Retrouver la sérénité
Disclaimer : Harry Potter & Cie appartiennent (presque) tous à Mme Rowling...
Résumé : A la fin de la guerre, Harry ne parvient pas à trouver le repos. Il a de nombreuses visions dont il ne connaît pas l'origine, il se sent seul et rêve de pouvoir enfin vivre une vie tranquille. Mais les sorciers ne sont pas du même avis et sous la pression, le Survivant prend une décision.
Note de l'auteur : merci à klaude et shuriken pour leurs reviews ;-)
Bonne lecture !
Chapitre 1 : La bibliothèque noire
La pièce n'avait rien d'extraordinaire en soi... pour une bibliothèque. Evidemment, Harry fut subjugué par ces hautes étagères qui s'élevaient jusqu'au plafond, par le bois sombre et ancien dans lequel elles étaient faites, et par cette sensation d'être minuscule face à tout ce savoir accumulé... Aucune fenêtre n'ornait la salle, mais une dizaine de grands chandeliers à bougies magiques l'éclairaient. Deux tables ovales étaient installées au centre, entourées de fauteuils à haut dossier. Le tout laissait une impression de grandeur et de chaleur. Harry était loin d'imaginer cela en y entrant. Il s'attendait bien plus à quelque chose de poussiéreux, sale et glaçant.
En s'avançant dans la pièce, il repensait à son parrain, Sirius, mort deux ans plus tôt. Par sa faute. Malgré ce que lui avait dit son entourage, Harry ne parvenait pas à s'enlever de l'esprit qu'il avait, en quelque sorte, tué Sirius. Et cela lui faisait un poids de plus sur la conscience. Un nœud de plus dans l'estomac. Un nom de plus dans la litanie des morts.
Qu'est-ce qu'un nom, ou un visage ? Qu'est-ce, par rapport à la présence de la personne à ses côtés, même dans un monde en guerre ? S'il avait pu, Harry aurait tout donné pour que Sirius, Dumbledore, Ron, Ginny et les autres soient en vie, même si cela impliquait des années et des années de guerre... C'était un souhait égoïste et irréalisable, mais il étreignait le cœur du jeune Potter chaque jour.
Si seulement...
Si seulement on le laissait un peu tranquille, il pourrait sortir, revoir les lieux qu'il aimait, les personnes qui lui manquaient, faire son deuil correctement... Mais tous ces gens qui voulaient le féliciter, lui parler, le prendre en photo, ils étaient partout ! Depuis quatre mois, ça ne cessait pas.
Harry s'assit sur l'un des fauteuil en soupirant. Du doigt, il suivit une dorure de la table. Qu'allait-il pouvoir faire pour tromper son ennui ? Il jeta un coup d'œil vide vers la bibliothèque. Il avait espérer trouver quelque chose d'intéressant, mais des livres... Une idée germa, alors que son esprit vagabondait... Et si... Et s'il tentait la même chose ? Depuis le temps qu'il en rêvait... Mais où chercher ?
A peine se fût-il posé la question qu'une liasse de parchemins surgit de nulle part sur la table. Ils étaient vierges, mais Harry avait maintenant assez fréquenté le monde magique pour ne pas s'étonner, et faire la chose la plus improbable :
- Je cherche des informations sur les Animagi, énonça-t-il distinctement à haute voix.
Aussitôt, le papier se couvrit d'une écriture fine qui dressa la liste de nombreux ouvrages. Harry lut le premier titre : "Les Métamorphoses humaines : ce que vous n'aviez jamais rêvé de faire" de Sarda Anchees. Il le trouva facilement dans la bibliothèque et revint s'asseoir à sa place. La page sur les Animagi n'avait rien d'exaltant, le livre ne faisant qu'expliquer des généralités avant de lister les ouvrages les plus intéressants sur le sujet. Par curiosité, Harry tourna quelques pages. Après le chapitre sur la complexité et le danger d'une métamorphose en végétal, il tomba sur une page intitulée "Métamorphomagie à la portée de tous".
Il resta perplexe devant le chapitre... Il se souvenait parfaitement des paroles de Tonks lorsqu'il lui avait posé la question : « On naît Métamorphomage, on ne le devient pas. C'est très rare, tu sais ? »
Il avait été déçu ce jour-là, il s'en souvenait. Pendant une seconde il s'était imaginé pouvoir vivre une vie un peu plus normale, cacher sa cicatrice aux yeux du monde, et respirer enfin. Mais Tonks lui avait enlevé tous ses espoirs un instant plus tard. Et il n'y avait plus penser... Pourtant, elle était là, la solution ! Devant ses yeux ! Et le chapitre promettait un miracle à peine imaginable.
Avec avidité, Harry lut les quelques pages du chapitre et nota les références des ouvrages qui se trouvaient à la fin. En recadrant sa recherche sur le Parchemindex de la bibliothèque des Black, il finit par se retrouver avec une pile de cinq ou six ouvrages, les plus intéressants.
La journée passa si rapidement, qu'il ne releva le nez des livres que lorsqu'il entendit Hermione l'appeler. Après avoir rangé les ouvrages dans un coin, il descendit à la cuisine où son amie préparait déjà le dîner. Prenant un air dégagé, il s'inquiéta de sa journée.
- Oh, tu sais, ça va ! répondit-elle, penchée sur ses fourneaux. Je n'avais que trois heures de cours, mais j'ai passé l'après-midi à la bibliothèque pour approfondir certains points…Enfin, des notions vues en cours, mais pas assez travaillées, je trouve… Au fait, tu savais que la bibliothèque et les bâtiments de cours étaient reliés à Ste-Mangouste ? C'est vrai que ça paraît logique finalement, mais je n'y avais jamais pensé… Dire que dans un an peut-être je pourrais faire un stage en Magichirurgie ! Je t'ai déjà dit que c'était ma matière préférée ? Le professeur Gennett est vraiment excellent, et il enseigne sa spécialité avec passion, ça se sent…
Harry laissait Hermione disserter sur sa journée et ses cours de Médicomagie sans l'interrompre. Elle avait besoin de parler, il le savait. Elle avait toujours été très diserte sur les sujets qu'elle aimait ou tout simplement qu'elle maîtrisait, mais depuis la guerre, les batailles, les morts, cette tendance s'était accrue… Une façon pour elle d'y penser le moins possible, peut-être. Harry n'était pas psychomage, il n'en savait rien, il avait juste remarqué ce léger changement.
- Harry ?
- Oui, pardon… j'étais ailleurs ! s'excusa le jeune homme.
- C'est ce que je vois, sourit Hermione. Je te demandais juste ce que tu avais fait aujourd'hui.
- Oh, eh bien, j'ai fait un tour dans la bibliothèque, mais…
- Ah c'est vrai, on doit la nettoyer elle aussi ! Comment est-ce ? Vraiment sale ? demanda la jeune fille avec un froncement de nez.
- Non, en fait ça va… Mais je ne suis pas resté longtemps. Tu sais, moi, les livres…
Hermione sourit à la remarque de son ami. Puis, après avoir décrété qu'elle s'en occuperait, obligea Harry à s'asseoir à la table pour commencer le dîner.
- Au fait, fit-elle soudain au milieu du repas, j'ai vu Percy aujourd'hui…
Harry releva la tête et haussa les sourcils. Qu'est-ce que cela voulait dire ?
- Tu sais qu'il est le secrétaire particulier du Ministre maintenant ; un poste important, c'est sûr, mais nous savions tous que Percy irait loin, et dans son domaine de prédilection. Il a toujours était fait pour ce travail, déjà lorsqu'il était préfet en chef – tu te souviens ? – il prenait sa charge très au sér…
- Hermione ! la coupa Harry. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
La jeune fille soupira et reprit la parole comme on se jette à l'eau :
- Eh bien, il aimerai savoir si cela serait possible… d'organiser une rencontre… oh, juste toi et le Ministre bien sûr, continua-t-elle précipitamment, il suffit que tu dises clairement que tu ne veux voir personne d'autre. Percy a été très compréhensif, tu sais ! Il peut comprendre si tu refuses, mais ça serait peut-être… intéressant. Non ? Au moins, cela te sortirait… Tu ne penses pas que tu…
- Non, trancha Harry. Je n'ai pas envie. Pas maintenant. Pas encore.
- Mais quand alors ? s'enquit Hermione. Tu sais, ce n'est pas pour tout de suite, le Ministre doit avoir un agenda chargé, mais il s'agit juste de prendre rendez-vous. Ça te fixerait une date limite, pour… affronter le reste. L'extérieur.
- Non, je veux y aller à mon rythme. Je ne me sens pas prêt à…« affronter » ça, comme tu dis. Tu as peut-être réussi à t'en remettre rapidement, mais ne me demande pas de me forcer à… de le faire comme ça…
Il commençait à s'énerver et c'était mauvais signe. Heureusement Hermione était conciliante et abandonna :
- D'accord Harry, d'accord. Je te transmettais simplement le message de Percy. Il te félicitait encore, également, et il te passe le bonjour de la famille Weasley. Apparemment Molly se remet peu à peu de la… enfin tu vois. Elle a proposé ses services au Ministère, mais je ne sais pas exactement dans quel service.
- Et comment as-tu rencontré Percy au fait ?
- Il est venu me voir, expliqua Hermione. Après mes cours.
- Il s'est bien renseigné, commenta Harry.
- Ça prouve qu'il s'intéresse encore à nous, répliqua son amie.
- Ou qu'il veut garder la main sur nous…
- Non, Harry ! Je t'arrête tout de suite ! Je ne veux pas repartir dans cette discussion stérile sur le fait qu'on ne t'aime pas pour toi-même, etc. Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais. S'il te plaît, arrêtons-nous là !
Harry hocha la tête et resta silencieux. Elle avait raison, après tout. Ça ne servait à rien. Mais il persistait à penser que l'attention de Percy – et de tous les autres d'ailleurs – était intéressée. Comme elle l'avait dit, Percy avait toujours été un homme politique, donc d'emblée quelqu'un à qui l'on ne peut pas faire confiance sur ses discours.
Les deux amis finirent pas dévier sur un autre sujet de conversation, et la soirée se termina agréablement dans le salon, autour de tisanes fumantes. Hermione travaillait sur ses cours, et Harry avait déniché un ancien livre sur le Quiddich qu'il feuilletait avec un petit sourire nostalgique. La jeune fille le remarqua, mais ne dit mot.
La suite très bientôt ! Merci d'avoir lu !
