Titre : Il ritorno del Granchio

Auteur : Mrs. Crowley

Personnages : Death Mask, Mu…

Genre : Angst, Romance

Rating : M (violence pour torture physique et langage grossier. Yaoi en préparation)

Résumé : Les chevaliers d'or ont droit à une seconde chance. Mais certains ne l'acceptent pas comme Death Mask. Humilié par Mu et son Starlight Extinction, torturé par Rhadamante, le chevalier d'or du Cancer essaie de reprendre les rênes d'une nouvelle vie qui lui échappe totalement. Le chemin sera long et parsemé d'embûches pour le Crabe. Heureusement, les autres chevaliers seront là pour le soutenir et l'aider…surtout Mu.

IL RITORNO DEL GRANCHIO

CHAPITRE 2

Fini…? Pas vraiment…c'était juste le commencement de nouvelles emmerdes.

Et me voilà là, de retour d'entre les morts, à parcourir la Terre comme si rien n'était arrivé. Le cul assis sur l'une des marches de mon temple, j'observais le ciel étoilé au-dessus de ma tête, à la recherche d'un signe…d'une réponse.

La déesse avait décidé de nous donner à tous une nouvelle chance. Voilà pourquoi nous étions tous là, de retour au sanctuaire, à notre poste habituel…le poste qui nous était destiné. Le destin…quelle connerie…je te jure !

"Il faut en profiter un max, mon petit DM !" m'avait lancé Kanon, tout joyeux. Il était l'un des rares à être heureux d'être de nouveau en vie. Nous étions plusieurs à ne pas être content de ce changement que nous n'avions pas demandé.

Je savais, ou plutôt, je sentais qui était aussi en colère que moi, pour ce retournement de situation non désiré et tordu. Mais apparemment, j'étais le seul à avoir les couilles pour l'afficher clairement sur mon visage. Et à le dire !

Avant ce que j'appellerai cet 'incident', j'étais connu pour mon caractère explosif…mon caractère de cochon…"blabla mais t'es un crabe, pas un porc blabla"…j'en passe et des meilleurs…et maintenant…

Et bah maintenant c'était pire. Je le savais bien. J'étais aussi surexcité qu'une puce sur le dos d'un chien. J'explosais dès que l'on venait me parler. Je refusais toutes sorties avec les autres et elles n'étaient pas légion, en plus. Je voulais être seul, merde ! C'était trop compliqué pour eux ? Je ne parlais pas assez bien grec ?

N'étais-je pas assez clair ?

J'étais révolté par cette maudite situation. Je n'avais pas demandé à revenir errer sur terre pour accomplir mon devoir encore une fois. Merda ! Je l'avais accompli en Enfer. Je m'étais 'repenti' pour le bien de la Déesse. Pour la sauver d'Hadès. J'étais mort en faisant mon job.

Point barre.

Et qu'est-ce qu'elle me faisait ? Elle me ramenait à la vie pour que je continue à trimer, à patauger dans cette merde, pour ses beaux yeux ! Tu parles d'un remerciement : Il était pourri ! Non, je ne suis pas d'accord ! J'en ai assez ! Je veux que tout s'arrête.

Je n'avais aucune envie de profiter de cette seconde chance.

"Pff…" Je crachais un nuage gris, tirant sur ma cigarette, les yeux luisants de colère. Je détestais cette bonne femme. Cette cruche ! Je balançais la cigarette d'un air rageur, passant une main dans mes cheveux, les hérissant davantage.

J'en avais la nausée. J'étais tellement mal. J'avais mal. J'avais presque envie de pleurer.

Mais je suis Death Mask !

Fouillant ma chemise, je sortis mon paquet de cigarette en reprenant une autre. Depuis mon retour, je fumais comme un pompier. Oui, fumer était un petit vice que j'avais depuis mes 12 ans. Et alors ? Ce n'était pas le cancer qui allait me tuer. Ahahahaha !

Encore une bonne blague stupide du Scorpion qui avait osé écrire, il y a tout juste deux heure, sur le paquet "Fumer donne le Cancer" avec un smiley à la con. A croire qu'il n'avait que ça à faire. Il s'ennuyait ou quoi pour venir me faire chier ?

Connard, va…

Alors que je pensais que c'était fini…que c'était la fin…fin que j'avais accepté…

Tout avait recommencé. Toujours la même chose. Moi, Dante Mephisto, alias DM, Death Mask, détenteur de l'armure d'or du Cancer, gardien de la quatrième maison, dans le sanctuaire, fidèle au poste. J'étais…heureux…Youpi c'était la fête !

Grinçant des dents, je serrais le poing, énervé.

J'avais accepté la mort. Je n'en avais pas peur. J'avais fait une bonne action avant de mourir. Quelque chose de noble et de bien. Digne de mon rang. Enfin bon, je m'enflammais sûrement pour si peu. C'est juste mon boulot mais quand même…

J'étais mort une première fois au combat. Contre le dragon. J'avais fini bouffé vivant dans le gouffre…

J'étais mort une seconde fois au combat. Contre un camarade. Contre la chèvre. J'avais été désintégré. Mort d'une étoile mon cul…mort cellulaire ouais !

A moins que je ne sois une étoile ? Est-ce que j'en suis une, pour toi, Mu ? Ahaha mais bien sûr ! Ahaha…qu'est-ce qu'elle était bonne celle là…

Pathétique. J'étais pathétique !

J'étais mort une troisième fois (jamais deux sans trois !). Et pas au combat, malheureusement. En enfer. Dans le puits. Des mains du Rhadis puant.

Ce n'était pas la classe mais quand même…

Ah bah merde, j'en oubliais une. Contre le foutu mur. Là encore, désintégration. En compagnie des autres. La classe, non ? Suicide collectif youhou !

Bref, j'étais mort trop souvent. Je méritais le repos éternel et je l'avais eu. J'étais vraiment mort cette fois. Pas de corps. Pas d'enfer. Pas d'âme. Pas de sentiments et d'émotions. Rien du tout. J'avais connu le néant. J'étais retourné au néant. J'étais à ma place.

C'était le pied. L'extase.

Combien de temps cela avait-il duré ? Une seconde ? Une minute ? Une heure ? Un jour ? Des jours ? Une semaine ? Des semaines ? Un mois ? Des mois ? Une année ? Des années ? Aucune idée. Là-bas, tout était relatif. Mais j'étais certain d'une chose.

Que c'était bien. Que cela avait été tranquille. De véritables vacances !

Et bam ! Me revoilà sur Terre. La Terre et ses humains…c'était ça mon enfer quotidien !

Ce n'était pas une seconde chance ! C'était une punition ! Et au diable la déesse ! Qu'elle s'étouffe avec son cadeau empoisonné. Aussi pourri qu'une pomme rongée par des vers. Oui, qu'elle s'étouffe jusqu'à ce que mort s'en suive !

Tout était pareil ?

Pas vraiment au final.

Certaines choses avaient changé. J'étais revenu et je n'étais plus le même. Je le savais. Je le sentais au plus profond de moi. Quelque chose était resté là-bas. Il me manquait un truc ou deux…mais qu'est-ce que cela pouvait bien être ?

Je me le demandais bien.

Mon temple était le même. Egal à lui-même. Kyokaikyû était grand et majestueux, bien droit sur ses pattes. Tel un crabe géant. Des masques ornaient toujours le sol, les murs et le plafond de ses entrailles. Mes trophées étaient toujours là, étincelant, et pourtant…

Aucun d'eux ne me faisait sourire.

Avant j'étais fier d'eux. J'étais heureux dès que je les voyais. Ils étaient ma fierté, mes enfants. La preuve du travail bien fait. Dès que cela n'allait pas, je me baladais parmi eux, les caressant du bout des doigts, les piétinant sous mes pieds et hop…

Ils gémissaient et je prenais mon pied.

Envolés mes soucis et mes ennuis. Les souvenirs de mes chasses, de mes missions réussies, me revenaient à l'esprit et je me sentais bien. Il suffisait ensuite que j'aille m'asseoir sur mon trône, au milieu de la pièce, un verre de vin italien à la main et…

C'était le paradis sur terre.

Mais maintenant…les visages me laissaient de marbre. Je n'éprouvais plus rien en les voyant, en les touchant ou en les entendant se plaindre. Ils ne me rendaient plus heureux. Plus du tout. Ils ne remplissaient plus du tout leur fonction en me réconfortant.

Le plus triste, c'était que je n'étais même plus fier d'eux.

En réalité, il me rappelait les âmes perdues qui m'avaient dévoré vivant dans le gouffre. Au début, j'avais combattu cette pensée en m'excitant un peu sur eux. Je m'étais défoulé sur eux pour me venger…pour me faire du bien…

Cela avait marché un certain temps mais ensuite…

Ils étaient toujours là. Ils me regardaient, en me suivant du regard. Ils gémissaient de peur quand je passais près d'eux. Il y en avait même qui gémissaient de plaisir pour que je vienne les frapper de mes poings. Ceux-là, c'était des vrais déviants…mais passons…

Ils étaient là. J'étais là. Et je n'avais vraiment pas l'envie de les démonter à chaque fois que j'entrais dans mon temple. Je devais faire quelque chose contre eux. Je devais m'en débarrasser au plus vite ou ils allaient me rendre complètement dingue.

Et je l'étais suffisamment comme cela…

Ahaha…Mais attendez ! Il n'y avait pas que ma décoration murale qui m'emmerdait royalement depuis mon retour.

Mon armure aussi s'y était mise. La petite garce ! Elle ne voulait plus me reconnaître. A croire qu'elle avait senti qu'un truc clochait chez moi…qu'il me manquait quelque chose. Oh, elle m'avait fait le coup face au jeune dragon.

Et là, elle recommençait. Et je ne savais vraiment pas pourquoi. Je servais pourtant bien Athénaze…euh…Athénaz…la déesse ! Voyons, elle n'allait quand même pas me faire la tête parce que j'étais en colère contre la cruche !

Bon d'accord, c'était peut-être la raison de sa colère. Je suis censé être un chevalier d'Athéna alors si je ne la respecte plus, difficile d'accomplir mon devoir. Oui, c'était logique. Mais comment faire pour retrouver son respect ?

Je ne pouvais pas lui pardonner…pas pour le moment…elle m'avait manqué de respect. Elle m'avait trahi. J'avais le droit d'être en colère contre elle, non ? Comment cela ? Je n'en avais pas du tout le droit ! Mais…

"Cazzo !" lançai-je en bondissant sur mes pieds et bam…prends ça dans ta tronche! Mon poing heurta durement la colonne en marbre et je grimaçais de douleur. La vibration remonta le long de mon bras, faisant trembler tout mon corps.

J'avais tous les droits d'être furieux…

Massant mon poing blessé, je repensais à mon armure. Elle avait pris ma place. Ma place ! Sur mon trône ! Au milieu de mon temple ! Et elle me faisait la gueule. La garce avait failli m'arracher la main quand je m'étais approché d'elle la première fois.

Après mon retour.

Elle m'avait serré la pince. Ahaha ! Qu'est-ce qu'on pouvait en faire des blagues avec mon signe ! Ahaha…fais chier…et cela avait empiré. La dernière fois que j'avais essayé, elle avait voulu m'arracher…quelque chose qui m'était très précieux…

Et qui me définissait en tant que mââââle !

Quoi qu'il en soit, je n'avais pas entendu les autres se plaindre d'une armure récalcitrante. Apparemment, j'étais le seul à bien sûr ce léger souci. Naturellement, je n'avais rien dit aux autres. Je n'allais pas m'en vanter. Ce serait une…honte…

Ici gît, Death Mask, castré par son armure rebelle.

Jolie épiphanie, non ?

J'entendis du bruit dans mon temple. C'était elle ! N'ayant pas été capable de la dompter comme un étalon sauvage, j'avais été contraint de l'attacher…avec des chaînes…sur mon trône…du coup, je ne pouvais plus m'asseoir dans le salon de mon temple.

Ridicule. C'était ridicule. J'étais ridicule. Je n'arrivais même pas à me faire respecter par ma propre armure. Celle je j'avais depuis mes 10 ans. Et maintenant, je courais même le risque de ne plus être respecté par les autres…d'être la victime de blagues…

Et là…on risquait le massacre…le bain de sang…des meurtres en série…

Du sang.

Des cris.

Des morts.

Il mio piacere.

Mon plaisir.

"Hmm…" J'avais vraiment besoin de m'aérer. De prendre l'air. Loin de mon temple. Loin du sanctuaire. Loin de cette vie ou j'allais vraiment faire un massacre. J'écrasais la cigarette sur la colonne en face de moi, direction la sortie.

Mais ça allait prendre du temps pour quitter cet enfer ! Je n'allais pas trop me plaindre. Après tout, je n'habitais que le quatrième temple. Je n'avais pas à tout me taper comme le poisson. Je commençais à comprendre d'où venaient les mollets musclés du suédois.

Bref…

Première étape. Passer par mon temple. Les masques gémirent devant mon passage, se tordant de peur et de plaisir, m'admirant comme si j'étais leur dieu. Je commençais vraiment à détester cette mélodie funèbre. Même la marche funèbre au piano était plus…cool.

L'armure se mit à trembler sur mon siège, faisant teinter les chaînes qui la maintenaient en place sur mon trône. Qu'est-ce que j'aimais ce fauteuil, confortable, rouge sang, en bois avec des pinces gravées sur les pieds et les accoudoirs…

Mais avant de pouvoir m'y prélasser de nouveau, avec un verre de vin, j'allais devoir attendre pas mal de temps. Le temps de me calmer contre cette injustice…contre cette traîtrise et…et merde, ça n'allait jamais passer !

J'avais la dent dure…malheureusement…

J'attrapais mon blouson en cuir au passage, me moquant bien de faire basculer le portemanteau. Le masque sur lequel il tomba poussa un petit cri de douleur. Avant, ça me faisait rire. Plus maintenant…

Deuxième étape. Le temple de Tic et Tac. Pardon. Le temple des Gémeaux. Il était vide. Les jumeaux non plus ne passaient plus beaucoup de temps chez eux. Tic Saga avait refusé la place de Grand Pope et il passait le plus clair de son temps à se balader sur la falaise.

Allait-il se jeter dans l'eau pour se suicider ?

Les paris étaient ouverts.

Quant à Tac Kanon, il avait décidé d'en profiter un maximum, comme il me l'avait si justement bien dit la dernière fois. Il ne voulait plus être dans l'ombre de son frère et il voulait exister en tant qu'être à part.

En gros, Tac Kanon était devenu aussi emmerdant que le lionceau.

Deux pour le prix d'un ! C'était super ! Déjà que je ne supportais pas le blondinet alors si maintenant il faisait la paire avec Kanon…c'était le pompon. Mieux valait que je ne les croise pas ensemble, je pourrai faire du pâté de chaton, accompagné d'une sauce au Kanon…

Mais au moins, j'étais sauvé ! Il n'y avait personne. Et je n'avais aucune envie de voir ces gens là. Je voulais aller dans un bar, observer des inconnus, me moquer d'eux et me saouler jusqu'à perdre connaissance ! Pour oublier ce calvaire !

Troisième étape. Le temple du Gros Tas. Pardon, du Taureau. Là encore, j'avais de la chance. Il n'allait pas m'embêter. Je l'entendis ronfler dès que je posais le pied sur la dernière marche de l'escalier des jumeaux.

Mentalement, je les plaignis. Ce vacarme grossier était insupportable Ca expliquerait peut-être pourquoi ils ne restaient pas dans leur temple…Mouais…cela n'était pas si drôle que cela au final…vu que je connaissais les vraies raisons.

Et merde…avant cela m'aurait fait rire et je m'en serais moqué lors d'une réunion. Mais je n'allais plus aux réunions. Je ne voulais plus les voir. Et puis…je n'allais pas me ramener là-bas sans ma foutue armure, en tong et short !

J'entrais dans le temple du taureau, me moquant de faire du bruit et je traversais le salon, avant de marquer une pause. Pépère dormait sur son canapé. La télévision était encore allumée. Je m'approchais de lui, curieux.

J'arriverais peut-être à rire d'un truc.

Il y avait des cadavres de canettes de bière un peu partout autour du canapé et sur le sol. Apparemment, la soirée avait été agitée et bien alcoolisée. Et bah Aldé ? T'aurais pu m'inviter. J'aurais bien voulu me saouler la tronche un peu plus tôt…

Et puis, je compris finalement pourquoi il avait autant bu. Il n'avait pas bu pour oublier son physique ingrat…non…il s'était saoulé parce qu'il avait regardé son équipe jouer. Sûrement au football. Il était enroulé dans un drapeau du Brésil.

Ah bah tiens ! C'était donc cela ? Les mugissements et les trépignements sauvages que j'avais entendus depuis mon temple ? Mystère résolu. La vache avait maté son équipe et il avait du les insulter copieusement pour leur jeu minable.

Après tout, les meilleurs, ce sont les italiens, naturalmente !

J'allais repartir quand un bruit me fit sursauter. J'en eus froid dans le dos. Une musique de juke box ou de flipper. Des cris de femme. Ah bah super, maintenant, c'était le porno du samedi soir. Merde ! J'allais le louper !

De toute façon, je le loupais à chaque fois. Allez savoir pourquoi, je ne parvenais pas à capter la chaîne en question. Soupirant, je me retournais, décidé à en regarder un petit morceau. Ca allait me mettre de bonne humeur…en forme…pour le bar…à strip…

Sans réveiller le pépère qui ronflait sur le canapé, couvrant la plupart des cris de la télé, je me fis une petite place sur sa table basse pour en regarder un bout. Juste un peu. Pour le plaisir. Je souris devant la niaiserie du scénario et…

"Hmm…oui…" fit subitement le brésilien derrière moi. Ok, il était temps pour moi de prendre la fuir. Bondissant sur mes pieds, je filais sans demander mon reste et sans un regard derrière moi. Je n'avais pas envie qu'il me confonde avec une génisse !

Quatrième étape. Le temple de la chèvre. Rhaaa la chèvre. Cette maudite bête à la toison violette qui m'avait fait un mal de chien, en me renvoyant directement dans les bras de Rhadis. Je ne l'avais jamais aimé…et là, c'était pire que tout…

Je m'arrêtais en plein milieu de l'escalier. Je sentais clairement le cosmos du tibétain, preuve qu'il était encore éveillé. Et merde, ça allait me compliquer la tâche ça. Qu'est-ce qu'il fichait encore debout celui-là ? Il était tard pourtant et…

Je jetais un coup d'œil à ma montre pour vérifier l'heure. Il était à peine minuit. Mouais. Ca craignait vraiment un max. Il ne pouvait pas avoir d'insomnie. Il n'avait rien à craindre ou à regretter. Mu était un 'saint'.

Il pouvait dormir tranquille, sur ses deux oreilles, comme un bon petit soldat. Il n'avait rien fait du tout…il m'avait juste atomisé…je le pensais intelligent. Je pensais qu'il avait compris le petit manège que j'avais joué, avec Aphrodite, mais non…

Il avait dégainé son attaque ultime, sans le moindre scrupule, et il m'avait massacré en me faisant vraiment très mal. Cette douleur…insupportable. Tellement insupporable que j'avais même préféré la technique de torture du dragon puant en enfer…Même si…

Je devais admettre que…

"STARLIGHT EXTINCTION"

La lumière m'avait aveuglé, me faisant penser un instant que j'étais au paradis, avec des anges.

La chaleur m'avait revigoré un instant, me faisant croire que la grâce divine m'avait pris dans ses bras pour me réconforter.

Puis, la descente aux enfers. Au sens propre comme au sens figuré. Une chute infernale. Je m'étais fait fracasser en beauté. A cause de Mu. Qu'est-ce qu'il avait eu en tête cet idiot ? C'était marrant de dégommer ses frères d'armes ou quoi ? Fallait que je teste ou quoi ?

Silencieusement, je descendis le reste des marches et divers cliquetis me parvinrent aux oreilles. Qu'est-ce qu'il faisait ? Je m'approchais sans bruit, remerciant mes tennis pour la souplesse de leurs semelles, et je me faufilais entre les colonnes pour ne pas me faire voir et…

Il travaillait sur une armure J'aurais du m'en douter. L'atlante était un véritable bourreau de travail, lui. Je le voyais parfaitement de profil. Il n'était qu'à quelques mètres de moi. Je me plaquais contre une colonne pour l'observer et pour attendre qu'il finisse.

Je ne tenais pas du tout à le voir. Je ne voulais pas qu'il me parle. Je ne voulais pas qu'il me pose des questions. Je ne voulais rien avoir à faire avec ce gars là. J'espérais juste qu'il n'en aurait pas pour trop longtemps. Je voulais vraiment aller au bar.

Et, entre parenthèse, je risquais de ne pas aller bien loin avec cette misérable paie de bonne sœur. Elle aurait quand même pu nous filer un salaire plus gros. Elle était riche, la ga-…la déesse…oui, la déesse était riche !

Contrairement à la plupart des autres chevaliers, Mu aimait se distinguer des autres. Il ne se baladait jamais en tenue civile contemporaine. Non, Monsieur Seguin aimait porter des tenues traditionnelles de son pays. Un peu comme le faisait Shaka.

M'enfin, en même temps, Shaka ne quittait jamais le sanctuaire, contrairement au bélier. C'était d'un ridicule de le voir se balader ainsi dans les rues de la ville. Il ne faisait pas du tout tâche dans la foule. Et oui, Monsieur Bélier aimait se démarquer.

C'était vraiment un truc que je ne supportais pas.

Rien que de repenser à ce qu'il m'avait fait…Je serrais les mâchoires et je frottais nerveusement ma main droite, celle que Rhadis avait pulvérisée pour me punir. Dès que j'étais énervé, anxieux, excité, elle se mettait à trembler…

Oui, c'était nerveux.

Elle tremblait, secouée de spasmes…douloureux…j'avais la haine, c'était clair !

Mu releva la tête et j'arrêtais de respirer, me cachant bien derrière la colonne. Mon cosmos avait du me trahir un instant, mais bizarrement, Mu retourna à ses occupations. Bon, il n'était peut-être pas si fort que cela. Il ne m'avait pas senti.

Ouf…

S'il me trouvait en train de l'observer, j'étais vraiment mal barré. J'imaginais déjà les questions embarrassantes qu'il allait me poser sur cette situation des plus maladroites. En plus, ce diable d'atlante avait des capacités psychiques supérieures. Donc pour mentir, courage !

J'avais intérêt à faire gaffe.

Hmm…au final, c'était amusant…je courais un danger…c'était grisant.

Je l'entendis reprendre son travail et j'attendis encore un petit moment avant de le mater une nouvelle fois. Ma main ne tremblait plus et je la posais contre la colonne, m'en servant comme appui. Et je ne pensais subitement plus à ce qui m'était arrivé.

Je n'avais pas envie qu'il capte mes pensées. Manquerait plus que cela.

Faisant le vide dans mon esprit, je posais mes yeux sur lui, attendant qu'il finisse. Il était en train de réparer quelques fissures sur son armure avec ses outils. Machinalement, mes yeux s'attardèrent sur ses mains.

Mes mains n'avaient vraiment rien de beau. Elles étaient très grandes, avec de longs doigts étrangement fins et elles étaient horriblement marquées. Couvertes des cicatrices d'une vie violente, passée sur le champ de bataille.

Et le passage en enfer en avait rajouté de nouvelles.

Ce n'était pas la seule partie de mon corps qui était abîmée. Mais au moins, je pouvais dissimuler ces cicatrices-là. Alors que mes mains. Je ne le pouvais pas. Vous avez déjà mis des gants en Grèce ? Surtout en été ? Cela ne passait pas du tout inaperçu !

Alors que les mains de Mu. Elles étaient belles. Fines comme celles d'une femme. Elles devaient être douces. Après tout, il n'avait aucune marque. Il avait même des ongles longs et manucurés. Mu était vraiment très soigné.

Et en même temps…ses mains étaient celles d'un homme…celles d'un véritable chevalier. J'avais senti leur force quand il avait rassemblé son cosmos entre elles avant de m'envoyer promener sous le firmament des étoiles.

Elles devaient également être agiles et souples. J'en mettrai ma main droite à couper.

C'était assez fascinant. Cet étrange mélange de grâce et de fermeté.

Le bélier tenait fermement ses outils, entre ses longs doigts, remuant souplement le poignet comme il travaillait, réparant son armure avec une dextérité et un savoir faire d'expert. C'était fascinant. Quel spectacle envoûtant. Je ne pouvais plus détacher mes yeux de ses mains.

Ses mains qui m'avaient ôté la vie.

Ses mains qui redonnaient vie aux armures.

Je devrais peut-être lui demander de venir dans mon temple…pour caresser mon armure. Je pouvais parfaitement imaginer la scène. Mu, drapé dans sa longue toge, aux plis lourds. Il ne devait rien porter en dessous en plus…

Il entrerait donc dans ma chambre. Oui, parce que j'aurais mis mon armure là pour qu'il ne voie pas l'intérieur de mon salon, couverts de masques mortuaires. Comme décoration, on pouvait repasser. Ambiance de mort…hmm…non…je n'en voulais pas pour cet instant qui serait magique…

Il avancerait d'un pas souple vers mon lit, mon armure trônant dessus, alanguie sur les draps rouges, en attente de ses caresses. L'armure avait besoin d'amour. Cela pourrait certainement la calmer. La dompter. Oui, elle sera aussi douce qu'un agneau après son passage.

Il se mettrait à genoux, entre les pinces de l'armure et, avec ses mains travailleuses, il touchera la peau froide et dure pour la réchauffer et lui redonner vie. Oui, cela me ferait extrêmement plaisir. Cela me gonflerait d'honneur. Oui, ce sera bon…

Ses doigts fins, d'un blanc pur et éclatant, courant sur les pattes de ma créature rebelle.

Ses yeux d'un mauve étincelant plissés sous la concentration comme il cherchait le moindre point faible sur ma carapace.

Son souffle chaud, coupé, comme il fixait la cicatrice la plus impressionnante, qui fendillait ma peau dorée.

Ses longs cheveux violets ondulant sur ses épaules, au gré de ses mouvements.

Ses dents blanches mordillant sa lèvre inférieure généreuse comme il était en proie à une intense réflexion…

Pour ne pas trahir son émoi.

Pour ne pas montrer qu'il était bouleversé…

Par l'état de mon armure.

Fendillée…blessée…meurtrie dans sa chair…nécessitant des soins bien particuliers et…

Fermant les yeux, je me laissais bercer par les différentes sensations que je ressentais. Je n'avais plus besoin de voir les mains de l'Atlante pour les sentir sur moi…sur ma carapace… sur ma peau…sur ma…pince et…qui me…feraient…

"AAAH !" La petite teigne m'avait mordu le mollet et…j'ouvris les yeux, sursautant et je me rendis alors compte que ma cachette avait été découverte. Non pas par le bélier mais par son tendre agneau à la toison rousse.

"Qu'est-ce tu fais là ?" me lança la petite teigne en se relevant. Trop lent mon petit ! Je l'attrapais fermement par les cheveux, le soulevant de terre pour le corriger. Il m'avait fait mal l'animal ! Il avait des dents pointues comme un diable !

Mon poing droit se referma et je le lançais en sa direction, n'ayant aucune honte à taper sur un enfant. Mais une puissante et délicate main s'empara de mon poignet, me coupant dans mon élan avec une bonne de fer et je me sentis tiré en arrière. Maman Brebis était en colère.

"Death Mask…"

Il semblait calme. Pas le moindre du monde effrayé par moi. Mais ses yeux flamboyaient, me fixant, comme pour me prévenir qu'il pourrait très bien m'en coller une si je ne me calmais pas tout de suite. Son regard…il me rappelait…le moment où…

"STARLIGHT EXTINCTION !"

"Surveille ton sale môme, brebis !" lançai-je froidement en lâchant l'animal en question, sans plus lui accorder la moindre attention. J'étais plus intéressé par Mu. Pas dans ce sens là, je précise. Je devais le surveiller pour éviter de me prendre une attaque surprise.

Je sais. J'exagère. Comme souvent.

Mu n'était pas du genre à s'emporter ainsi. Il avait un seuil de tolérance admirable face à ses émotions. Il savait très bien se contrôler. Il avait un peu ce côté froid, distant, semblable à celui Shasha La Grande Pucelle. Mais avec un air bien plus sympathique et amical.

Lui, c'était le Vésuve. Eteint et calme. Mais tout le monde le connaissait parce que la fois où il avait explosé, il y avait eu des morts. Et encore maintenant, on se souvenait de sa colère. Les archéologues avaient retrouvé ses victimes, figées dans la terre.

J'étais l'une des preuves vivantes de sa colère. Cette fois là, quand il avait explosé, crachant un panache de colère, il m'avait soufflé…figé…emporté…Des torrents de lave m'avaient brûlé et ses nuées ardentes m'avaient coupé le souffle.

A l'inverse, j'étais le Stromboli. En activité constante depuis le début. J'étais toujours en colère, grondant entre mes mâchoires. La terre tremblait en permanence sous mes pieds. J'avais toujours cet air antipathique, cruel, monstrueux, patibulaire sur mon visage.

J'étais connu pour cela. Et il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que ma tension monte d'un coup avant d'exploser. J'étais ainsi. Je ne savais montrer que ma colère. Le reste de mes émotions restait caché sous la mer. Un tiers dépassait. Les deux autres tiers étaient dissimulés.

"En tant que son maître, tu es censé lui apprendre le respect et les bonnes manières…" lui rappelais-je amèrement alors que Mu me tenait toujours aussi fermement. Ma main eut quelques spasmes douloureux dans sa prise, sans que je puisse les cacher, et il me lâcha.

"Dans ce cas, je devrais également te donner un cours sur le sujet, Death Mask. Tu n'es pas le porte-parole de la vertu…Tu n'es pas un modèle, surtout en m'espionnant de la sorte et en cachant ton cosmos… Qu'est-ce que tu comptais me faire ?" me demanda t-il, calmement.

Je reniflais sèchement. "Ne te méprends pas. Je ne t'espionnais pas. J'attendais juste que tu finisses de bosser pour pouvoir me tirer d'ici, sans avoir à passer par la case forcée du jeu très emmerdant de tes questions et de mes réponses…voilà !"

Et là-dessus, je pris la fuite, traversant rapidement le reste du temple pour être enfin libre. Loin du sanctuaire, de cette vie misérable, de ses habitants et surtout de Mu et de sa très douloureuse attaque. A chaque fois que je le croisais, je craignais qu'il me la lance.

Et là, j'avais vraiment eu peur qu'il ne l'utilise pour refroidir mes ardeurs. Parce que ahem…

Comment dire ?

La pince du crabe était en forme et cela se voyait pas mal. Ma faute. Je n'aurai jamais du mettre un jean aussi serré. Et surtout…je n'aurai jamais du fantasmer sur les mains de Mu. Elles m'avaient mises dans un état pas possible…

Enfin, seulement dans mon rêve éveillé…

Parce qu'en vrai, dès qu'il m'avait touché, mon envie s'était vite barrée en courant, bien plus rapide et vive que moi…ses doigts…autour de mon poignet…je m'étais senti…mourir une seconde fois…de sa main…

Mais oublions cela, mon très cher DM. Oublions le sanctuaire et ses ringards. L'heure de faire la fête était finalement arrivée…Youhou ! Alcool et bar à stip, me voilà ! Et plus en forme que jamais par-dessus le marché…

Je dégainais une énième clope, direction la ville.