieuses de son frère. Il dut parler pour sortir son frère de ses pensées.
- Edward, que t'arrive-t-il ? Et où étais-tu passé ? demanda légitimement son frère. Et pourquoi es-tu aussi heureux ?
La dernière question fit que tout le monde scruta le jeune vampire. Et l'évidence leur apparut. Edward illuminait. Même si son frère avait réussi à la ramener sur terre, il ne parvenait pas à se départir du sourire niais qui restait figé sur son visage. Alice dut même interrompre sa conversation. Edward tenta malgré tout d'afficher une expression neutre. Seulement, avec des vampires comme parents, le plus subtile changement ne passait pas inaperçu. Et dans ce genre de cas, cacher la vérité devenait impossible. Et Edward ne parvenait pas encore à rendre son visage impassible. Soufflant fortement, il opta pour une partie de la vérité.
- Je dois vous parler de quelque chose, dit sérieusement le jeune vampire.
Immédiatement il perçut les pensées de sa famille. Elles étaient aussi diverses et variées suivant la personnalité des vampires présents. Edward se rendit compte à ce moment-là qu'il ne s'était jamais réellement intéressé aux personnalités de sa famille. Chaque membre était venu s'ajouter suivant des situations particulières. Edward comprit aussi qu'il n'avait jamais été très ouvert envers eux pour leur exprimer son amour. Il décida de faire amende honorable.
- Avant de vous parler ce qui me touche, je me dois de vous présenter des excuses à tous.
Cette introduction stupéfia tout le monde. Et une seule pensée lui parvint – qu'est-ce qui avait changé ? Edward sourit en les entendant.
- Rosalie, je vais commencer par toi. Je te demande pardon d'avoir été aussi peu avenant quand tu es apparue dans cette famille. Je suis comporté comme un grand frère jaloux, comme quand des parents annoncent à leur premier enfant qu'un second arrive et qu'il devra le prendre en charge. En te voyant, je pensais que tu mettrais notre famille en danger car tu ne passes pas inaperçue avec ta beauté lumineuse. Même si Carlisle pensait que tu aurais pu être ma compagne, je me refusais de vivre moins que ce qu'il éprouvait envers Esmée. Je te rejetais pour ces raisons. Mais au fil du temps je me suis rendu compte à quel point tu es une sœur merveilleuse. Et je te demande pardon de ne pas te l'avoir montré au début. Et reconnais que maintenant que tu as Emmet, tu ne pourrais plus te séparer de lui.
Le discours d'Edward laissa sans voix la blonde vampire. Le jeune vampire continua sur sa lancée.
- Emmet, tu es le meilleur grand frère que l'on puisse désirer. Malgré ton esprit libertin et ton côté grand gamin, tu es une force tranquille qui apporte une franche gaieté à l'immortalité. Ne pas t'avoir pour nous faire rire finirait par nous rendre fou. Tu nous pousses à concevoir avec amusement sans que nous ne nous prenions au sérieux. Rien que pour ça, ta place est amplement mérité parmi nous.
Le grand vampire regardait son frère avec de gros yeux.
- Alice ! Alice ! Le bon petit lutin de cette famille ! J'espère que pour une fois tu me laisseras m'exprimer en mettant ton don de côté. Tu nous apportes l'exubérance et la sécurité avec ton satané don. Tu veilles sur nous à ta manière, et je ne t'ai jamais remercié pour ça. Tu es à la fois une sœur et une amie pour chacun de nous. Tu nous manipule si facilement que l'on ne peut rien te refuser. Et rien que parce que tu parviens à nous faire tourner en bourrique, surtout Emmet, je suis heureux que tu aies décidé de rejoindre notre famille.
Pour le coup, Alice ne l'avait pas vu venir celle-là, trop interloquée par le comportement de son frère. Et elle tentait vainement de savoir quel événement avait pu changer le comportement de son frère. Celui-ci fixa Jasper.
- Jasper, je te présente toutes mes excuses. Et dans peu de temps, la famille fera de même. Mais je te présente mes excuses pour le fait de t'avoir donné le sentiment que je me sentais supérieur à toi pour un tas de raisons futiles. De nous tous, tu es peut-être le plus courageux et le plus fort. Et sache que je ne me suis jamais cru supérieur en toi dans n'importe quel domaine, et plus particulièrement sur le plan de la soif. Bien au contraire, tout comme pour Carlisle, tu mérites mon respect et mon admiration. Tu es un frère toujours attentionné pour nous afin que nous puissions cohabiter dans la bonne humeur. Tu es bien meilleur que moi dans de larges domaines.
Jasper ressentit tous les élans de la vérité dans le discours de son frère. Celui-ci avait parlé avec son cœur, sinon avec son âme. Jasper en était bouleversé. Mais il s'interrogeait sur le sens des paroles de son frère.
- Esmée, tu es la mère qui a su admirablement remplacé celle que j'ai perdue – bien que mes souvenirs soient vagues. Tu es le pilier de notre famille, et tu partages ton amour pour nous sans aucune modération. Tu es si heureuse quand tu nous as autour de toi que j'éprouve de la honte à ne pas te montrer plus souvent mon affection. Nous sommes les enfants que tu as perdus, et tu es la mère que nous regrettons. Tu nous aides à supporter notre immortalité avec ton affection inconditionnelle. L'immortalité sans toi ne serait pas pareille. Tu nous montres chaque jour comme le partage de l'amour est important au sein d'une famille. Tu mérites tout le respect que les enfants devraient avoir à l'encontre d'une mère, et même plus pour nous supporter à chaque minute qui passe.
Si Esmée avait pu pleurer, il aurait été certain qu'elle aurait pleuré de joie. Elle tenait fébrilement la main de son mari. Carlisle attendait patiemment. Edward prit une profonde inspiration.
- Carlisle, notre socle, notre exemple. Si tu ne nous avais pas réunis autour de toi, nous serions sans doute à l'heure actuelle des monstres sans consistance. Tu es l'exemple même de l'abnégation, du renoncement de soi. Même si au début de notre vie, j'ai pu paraître assez détestable de par ce qui m'arrivait, sache que je t'en suis reconnaissant. Tu es le ciment de cette famille qui s'est réunie autour d'une idée novatrice et qui nous permet de conserver notre humanité. Tu es le père compréhensif et encourageant que tout enfant rêverait d'avoir à ses côtés pour effacer les doutes et les peines. Mes mots peuvent paraître pauvres pour exprimer toute l'affection et toute la reconnaissance que je te témoigne. Tu restes à ce jour la perfection que je rêve un jour d'atteindre. Notre famille ne serait pas une famille sans ce qui te constitue toi. Nous recelons tous quelque chose de toi par ton exemple. Tu nous montres chaque jour la voie à suivre.
Carlisle eut un sourire indulgent pour son premier fils. D'habitude, si peu expressif, Edward venait de discourir sur chaque membre de la famille et avait vidé son cœur. Le jeune vampire sentit comme si un poids avait levé de ses épaules. Un silence s'installa pendant une minute. Puis Esmée se leva brusquement et enlaça son fils. Carlisle se joignit à eux. Le médecin éprouvait de la fierté et de l'amour pour son fils. Emmet toussota. Edward se détacha de ses parents.
- Petit frère, je ne sais ce qui t'arrive, mais c'est la première fois que tu nous parles avec autant de cérémonie. Donc ça mérite une petite récompense, dit avec un sourire sadique le vampire géant.
Avec sa vitesse vampirique, Emmet mit son bras gauche autour du cou de son jeune frère et lui ébouriffa ses cheveux cuivrés. Il fut suivi par Jasper et Alice qui réclamaient leur part de récompense. Edward tomba au sol sous le poids des trois vampires. Ils riaient aux éclats. Rosalie restait en retrait, encore trop stupéfaite par la déclaration de son frère. Esmée le remarqua et mit fin à la dispute. Les trois vampires se relevèrent immédiatement. Edward entendit la supplique de sa mère. Le jeune vampire s'approcha de sa grande sœur.
- Rose, j'espère ne pas t'avoir blessé. Je veux juste que désormais nos relations ne soient entachées par un sombre passé. J'ai été un parfait égoïste.
- Non Edward, je comprends. Je me suis toujours demandé pourquoi tu m'avais rejeté. Mais tu as raison, tout comme toi, je n'aurais pas pu éprouver moins que ce que ressentent Carlisle et Esmée. Et je te rassure, ma colère est passée depuis longtemps puisque j'ai fini par trouver le compagnon qui me convenait. Et c'est pour le mieux. Car j'adore mon nounours, termina Rosalie malicieusement.
Emmet réagit au quart de tour.
- Tu vas voir qui est un nounours, Madame Les Talons …
Le vampire ne put finir que sa phrase que Rosalie le fusillait du regard. Par contre, Edward avait entendu la suite dans l'esprit de son frère. Et il se promit de faire chanter son frère si celui-ci le cherchait trop. Il eut un sourire en coin qui ne trompa personne. Malgré cette bonne humeur retrouvée, Carlisle n'oubliait pas que cette discussion avait un tout autre but. Un but assez important aux yeux de son fils pour l'obliger à mettre à nu son âme.
- Fils, si tu nous disais maintenant le vrai but de ce discours. Tu nous as préparé comme il se devait, et tu as fait amende honorable. Alors dis-nous tout maintenant.
Tous les vampires redevinrent sérieux sur l'heure. La confrontation avec sa destinée se décidant en ce moment. Edward regretta d'un coup que Bella ne fut pas à ses côtés pour lui insuffler un peu de son courage. Jeune humaine qui ne craignait pas de se retrouver seule avec sept vampires. A cette pensée il se mit à sourire. Repensant à son ange qui devait encore dormir, il s'arma de courage. Il retrouva le contrôle de ses émotions et attrapa une nouvelle goulée d'air. Sa famille le fixait intensément, attendant le moment de révélation.
- J'ai demandé à vous parler car j'ai une annonce. Une annonce qui bouleversera notre vie. Et je suis pas seul impliqué. Je vous demande juste de me faire confiance. Et de croire en moi. Après ça, il nous faudra chasser.
La famille du vampire commençait à entrevoir les futurs propos du jeune vampire. Mais ils attendirent patiemment que celui-ci reprenne. Edward se rendait soudain compte que la vérité était plus difficile à annonce que prévu. Il prit une nouvelle inspiration avant de reprendre.
- J'ai …, bégaya-t-il. J'ai …
Et il ne finit pas sa phrase.
